Terminale Physique-Chimie Annale du bac 26-PYCJ2G11

Bac physique-chimie 2026 — Centres étrangers — Jour 2 : sujet et corrigé

Le cyclotron Arronax de Nantes ouvre le sujet : accélération de particules chargées dans un champ électrique, puis production de radioisotopes et scintigraphie. La chimie prend le relais avec l’acide azélaïque des cosmétiques — propriétés acido-basiques et dosage — et une estérification, l’exemple type de la réaction non totale.

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Corrigé rédigé comme une copie modèle, puis relu par un second correcteur : applications numériques recalculées, équations vérifiées, avec des « notes du professeur » sur les pièges du barème.

Le corrigé en ligne, question par question

L'énoncé abrégé de chaque question est affiché : cherche d'abord au brouillon, puis clique sur « Voir la correction » pour comparer avec la rédaction attendue sur une copie.

Exercice 1 — Le cyclotron Arronax (11 points)

1. Le fonctionnement d’un cyclotron

Q1

Montrer que la valeur de la norme du poids de l’ion H\text{H}^- est négligeable devant celle de la force électrique Fe\vec{F_e} qui s’applique sur l’ion.

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Poids de l’ion.

P=mg=1,67×1027×9,81=1,64×1026 NP = m\,g = 1{,}67\times 10^{-27}\times 9{,}81 = 1{,}64\times 10^{-26}\ \text{N}

Force électrique. Le champ électrique entre les plaques vaut, après conversion de UU en volts et de dd en mètres :

E=Ud=65×1035,0×103=1,3×107 Vm1E = \frac{U}{d} = \frac{65\times 10^{3}}{5{,}0\times 10^{-3}} = 1{,}3\times 10^{7}\ \text{V}\cdot\text{m}^{-1}

Fe=q×E=eE=1,6×1019×1,3×107=2,1×1012 NF_e = |q|\times E = e\,E = 1{,}6\times 10^{-19}\times 1{,}3\times 10^{7} = 2{,}1\times 10^{-12}\ \text{N}

Comparaison. On compare les deux valeurs par leur quotient :

FeP=2,1×10121,64×1026=1,3×1014\frac{F_e}{P} = \frac{2{,}1\times 10^{-12}}{1{,}64\times 10^{-26}} = 1{,}3\times 10^{14}

Fe1014×PF_e \approx 10^{14}\times P : le poids est totalement négligeable devant la force électrique.

Dans toute la suite de l’étude du mouvement entre les plaques, on ne tiendra donc compte que de la force électrique.

Q2

Reproduire la figure 2 et la compléter en faisant apparaître la force électrique Fe\vec{F_e} qui s’applique sur l’ion H\text{H}^- et le champ électrique E\vec{E} présent dans tout l’espace entre les plaques.

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Raisonnement préalable. L’ion H\text{H}^- part de O sans vitesse initiale et se déplace vers les xx croissants (« sens du mouvement » de la figure 2) : la force électrique qui l’accélère est donc dirigée vers la droite, dans le sens de i\vec{i}.

Or Fe=qE\vec{F_e} = q\,\vec{E} avec q=e<0q = -e < 0 : la force et le champ sont de sens opposés. Le vecteur champ électrique est donc dirigé vers la gauche, de la plaque de droite vers la plaque de gauche. Entre deux plaques parallèles le champ est uniforme : on le représente par des vecteurs identiques (même direction, même sens, même longueur) en tout point de l’espace situé entre les plaques.

sens du mouvementplaque 1plaque 2+EExOHFed

Fe\vec{F_e} est dirigée vers les xx croissants ; E\vec{E}, de sens opposé, est dirigé vers les xx décroissants, uniformément entre les deux plaques.

On vérifie la cohérence : les lignes de champ vont toujours de la plaque positive vers la plaque négative : la plaque 2, celle de droite, est donc la borne positive. Et un ion négatif est bien attiré par une plaque positive.

Q3

Exprimer l’accélération axa_x de l’ion H\text{H}^- dans la zone accélératrice en fonction de ee, UU, dd et mm, en utilisant la deuxième loi de Newton.

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Système : l’ion H\text{H}^-, de masse mm et de charge q=eq = -e.

Référentiel : le référentiel lié aux plaques, supposé galiléen, muni de l’axe (Ox)(Ox) de vecteur unitaire i\vec{i}.

