Bac physique-chimie 2026 — Centres étrangers — Jour 1 : sujet et corrigé
Le sujet le plus long de la session : une harpe électrique qui protège les ruches des frelons — diamètre du fil mesuré par diffraction, panneau photovoltaïque, condensateur — puis l’extraction du nickel par des plantes et son électrolyse, et l’analyse d’un comprimé d’aspirine par spectroscopie et titrage pH-métrique.
Télécharger le sujet et le corrigé
📄 Le sujet officiel (PDF) ✅ Le corrigé détaillé (PDF · 21 pages)
Corrigé rédigé comme une copie modèle, puis relu par un second correcteur : applications numériques recalculées, équations vérifiées, avec des « notes du professeur » sur les pièges du barème.
Le corrigé en ligne, question par question
L'énoncé abrégé de chaque question est affiché : cherche d'abord au brouillon, puis clique sur « Voir la correction » pour comparer avec la rédaction attendue sur une copie.
Exercice 1 — Étude d’une harpe électrique au service des abeilles domestiques (11 points)
1. Taille du fil en inox présent sur la harpe
Nommer le phénomène physique observé sur l’écran.
Voir la correction
Le fil, placé sur le trajet du faisceau laser, ne projette pas une simple ombre géométrique : on observe sur l’écran une tache centrale lumineuse large, encadrée de taches secondaires moins intenses. La lumière s’est donc étalée au-delà des limites de l’ombre du fil.
Il s’agit du phénomène de diffraction de la lumière par le fil.
Ce phénomène est d’autant plus marqué que l’obstacle est fin : c’est exactement ce que traduit la relation fournie , où l’angle caractéristique augmente quand le diamètre diminue.
Exprimer l’angle caractéristique en fonction de la largeur de la tache centrale et de la distance , à l’aide de la figure 2 et en utilisant l’approximation des petits angles.
Voir la correction
D’après la figure 2, l’angle est repéré entre la direction du faisceau incident (l’axe) et la direction du faisceau émergent qui atteint une extrémité de la tache centrale. Le triangle rectangle correspondant a donc pour côtés la distance et la demi-largeur :
L’énoncé précise que pour des angles très petits exprimés en radians, :
( en radians)
En déduire la relation donnant en fonction de , et . Montrer qu’il y a proportionnalité entre et .
Voir la correction
On dispose de deux expressions du même angle : celle établie à la question Q2 et celle fournie par l’énoncé. On les égale :
Pour une expérience donnée, la longueur d’onde du laser et la distance fil-écran sont fixées : le produit est une constante, que l’on note :
avec : est bien proportionnelle à .
Justifier que les résultats expérimentaux de la figure 3 sont compatibles avec la modélisation .
Voir la correction
Deux grandeurs sont proportionnelles si la représentation graphique de l’une en fonction de l’autre est une droite passant par l’origine. Or sur la figure 3 :
- les six points expérimentaux sont alignés ;
- la droite qui les ajuste au mieux passe par l’origine du repère (le point est d’ailleurs cohérent avec le modèle : un fil de diamètre infini ne diffracterait pas).
On peut le confirmer numériquement : si , alors le produit doit être constant.
| (µm) | 40 | 50 | 100 | 120 | 280 | 400 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| (cm) | 9,50 | 7,40 | 3,95 | 3,20 | 1,35 | 1,00 |
| () | 3,80 | 3,70 | 3,95 | 3,84 | 3,78 | 4,00 |
Les six produits sont constants à environ 4 % près, ce qui est compatible avec la précision des mesures.
Les résultats expérimentaux sont bien compatibles avec le modèle .
Déterminer la valeur de en précisant la méthode utilisée.
Voir la correction
Méthode. D’après la question Q3, est le coefficient directeur de la droite moyenne passant par l’origine. On trace cette droite, puis on calcule sa pente à l’aide de deux points très éloignés de la droite (et non de deux points expérimentaux) : l’origine et un point situé à l’extrémité droite.
Calcul de la pente. Attention aux unités : doit être en mètres et en .
