Tle Mathématiques Maths expertes BO spécial n°8 du 25 juillet 2019

Arithmétique : divisibilité et congruences

Résumé de cours

Arithmétique : divisibilité et congruences Mathématiques · Tle · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com

Le numéro d’une carte bancaire, la clé d’un numéro de Sécurité sociale, le chiffrement de tes messages : tout ça repose sur l’arithmétique des entiers. En maths expertes, tu retrouves les nombres les plus familiers qui soient — mais avec un outil neuf et redoutable : les congruences, une façon de calculer uniquement sur les restes. Tout le chapitre tient dans une idée : quand on divise, ce qui compte souvent, ce n’est pas le quotient… c’est le reste.

La divisibilité dans ℤ

Soient aa et bb deux entiers relatifs. On dit que bb divise aa (noté bab \mid a) s’il existe un entier kk tel que a=kba = kb. On dit aussi que aa est un multiple de bb, ou que bb est un diviseur de aa. Exemple : 7917 \mid 91 car 91=7×1391 = 7 \times 13.

  • Tout entier non nul a un nombre fini de diviseurs (ils sont compris entre a-|a| et a|a|) mais une infinité de multiples.
  • Transitivité : si aba \mid b et bcb \mid c, alors aca \mid c.
  • Combinaisons linéaires : si dad \mid a et dbd \mid b, alors dd divise au+bvau + bv pour tous entiers uu et vv — en particulier a+ba + b et aba - b.

Le réflexe « combinaison linéaire »

C’est l’outil n°1 des exercices de divisibilité. Pour trouver les entiers nn tels que n+2n + 2 divise n+11n + 11, écris n+11=(n+2)+9n + 11 = (n + 2) + 9 : comme n+2n + 2 se divise lui-même, n+2n + 2 divise n+11n + 11 si, et seulement si, n+2n + 2 divise 99. On est ramené aux diviseurs de 99 : un problème fini !

La division euclidienne

Pour tout entier aZa \in \mathbb{Z} et tout entier naturel bNb \in \mathbb{N}^*, il existe un unique couple (q;r)(q\,;\,r) d’entiers tel que :

a=bq+ravec0r<ba = bq + r \qquad \text{avec} \qquad 0 \leq r < b

qq est le quotient, rr le reste. Exemple : 247=17×14+9247 = 17 \times 14 + 9, donc la division euclidienne de 247247 par 1717 a pour quotient 1414 et pour reste 99. Et bab \mid a si, et seulement si, le reste est nul.

Le reste est toujours positif ou nul

Même quand aa est négatif ! La division euclidienne de 5-5 par 33 s’écrit 5=3×(2)+1-5 = 3 \times (-2) + 1 : le quotient est 2-2 et le reste est 11 — surtout pas 5=3×(1)2-5 = 3 \times (-1) - 2, car un reste doit vérifier 0r<b0 \leq r < b.

Les congruences modulo n

Soit n2n \geq 2 un entier. Deux entiers aa et bb sont congrus modulo nn, noté ab(modn)a \equiv b \pmod{n} (ou ab [n]a \equiv b\ [n]), lorsque nn divise aba - b — autrement dit lorsque aa et bb ont le même reste dans la division euclidienne par nn. Exemple : 254(mod7)25 \equiv 4 \pmod{7} car 254=21=3×725 - 4 = 21 = 3 \times 7. Tout entier est ainsi congru modulo nn à un unique reste compris entre 00 et n1n - 1.

Compatibilité avec les opérations

Si ab(modn) et cd(modn):a+cb+d,acbd,acbd(modn)\text{Si } a \equiv b \pmod{n} \text{ et } c \equiv d \pmod{n} : \quad a + c \equiv b + d, \quad a - c \equiv b - d, \quad ac \equiv bd \pmod{n}

et pour tout entier k1:akbk(modn)\text{et pour tout entier } k \geq 1 : \quad a^k \equiv b^k \pmod{n}

On peut additionner, soustraire, multiplier et élever à une puissance des congruences de même module — c’est ce qui permet de calculer uniquement sur les restes.

C’est toute la puissance du chapitre : pour connaître le reste d’un calcul énorme, on remplace chaque nombre par son reste avant de calculer. Le reste de 25×3225 \times 32 modulo 77 ? 25425 \equiv 4 et 324(mod7)32 \equiv 4 \pmod{7}, donc 25×32162(mod7)25 \times 32 \equiv 16 \equiv 2 \pmod{7}. Aucune grosse multiplication.

Trois applications à connaître

  • Critères de divisibilité : comme 101(mod9)10 \equiv 1 \pmod{9}, on a 10k1(mod9)10^k \equiv 1 \pmod 9 pour tout kk, donc tout entier est congru modulo 99 à la somme de ses chiffres. D’où le critère : divisible par 99 (ou par 33) si, et seulement si, la somme de ses chiffres l’est. Avec 101(mod11)10 \equiv -1 \pmod{11}, on obtient de même le critère par 1111 (somme alternée des chiffres).
  • Chiffre des unités : c’est le reste modulo 1010. Le chiffre des unités de 720267^{2026} ? Les puissances de 77 finissent par 7,9,3,1,7,9,7, 9, 3, 1, 7, 9, \ldots — un cycle de longueur 44.
  • Restes de grandes puissances : cherche une petite puissance congrue à 11 (ou à 1-1). Pour 21002^{100} modulo 77 : 23=81(mod7)2^3 = 8 \equiv 1 \pmod 7, et 100=3×33+1100 = 3 \times 33 + 1, donc 2100=(23)33×2133×22(mod7)2^{100} = (2^3)^{33} \times 2 \equiv 1^{33} \times 2 \equiv 2 \pmod 7.

La méthode « grandes puissances » en trois pas

1. Calcule les premières puissances de aa modulo nn jusqu’à tomber sur 11 (ou repérer un cycle). 2. Fais la division euclidienne de l’exposant par la longueur du cycle. 3. Conclus avec la compatibilité des puissances. C’est le même scénario dans 90 % des exercices.

Résoudre une congruence ax ≡ b (mod n)

Pas de formule magique en général : la méthode robuste est le tableau de restes. Pour résoudre 3x5(mod7)3x \equiv 5 \pmod 7, on teste les 77 restes possibles de xx :

xx \equiv00112233445566
3x3x \equiv00336622551144

Seul x4(mod7)x \equiv 4 \pmod 7 convient : les solutions sont les entiers de la forme 4+7k4 + 7k, kZk \in \mathbb{Z}. (Au chapitre suivant, le théorème de Bézout fournira une méthode plus directe : multiplier par un inverse de aa modulo nn.)

Les pièges classiques

On ne divise pas une congruence !

Addition, soustraction, multiplication, puissances : oui. Division : non. Par exemple 2×32×0(mod6)2 \times 3 \equiv 2 \times 0 \pmod 6, et pourtant 3≢0(mod6)3 \not\equiv 0 \pmod 6 — simplifier par 22 était interdit. Autres pièges : un reste vit toujours entre 00 et n1n - 1 (écris 51(mod3)-5 \equiv 1 \pmod 3, pas « reste 2-2 ») ; et a0(modn)a \equiv 0 \pmod n signifie exactement « nn divise aa » — c’est la traduction à utiliser dans les deux sens.

Exercices corrigés

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