Bilan des forces : le poids, négligeable d’après la question Q1 ; la force électrique Fe=qE\vec{F_e} = q\,\vec{E}.

D’après la question Q2, le vecteur champ est dirigé selon i-\vec{i} :

E=UdiFe=qE=(e)×(Ud)i=eUdi\vec{E} = -\frac{U}{d}\,\vec{i} \qquad\Longrightarrow\qquad \vec{F_e} = q\,\vec{E} = (-e)\times\left(-\frac{U}{d}\right)\vec{i} = \frac{e\,U}{d}\,\vec{i}

La deuxième loi de Newton appliquée au système s’écrit :

Fext=maeUdi=ma\sum \vec{F}_{\text{ext}} = m\,\vec{a} \qquad\Longrightarrow\qquad \frac{e\,U}{d}\,\vec{i} = m\,\vec{a}

ax=eUmd\boxed{a_x = \frac{e\,U}{m\,d}}

Cette accélération est constante : le mouvement de l’ion entre les plaques est rectiligne uniformément accéléré.

Q4

Montrer que la vitesse et la position de l’ion H\text{H}^- dans la zone accélératrice s’écrivent vx(t)=eUmdtv_x(t) = \dfrac{e\,U}{m\,d}\,t et x(t)=12eUmdt2x(t) = \dfrac{1}{2}\dfrac{e\,U}{m\,d}\,t^{2}.

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Vitesse. La coordonnée vxv_x du vecteur vitesse est une primitive par rapport au temps de axa_x :

vx(t)=eUmdt+C1v_x(t) = \frac{e\,U}{m\,d}\,t + C_1

L’ion est émis au point O sans vitesse initiale : vx(0)=0v_x(0) = 0, donc C1=0C_1 = 0.

vx(t)=eUmd×t\boxed{v_x(t) = \frac{e\,U}{m\,d}\times t}

Position. L’abscisse xx est à son tour une primitive de vxv_x :

x(t)=12eUmdt2+C2x(t) = \frac{1}{2}\,\frac{e\,U}{m\,d}\,t^{2} + C_2

L’ion est émis au point O, d’abscisse nulle : x(0)=0x(0) = 0, donc C2=0C_2 = 0.

x(t)=12×eUmd×t2\boxed{x(t) = \frac{1}{2}\times\frac{e\,U}{m\,d}\times t^{2}}

Les deux expressions de l’énoncé sont bien retrouvées.

Q5

Calculer la valeur de la vitesse vsortiev_{\text{sortie}} de l’ion H\text{H}^- après le premier passage dans la zone accélératrice, lorsque x(t)=dx(t) = d.

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Étape 1 — valeur de l’accélération.

ax=eUmd=1,6×1019×65×1031,67×1027×5,0×103=1,25×1015 ms2a_x = \frac{e\,U}{m\,d} = \frac{1{,}6\times 10^{-19}\times 65\times 10^{3}}{1{,}67\times 10^{-27}\times 5{,}0\times 10^{-3}} = 1{,}25\times 10^{15}\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}

Étape 2 — durée du parcours entre les plaques. On cherche la date t1t_1 à laquelle x(t1)=dx(t_1) = d :

12axt12=dt1=2dax=2×5,0×1031,25×1015=2,8×109 s\frac{1}{2}\,a_x\,t_1^{2} = d \qquad\Longrightarrow\qquad t_1 = \sqrt{\frac{2\,d}{a_x}} = \sqrt{\frac{2\times 5{,}0\times 10^{-3}}{1{,}25\times 10^{15}}} = 2{,}8\times 10^{-9}\ \text{s}

Étape 3 — vitesse atteinte. On reporte cette durée (non arrondie) dans l’expression de vxv_x :

vsortie=ax×t1=1,25×1015×2,83×1093,53×106v_{\text{sortie}} = a_x\times t_1 = 1{,}25\times 10^{15}\times 2{,}83\times 10^{-9} \approx 3{,}53\times 10^{6}

vsortie=3,5×106 ms1v_{\text{sortie}} = 3{,}5\times 10^{6}\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}

Cette vitesse représente environ 1 % de la célérité de la lumière : la mécanique newtonienne reste légitime.

