Terminale Physique-Chimie Annale du bac 26-PYCJ1G11

Bac physique-chimie 2026 — Centres étrangers — Jour 1 : sujet et corrigé

Le sujet le plus long de la session : une harpe électrique qui protège les ruches des frelons — diamètre du fil mesuré par diffraction, panneau photovoltaïque, condensateur — puis l’extraction du nickel par des plantes et son électrolyse, et l’analyse d’un comprimé d’aspirine par spectroscopie et titrage pH-métrique.

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Corrigé rédigé comme une copie modèle, puis relu par un second correcteur : applications numériques recalculées, équations vérifiées, avec des « notes du professeur » sur les pièges du barème.

Le corrigé en ligne, question par question

L'énoncé abrégé de chaque question est affiché : cherche d'abord au brouillon, puis clique sur « Voir la correction » pour comparer avec la rédaction attendue sur une copie.

Exercice 1 — Étude d’une harpe électrique au service des abeilles domestiques (11 points)

1. Taille du fil en inox présent sur la harpe

Q1

Nommer le phénomène physique observé sur l’écran.

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Le fil, placé sur le trajet du faisceau laser, ne projette pas une simple ombre géométrique : on observe sur l’écran une tache centrale lumineuse large, encadrée de taches secondaires moins intenses. La lumière s’est donc étalée au-delà des limites de l’ombre du fil.

Il s’agit du phénomène de diffraction de la lumière par le fil.

Ce phénomène est d’autant plus marqué que l’obstacle est fin : c’est exactement ce que traduit la relation fournie θ=λa\theta = \dfrac{\lambda}{a}, où l’angle caractéristique augmente quand le diamètre aa diminue.

Q2

Exprimer l’angle caractéristique θ\theta en fonction de la largeur LL de la tache centrale et de la distance DD, à l’aide de la figure 2 et en utilisant l’approximation des petits angles.

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D’après la figure 2, l’angle θ\theta est repéré entre la direction du faisceau incident (l’axe) et la direction du faisceau émergent qui atteint une extrémité de la tache centrale. Le triangle rectangle correspondant a donc pour côtés la distance DD et la demi-largeur L2\dfrac{L}{2} :

tanθ=L/2D=L2D\tan\theta = \frac{L/2}{D} = \frac{L}{2D}

L’énoncé précise que pour des angles très petits exprimés en radians, tanθ=θ\tan\theta = \theta :

θ=L2D\theta = \dfrac{L}{2D} (θ\theta en radians)

Q3

En déduire la relation donnant LL en fonction de λ\lambda, aa et DD. Montrer qu’il y a proportionnalité entre LL et 1a\dfrac{1}{a}.

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On dispose de deux expressions du même angle θ\theta : celle établie à la question Q2 et celle fournie par l’énoncé. On les égale :

L2D=λaL=2λDa\frac{L}{2D} = \frac{\lambda}{a} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{L = \frac{2\,\lambda\,D}{a}}

Pour une expérience donnée, la longueur d’onde λ\lambda du laser et la distance DD fil-écran sont fixées : le produit 2λD2\lambda D est une constante, que l’on note kk :

L=2λDk = constante×1aL = \underbrace{2\,\lambda\,D}_{k\ =\ \text{constante}}\times\frac{1}{a}

L=k×1aL = k\times\dfrac{1}{a} avec k=2λDk = 2\lambda D : LL est bien proportionnelle à 1a\dfrac{1}{a}.

Q4

Justifier que les résultats expérimentaux de la figure 3 sont compatibles avec la modélisation L=k×1aL = k\times\dfrac{1}{a}.

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Deux grandeurs sont proportionnelles si la représentation graphique de l’une en fonction de l’autre est une droite passant par l’origine. Or sur la figure 3 :

  • les six points expérimentaux sont alignés ;
  • la droite qui les ajuste au mieux passe par l’origine du repère (le point (0;0)(0\,;0) est d’ailleurs cohérent avec le modèle : un fil de diamètre infini ne diffracterait pas).

On peut le confirmer numériquement : si L=k/aL = k/a, alors le produit L×aL\times a doit être constant.

aa (µm)4050100120280400
LL (cm)9,507,403,953,201,351,00
L×aL\times a (106 m210^{-6}\ \text{m}^{2})3,803,703,953,843,784,00

Les six produits sont constants à environ 4 % près, ce qui est compatible avec la précision des mesures.

Les résultats expérimentaux sont bien compatibles avec le modèle L=k×1aL = k\times\dfrac{1}{a}.

Q5

Déterminer la valeur de kk en précisant la méthode utilisée.

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Méthode. D’après la question Q3, kk est le coefficient directeur de la droite moyenne L=f ⁣(1a)L = f\!\left(\frac{1}{a}\right) passant par l’origine. On trace cette droite, puis on calcule sa pente à l’aide de deux points très éloignés de la droite (et non de deux points expérimentaux) : l’origine et un point situé à l’extrémité droite.

Calcul de la pente. Attention aux unités : LL doit être en mètres et 1a\dfrac{1}{a} en m1\text{m}^{-1}.

k=ΔLΔ ⁣(1a)=9,6×102025×1030=3,8×106k = \frac{\Delta L}{\Delta\!\left(\frac{1}{a}\right)} = \frac{9{,}6\times 10^{-2} - 0}{25\times 10^{3} - 0} = 3{,}8\times 10^{-6}

k=3,8×106 m2k = 3{,}8\times 10^{-6}\ \text{m}^{2}

Cette valeur est cohérente avec la moyenne des produits L×aL\times a calculés à la question Q4 (3,85×106 m23{,}85\times 10^{-6}\ \text{m}^{2}) et avec la modélisation fournie ensuite par l’énoncé (k=3,85×106 m2k = 3{,}85\times 10^{-6}\ \text{m}^{2}).

Q6

Calculer la valeur du diamètre aa de ce fil à partir de la modélisation (k=3,85×106 m2k = 3{,}85\times 10^{-6}\ \text{m}^{2}, L=8,0L = 8{,}0 mm).

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On isole aa dans la relation de modélisation L=k×1aL = k\times\dfrac{1}{a} :

a=kLa = \frac{k}{L}

Avec L=8,0L = 8{,}0 mm =8,0×103= 8{,}0\times 10^{-3} m :

a=3,85×1068,0×103=4,8125×104 ma = \frac{3{,}85\times 10^{-6}}{8{,}0\times 10^{-3}} = 4{,}8125\times 10^{-4}\ \text{m}

La donnée la moins précise (LL) comporte 2 chiffres significatifs :

a=4,8×104a = 4{,}8\times 10^{-4} m =0,48= 0{,}48 mm

L’ordre de grandeur est cohérent avec la valeur annoncée sur la bobine (0,450{,}45 mm).