Cette valeur est cohérente avec la moyenne des produits calculés à la question Q4 () et avec la modélisation fournie ensuite par l’énoncé ().
Calculer la valeur du diamètre de ce fil à partir de la modélisation (, mm).
Voir la correction
On isole dans la relation de modélisation :
Avec mm m :
La donnée la moins précise () comporte 2 chiffres significatifs :
m mm
L’ordre de grandeur est cohérent avec la valeur annoncée sur la bobine ( mm).
Calculer la valeur de l’incertitude-type associée à la valeur expérimentale de .
Voir la correction
On applique la relation fournie. On calcule d’abord les deux incertitudes relatives, qui sont des nombres sans unité :
m mm
On remarque que est près de cinq fois plus grande que : c’est la mesure de la largeur de la tache qui limite la précision, et non la modélisation. Le résultat de la mesure s’écrit donc mm.
Vérifier que le résultat de la mesure est compatible avec la valeur de référence affichée sur la bobine ( mm). Conclure quant à l’usage de ce fil pour construire une harpe électrique.
Voir la correction
Étape 1 — test de compatibilité. On calcule le quotient proposé par l’énoncé, en conservant la valeur non arrondie de :
Le quotient étant inférieur à 2, l’écart entre la valeur mesurée et la valeur de référence s’explique entièrement par les incertitudes de mesure.
La mesure est compatible avec la valeur affichée sur la bobine.
Étape 2 — conclusion pour la harpe. Le cahier des charges impose un diamètre « de l’ordre de grandeur de mm » au maximum, pour que les fils ne soient pas vus par les frelons. Or la valeur mesurée vaut mm, et même la borne haute de l’intervalle, mm, reste de cet ordre de grandeur.
Ce fil convient pour fabriquer la harpe électrique.
2. Alimentation électrique de la harpe : le panneau solaire
Nommer le phénomène qui intervient dans la conversion d’énergie lumineuse en énergie électrique et le décrire en une ou deux phrases.
Voir la correction
Le panneau convertit l’énergie transportée par la lumière du Soleil en énergie électrique. Le phénomène responsable de cette conversion, qui se produit au cœur de chaque cellule, porte un nom précis :
Il s’agit de l’effet photovoltaïque.
Lorsqu’un photon d’énergie suffisante est absorbé par le matériau semi-conducteur de la cellule, il cède son énergie à un électron, qui est arraché à son atome : il devient mobile. Le champ électrique interne de la cellule (au niveau de la jonction) sépare alors les charges positives et négatives ainsi libérées, ce qui fait apparaître une tension entre les deux faces du panneau : un courant électrique peut circuler dans le circuit extérieur.
Conversion : énergie lumineuse (rayonnante) énergie électrique.
Calculer la valeur du rendement du panneau photovoltaïque. Commenter.
Voir la correction
Étape 1 — puissance lumineuse reçue. La surface utile du panneau est celle du rectangle de dimensions 640 mm 550 mm, converties en mètres :
Étape 2 — rendement. Le rendement est le quotient de la puissance électrique utile par la puissance reçue :
, soit 14 %
Étape 3 — commentaire. La valeur mesurée est égale au rendement annoncé par le constructeur (14 %) : le panneau est conforme à sa notice. Ce rendement, faible en apparence, est tout à fait ordinaire pour un panneau photovoltaïque courant : les 86 % restants sont perdus, essentiellement sous forme de transfert thermique (échauffement du panneau) et parce que les photons de trop faible énergie ne sont pas convertis.
Estimer la valeur de la durée de charge de la batterie si toute l’intensité provenant du panneau lui est fournie. Commenter.
Voir la correction
La relation fournie relie directement la capacité, l’intensité et la durée :
h, soit environ 6 h 26 min
Commentaire. Cette durée est bien inférieure à la durée du jour en période estivale (14 h 17 min) : la batterie peut donc être entièrement rechargée dans la journée, ce qui garantit le fonctionnement de la harpe la nuit. La valeur obtenue est cependant une estimation optimiste : en pratique l’ensoleillement n’est maximal que quelques heures par jour, et une partie du courant produit alimente directement la harpe au lieu de charger la batterie.
