Tle Mathématiques Fiche méthode

Résumé — Nombres complexes : forme trigonométrique et géométrie

Sommaire de la fiche
  1. Le plan complexe : points et affixes
  2. Le module : la distance faite nombre
  3. Arguments et forme trigonométrique
  4. La notation exponentielle
  5. Des complexes à la trigonométrie
  6. Les racines n-ièmes de l’unité
  7. La géométrie avec les complexes
  8. Les pièges classiques

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Au début du XIXᵉ siècle, Gauss et Argand ont une idée lumineuse : représenter chaque nombre complexe par un point du plan. D’un coup, les complexes cessent d’être des curiosités algébriques : additionner devient translater, multiplier devient tourner et agrandir. Résultat : des problèmes de géométrie entiers — distances, angles, alignements, polygones réguliers — se résolvent en calculant. C’est tout l’enjeu de ce chapitre.

Le plan complexe : points et affixes

On munit le plan d’un repère orthonormé direct (O ; u⃗,v⃗)(O\,;\,\vec{u},\vec{v}). Au point M(a ; b)M(a\,;\,b) on associe le nombre z=a+ibz = a + ib : c’est l’affixe de MM, et MM est l’image de zz.

  • L’axe des abscisses porte les réels, l’axe des ordonnées les imaginaires purs.
  • Un vecteur w⃗\vec{w} de coordonnées (a ; b)(a\,;\,b) a aussi une affixe : zw⃗=a+ibz_{\vec{w}} = a + ib. En particulier, le vecteur AB→\overrightarrow{AB} a pour affixe zB−zAz_B - z_A.
  • L’image du conjugué zˉ\bar{z} est le symétrique de MM par rapport à l’axe des abscisses.

Le module : la distance faite nombre

Le module de z=a+ibz = a + ib est ∣z∣=a2+b2|z| = \sqrt{a^2 + b^2} : c’est la distance OMOM. Plus généralement, AB=∣zB−zA∣AB = |z_B - z_A| — toute distance du plan devient un calcul de module.

  • ∣z∣2=zzˉ|z|^2 = z\bar{z} : pour calculer un module, pense « le nombre fois son conjugué ».
  • Le module est multiplicatif : ∣zz′∣=∣z∣ ∣z′∣|zz'| = |z|\,|z'|, ∣1z∣=1∣z∣\left|\dfrac{1}{z}\right| = \dfrac{1}{|z|}, ∣zz′∣=∣z∣∣z′∣\left|\dfrac{z}{z'}\right| = \dfrac{|z|}{|z'|}, ∣zn∣=∣z∣n|z^n| = |z|^n. (Il ne l’est pas pour la somme !)
  • L’ensemble U\mathbb{U} des complexes de module 11 est le cercle unité ; il est stable par produit et par passage à l’inverse.

Arguments et forme trigonométrique

Pour z≠0z \neq 0, un argument de zz est une mesure θ\theta de l’angle (u⃗ ; OM→)\left(\vec{u}\,;\,\overrightarrow{OM}\right), définie modulo 2π2\pi. En posant r=∣z∣r = |z|, on obtient la forme trigonométrique :

z=r(cos⁡θ+isin⁡θ),r>0z = r(\cos\theta + i\sin\theta), \qquad r > 0

Passage d’une forme à l’autre : r=a2+b2r = \sqrt{a^2 + b^2}, puis cos⁡θ=ar\cos\theta = \dfrac{a}{r} et sin⁡θ=br\sin\theta = \dfrac{b}{r} — les deux, sinon on confond θ\theta et −θ-\theta. Les arguments transforment les produits en sommes :

arg⁡(zz′)=arg⁡z+arg⁡z′;arg⁡(zz′)=arg⁡z−arg⁡z′;arg⁡(zn)=narg⁡z;arg⁡(zˉ)=−arg⁡z[2π]\arg(zz') = \arg z + \arg z' \quad ; \quad \arg\left(\frac{z}{z'}\right) = \arg z - \arg z' \quad ; \quad \arg(z^n) = n\arg z \quad ; \quad \arg(\bar{z}) = -\arg z \quad [2\pi]

La notation exponentielle

On note eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta. Cette notation mérite son nom car elle vérifie la relation fonctionnelle de l’exponentielle : eiθeiθ′=ei(θ+θ′)e^{i\theta}e^{i\theta'} = e^{i(\theta + \theta')}. Tout complexe non nul s’écrit alors z=reiθz = re^{i\theta} avec r=∣z∣r = |z| et θ=arg⁡z\theta = \arg z. Repères à connaître : ei0=1e^{i0} = 1, eiπ/2=ie^{i\pi/2} = i, eiπ=−1e^{i\pi} = -1.