Q7

Calculer la valeur de l’incertitude-type u(a)\mathrm{u}(a) associée à la valeur expérimentale de aa.

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On applique la relation fournie. On calcule d’abord les deux incertitudes relatives, qui sont des nombres sans unité :

u(k)k=0,05×1063,85×106=1,30×102etu(L)L=0,58,0=6,25×102\frac{\mathrm{u}(k)}{k} = \frac{0{,}05\times 10^{-6}}{3{,}85\times 10^{-6}} = 1{,}30\times 10^{-2} \qquad\text{et}\qquad \frac{\mathrm{u}(L)}{L} = \frac{0{,}5}{8{,}0} = 6{,}25\times 10^{-2}

u(a)=a×(u(k)k)2+(u(L)L)2=4,8125×104×(1,30×102)2+(6,25×102)2\mathrm{u}(a) = a\times\sqrt{\left(\frac{\mathrm{u}(k)}{k}\right)^{2} + \left(\frac{\mathrm{u}(L)}{L}\right)^{2}} = 4{,}8125\times 10^{-4}\times\sqrt{(1{,}30\times 10^{-2})^{2}+(6{,}25\times 10^{-2})^{2}}

u(a)=4,8125×104×6,38×102\mathrm{u}(a) = 4{,}8125\times 10^{-4}\times 6{,}38\times 10^{-2}

u(a)=3,1×105\mathrm{u}(a) = 3{,}1\times 10^{-5} m =0,031= 0{,}031 mm

On remarque que u(L)L\dfrac{\mathrm{u}(L)}{L} est près de cinq fois plus grande que u(k)k\dfrac{\mathrm{u}(k)}{k} : c’est la mesure de la largeur de la tache qui limite la précision, et non la modélisation. Le résultat de la mesure s’écrit donc a=(0,481±0,031)a = (0{,}481 \pm 0{,}031) mm.

Q8

Vérifier que le résultat de la mesure est compatible avec la valeur de référence affichée sur la bobine (aref=0,45a_{\text{ref}} = 0{,}45 mm). Conclure quant à l’usage de ce fil pour construire une harpe électrique.

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Étape 1 — test de compatibilité. On calcule le quotient proposé par l’énoncé, en conservant la valeur non arrondie de aa :

z=aarefu(a)=0,4810,4500,031=0,0310,031z = \frac{\left| a - a_{\text{ref}} \right|}{\mathrm{u}(a)} = \frac{\left| 0{,}481 - 0{,}450 \right|}{0{,}031} = \frac{0{,}031}{0{,}031}

z=1,0<2z = 1{,}0 < 2

Le quotient étant inférieur à 2, l’écart entre la valeur mesurée et la valeur de référence s’explique entièrement par les incertitudes de mesure.

La mesure est compatible avec la valeur affichée sur la bobine.

Étape 2 — conclusion pour la harpe. Le cahier des charges impose un diamètre « de l’ordre de grandeur de 0,50{,}5 mm » au maximum, pour que les fils ne soient pas vus par les frelons. Or la valeur mesurée vaut a=0,48a = 0{,}48 mm, et même la borne haute de l’intervalle, a+u(a)=0,51a + \mathrm{u}(a) = 0{,}51 mm, reste de cet ordre de grandeur.

Ce fil convient pour fabriquer la harpe électrique.

2. Alimentation électrique de la harpe : le panneau solaire

Q9

Nommer le phénomène qui intervient dans la conversion d’énergie lumineuse en énergie électrique et le décrire en une ou deux phrases.

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Le panneau convertit l’énergie transportée par la lumière du Soleil en énergie électrique. Le phénomène responsable de cette conversion, qui se produit au cœur de chaque cellule, porte un nom précis :

Il s’agit de l’effet photovoltaïque.

Lorsqu’un photon d’énergie suffisante est absorbé par le matériau semi-conducteur de la cellule, il cède son énergie à un électron, qui est arraché à son atome : il devient mobile. Le champ électrique interne de la cellule (au niveau de la jonction) sépare alors les charges positives et négatives ainsi libérées, ce qui fait apparaître une tension entre les deux faces du panneau : un courant électrique peut circuler dans le circuit extérieur.

Conversion : énergie lumineuse (rayonnante) \longrightarrow énergie électrique.

Q10

Calculer la valeur du rendement η\eta du panneau photovoltaïque. Commenter.

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Étape 1 — puissance lumineuse reçue. La surface utile du panneau est celle du rectangle de dimensions 640 mm ×\times 550 mm, converties en mètres :

S=0,640×0,550=0,352 m2S = 0{,}640 \times 0{,}550 = 0{,}352\ \text{m}^{2}

Plum=E×S=1000×0,352=352 W=3,52×102 WP_{\text{lum}} = E\times S = 1\,000\times 0{,}352 = 352\ \text{W} = 3{,}52\times 10^{2}\ \text{W}

Étape 2 — rendement. Le rendement est le quotient de la puissance électrique utile par la puissance reçue :

η=PmPlum=503,52×102=0,142\eta = \frac{P_{\mathrm{m}}}{P_{\text{lum}}} = \frac{50}{3{,}52\times 10^{2}} = 0{,}142

η=0,14\eta = 0{,}14, soit 14 %

Étape 3 — commentaire. La valeur mesurée est égale au rendement annoncé par le constructeur (14 %) : le panneau est conforme à sa notice. Ce rendement, faible en apparence, est tout à fait ordinaire pour un panneau photovoltaïque courant : les 86 % restants sont perdus, essentiellement sous forme de transfert thermique (échauffement du panneau) et parce que les photons de trop faible énergie ne sont pas convertis.

Q11

Estimer la valeur de la durée de charge Δtcharge\Delta t_{\text{charge}} de la batterie si toute l’intensité provenant du panneau lui est fournie. Commenter.

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La relation fournie relie directement la capacité, l’intensité et la durée :

Q=I×ΔtΔtcharge=QbatterieI=18,02,8Q = I\times\Delta t \qquad\Longrightarrow\qquad \Delta t_{\text{charge}} = \frac{Q_{\text{batterie}}}{I} = \frac{18{,}0}{2{,}8}

Δtcharge=6,4\Delta t_{\text{charge}} = 6{,}4 h, soit environ 6 h 26 min

Commentaire. Cette durée est bien inférieure à la durée du jour en période estivale (14 h 17 min) : la batterie peut donc être entièrement rechargée dans la journée, ce qui garantit le fonctionnement de la harpe la nuit. La valeur obtenue est cependant une estimation optimiste : en pratique l’ensoleillement n’est maximal que quelques heures par jour, et une partie du courant produit alimente directement la harpe au lieu de charger la batterie.