3. Module électronique
Montrer que l’équation différentielle vérifiée par lors de la charge s’écrit , avec .
Voir la correction
Loi des mailles appliquée au circuit de la figure 5, après fermeture de l’interrupteur :
Lois de comportement des dipôles (les deux sont fléchés en convention récepteur) :
En reportant l’expression de dans celle de , puis dans la loi des mailles :
On divise membre à membre par :
En posant :
Contrôle d’homogénéité : s’exprime en ; or et , donc est bien en secondes. ✓
La solution est de la forme . Déterminer la valeur de .
Voir la correction
La constante se détermine par la condition initiale. L’énoncé précise que le condensateur est initialement déchargé : à s, la tension à ses bornes est nulle.
V
La solution s’écrit donc , fonction croissante partant de 0 et tendant vers V : c’est bien l’allure de la courbe de la figure 6. ✓
Déterminer la valeur de la constante de temps en expliquant la méthode graphique employée.
Voir la correction
Méthode. Deux constructions graphiques équivalentes permettent de lire sur la figure 6 :
- méthode des 63 % : à la date , . On repère l’ordonnée V (soit environ V), on projette sur la courbe, puis sur l’axe des temps ;
- méthode de la tangente à l’origine : la tangente à la courbe en coupe l’asymptote horizontale à la date .
Les deux constructions donnent la même abscisse :
s (lecture graphique à ± 4 µs près)
En déduire la valeur expérimentale de la capacité du condensateur.
Voir la correction
La question Q12 a établi que . On isole , avec kΩ :
F nF
Cet ordre de grandeur (quelques dizaines de nanofarads) est tout à fait courant pour un condensateur de circuit électronique. Contrôle : . ✓
Calculer une valeur de l’énergie libérée par le condensateur lorsqu’un frelon touche la harpe électrique.
Voir la correction
Le condensateur est chargé sous la tension V, puis il se décharge intégralement dans le frelon : l’énergie libérée est donc toute l’énergie qu’il avait emmagasinée.
J mJ
Cette énergie, très faible à l’échelle humaine (elle correspond à la chute d’une masse de 100 g d’environ 2,6 cm), est cependant délivrée en un temps très bref et suffit à neutraliser un insecte.
Calculer l’énergie consommée par le module électronique sur une journée. Comparer cette énergie avec celle délivrée par le condensateur pour électrocuter un frelon.
Voir la correction
Étape 1 — conversion des durées en minutes. Les consommations sont données par minute : il faut donc exprimer les durées en minutes.
Vérification : min h. ✓
Étape 2 — énergies consommées.
J
Étape 3 — comparaison.
L’énergie consommée en une journée par le module est environ 5 millions de fois plus grande que celle libérée pour électrocuter un frelon.
Autrement dit, c’est le fonctionnement permanent du module (surveillance, maintien de la charge du condensateur) qui consomme l’énergie, et non les décharges elles-mêmes.
Indiquer, en justifiant, si le nombre de frelons électrocutés influence beaucoup l’autonomie de la batterie.
Voir la correction
Démarche suivie : (1) calculer l’énergie consommée en une journée par les seules électrocutions ; (2) la comparer à la consommation journalière du module ; (3) calculer l’énergie stockée dans la batterie et vérifier la cohérence avec l’autonomie annoncée ; (4) conclure.
Étape 1 — énergie consommée par les électrocutions. Le dispositif piège au moins 1 000 frelons par jour, chacun consommant l’énergie calculée à la question Q16 :
Étape 2 — comparaison avec la consommation du module.
Les électrocutions représentent seulement 0,02 % de la consommation journalière.
Étape 3 — énergie stockée dans la batterie et autonomie. La capacité de la batterie, convertie en coulombs, vaut C :
Ce résultat est en excellent accord avec l’autonomie annoncée par l’énoncé (« environ 6 jours ») : le modèle et les données sont cohérents. ✓
En ajoutant les 26 J quotidiens dus aux frelons, l’autonomie devient jours : la différence est de moins de deux minutes sur six jours.