Q6

Vérifier que l’énergie cinétique de l’ion H\text{H}^- à la sortie de la zone accélératrice vaut EC=1,0×1014E_{\mathrm{C}} = 1{,}0\times 10^{-14} J.

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EC=12mvsortie2=12×1,67×1027×(3,53×106)2=12×1,67×1027×1,25×1013E_{\mathrm{C}} = \frac{1}{2}\,m\,v_{\text{sortie}}^{2} = \frac{1}{2}\times 1{,}67\times 10^{-27}\times \left(3{,}53\times 10^{6}\right)^{2} = \frac{1}{2}\times 1{,}67\times 10^{-27}\times 1{,}25\times 10^{13}

EC=1,0×1014E_{\mathrm{C}} = 1{,}0\times 10^{-14} J : la valeur annoncée est bien vérifiée.

Contrôle par le théorème de l’énergie cinétique. Entre O et la seconde plaque, seule la force électrique travaille :

ΔEC=W(Fe)=Fe×d=eUd×d=eU=1,6×1019×65×103=1,04×1014 J\Delta E_{\mathrm{C}} = W(\vec{F_e}) = F_e\times d = \frac{e\,U}{d}\times d = e\,U = 1{,}6\times 10^{-19}\times 65\times 10^{3} = 1{,}04\times 10^{-14}\ \text{J}

On retrouve la même valeur : le résultat est confirmé.

Ce résultat est remarquable : lors d’une traversée, la particule gagne une énergie ΔEC=eU\Delta E_{\mathrm{C}} = e\,U, indépendante de la distance dd entre les plaques. Exprimée en électronvolts, elle vaut exactement 65 keV, c’est-à-dire le nombre de volts de la tension appliquée — c’est toute l’origine de l’unité « électronvolt ».

Q7

Calculer le nombre de tours complets effectués par les particules avant leur sortie du cyclotron (question à prise d’initiative).

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Démarche suivie : (1) convertir en joules l’énergie cinétique de sortie donnée en MeV ; (2) diviser par le gain d’énergie obtenu à chaque passage entre les plaques pour compter les passages ; (3) traduire ce nombre de passages en nombre de tours.

Étape 1 — énergie cinétique de sortie en joules.

EC,sortie=70 MeV=70×106×1,60×1019=1,12×1011 JE_{\mathrm{C,\,sortie}} = 70\ \text{MeV} = 70\times 10^{6}\times 1{,}60\times 10^{-19} = 1{,}12\times 10^{-11}\ \text{J}

Étape 2 — nombre de passages entre les plaques. Les particules ne gagnent d’énergie que dans la zone accélératrice, à raison de 1,0×10141{,}0\times 10^{-14} J par passage ; elles n’en gagnent aucune dans les cavités (le champ magnétique ne travaille pas). Le nombre NN de passages est donc :

N=EC,sortieΔEC=1,12×10111,0×1014=1,12×103=1120N = \frac{E_{\mathrm{C,\,sortie}}}{\Delta E_{\mathrm{C}}} = \frac{1{,}12\times 10^{-11}}{1{,}0\times 10^{-14}} = 1{,}12\times 10^{3} = 1120

Étape 3 — passage du nombre de passages au nombre de tours. À chaque demi-tour la particule décrit un demi-cercle dans une cavité, puis traverse une fois la zone accélératrice. Un tour complet comporte donc deux traversées de l’espace inter-plaques :

ntours=N2=11202n_{\text{tours}} = \frac{N}{2} = \frac{1120}{2}

ntours=5,6×102n_{\text{tours}} = 5{,}6\times 10^{2} tours complets (soit 560 tours)

Ce très grand nombre de tours est exactement l’intérêt du cyclotron : il permet d’atteindre 70 MeV avec une tension modeste de 65 kV, en faisant repasser des centaines de fois la particule dans la même zone accélératrice.

2. La production de radioisotope et la scintigraphie

Q8

Écrire l’équation de la réaction nucléaire conduisant à la formation du fluor 18.