3. Module électronique

Q12

Montrer que l’équation différentielle vérifiée par uc(t)u_{\mathrm{c}}(t) lors de la charge s’écrit ducdt+1τuc=Eτ\dfrac{d u_{\mathrm{c}}}{d t} + \dfrac{1}{\tau}u_{\mathrm{c}} = \dfrac{E}{\tau}, avec τ=RC\tau = R\cdot C.

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Loi des mailles appliquée au circuit de la figure 5, après fermeture de l’interrupteur :

E=uR+ucE = u_R + u_{\mathrm{c}}

Lois de comportement des dipôles (les deux sont fléchés en convention récepteur) :

uR=Rieti=Cducdtu_R = R\cdot i \qquad\text{et}\qquad i = C\cdot\frac{d u_{\mathrm{c}}}{d t}

En reportant l’expression de ii dans celle de uRu_R, puis dans la loi des mailles :

E=RCducdt+ucE = R\,C\,\frac{d u_{\mathrm{c}}}{d t} + u_{\mathrm{c}}

On divise membre à membre par RCR\,C :

ERC=ducdt+1RCuc\frac{E}{RC} = \frac{d u_{\mathrm{c}}}{d t} + \frac{1}{RC}\,u_{\mathrm{c}}

En posant τ=RC\tau = R\cdot C :

ducdt+1τuc=Eτ\boxed{\frac{d u_{\mathrm{c}}}{d t} + \frac{1}{\tau}\,u_{\mathrm{c}} = \frac{E}{\tau}}

Contrôle d’homogénéité : RCR\,C s’exprime en ΩF\Omega\cdot\text{F} ; or Ω=VA1\Omega = \text{V}\cdot\text{A}^{-1} et F=CV1=AsV1\text{F} = \text{C}\cdot\text{V}^{-1} = \text{A}\cdot\text{s}\cdot\text{V}^{-1}, donc RCR\,C est bien en secondes. ✓

Q13

La solution est de la forme uc(t)=Aet/τ+Eu_{\mathrm{c}}(t) = A\,\mathrm{e}^{-t/\tau} + E. Déterminer la valeur de AA.

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La constante AA se détermine par la condition initiale. L’énoncé précise que le condensateur est initialement déchargé : à t=0t = 0 s, la tension à ses bornes est nulle.

uc(0)=Ae0+E=A+E=0u_{\mathrm{c}}(0) = A\,\mathrm{e}^{0} + E = A + E = 0

A=E=5,0A = -E = -5{,}0

A=5,0A = -5{,}0 V

La solution s’écrit donc uc(t)=E(1et/τ)u_{\mathrm{c}}(t) = E\left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right), fonction croissante partant de 0 et tendant vers E=5,0E = 5{,}0 V : c’est bien l’allure de la courbe de la figure 6. ✓

Q14

Déterminer la valeur de la constante de temps τ\tau en expliquant la méthode graphique employée.

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Méthode. Deux constructions graphiques équivalentes permettent de lire τ\tau sur la figure 6 :

  • méthode des 63 % : à la date t=τt = \tau, uc(τ)=E(1e1)=0,63Eu_{\mathrm{c}}(\tau) = E\left(1 - \mathrm{e}^{-1}\right) = 0{,}63\,E. On repère l’ordonnée 0,63×5,0=3,150{,}63\times 5{,}0 = 3{,}15 V (soit environ 3,23{,}2 V), on projette sur la courbe, puis sur l’axe des temps ;
  • méthode de la tangente à l’origine : la tangente à la courbe en t=0t = 0 coupe l’asymptote horizontale uc=Eu_{\mathrm{c}} = E à la date t=τt = \tau.

Les deux constructions donnent la même abscisse :

τ46 μs\tau \approx 46\ \mu\text{s} =4,6×105= 4{,}6\times 10^{-5} s (lecture graphique à ± 4 µs près)

Q15

En déduire la valeur expérimentale de la capacité CC du condensateur.

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La question Q12 a établi que τ=RC\tau = R\cdot C. On isole CC, avec R=2,00R = 2{,}00=2,00×103 Ω= 2{,}00\times 10^{3}\ \Omega :

C=τR=4,6×1052,00×103C = \frac{\tau}{R} = \frac{4{,}6\times 10^{-5}}{2{,}00\times 10^{3}}

C=2,3×108C = 2{,}3\times 10^{-8} F =23= 23 nF

Cet ordre de grandeur (quelques dizaines de nanofarads) est tout à fait courant pour un condensateur de circuit électronique. Contrôle : s/Ω=F\text{s}/\Omega = \text{F}. ✓

Q16

Calculer une valeur de l’énergie libérée par le condensateur lorsqu’un frelon touche la harpe électrique.

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Le condensateur est chargé sous la tension U1=1500U_1 = 1\,500 V, puis il se décharge intégralement dans le frelon : l’énergie libérée est donc toute l’énergie qu’il avait emmagasinée.

Econd=12×C×U12=12×2,3×108×(1,5×103)2E_{\text{cond}} = \frac{1}{2}\times C\times U_1^{2} = \frac{1}{2}\times 2{,}3\times 10^{-8}\times \left(1{,}5\times 10^{3}\right)^{2}

Econd=12×2,3×108×2,25×106E_{\text{cond}} = \frac{1}{2}\times 2{,}3\times 10^{-8}\times 2{,}25\times 10^{6}

Econd=2,6×102E_{\text{cond}} = 2{,}6\times 10^{-2} J =26= 26 mJ

Cette énergie, très faible à l’échelle humaine (elle correspond à la chute d’une masse de 100 g d’environ 2,6 cm), est cependant délivrée en un temps très bref et suffit à neutraliser un insecte.

Q17

Calculer l’énergie consommée par le module électronique sur une journée. Comparer cette énergie avec celle délivrée par le condensateur pour électrocuter un frelon.

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Étape 1 — conversion des durées en minutes. Les consommations sont données par minute : il faut donc exprimer les durées en minutes.