Étape 4 — conclusion.
Non : le nombre de frelons électrocutés n’influence pratiquement pas l’autonomie de la batterie.
Celle-ci est fixée par la consommation permanente du module électronique (98,8 J par minute le jour, 72,1 J par minute la nuit). Piéger deux fois plus de frelons ne changerait rien ; en revanche, réduire la consommation de veille améliorerait nettement l’autonomie.
Exercice 2 — La dépollution par les plantes pour extraire du nickel (5 points)
1. Photosynthèse dans la plante
Écrire les demi-équations électroniques associées aux couples oxydant-réducteur mis en jeu lors de la photosynthèse.
Voir la correction
On équilibre chaque demi-équation dans l’ordre : élément principal, puis O avec , puis H avec , puis les charges avec les électrons.
Couple :
Couple :
Vérification de la seconde : C : ; O : ; H : ; charges : . ✓
En déduire l’équation de la réaction modélisant la transformation ayant lieu lors de la photosynthèse.
Voir la correction
Lors de la photosynthèse, la plante consomme le dioxyde de carbone et l’eau, et produit du glucose et du dioxygène. Donc :
- le dioxyde de carbone est réduit en glucose (il gagne des électrons) ;
- l’eau est oxydée en dioxygène (elle cède des électrons).
On écrit les deux demi-équations dans le bon sens et on multiplie la seconde par 6 afin d’échanger le même nombre d’électrons :
On additionne membre à membre : les et les se simplifient, et il reste molécules d’eau à gauche :
Vérification : C : ; H : ; O : . ✓
Nommer la forme d’énergie produite lors de la photosynthèse.
Voir la correction
La plante capte l’énergie lumineuse du Soleil et s’en sert pour synthétiser du glucose, molécule « riche en énergie » qu’elle pourra ensuite dégrader pour vivre.
L’énergie produite est de l’énergie chimique, stockée dans les liaisons des molécules organiques (le glucose).
La photosynthèse réalise donc la conversion : énergie lumineuse énergie chimique.
2. Extraction et purification du nickel Ni par électrolyse
Déterminer la masse maximale de nickel récupérée sur un terrain de .
Voir la correction
Sur , on récolte au maximum kg de plante séchée, dont la teneur en masse de nickel atteint 12,7 % :
La donnée la moins précise ( kg) comporte 2 chiffres significatifs :
kg g
Indiquer s’il s’agit d’une réaction d’oxydation ou de réduction.
Voir la correction
L’équation fournie est : les électrons figurent parmi les réactifs, ils sont donc consommés par l’ion nickel.
L’ion gagne des électrons : il s’agit d’une réduction.
Une réduction se produit toujours à la cathode : c’est là que se formera le dépôt de nickel métallique.
Reproduire un schéma simplifié du montage et y indiquer le sens de déplacement des électrons, le sens conventionnel du courant électrique et le dépôt de nickel.
Voir la correction
Raisonnement préalable. Sur la figure 1 du sujet, la borne + du générateur est reliée, via l’ampèremètre, à l’électrode de titane ; la borne − est reliée à l’électrode de carbone. Donc :
- l’électrode de carbone, reliée à la borne , est la cathode : c’est elle qui fournit les électrons à la solution, donc le siège de la réduction , et donc le lieu du dépôt de nickel ;
- l’électrode de titane, reliée à la borne , est l’anode, siège d’une oxydation.
Dans les fils, les électrons circulent de la borne vers la cathode (carbone) et de l’anode (titane) vers la borne : ils vont en sens inverse du courant. Le nickel se dépose sur l’électrode de carbone.
Dans la solution, ce ne sont pas des électrons qui circulent mais des ions : les cations migrent vers la cathode, les anions vers l’anode.
Déterminer la durée de l’électrolyse permettant de purifier g de nickel, l’intensité valant A.
