Nombres complexes : forme algébrique et équations
Résumé de cours
Nombres complexes : forme algébrique et équations Mathématiques · Tle · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com
À la Renaissance, Tartaglia, Cardan et Bombelli cherchent des formules pour résoudre les équations de degré 3 — et tombent sur des quantités « impossibles » dont le carré est négatif. Ces intrus calculatoires se révèlent si efficaces que les mathématiciens finissent par les adopter : ce sont les nombres complexes. Tout part d’un nombre nouveau, noté , dont la seule règle du jeu est . Avec lui, toutes les équations du second degré ont des solutions — et un monde s’ouvre.
La forme algébrique
Tout nombre complexe s’écrit de façon unique sous la forme , avec et réels : c’est la forme algébrique. On note la partie réelle et la partie imaginaire — attention, est le réel , sans le .
- Si , est un réel : est contenu dans . Si , est un imaginaire pur.
- Unicité : (avec , , , réels) si, et seulement si, et . C’est la méthode d’identification, l’arme n°1 pour résoudre les équations faisant intervenir et .
Calculer dans ℂ
On calcule dans comme dans , en remplaçant par dès qu’il apparaît. Par exemple . Tout complexe non nul admet un inverse (voir le conjugué ci-dessous), et l’équation linéaire (avec ) a pour unique solution .
Puissances de et formule du binôme
Les puissances de tournent en boucle : , , , , puis ça recommence — pour calculer , réduis l’exposant modulo . Et la formule du binôme reste valable dans : . Exemple : .
Le conjugué
Le conjugué de est : seul le signe de la partie imaginaire change. Il traverse toutes les opérations : , , , .
- et ;
- est réel ; est imaginaire pur ;
- surtout : est un réel positif — c’est le carré du module, .
Cette dernière relation est la clé des quotients : pour rendre un dénominateur réel, on le multiplie par son conjugué. Exemple : .
Le second degré à coefficients réels
Discriminant négatif : les solutions existent quand même
Δ > 0 : deux racines réelles. Δ = 0 : une racine double réelle. Δ < 0 : deux racines complexes conjuguées — dans ℂ, une équation du second degré à coefficients réels a toujours des solutions.
Exemple : donne , d’où . Vérification éclair avec la somme et le produit, qui se lisent sur les coefficients : ✓ et ✓.
Équations polynomiales : factoriser pour résoudre
Trois résultats structurent tout le chapitre :
- Factorisation de : . Cas utile : .
- Factorisation par une racine : si , alors avec polynôme de degré .
- Conséquence majeure : un polynôme de degré admet au plus racines. Si tu en as trouvé , tu les as toutes.
La méthode « degré 3 » (un classique du bac)
Pour résoudre avec de degré 3 : ① repère une racine évidente (teste , , …) ; ② écris et trouve et en développant puis identifiant les coefficients ; ③ résous le second degré restant — souvent avec , donc deux racines complexes conjuguées en prime.
Les pièges classiques
Ce que ℂ interdit
N’écris jamais : le symbole est réservé aux réels positifs — écris plutôt . Il n’y a pas d’inégalités dans : n’a aucun sens si les nombres ne sont pas réels. Le conjugué ne change que le signe de la partie imaginaire : , pas . Enfin, les formules du second degré avec exigent des coefficients réels : vérifie-le avant de les dégainer.