Δtjour=14 h 17 min=14×60+17=857 min\Delta t_{\text{jour}} = 14\ \text{h}\ 17\ \text{min} = 14\times 60 + 17 = 857\ \text{min}

Δtnuit=9 h 43 min=9×60+43=583 min\Delta t_{\text{nuit}} = 9\ \text{h}\ 43\ \text{min} = 9\times 60 + 43 = 583\ \text{min}

Vérification : 857+583=1440857 + 583 = 1\,440 min =24= 24 h. ✓

Étape 2 — énergies consommées.

Ejour=857×98,8=8,47×104 JE_{\text{jour}} = 857 \times 98{,}8 = 8{,}47\times 10^{4}\ \text{J}

Enuit=583×72,1=4,20×104 JE_{\text{nuit}} = 583 \times 72{,}1 = 4{,}20\times 10^{4}\ \text{J}

Ejourneˊe=Ejour+Enuit=8,47×104+4,20×104E_{\text{journée}} = E_{\text{jour}} + E_{\text{nuit}} = 8{,}47\times 10^{4} + 4{,}20\times 10^{4}

Ejourneˊe=1,27×105E_{\text{journée}} = 1{,}27\times 10^{5} J

Étape 3 — comparaison.

EjourneˊeEcond=1,27×1052,6×1025×106\frac{E_{\text{journée}}}{E_{\text{cond}}} = \frac{1{,}27\times 10^{5}}{2{,}6\times 10^{-2}} \approx 5\times 10^{6}

L’énergie consommée en une journée par le module est environ 5 millions de fois plus grande que celle libérée pour électrocuter un frelon.

Autrement dit, c’est le fonctionnement permanent du module (surveillance, maintien de la charge du condensateur) qui consomme l’énergie, et non les décharges elles-mêmes.

Q18

Indiquer, en justifiant, si le nombre de frelons électrocutés influence beaucoup l’autonomie de la batterie.

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Démarche suivie : (1) calculer l’énergie consommée en une journée par les seules électrocutions ; (2) la comparer à la consommation journalière du module ; (3) calculer l’énergie stockée dans la batterie et vérifier la cohérence avec l’autonomie annoncée ; (4) conclure.

Étape 1 — énergie consommée par les électrocutions. Le dispositif piège au moins 1 000 frelons par jour, chacun consommant l’énergie EcondE_{\text{cond}} calculée à la question Q16 :

Efrelons=1000×Econd=1000×2,6×102=26 J par jourE_{\text{frelons}} = 1\,000\times E_{\text{cond}} = 1\,000\times 2{,}6\times 10^{-2} = 26\ \text{J par jour}

Étape 2 — comparaison avec la consommation du module.

EfrelonsEjourneˊe=261,27×105=2,0×104\frac{E_{\text{frelons}}}{E_{\text{journée}}} = \frac{26}{1{,}27\times 10^{5}} = 2{,}0\times 10^{-4}

Les électrocutions représentent seulement 0,02 % de la consommation journalière.

Étape 3 — énergie stockée dans la batterie et autonomie. La capacité de la batterie, convertie en coulombs, vaut Qbatterie=18,0×3600=6,48×104Q_{\text{batterie}} = 18{,}0\times 3\,600 = 6{,}48\times 10^{4} C :

Ebatterie=Qbatterie×Ubatterie=6,48×104×12,0=7,78×105 JE_{\text{batterie}} = Q_{\text{batterie}}\times U_{\text{batterie}} = 6{,}48\times 10^{4}\times 12{,}0 = 7{,}78\times 10^{5}\ \text{J}

autonomie=EbatterieEjourneˊe=7,78×1051,27×105=6,1 jours\text{autonomie} = \frac{E_{\text{batterie}}}{E_{\text{journée}}} = \frac{7{,}78\times 10^{5}}{1{,}27\times 10^{5}} = 6{,}1\ \text{jours}

Ce résultat est en excellent accord avec l’autonomie annoncée par l’énoncé (« environ 6 jours ») : le modèle et les données sont cohérents. ✓

En ajoutant les 26 J quotidiens dus aux frelons, l’autonomie devient 7,78×1051,27×105+26=6,1\dfrac{7{,}78\times 10^{5}}{1{,}27\times 10^{5}+26} = 6{,}1 jours : la différence est de moins de deux minutes sur six jours.

Étape 4 — conclusion.

Non : le nombre de frelons électrocutés n’influence pratiquement pas l’autonomie de la batterie.

Celle-ci est fixée par la consommation permanente du module électronique (98,8 J par minute le jour, 72,1 J par minute la nuit). Piéger deux fois plus de frelons ne changerait rien ; en revanche, réduire la consommation de veille améliorerait nettement l’autonomie.

Exercice 2 — La dépollution par les plantes pour extraire du nickel (5 points)

1. Photosynthèse dans la plante

Q1

Écrire les demi-équations électroniques associées aux couples oxydant-réducteur mis en jeu lors de la photosynthèse.

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On équilibre chaque demi-équation dans l’ordre : élément principal, puis O avec H2O\text{H}_2\text{O}, puis H avec H+\text{H}^+, puis les charges avec les électrons.

Couple O2(g)/H2O()\text{O}_{2(g)}/\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} :

O2(g)+4H++4e=2H2O()\text{O}_{2(g)} + 4\,\text{H}^+ + 4\,\text{e}^- = 2\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)}

Couple CO2(g)/C6H12O6(aq)\text{CO}_{2(g)}/\text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_{6(aq)} :

6CO2(g)+24H++24e=C6H12O6(aq)+6H2O()6\,\text{CO}_{2(g)} + 24\,\text{H}^+ + 24\,\text{e}^- = \text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_{6(aq)} + 6\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)}

Vérification de la seconde : C : 6=66 = 6 ; O : 12=6+612 = 6+6 ; H : 24=12+1224 = 12+12 ; charges : +2424=0+24-24 = 0. ✓

Q2

En déduire l’équation de la réaction modélisant la transformation ayant lieu lors de la photosynthèse.

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Lors de la photosynthèse, la plante consomme le dioxyde de carbone et l’eau, et produit du glucose et du dioxygène. Donc :

  • le dioxyde de carbone est réduit en glucose (il gagne des électrons) ;
  • l’eau est oxydée en dioxygène (elle cède des électrons).