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Une cible riche en oxygène 18 (Z=8Z = 8, A=18A = 18) est bombardée par des protons 11H{}^{1}_{1}\mathrm{H} ; il se forme du fluor 18 (Z=9Z = 9, A=18A = 18) et un neutron 01n{}^{1}_{0}\mathrm{n} :

1818O  +  11H    1918F  +  01n\boxed{{}^{18}_{\phantom{1}8}\mathrm{O} \;+\; {}^{1}_{1}\mathrm{H} \;\longrightarrow\; {}^{18}_{\phantom{1}9}\mathrm{F} \;+\; {}^{1}_{0}\mathrm{n}}

Vérification des lois de conservation de Soddy :

  • nombre de nucléons : 18+1=1918 + 1 = 19 et 18+1=1918 + 1 = 19 \checkmark
  • nombre de charges : 8+1=98 + 1 = 9 et 9+0=99 + 0 = 9 \checkmark
Q9

Donner le nom et le symbole de la particule émise lors d’une désintégration β+\beta^{+}, puis écrire l’équation de la transformation nucléaire du fluor 18.

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La particule émise lors d’une désintégration β+\beta^{+} est le positon (ou positron), antiparticule de l’électron, de symbole +1+0e{}^{\phantom{+}0}_{+1}\mathrm{e} : sa charge est +e+e et son nombre de nucléons est nul.

Le noyau père est le fluor 18 (Z=9Z = 9). D’après les lois de conservation, le noyau fils a pour nombre de charges Z=91=8Z' = 9 - 1 = 8 : c’est l’oxygène 18, et pour nombre de nucléons A=180=18A' = 18 - 0 = 18 :

1918F    1818O  +  +1+0e\boxed{{}^{18}_{\phantom{1}9}\mathrm{F} \;\longrightarrow\; {}^{18}_{\phantom{1}8}\mathrm{O} \;+\; {}^{\phantom{+}0}_{+1}\mathrm{e}}

Au niveau du noyau, cette désintégration correspond à la transformation d’un proton en neutron.

Q10

Calculer la longueur d’onde correspondant à l’énergie moyenne transportée par le photon (511 keV). Justifier alors l’utilisation d’une gamma-caméra.

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Étape 1 — conversion de l’énergie en joules.

E=511 keV=511×103 eV=511×103×1,60×1019=8,18×1014 JE = 511\ \text{keV} = 511\times 10^{3}\ \text{eV} = 511\times 10^{3}\times 1{,}60\times 10^{-19} = 8{,}18\times 10^{-14}\ \text{J}

Étape 2 — longueur d’onde associée. On isole λ\lambda dans la relation E=h×cλE = \dfrac{h\times c}{\lambda}, avec c=3,00×108 ms1c = 3{,}00\times 10^{8}\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1} :

λ=h×cE=6,63×1034×3,00×1088,18×1014=1,99×10258,18×1014\lambda = \frac{h\times c}{E} = \frac{6{,}63\times 10^{-34}\times 3{,}00\times 10^{8}}{8{,}18\times 10^{-14}} = \frac{1{,}99\times 10^{-25}}{8{,}18\times 10^{-14}}

λ=2,43×1012\lambda = 2{,}43\times 10^{-12} m, soit environ 2,4 pm

Étape 3 — domaine du rayonnement. D’après le schéma des domaines des ondes électromagnétiques, la frontière entre les rayons X et les rayons γ\gamma se situe vers 101110^{-11} m. Or :

λ=2,4×1012 m<1011 m\lambda = 2{,}4\times 10^{-12}\ \text{m} < 10^{-11}\ \text{m}

Le rayonnement émis appartient au domaine des rayons γ\gamma : il faut donc bien un détecteur adapté à ce domaine, c’est-à-dire une gamma-caméra.

Q11

Montrer que l’expression N(t)=N0eλtN(t) = N_0\,\mathrm{e}^{-\lambda t} est bien solution de l’équation différentielle dN(t)dt=λN(t)\dfrac{d N(t)}{d t} = -\lambda\,N(t).

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1. Dérivation. On dérive la fonction proposée par rapport au temps (N0N_0 et λ\lambda sont des constantes) :

dNdt(t)=N0×(λ)eλt=λ×N0eλt=N(t)=λN(t)\frac{d N}{d t}(t) = N_0\times (-\lambda)\,\mathrm{e}^{-\lambda t} = -\lambda\times\underbrace{N_0\,\mathrm{e}^{-\lambda t}}_{=\,N(t)} = -\lambda\,N(t)

C’est exactement l’équation différentielle proposée. \checkmark

2. Condition initiale. À la date t=0t = 0 :

N(0)=N0e0=N0N(0) = N_0\,\mathrm{e}^{0} = N_0

ce qui correspond bien au nombre de noyaux présents au moment de l’injection. \checkmark

La fonction N(t)=N0eλtN(t) = N_0\,\mathrm{e}^{-\lambda t} est bien solution de l’équation différentielle, avec la condition initiale imposée.