Euler et Moivre : les deux formules reines

cos⁡θ=eiθ+e−iθ2sin⁡θ=eiθ−e−iθ2i(cos⁡θ+isin⁡θ)n=cos⁡(nθ)+isin⁡(nθ)\cos\theta = \frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2} \qquad \sin\theta = \frac{e^{i\theta} - e^{-i\theta}}{2i} \qquad\qquad (\cos\theta + i\sin\theta)^n = \cos(n\theta) + i\sin(n\theta)

À gauche, les formules d’Euler : cos et sin s’expriment avec des exponentielles — idéal pour linéariser cos²θ, sin³θ… À droite, la formule de Moivre : une puissance n-ième devient un angle multiplié par n — idéal pour exprimer cos(nθ) en fonction de cos θ.

Des complexes à la trigonométrie

Les formules de trigonométrie ne sont plus à apprendre par cœur : elles se retrouvent en une ligne. En développant ei(a+b)=eiaeib=(cos⁡a+isin⁡a)(cos⁡b+isin⁡b)e^{i(a+b)} = e^{ia}e^{ib} = (\cos a + i\sin a)(\cos b + i\sin b) puis en identifiant parties réelle et imaginaire :

cos⁡(a+b)=cos⁡acos⁡b−sin⁡asin⁡bsin⁡(a+b)=sin⁡acos⁡b+cos⁡asin⁡b\cos(a + b) = \cos a\cos b - \sin a\sin b \qquad \sin(a + b) = \sin a\cos b + \cos a\sin b

Avec b=ab = a, on obtient les formules de duplication : cos⁡2a=cos⁡2a−sin⁡2a\cos 2a = \cos^2 a - \sin^2 a et sin⁡2a=2sin⁡acos⁡a\sin 2a = 2\sin a\cos a. Et dans l’autre sens, Euler permet de linéariser : cos⁡2θ=1+cos⁡2θ2\cos^2\theta = \dfrac{1 + \cos 2\theta}{2}.

Les racines n-ièmes de l’unité

Les solutions de zn=1z^n = 1 forment l’ensemble Un\mathbb{U}_n des racines nn-ièmes de l’unité :

Un={e2ikπn, k=0,1,…,n−1}(n eˊleˊments exactement)\mathbb{U}_n = \left\{ e^{\frac{2ik\pi}{n}},\ k = 0, 1, \ldots, n - 1 \right\} \qquad (n \text{ éléments exactement})

Géométriquement, ce sont les sommets d’un polygone régulier à nn côtés inscrit dans le cercle unité, dont un sommet est 11. Cas à connaître :

  • n=2n = 2 : U2={1 ; −1}\mathbb{U}_2 = \{1\,;\,-1\} ;
  • n=3n = 3 : U3={1 ; j ; j2}\mathbb{U}_3 = \{1\,;\,j\,;\,j^2\} avec j=e2iπ/3=−12+i32j = e^{2i\pi/3} = -\dfrac{1}{2} + i\dfrac{\sqrt{3}}{2} (triangle équilatéral) ;
  • n=4n = 4 : U4={1 ; i ; −1 ; −i}\mathbb{U}_4 = \{1\,;\,i\,;\,-1\,;\,-i\} (carré).

Pour n≥2n \geq 2, la somme des racines nn-ièmes de l’unité vaut 00 — par exemple 1+j+j2=01 + j + j^2 = 0.

La géométrie avec les complexes

Le quotient qui dit tout

Pour trois points deux à deux distincts AA, BB, CC d’affixes aa, bb, cc, le nombre c−ab−a\dfrac{c - a}{b - a} concentre toute la géométrie du triangle : son module vaut ACAB\dfrac{AC}{AB} et son argument est une mesure de l’angle (AB→ ; AC→)\left(\overrightarrow{AB}\,;\,\overrightarrow{AC}\right).

D’où les traductions à connaître par cœur :

  • AA, BB, CC alignés   ⟺  c−ab−a\iff \dfrac{c - a}{b - a} est réel ;
  • (AB)⊥(AC)  ⟺  c−ab−a(AB) \perp (AC) \iff \dfrac{c - a}{b - a} est imaginaire pur ;
  • c−ab−a=i\dfrac{c - a}{b - a} = i (ou −i-i) : triangle rectangle isocèle en AA.

Et pour les ensembles de points : ∣z−a∣=r|z - a| = r est le cercle de centre AA et de rayon rr ; ∣z−a∣=∣z−b∣|z - a| = |z - b| est la médiatrice de [AB][AB] (les points à égale distance de AA et de BB).

Les pièges classiques

Module et argument : les réflexes qui sauvent

Un argument n’est défini que modulo 2π2\pi : écris arg⁡z=π4 [2π]\arg z = \dfrac{\pi}{4}\ [2\pi], et souviens-toi que 00 n’a pas d’argument. Dans une forme exponentielle reiθre^{i\theta}, le module rr doit être strictement positif : −2eiθ-2e^{i\theta} n’en est pas une — écris 2ei(θ+π)2e^{i(\theta + \pi)}. Ne confonds pas zB−zAz_B - z_A (une affixe, un complexe) et ∣zB−zA∣|z_B - z_A| (une distance, un réel). Enfin, le module d’une somme ne se calcule pas terme à terme : ∣z+z′∣≠∣z∣+∣z′∣|z + z'| \neq |z| + |z'| en général.

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