On écrit les deux demi-équations dans le bon sens et on multiplie la seconde par 6 afin d’échanger le même nombre d’électrons :

reˊduction:6CO2(g)+24H++24eC6H12O6(aq)+6H2O()\text{réduction} : \quad 6\,\text{CO}_{2(g)} + 24\,\text{H}^+ + 24\,\text{e}^- \longrightarrow \text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_{6(aq)} + 6\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)}

oxydation:12H2O()6O2(g)+24H++24e\text{oxydation} : \quad 12\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} \longrightarrow 6\,\text{O}_{2(g)} + 24\,\text{H}^+ + 24\,\text{e}^-

On additionne membre à membre : les 24 e24\ \text{e}^- et les 24 H+24\ \text{H}^+ se simplifient, et il reste 126=612 - 6 = 6 molécules d’eau à gauche :

6CO2(g)+6H2O()C6H12O6(aq)+6O2(g)\boxed{6\,\text{CO}_{2(g)} + 6\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} \longrightarrow \text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_{6(aq)} + 6\,\text{O}_{2(g)}}

Vérification : C : 6=66 = 6 ; H : 12=1212 = 12 ; O : 12+6=6+1212+6 = 6+12. ✓

Q3

Nommer la forme d’énergie produite lors de la photosynthèse.

Voir la correction

La plante capte l’énergie lumineuse du Soleil et s’en sert pour synthétiser du glucose, molécule « riche en énergie » qu’elle pourra ensuite dégrader pour vivre.

L’énergie produite est de l’énergie chimique, stockée dans les liaisons des molécules organiques (le glucose).

La photosynthèse réalise donc la conversion : énergie lumineuse \longrightarrow énergie chimique.

2. Extraction et purification du nickel Ni par électrolyse

Q4

Déterminer la masse maximale de nickel récupérée sur un terrain de 100 m2100\ \text{m}^{2}.

Voir la correction

Sur 100 m2100\ \text{m}^{2}, on récolte au maximum mplante=1,0m_{\text{plante}} = 1{,}0 kg de plante séchée, dont la teneur en masse de nickel atteint 12,7 % :

m(Ni)=12,7100×mplante=0,127×1,0=0,127 kgm(\text{Ni}) = \frac{12{,}7}{100}\times m_{\text{plante}} = 0{,}127\times 1{,}0 = 0{,}127\ \text{kg}

La donnée la moins précise (1,01{,}0 kg) comporte 2 chiffres significatifs :

m(Ni)=0,13m(\text{Ni}) = 0{,}13 kg =1,3×102= 1{,}3\times 10^{2} g

Q5

Indiquer s’il s’agit d’une réaction d’oxydation ou de réduction.

Voir la correction

L’équation fournie est Ni(aq)2++2eNi(s)\text{Ni}^{2+}_{(aq)} + 2\,\text{e}^- \longrightarrow \text{Ni}_{(s)} : les électrons figurent parmi les réactifs, ils sont donc consommés par l’ion nickel.

L’ion Ni2+\text{Ni}^{2+} gagne des électrons : il s’agit d’une réduction.

Une réduction se produit toujours à la cathode : c’est là que se formera le dépôt de nickel métallique.

Q6

Reproduire un schéma simplifié du montage et y indiquer le sens de déplacement des électrons, le sens conventionnel du courant électrique et le dépôt de nickel.

Voir la correction

Raisonnement préalable. Sur la figure 1 du sujet, la borne + du générateur est reliée, via l’ampèremètre, à l’électrode de titane ; la borne est reliée à l’électrode de carbone. Donc :

  • l’électrode de carbone, reliée à la borne -, est la cathode : c’est elle qui fournit les électrons à la solution, donc le siège de la réduction Ni(aq)2++2eNi(s)\text{Ni}^{2+}_{(aq)} + 2\,\text{e}^- \longrightarrow \text{Ni}_{(s)}, et donc le lieu du dépôt de nickel ;
  • l’électrode de titane, reliée à la borne ++, est l’anode, siège d’une oxydation.
AG+IIIeeÉlectrode de titaneANODE (borne +)oxydationÉlectrode de carboneCATHODE (borne −)réductionsolution aqueuse acidifiée d’ions Ni2+dépôt de nickelNi2+ + 2 e → Ni(s)

Dans les fils, les électrons circulent de la borne - vers la cathode (carbone) et de l’anode (titane) vers la borne ++ : ils vont en sens inverse du courant. Le nickel se dépose sur l’électrode de carbone.

Dans la solution, ce ne sont pas des électrons qui circulent mais des ions : les cations Ni2+\text{Ni}^{2+} migrent vers la cathode, les anions vers l’anode.

Q7

Déterminer la durée de l’électrolyse permettant de purifier 1,3×1021{,}3\times 10^{2} g de nickel, l’intensité valant I=2,0I = 2{,}0 A.

Voir la correction

Démarche suivie : (1) calculer la quantité de matière de nickel à déposer ; (2) en déduire, par la demi-équation, la quantité d’électrons échangés ; (3) calculer la quantité d’électricité correspondante ; (4) en déduire la durée.

Étape 1 — quantité de nickel.

n(Ni)=m(Ni)M(Ni)=1,3×10258,7=2,21 moln(\text{Ni}) = \frac{m(\text{Ni})}{M(\text{Ni})} = \frac{1{,}3\times 10^{2}}{58{,}7} = 2{,}21\ \text{mol}

Étape 2 — quantité d’électrons échangés. D’après Ni(aq)2++2eNi(s)\text{Ni}^{2+}_{(aq)} + 2\,\text{e}^- \longrightarrow \text{Ni}_{(s)}, il faut deux moles d’électrons pour déposer une mole de nickel :

n(e)=2×n(Ni)=2×2,2147=4,43 moln(\text{e}^-) = 2\times n(\text{Ni}) = 2\times 2{,}2147 = 4{,}43\ \text{mol}

Étape 3 — quantité d’électricité. La constante de Faraday FF est la charge d’une mole d’électrons :

Q=n(e)×F=4,43×96500=4,27×105 CQ = n(\text{e}^-)\times F = 4{,}43\times 96\,500 = 4{,}27\times 10^{5}\ \text{C}

Étape 4 — durée.

Q=IΔtΔt=QI=4,27×1052,0=2,14×105 sQ = I\cdot\Delta t \qquad\Longrightarrow\qquad \Delta t = \frac{Q}{I} = \frac{4{,}27\times 10^{5}}{2{,}0} = 2{,}14\times 10^{5}\ \text{s}

Δt=2,1×105\Delta t = 2{,}1\times 10^{5} s, soit environ 59 heures (près de 2 jours et demi)

Q8

Commenter la durée de l’électrolyse. Proposer une solution pour réduire cette durée.

