Nombres complexes : forme trigonométrique et géométrie
Résumé de cours
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Au début du XIXᵉ siècle, Gauss et Argand ont une idée lumineuse : représenter chaque nombre complexe par un point du plan. D’un coup, les complexes cessent d’être des curiosités algébriques : additionner devient translater, multiplier devient tourner et agrandir. Résultat : des problèmes de géométrie entiers — distances, angles, alignements, polygones réguliers — se résolvent en calculant. C’est tout l’enjeu de ce chapitre.
Le plan complexe : points et affixes
On munit le plan d’un repère orthonormé direct . Au point on associe le nombre : c’est l’affixe de , et est l’image de .
- L’axe des abscisses porte les réels, l’axe des ordonnées les imaginaires purs.
- Un vecteur de coordonnées a aussi une affixe : . En particulier, le vecteur a pour affixe .
- L’image du conjugué est le symétrique de par rapport à l’axe des abscisses.
Le module : la distance faite nombre
Le module de est : c’est la distance . Plus généralement, — toute distance du plan devient un calcul de module.
- : pour calculer un module, pense « le nombre fois son conjugué ».
- Le module est multiplicatif : , , , . (Il ne l’est pas pour la somme !)
- L’ensemble des complexes de module est le cercle unité ; il est stable par produit et par passage à l’inverse.
Arguments et forme trigonométrique
Pour , un argument de est une mesure de l’angle , définie modulo . En posant , on obtient la forme trigonométrique :
Passage d’une forme à l’autre : , puis et — les deux, sinon on confond et . Les arguments transforment les produits en sommes :
La notation exponentielle
On note . Cette notation mérite son nom car elle vérifie la relation fonctionnelle de l’exponentielle : . Tout complexe non nul s’écrit alors avec et . Repères à connaître : , , .
Euler et Moivre : les deux formules reines
À gauche, les formules d’Euler : cos et sin s’expriment avec des exponentielles — idéal pour linéariser cos²θ, sin³θ… À droite, la formule de Moivre : une puissance n-ième devient un angle multiplié par n — idéal pour exprimer cos(nθ) en fonction de cos θ.
Des complexes à la trigonométrie
Les formules de trigonométrie ne sont plus à apprendre par cœur : elles se retrouvent en une ligne. En développant puis en identifiant parties réelle et imaginaire :
Avec , on obtient les formules de duplication : et . Et dans l’autre sens, Euler permet de linéariser : .
Les racines n-ièmes de l’unité
Les solutions de forment l’ensemble des racines -ièmes de l’unité :
Géométriquement, ce sont les sommets d’un polygone régulier à côtés inscrit dans le cercle unité, dont un sommet est . Cas à connaître :
- : ;
- : avec (triangle équilatéral) ;
- : (carré).
Pour , la somme des racines -ièmes de l’unité vaut — par exemple .
La géométrie avec les complexes
Le quotient qui dit tout
Pour trois points deux à deux distincts , , d’affixes , , , le nombre concentre toute la géométrie du triangle : son module vaut et son argument est une mesure de l’angle .
D’où les traductions à connaître par cœur :
- , , alignés est réel ;
- est imaginaire pur ;
- (ou ) : triangle rectangle isocèle en .
Et pour les ensembles de points : est le cercle de centre et de rayon ; est la médiatrice de (les points à égale distance de et de ).
Les pièges classiques
Module et argument : les réflexes qui sauvent
Un argument n’est défini que modulo : écris , et souviens-toi que n’a pas d’argument. Dans une forme exponentielle , le module doit être strictement positif : n’en est pas une — écris . Ne confonds pas (une affixe, un complexe) et (une distance, un réel). Enfin, le module d’une somme ne se calcule pas terme à terme : en général.