Statistiques à deux variables et ajustements
Résumé de cours
Statistiques à deux variables et ajustements Mathématiques · Tle · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com
La température monte-t-elle avec les années ? Les ventes suivent-elles la publicité ? Pour relier deux grandeurs mesurées ensemble — deux variables — le statisticien trace un nuage de points, cherche la droite qui le résume le mieux, puis s’en sert pour prédire. Ce chapitre t’apprend à construire ces ajustements, à mesurer leur qualité avec le coefficient de corrélation… et à garder l’esprit critique : une corrélation, aussi belle soit-elle, n’a jamais prouvé une cause.
Le nuage de points et le point moyen
Une série statistique à deux variables, c’est une liste de couples : pour chaque individu ou chaque date, deux mesures. On la représente par un nuage de points dans un repère. Son centre de gravité est le point moyen :
Premier réflexe devant un nuage : regarder son allure. Points presque alignés ? Un ajustement affine s’impose. Allure courbée ? Il faudra passer par un changement de variable.
La droite des moindres carrés
Quand le nuage s’allonge, on cherche la droite qui le résume le mieux. Le critère retenu : minimiser la somme des carrés des écarts verticaux entre les points du nuage et la droite (d’où le nom de moindres carrés). Cette droite est unique : c’est la droite de régression de en , et on la détermine à la calculatrice ou au tableur.
La droite des moindres carrés : y = ax + b
Ces formules sont fournies sans démonstration — en pratique, c’est la calculatrice qui calcule a et b. La relation b = ȳ − a·x̄ dit une chose à retenir : la droite passe toujours par le point moyen G.
Une fois la droite obtenue, chaque valeur de fournit une estimation de : c’est tout l’intérêt de l’ajustement.
Le coefficient de corrélation
La calculatrice affiche aussi un nombre , le coefficient de corrélation, toujours compris entre et . Il mesure la force du lien linéaire entre les deux variables :
- proche de : points presque alignés sur une droite croissante ;
- proche de : points presque alignés sur une droite décroissante ;
- proche de : pas de lien linéaire — mais peut-être un lien d’une autre forme (courbe, parabole…), donc regarde toujours le nuage.
En pratique, un ajustement affine est jugé pertinent quand est proche de (typiquement au-delà de dans les sujets).
Corrélation n’est pas causalité !
Les ventes de glaces et les noyades sont fortement corrélées… parce que les deux augmentent l’été : la cause commune est la chaleur, pas les glaces. Un proche de dit que deux grandeurs varient ensemble — il ne dit jamais que l’une cause l’autre. Variable cachée, coïncidence, causalité inversée : avant de conclure « explique », cherche toujours une autre explication possible.
Quand la droite ne suffit pas : le changement de variable
Certains nuages sont franchement courbés — croissance d’une population, décharge d’un condensateur. Si le modèle pressenti est exponentiel, , un logarithme le rend affine :
La méthode : poser , vérifier que le nuage des est bien allongé (et calculer son ajustement affine ), puis revenir au modèle initial avec . Le même principe s’adapte à d’autres formes : poser , … selon l’allure du nuage.
Interpoler, extrapoler — avec esprit critique
Un ajustement sert à estimer des valeurs non mesurées :
- interpolation : estimer pour un situé à l’intérieur de la plage des données — généralement fiable ;
- extrapolation : estimer au-delà des données — de plus en plus risqué à mesure qu’on s’éloigne, car rien ne garantit que le modèle reste valable.
Une droite prolongée sans précaution finit toujours par dire des absurdités : population négative, note supérieure à 20, océan qui déborde. Le bon réflexe en conclusion d’exercice : préciser que l’estimation suppose que la tendance se poursuit — et signaler quand cette hypothèse devient douteuse.
Les pièges classiques
Les réflexes qui sauvent
Le point moyen est toujours sur la droite des moindres carrés : c’est le test de cohérence le plus rapide de tes calculs. Un proche de ne signifie pas « aucun lien » — seulement aucun lien linéaire. Dans le changement de variable, le retour au modèle se fait avec : n’oublie pas de « dé-logarithmer » l’ordonnée à l’origine. Et ne confonds pas interpolation (dans les données, fiable) et extrapolation (hors des données, à justifier).