Voir la correction

Commentaire. Près de 60 heures d’électrolyse continue pour seulement 130 g de nickel : à l’échelle industrielle, où l’on traite des tonnes de métal, cette durée est rédhibitoire. Elle explique le coût énergétique élevé de la purification électrolytique.

Solution. La quantité d’électricité QQ à faire circuler est imposée par la masse de nickel à déposer : elle ne peut pas être diminuée. En revanche, Δt=QI\Delta t = \dfrac{Q}{I} est inversement proportionnelle à l’intensité.

Il faut augmenter l’intensité du courant : multiplier II par 10 (soit I=20I = 20 A) diviserait la durée par 10, soit environ 6 heures.

En pratique, on y parvient en augmentant la surface des électrodes et en faisant fonctionner plusieurs cuves en parallèle. L’intensité ne peut cependant pas être augmentée indéfiniment : au-delà d’une certaine valeur apparaissent des réactions parasites (dégagement de dihydrogène) et le dépôt de nickel devient moins pur et moins adhérent.

3. Utilisation dans les batteries de trottinettes électriques

Q9

Calculer, en s’appuyant sur le résultat de la question Q4, le nombre de batteries qu’il serait possible de produire avec le nickel extrait à partir des plantes, pour une récolte sur 1 millier d’hectares. Commenter.

Voir la correction

Démarche suivie : (1) convertir la surface récoltée et calculer la masse de nickel brut ; (2) retrancher les 45 % de pertes ; (3) calculer la masse de nickel contenue dans une batterie ; (4) en déduire le nombre de batteries.

Étape 1 — masse de nickel extraite du champ.

S=1000 ha=1000×1,0×104=1,0×107 m2S = 1\,000\ \text{ha} = 1\,000\times 1{,}0\times 10^{4} = 1{,}0\times 10^{7}\ \text{m}^{2}

La question Q4 a établi que 100 m2100\ \text{m}^{2} fournissent 0,1270{,}127 kg de nickel :

mbrute=1,0×107100×0,127=1,0×105×0,127=1,27×104 kg (12,7 t)m_{\text{brute}} = \frac{1{,}0\times 10^{7}}{100}\times 0{,}127 = 1{,}0\times 10^{5}\times 0{,}127 = 1{,}27\times 10^{4}\ \text{kg}\ (\approx 12{,}7\ \text{t})

Étape 2 — pertes lors de l’extraction et de la purification. Les pertes s’élevant à 45 %, il reste 10045=55100 - 45 = 55 % du nickel :

mdisponible=0,55×1,27×104=6,99×103 kgm_{\text{disponible}} = 0{,}55\times 1{,}27\times 10^{4} = 6{,}99\times 10^{3}\ \text{kg}

Étape 3 — masse de nickel par batterie. L’électrode contenant le nickel a une masse de 0,530{,}53 kg, dont 60 % en masse de nickel :

mbatterie(Ni)=0,60×0,53=0,318 kgm_{\text{batterie}}(\text{Ni}) = 0{,}60\times 0{,}53 = 0{,}318\ \text{kg}

Étape 4 — nombre de batteries.

N=mdisponiblembatterie(Ni)=6,99×1030,318=2,2×104N = \frac{m_{\text{disponible}}}{m_{\text{batterie}}(\text{Ni})} = \frac{6{,}99\times 10^{3}}{0{,}318} = 2{,}2\times 10^{4}

N2,2×104N \approx 2{,}2\times 10^{4} batteries, soit environ 22 000 trottinettes

Commentaire. Le résultat est modeste : 1 000 hectares représentent 10 km210\ \text{km}^{2}, soit la superficie d’une petite ville, mobilisés pendant toute une saison de culture pour équiper seulement 22 000 trottinettes. La production de nickel par les plantes ne peut donc pas remplacer l’extraction minière à grande échelle.

Son intérêt est ailleurs, et il est double : ces cultures se pratiquent sur d’anciens sites industriels pollués, qu’elles dépolluent en même temps qu’elles produisent du métal — deux services rendus par la même récolte, sans ouvrir de nouvelle mine.

Exercice 3 — Analyse d’un comprimé (4 points)

1. Identification du principe actif

Q1

Recopier la formule topologique de l’aspirine, entourer ses groupes caractéristiques puis nommer la famille fonctionnelle associée à chaque groupe.

Voir la correction
COOHOCOCH3groupe carboxylegroupe ester

La molécule d’aspirine porte deux groupes caractéristiques :

  • le groupe carboxyle COOH-\text{COOH} : un atome de carbone doublement lié à un atome d’oxygène et simplement lié à un groupe OH-\text{OH} \longrightarrow famille des acides carboxyliques ;
  • le groupe ester COO-\text{COO}- : un atome de carbone doublement lié à un atome d’oxygène et simplement lié à un second atome d’oxygène, lui-même relié à un atome de carbone \longrightarrow famille des esters.

Le nom complet de l’aspirine, l’acide acétylsalicylique, reflète d’ailleurs ces deux fonctions.

Q2

Justifier que le spectre de l’échantillon analysé peut correspondre à celui de l’aspirine.

Voir la correction

On confronte les bandes lues sur le spectre avec la table des bandes d’absorption et avec les deux groupes identifiés à la question Q1.

Lecture 1 — la bande large entre 2500 et 3200 cm1\text{cm}^{-1}. Le spectre présente une bande d’absorption très large, forte à moyenne, s’étendant d’environ 3400 à 2500 cm1\text{cm}^{-1} (transmittance minimale 0,45\approx 0{,}45). D’après la table, cette bande large est caractéristique de la liaison O–H\text{O–H} d’un acide carboxylique (2500–3200 cm1\text{cm}^{-1}). Elle ne peut pas être attribuée à un O–H\text{O–H} d’alcool, dont la bande, également large, est confinée entre 3200 et 3400 cm1\text{cm}^{-1} et ne descendrait pas jusqu’à 2500 cm1\text{cm}^{-1}.

Lecture 2 — les deux bandes fines et intenses entre 1650 et 1800 cm1\text{cm}^{-1}. On observe deux bandes fines et très intenses, à environ 1750 et 1690 cm1\text{cm}^{-1} :

  • celle voisine de 1750 cm1\text{cm}^{-1} se situe légèrement au-dessus du domaine tabulé de la liaison C=O\text{C=O} d’un ester (1700–1740 cm1\text{cm}^{-1}) : ce décalage vers les grands nombres d’onde est caractéristique d’un ester de phénol, ce qu’est précisément l’aspirine. Parmi les liaisons C=O\text{C=O} de la table, l’ester est la seule attribution compatible, l’aldéhyde et la cétone étant exclus par la formule topologique de la question Q1 ;
  • celle voisine de 1690 cm1\text{cm}^{-1} tombe en revanche en plein dans le domaine de la liaison C=O\text{C=O} d’un acide carboxylique (1680–1710 cm1\text{cm}^{-1}).