Q12

Définir puis déterminer graphiquement la valeur du temps de demi-vie t1/2t_{1/2} du fluor 18.

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Définition. Le temps de demi-vie t1/2t_{1/2} d’un noyau radioactif est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs initialement présents dans un échantillon se sont désintégrés :

N ⁣(t1/2)=N02c’est-aˋ-direN ⁣(t1/2)N0=0,50=50 %N\!\left(t_{1/2}\right) = \frac{N_0}{2} \qquad\text{c'est-à-dire}\qquad \frac{N\!\left(t_{1/2}\right)}{N_0} = 0{,}50 = 50\ \%

Lecture graphique. On repère l’ordonnée 50 % sur l’axe vertical, on se déplace horizontalement jusqu’à la courbe, puis on projette verticalement sur l’axe des temps :

t1/26,6×103t_{1/2} \approx 6{,}6\times 10^{3} s (lecture graphique à ±0,2×103\pm 0{,}2\times 10^{3} s près)

Soit environ 110 minutes, c’est-à-dire 1 h 50 min.

Q13

Calculer la valeur de la constante radioactive λ\lambda correspondant au fluor 18.

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On isole λ\lambda dans la relation fournie t1/2=ln(2)λt_{1/2} = \dfrac{\ln(2)}{\lambda} :

λ=ln(2)t1/2=0,6936,6×103\lambda = \frac{\ln(2)}{t_{1/2}} = \frac{0{,}693}{6{,}6\times 10^{3}}

λ=1,05×104 s1\lambda = 1{,}05\times 10^{-4}\ \text{s}^{-1}, soit 1,1×104 s11{,}1\times 10^{-4}\ \text{s}^{-1} à deux chiffres significatifs ; on conserve 1,051{,}05 pour la suite

La constante radioactive s’exprime bien en s1\text{s}^{-1} : c’est l’inverse d’une durée, comme l’impose l’homogénéité de l’équation différentielle dN/dt=λNd N/d t = -\lambda N.

Q14

Déterminer le pourcentage de traceur radioactif restant dans le corps du patient après l’analyse des clichés.

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Étape 1 — date correspondant à la fin de l’analyse des clichés. D’après le déroulement de l’examen, en comptant à partir de l’injection (t=0t = 0) :

  • attente de la diffusion et de la fixation du traceur : environ 1 h ;
  • enregistrement des clichés puis analyse : environ 30 min.

t=1 h+30 min=1,5 h=1,5×3600=5,4×103 st = 1\ \text{h} + 30\ \text{min} = 1{,}5\ \text{h} = 1{,}5\times 3600 = 5{,}4\times 10^{3}\ \text{s}

Étape 2 — pourcentage de noyaux restants.

N(t)N0=eλt=e1,05×104×5,4×103=e0,567=0,567\frac{N(t)}{N_0} = \mathrm{e}^{-\lambda t} = \mathrm{e}^{-1{,}05\times 10^{-4}\times 5{,}4\times 10^{3}} = \mathrm{e}^{-0{,}567} = 0{,}567

Il reste environ 57 % du traceur radioactif dans le corps du patient.

Contrôle graphique. Sur la courbe de décroissance fournie par l’énoncé, l’ordonnée lue pour t=5,4×103t = 5{,}4\times 10^{3} s vaut bien environ 57 % : les deux méthodes concordent.

Autre lecture du même résultat : 5,4×1035{,}4\times 10^{3} s représente 0,82×t1/20{,}82\times t_{1/2}, soit un peu moins d’une demi-vie — il est donc normal qu’il reste un peu plus de la moitié des noyaux.

Q15

Calculer la durée nécessaire pour qu’il reste moins de 1 % de traceur radioactif dans le corps du patient. Commenter cette valeur.