Voir la correction
Démarche suivie : (1) calculer la quantité de matière de nickel à déposer ; (2) en déduire, par la demi-équation, la quantité d’électrons échangés ; (3) calculer la quantité d’électricité correspondante ; (4) en déduire la durée.
Étape 1 — quantité de nickel.
Étape 2 — quantité d’électrons échangés. D’après , il faut deux moles d’électrons pour déposer une mole de nickel :
Étape 3 — quantité d’électricité. La constante de Faraday est la charge d’une mole d’électrons :
Étape 4 — durée.
s, soit environ 59 heures (près de 2 jours et demi)
Commenter la durée de l’électrolyse. Proposer une solution pour réduire cette durée.
Voir la correction
Commentaire. Près de 60 heures d’électrolyse continue pour seulement 130 g de nickel : à l’échelle industrielle, où l’on traite des tonnes de métal, cette durée est rédhibitoire. Elle explique le coût énergétique élevé de la purification électrolytique.
Solution. La quantité d’électricité à faire circuler est imposée par la masse de nickel à déposer : elle ne peut pas être diminuée. En revanche, est inversement proportionnelle à l’intensité.
Il faut augmenter l’intensité du courant : multiplier par 10 (soit A) diviserait la durée par 10, soit environ 6 heures.
En pratique, on y parvient en augmentant la surface des électrodes et en faisant fonctionner plusieurs cuves en parallèle. L’intensité ne peut cependant pas être augmentée indéfiniment : au-delà d’une certaine valeur apparaissent des réactions parasites (dégagement de dihydrogène) et le dépôt de nickel devient moins pur et moins adhérent.
3. Utilisation dans les batteries de trottinettes électriques
Calculer, en s’appuyant sur le résultat de la question Q4, le nombre de batteries qu’il serait possible de produire avec le nickel extrait à partir des plantes, pour une récolte sur 1 millier d’hectares. Commenter.
Voir la correction
Démarche suivie : (1) convertir la surface récoltée et calculer la masse de nickel brut ; (2) retrancher les 45 % de pertes ; (3) calculer la masse de nickel contenue dans une batterie ; (4) en déduire le nombre de batteries.
Étape 1 — masse de nickel extraite du champ.
La question Q4 a établi que fournissent kg de nickel :
Étape 2 — pertes lors de l’extraction et de la purification. Les pertes s’élevant à 45 %, il reste % du nickel :
Étape 3 — masse de nickel par batterie. L’électrode contenant le nickel a une masse de kg, dont 60 % en masse de nickel :
Étape 4 — nombre de batteries.
batteries, soit environ 22 000 trottinettes
Commentaire. Le résultat est modeste : 1 000 hectares représentent , soit la superficie d’une petite ville, mobilisés pendant toute une saison de culture pour équiper seulement 22 000 trottinettes. La production de nickel par les plantes ne peut donc pas remplacer l’extraction minière à grande échelle.
Son intérêt est ailleurs, et il est double : ces cultures se pratiquent sur d’anciens sites industriels pollués, qu’elles dépolluent en même temps qu’elles produisent du métal — deux services rendus par la même récolte, sans ouvrir de nouvelle mine.
Exercice 3 — Analyse d’un comprimé (4 points)
1. Identification du principe actif
Recopier la formule topologique de l’aspirine, entourer ses groupes caractéristiques puis nommer la famille fonctionnelle associée à chaque groupe.
Voir la correction
La molécule d’aspirine porte deux groupes caractéristiques :
- le groupe carboxyle : un atome de carbone doublement lié à un atome d’oxygène et simplement lié à un groupe famille des acides carboxyliques ;
- le groupe ester : un atome de carbone doublement lié à un atome d’oxygène et simplement lié à un second atome d’oxygène, lui-même relié à un atome de carbone famille des esters.
Le nom complet de l’aspirine, l’acide acétylsalicylique, reflète d’ailleurs ces deux fonctions.
Justifier que le spectre de l’échantillon analysé peut correspondre à celui de l’aspirine.