Conclusion.

Le spectre révèle simultanément un groupe carboxyle et un groupe ester : il est compatible avec la structure de l’aspirine identifiée à la question Q1.

2. Titrage avec suivi pH-métrique du principe actif

Q3

Sélectionner, parmi la verrerie disponible, celle utilisée pour effectuer la dilution de la solution titrante d’hydroxyde de sodium. Justifier.

Voir la correction

Étape 1 — facteur de dilution.

F=C0Cb=5,00×1021,00×102=5,00F = \frac{C_0}{C_b} = \frac{5{,}00\times 10^{-2}}{1{,}00\times 10^{-2}} = 5{,}00

La solution mère doit donc être diluée 5 fois.

Étape 2 — relation entre les volumes. Lors d’une dilution, la quantité de matière de soluté prélevée se conserve :

npreˊleveˊe=nfinaleC0×Vpipette=Cb×Vfiolen_{\text{prélevée}} = n_{\text{finale}} \qquad\Longrightarrow\qquad C_0\times V_{\text{pipette}} = C_b\times V_{\text{fiole}}

Vfiole=C0Cb×Vpipette=5,00×VpipetteV_{\text{fiole}} = \frac{C_0}{C_b}\times V_{\text{pipette}} = 5{,}00\times V_{\text{pipette}}

Étape 3 — choix dans la verrerie disponible. On cherche donc un couple (pipette ; fiole) dans un rapport exactement égal à 5 :

Pipette jaugée disponibleFiole nécessaire (×5\times 5)Conclusion
1,0 mL5 mLfiole indisponible
2,0 mL10 mLfiole indisponible
10,0 mL50,0 mLcouple retenu
25,0 mL125 mLfiole indisponible

Une pipette jaugée de 10,0 mL et une fiole jaugée de 50,0 mL

On prélève 10,0 mL de solution mère à la pipette jaugée, on les verse dans la fiole jaugée de 50,0 mL, puis on complète avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge et on homogénéise.

Q4

Écrire l’équation de la réaction support du titrage entre l’ion hydroxyde et l’aspirine (notée AH).

Voir la correction

L’aspirine est un acide (groupe carboxyle) : elle cède un proton H+\text{H}^+ à l’ion hydroxyde, qui est une base. La réaction met en jeu les deux couples AH/A\text{AH}/\text{A}^- et H2O/HO\text{H}_2\text{O}/\text{HO}^- :

AH(aq)A(aq)+H+\text{AH}_{(aq)} \longrightarrow \text{A}^-_{(aq)} + \text{H}^+

HO(aq)+H+H2O()\text{HO}^-_{(aq)} + \text{H}^+ \longrightarrow \text{H}_2\text{O}_{(\ell)}

En additionnant membre à membre, les protons H+\text{H}^+ se simplifient :

AH(aq)+HO(aq)A(aq)+H2O()\boxed{\text{AH}_{(aq)} + \text{HO}^-_{(aq)} \longrightarrow \text{A}^-_{(aq)} + \text{H}_2\text{O}_{(\ell)}}

Cette réaction est totale et rapide : ce sont les deux conditions nécessaires pour qu’une réaction puisse servir de support à un titrage.

Q5

Définir l’équivalence d’un titrage.

Voir la correction

L’équivalence est l’instant du titrage où les réactifs (le réactif titré et le réactif titrant) ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l’équation de la réaction support du titrage.

On peut la caractériser par le changement de réactif limitant :

  • avant l’équivalence, le réactif titrant (ici HO\text{HO}^-) est limitant : il est entièrement consommé au fur et à mesure qu’on le verse ;
  • à l’équivalence, les deux réactifs sont totalement consommés ;
  • après l’équivalence, le réactif titrant est en excès et s’accumule dans le bécher.

C’est ce changement brutal qui provoque le saut de pH observé sur la courbe.

Q6

Déterminer la valeur du volume à l’équivalence en précisant la méthode utilisée.

Voir la correction

Méthode. La courbe dérivée dpHdV\dfrac{d\,\text{pH}}{d V} est fournie : le volume équivalent est l’abscisse de son maximum, c’est-à-dire le point où le pH varie le plus vite (point d’inflexion de la courbe pH=f(V)\text{pH} = f(V)). On projette le sommet du pic sur l’axe des volumes.

VE8,8V_E \approx 8{,}8 mL (lecture graphique à ± 0,2 mL près)

Vérification par une seconde méthode. La courbe pH=f(V)\text{pH} = f(V) présente son saut de pH le plus raide au voisinage de V=8,8V = 8{,}8 mL : la méthode des tangentes parallèles conduirait à la même valeur. ✓

Q7

Vérifier, à l’aide du résultat du dosage pH-métrique, si les comprimés d’aspirine interceptés par les douanes sont commercialisables.

Voir la correction

Démarche suivie : (1) exploiter l’équivalence pour obtenir la quantité d’aspirine dans la prise d’essai ; (2) remonter à la quantité contenue dans la solution S, donc dans le comprimé ; (3) convertir en masse ; (4) comparer à la masse annoncée à l’aide de la tolérance de ±15 %\pm 15\ \%.

Étape 1 — quantité d’aspirine dans la prise d’essai. Les nombres stœchiométriques de AH\text{AH} et de HO\text{HO}^- valent tous deux 1 dans l’équation de la question Q4. À l’équivalence :

npreˊleveˊ(AH)=nverseˊ(HO)=Cb×VE=1,00×102×8,8×103=8,8×105 moln_{\text{prélevé}}(\text{AH}) = n_{\text{versé}}(\text{HO}^-) = C_b\times V_E = 1{,}00\times 10^{-2}\times 8{,}8\times 10^{-3} = 8{,}8\times 10^{-5}\ \text{mol}

Étape 2 — quantité contenue dans le comprimé. Cette quantité n’est contenue que dans les Va=20,0V_a = 20{,}0 mL prélevés ; la solution S, qui contient tout le comprimé, a un volume V=500,0V = 500{,}0 mL, soit 25 fois plus :

ncomprimeˊ=npreˊleveˊ×VVa=8,8×105×500,020,0=8,8×105×25=2,20×103 moln_{\text{comprimé}} = n_{\text{prélevé}}\times\frac{V}{V_a} = 8{,}8\times 10^{-5}\times\frac{500{,}0}{20{,}0} = 8{,}8\times 10^{-5}\times 25 = 2{,}20\times 10^{-3}\ \text{mol}

