Tle Mathématiques Fiche méthode

Résumé — Statistiques à deux variables et ajustements

Sommaire de la fiche
  1. Le nuage de points et le point moyen
  2. La droite des moindres carrés
  3. Le coefficient de corrélation
  4. Quand la droite ne suffit pas : le changement de variable
  5. Interpoler, extrapoler — avec esprit critique
  6. Les pièges classiques

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

La température monte-t-elle avec les années ? Les ventes suivent-elles la publicité ? Pour relier deux grandeurs mesurées ensemble — deux variables — le statisticien trace un nuage de points, cherche la droite qui le résume le mieux, puis s’en sert pour prédire. Ce chapitre t’apprend à construire ces ajustements, à mesurer leur qualité avec le coefficient de corrélation… et à garder l’esprit critique : une corrélation, aussi belle soit-elle, n’a jamais prouvé une cause.

Le nuage de points et le point moyen

Une série statistique à deux variables, c’est une liste de couples (xi ; yi)(x_i\,;\,y_i) : pour chaque individu ou chaque date, deux mesures. On la représente par un nuage de points dans un repère. Son centre de gravité est le point moyen :

G(xˉ ; yˉ)ouˋ xˉ et yˉ sont les moyennes des xi et des yiG\left(\bar{x}\,;\,\bar{y}\right) \qquad \text{où } \bar{x} \text{ et } \bar{y} \text{ sont les moyennes des } x_i \text{ et des } y_i

Premier réflexe devant un nuage : regarder son allure. Points presque alignés ? Un ajustement affine s’impose. Allure courbée ? Il faudra passer par un changement de variable.

La droite des moindres carrés

Quand le nuage s’allonge, on cherche la droite qui le résume le mieux. Le critère retenu : minimiser la somme des carrés des écarts verticaux entre les points du nuage et la droite (d’où le nom de moindres carrés). Cette droite est unique : c’est la droite de régression de yy en xx, et on la détermine à la calculatrice ou au tableur.

La droite des moindres carrés : y = ax + b

a=∑i(xi−xˉ)(yi−yˉ)∑i(xi−xˉ)2etb=yˉ−a xˉa = \frac{\displaystyle\sum_{i}\left(x_i - \bar{x}\right)\left(y_i - \bar{y}\right)}{\displaystyle\sum_{i}\left(x_i - \bar{x}\right)^2} \qquad \text{et} \qquad b = \bar{y} - a\,\bar{x}

Ces formules sont fournies sans démonstration — en pratique, c’est la calculatrice qui calcule a et b. La relation b = ȳ − a·x̄ dit une chose à retenir : la droite passe toujours par le point moyen G.

Une fois la droite obtenue, chaque valeur de xx fournit une estimation de yy : c’est tout l’intérêt de l’ajustement.

Le coefficient de corrélation

La calculatrice affiche aussi un nombre rr, le coefficient de corrélation, toujours compris entre −1-1 et 11. Il mesure la force du lien linéaire entre les deux variables :

  • rr proche de 11 : points presque alignés sur une droite croissante ;
  • rr proche de −1-1 : points presque alignés sur une droite décroissante ;
  • rr proche de 00 : pas de lien linéaire — mais peut-être un lien d’une autre forme (courbe, parabole…), donc regarde toujours le nuage.

En pratique, un ajustement affine est jugé pertinent quand ∣r∣|r| est proche de 11 (typiquement au-delà de 0,90{,}9 dans les sujets).

Corrélation n’est pas causalité !

Les ventes de glaces et les noyades sont fortement corrélées… parce que les deux augmentent l’été : la cause commune est la chaleur, pas les glaces. Un rr proche de 11 dit que deux grandeurs varient ensemble — il ne dit jamais que l’une cause l’autre. Variable cachée, coïncidence, causalité inversée : avant de conclure « xx explique yy », cherche toujours une autre explication possible.

Quand la droite ne suffit pas : le changement de variable

Certains nuages sont franchement courbés — croissance d’une population, décharge d’un condensateur. Si le modèle pressenti est exponentiel, y=k eaxy = k\,\mathrm{e}^{ax}, un logarithme le rend affine :

y=k eax  ⟺  ln⁡y=ax+ln⁡ky = k\,\mathrm{e}^{ax} \iff \ln y = ax + \ln k

La méthode : poser Y=ln⁡yY = \ln y, vérifier que le nuage des (xi ; Yi)(x_i\,;\,Y_i) est bien allongé (et calculer son ajustement affine Y=ax+bY = ax + b), puis revenir au modèle initial avec k=ebk = \mathrm{e}^{b}. Le même principe s’adapte à d’autres formes : poser Y=yY = \sqrt{y}, Y=1yY = \dfrac{1}{y}… selon l’allure du nuage.

Interpoler, extrapoler — avec esprit critique

Un ajustement sert à estimer des valeurs non mesurées :

  • interpolation : estimer yy pour un xx situé à l’intérieur de la plage des données — généralement fiable ;
  • extrapolation : estimer yy au-delà des données — de plus en plus risqué à mesure qu’on s’éloigne, car rien ne garantit que le modèle reste valable.

Une droite prolongée sans précaution finit toujours par dire des absurdités : population négative, note supérieure à 20, océan qui déborde. Le bon réflexe en conclusion d’exercice : préciser que l’estimation suppose que la tendance se poursuit — et signaler quand cette hypothèse devient douteuse.

Les pièges classiques

Les réflexes qui sauvent

Le point moyen GG est toujours sur la droite des moindres carrés : c’est le test de cohérence le plus rapide de tes calculs. Un rr proche de 00 ne signifie pas « aucun lien » — seulement aucun lien linéaire. Dans le changement de variable, le retour au modèle se fait avec k=ebk = \mathrm{e}^{b} : n’oublie pas de « dé-logarithmer » l’ordonnée à l’origine. Et ne confonds pas interpolation (dans les données, fiable) et extrapolation (hors des données, à justifier).

Le cours en vidéo

← Tous les chapitres de Maths Terminale