Voir la correction
On confronte les bandes lues sur le spectre avec la table des bandes d’absorption et avec les deux groupes identifiés à la question Q1.
Lecture 1 — la bande large entre 2500 et 3200 . Le spectre présente une bande d’absorption très large, forte à moyenne, s’étendant d’environ 3400 à 2500 (transmittance minimale ). D’après la table, cette bande large est caractéristique de la liaison d’un acide carboxylique (2500–3200 ). Elle ne peut pas être attribuée à un d’alcool, dont la bande, également large, est confinée entre 3200 et 3400 et ne descendrait pas jusqu’à 2500 .
Lecture 2 — les deux bandes fines et intenses entre 1650 et 1800 . On observe deux bandes fines et très intenses, à environ 1750 et 1690 :
- celle voisine de 1750 se situe légèrement au-dessus du domaine tabulé de la liaison d’un ester (1700–1740 ) : ce décalage vers les grands nombres d’onde est caractéristique d’un ester de phénol, ce qu’est précisément l’aspirine. Parmi les liaisons de la table, l’ester est la seule attribution compatible, l’aldéhyde et la cétone étant exclus par la formule topologique de la question Q1 ;
- celle voisine de 1690 tombe en revanche en plein dans le domaine de la liaison d’un acide carboxylique (1680–1710 ).
Conclusion.
Le spectre révèle simultanément un groupe carboxyle et un groupe ester : il est compatible avec la structure de l’aspirine identifiée à la question Q1.
2. Titrage avec suivi pH-métrique du principe actif
Sélectionner, parmi la verrerie disponible, celle utilisée pour effectuer la dilution de la solution titrante d’hydroxyde de sodium. Justifier.
Voir la correction
Étape 1 — facteur de dilution.
La solution mère doit donc être diluée 5 fois.
Étape 2 — relation entre les volumes. Lors d’une dilution, la quantité de matière de soluté prélevée se conserve :
Étape 3 — choix dans la verrerie disponible. On cherche donc un couple (pipette ; fiole) dans un rapport exactement égal à 5 :
| Pipette jaugée disponible | Fiole nécessaire () | Conclusion |
|---|---|---|
| 1,0 mL | 5 mL | fiole indisponible |
| 2,0 mL | 10 mL | fiole indisponible |
| 10,0 mL | 50,0 mL | couple retenu ✓ |
| 25,0 mL | 125 mL | fiole indisponible |
Une pipette jaugée de 10,0 mL et une fiole jaugée de 50,0 mL
On prélève 10,0 mL de solution mère à la pipette jaugée, on les verse dans la fiole jaugée de 50,0 mL, puis on complète avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge et on homogénéise.
Écrire l’équation de la réaction support du titrage entre l’ion hydroxyde et l’aspirine (notée AH).
Voir la correction
L’aspirine est un acide (groupe carboxyle) : elle cède un proton à l’ion hydroxyde, qui est une base. La réaction met en jeu les deux couples et :
En additionnant membre à membre, les protons se simplifient :
Cette réaction est totale et rapide : ce sont les deux conditions nécessaires pour qu’une réaction puisse servir de support à un titrage.
Définir l’équivalence d’un titrage.
Voir la correction
L’équivalence est l’instant du titrage où les réactifs (le réactif titré et le réactif titrant) ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l’équation de la réaction support du titrage.
On peut la caractériser par le changement de réactif limitant :
- avant l’équivalence, le réactif titrant (ici ) est limitant : il est entièrement consommé au fur et à mesure qu’on le verse ;
- à l’équivalence, les deux réactifs sont totalement consommés ;
- après l’équivalence, le réactif titrant est en excès et s’accumule dans le bécher.
C’est ce changement brutal qui provoque le saut de pH observé sur la courbe.
Déterminer la valeur du volume à l’équivalence en précisant la méthode utilisée.