Étape 3 — masse d’aspirine du comprimé.

m=ncomprimeˊ×M(aspirine)=2,20×103×180,2=0,396 gm = n_{\text{comprimé}}\times M(\text{aspirine}) = 2{,}20\times 10^{-3}\times 180{,}2 = 0{,}396\ \text{g}

m=4,0×102m = 4{,}0\times 10^{2} mg (soit 396 mg)

Étape 4 — comparaison avec la tolérance de la pharmacopée. Le comprimé est annoncé à mref=500m_{\text{ref}} = 500 mg. La pharmacopée admet un écart de ±15 %\pm 15\ \%, soit un intervalle d’acceptation :

0,85×500=425 mgaˋ1,15×500=575 mg0{,}85\times 500 = 425\ \text{mg} \qquad\text{à}\qquad 1{,}15\times 500 = 575\ \text{mg}

Or l’écart relatif mesuré vaut, avec la masse retenue m=4,0×102m = 4{,}0\times 10^{2} mg :

mmrefmref=400500500=100500=0,20\frac{\left|m - m_{\text{ref}}\right|}{m_{\text{ref}}} = \frac{\left|400 - 500\right|}{500} = \frac{100}{500} = 0{,}20

Écart de 20 % (>15 %> 15\ \%) ; m=4,0×102m = 4{,}0\times 10^{2} mg <425< 425 mg : les comprimés saisis ne sont pas commercialisables.

Le comprimé est nettement sous-dosé en principe actif : il contient un cinquième d’aspirine en moins que la quantité annoncée. Cela confirme le soupçon de contrefaçon évoqué en introduction — le médicament serait à la fois inefficace au dosage prévu et trompeur pour le patient.

Contrôle de cohérence : un comprimé conforme à 500 mg aurait conduit à un volume équivalent VE=500×103/180,225×1,00×102×103=11,1V_E = \dfrac{500\times 10^{-3}/180{,}2}{25\times 1{,}00\times 10^{-2}}\times 10^{3} = 11{,}1 mL, très nettement supérieur aux 8,8 mL mesurés. ✓

Récapitulatif des résultats numériques

Exercice 1. Diffraction • θ=L2D\theta = \dfrac{L}{2D} et L=2λDaL = \dfrac{2\lambda D}{a}k=3,8×106 m2k = 3{,}8\times 10^{-6}\ \text{m}^{2}a=4,8×104a = 4{,}8\times 10^{-4} m =0,48= 0{,}48 mm • u(a)=3,1×105\mathrm{u}(a) = 3{,}1\times 10^{-5} m ; z=1,0<2z = 1{,}0 < 2 : fil compatible et utilisable • effet photovoltaïque ; S=0,352 m2S = 0{,}352\ \text{m}^{2}, Plum=3,52×102P_{\text{lum}} = 3{,}52\times 10^{2} W, η=14\eta = 14 % • Δtcharge=6,4\Delta t_{\text{charge}} = 6{,}4 h • A=5,0A = -5{,}0 V • τ46 μs\tau \approx 46\ \mu\text{s} C=2,3×108\rightarrow C = 2{,}3\times 10^{-8} F =23= 23 nF • Econd=2,6×102E_{\text{cond}} = 2{,}6\times 10^{-2} J =26= 26 mJ • Ejourneˊe=1,27×105E_{\text{journée}} = 1{,}27\times 10^{5} J, soit 5×106\approx 5\times 10^{6} fois EcondE_{\text{cond}} • 1 000 frelons =26= 26 J =0,02= 0{,}02 % : autonomie (6,1 jours) quasi inchangée.

Exercice 2. 6CO2(g)+6H2O()C6H12O6(aq)+6O2(g)6\,\text{CO}_{2(g)} + 6\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} \longrightarrow \text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_{6(aq)} + 6\,\text{O}_{2(g)} ; énergie chimique • m(Ni)=1,3×102m(\text{Ni}) = 1{,}3\times 10^{2} g pour 100 m2100\ \text{m}^{2} • réduction ; dépôt sur l’électrode de carbone (cathode, borne -) ; titane == anode (borne ++) • n(Ni)=2,21n(\text{Ni}) = 2{,}21 mol, n(e)=4,43n(\text{e}^-) = 4{,}43 mol, Q=4,27×105Q = 4{,}27\times 10^{5} C, Δt=2,1×105\Delta t = 2{,}1\times 10^{5} s 59\approx 59 h • augmenter IImdisponible=6,99×103m_{\text{disponible}} = 6{,}99\times 10^{3} kg N2,2×104\rightarrow N \approx 2{,}2\times 10^{4} batteries.

Exercice 3. Groupes carboxyle (acide carboxylique) et ester • bande large 2500–3200 cm1\text{cm}^{-1} (O–H\text{O–H} acide) + bandes fines à 1750 (C=O\text{C=O} ester de phénol) et 1690 cm1\text{cm}^{-1} (C=O\text{C=O} acide) • pipette jaugée 10,0 mL + fiole jaugée 50,0 mL (F=5F = 5) • AH(aq)+HO(aq)A(aq)+H2O()\text{AH}_{(aq)} + \text{HO}^-_{(aq)} \rightarrow \text{A}^-_{(aq)} + \text{H}_2\text{O}_{(\ell)}VE8,8V_E \approx 8{,}8 mL n=2,20×103\rightarrow n = 2{,}20\times 10^{-3} mol, m=4,0×102m = 4{,}0\times 10^{2} mg (396 mg) • écart de 20 % (>15 %> 15\ \%) : comprimés non commercialisables.

Corrigé non officiel, proposé par Génies des Sciences — il ne s'agit pas du barème du jury.

Ce qui tombe dans ce sujet

Exercice 1 — Étude d’une harpe électrique au service des abeilles domestiques (11 points)

Pour réviser : Diffraction et interférences · Mesure et incertitudes · Le photon et l'effet photoélectrique · Le circuit RC

Exercice 2 — La dépollution par les plantes pour extraire du nickel (5 points)

Pour réviser : Piles et électrolyse

Exercice 3 — Analyse d’un comprimé (4 points)

Pour réviser : Méthodes physiques d'analyse d'un système chimique · Méthodes de suivi d'un titrage

Chaque lien mène au chapitre complet : le cours en vidéo, la fiche méthode, les exercices corrigés et le quiz.

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