Voir la correction
Méthode. La courbe dérivée est fournie : le volume équivalent est l’abscisse de son maximum, c’est-à-dire le point où le pH varie le plus vite (point d’inflexion de la courbe ). On projette le sommet du pic sur l’axe des volumes.
mL (lecture graphique à ± 0,2 mL près)
Vérification par une seconde méthode. La courbe présente son saut de pH le plus raide au voisinage de mL : la méthode des tangentes parallèles conduirait à la même valeur. ✓
Vérifier, à l’aide du résultat du dosage pH-métrique, si les comprimés d’aspirine interceptés par les douanes sont commercialisables.
Voir la correction
Démarche suivie : (1) exploiter l’équivalence pour obtenir la quantité d’aspirine dans la prise d’essai ; (2) remonter à la quantité contenue dans la solution S, donc dans le comprimé ; (3) convertir en masse ; (4) comparer à la masse annoncée à l’aide de la tolérance de .
Étape 1 — quantité d’aspirine dans la prise d’essai. Les nombres stœchiométriques de et de valent tous deux 1 dans l’équation de la question Q4. À l’équivalence :
Étape 2 — quantité contenue dans le comprimé. Cette quantité n’est contenue que dans les mL prélevés ; la solution S, qui contient tout le comprimé, a un volume mL, soit 25 fois plus :
Étape 3 — masse d’aspirine du comprimé.
mg (soit 396 mg)
Étape 4 — comparaison avec la tolérance de la pharmacopée. Le comprimé est annoncé à mg. La pharmacopée admet un écart de , soit un intervalle d’acceptation :
Or l’écart relatif mesuré vaut, avec la masse retenue mg :
Écart de 20 % () ; mg mg : les comprimés saisis ne sont pas commercialisables.
Le comprimé est nettement sous-dosé en principe actif : il contient un cinquième d’aspirine en moins que la quantité annoncée. Cela confirme le soupçon de contrefaçon évoqué en introduction — le médicament serait à la fois inefficace au dosage prévu et trompeur pour le patient.
Contrôle de cohérence : un comprimé conforme à 500 mg aurait conduit à un volume équivalent mL, très nettement supérieur aux 8,8 mL mesurés. ✓
Récapitulatif des résultats numériques
Exercice 1. Diffraction • et • • m mm • m ; : fil compatible et utilisable • effet photovoltaïque ; , W, % • h • V • F nF • J mJ • J, soit fois • 1 000 frelons J % : autonomie (6,1 jours) quasi inchangée.
Exercice 2. ; énergie chimique • g pour • réduction ; dépôt sur l’électrode de carbone (cathode, borne ) ; titane anode (borne ) • mol, mol, C, s h • augmenter • kg batteries.
Exercice 3. Groupes carboxyle (acide carboxylique) et ester • bande large 2500–3200 ( acide) + bandes fines à 1750 ( ester de phénol) et 1690 ( acide) • pipette jaugée 10,0 mL + fiole jaugée 50,0 mL () • • mL mol, mg (396 mg) • écart de 20 % () : comprimés non commercialisables.
Corrigé non officiel, proposé par Génies des Sciences — il ne s'agit pas du barème du jury.
Ce qui tombe dans ce sujet
Exercice 1 — Étude d’une harpe électrique au service des abeilles domestiques (11 points)
Pour réviser : Diffraction et interférences · Mesure et incertitudes · Le photon et l'effet photoélectrique · Le circuit RC
Exercice 2 — La dépollution par les plantes pour extraire du nickel (5 points)
Pour réviser : Piles et électrolyse
Exercice 3 — Analyse d’un comprimé (4 points)
Pour réviser : Méthodes physiques d'analyse d'un système chimique · Méthodes de suivi d'un titrage
Chaque lien mène au chapitre complet : le cours en vidéo, la fiche méthode, les exercices corrigés et le quiz.
Continuer l’entraînement
← Asie — Jour 2
Le sujet précédent de la session 2026.
Centres étrangers — Jour 2 →
Le sujet suivant de la session 2026.
Tous les sujets 2026
Les 13 sujets de la session, tous corrigés.
← Tous les chapitres de Physique-Chimie Terminale · Préparer le bac en visio avec un prof