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Étape 1 — mise en inéquation. On cherche la date tt à partir de laquelle N(t)N0<0,010\dfrac{N(t)}{N_0} < 0{,}010 :

eλt<0,010\mathrm{e}^{-\lambda t} < 0{,}010

Étape 2 — résolution. La fonction logarithme népérien étant strictement croissante, on peut l’appliquer aux deux membres :

λt<ln(0,010)t>ln(0,010)λ=ln(100)λ=4,611,05×104-\lambda\,t < \ln(0{,}010) \qquad\Longrightarrow\qquad t > -\frac{\ln(0{,}010)}{\lambda} = \frac{\ln(100)}{\lambda} = \frac{4{,}61}{1{,}05\times 10^{-4}}

t>4,4×104t > 4{,}4\times 10^{4} s, soit environ 12 heures

Vérification par les demi-vies. Passer sous 1 % revient à diviser par 100, donc à attendre log2(100)=6,6\log_2(100) = 6{,}6 demi-vies : 6,6×6,6×103=4,4×1046{,}6\times 6{,}6\times 10^{3} = 4{,}4\times 10^{4} s. \checkmark

Étape 3 — commentaire. Le patient quitte l’hôpital 2 h après le début de l’examen, alors qu’il faut environ 12 h pour que l’activité du traceur devienne négligeable. À sa sortie il reste d’ailleurs

NN0=e1,05×104×7,2×103=0,47soit environ 47 % du traceur.\frac{N}{N_0} = \mathrm{e}^{-1{,}05\times 10^{-4}\times 7{,}2\times 10^{3}} = 0{,}47 \qquad\text{soit environ } 47\ \%\ \text{du traceur.}

Le patient reste radioactif pendant le reste de la journée : des précautions s’imposent après la sortie.

Concrètement : boire abondamment pour accélérer l’élimination urinaire du traceur, et éviter les contacts rapprochés et prolongés avec les jeunes enfants et les femmes enceintes jusqu’au lendemain.

Ce temps de demi-vie de 110 minutes constitue malgré tout un bon compromis : assez long pour que le traceur se fixe et que les clichés soient exploitables, assez court pour que la dose reçue par le patient reste faible. Avec un isotope de demi-vie de plusieurs jours, le patient resterait radioactif pendant des semaines.

Exercice 2 — L’acide azélaïque dans les cosmétiques (5 points)

1. Propriétés de l’acide azélaïque

Q1

Écrire la formule topologique de l’acide azélaïque, de formule HOOC–(CH2)7–COOH\text{HOOC–(CH}_2\text{)}_7\text{–COOH}.

Voir la correction

Dans une formule topologique, la chaîne carbonée est représentée par une ligne brisée : chaque extrémité et chaque sommet correspond à un atome de carbone, les atomes d’hydrogène liés aux carbones ne sont pas écrits. Seuls les hétéroatomes (ici les atomes d’oxygène) et les hydrogènes qu’ils portent sont représentés.

La molécule comporte 1+7+1=91 + 7 + 1 = 9 atomes de carbone : la ligne brisée doit donc présenter 9 sommets, les deux carbones des extrémités portant chacun un groupe COOH-\text{COOH}.

HOOOOH

Formule brute correspondante : C9H16O4\text{C}_9\text{H}_{16}\text{O}_4, de masse molaire M=9×12,0+16×1,0+4×16,0=188 gmol1M = 9\times 12{,}0 + 16\times 1{,}0 + 4\times 16{,}0 = 188\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1}, en accord avec la valeur 188,2 gmol1188{,}2\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} fournie par l’énoncé.

Q2

Entourer le(s) groupe(s) caractéristique(s) et nommer les fonctions chimiques associées.

Voir la correction
HOOOOHgroupe carboxylegroupe carboxyle

La molécule possède deux groupes caractéristiques identiques, chacun situé à une extrémité de la chaîne : le groupe carboxyle COOH-\text{COOH}, formé d’un atome de carbone doublement lié à un atome d’oxygène et simplement lié à un groupe hydroxyle.

Les deux groupes caractéristiques sont des groupes carboxyle : ils correspondent à la fonction acide carboxylique. L’acide azélaïque est un diacide carboxylique.

Q3

Nommer la molécule d’acide azélaïque en nomenclature officielle, à l’aide des règles fournies.

Voir la correction

Étape 1 — chaîne principale. La chaîne carbonée principale comporte 9 atomes de carbone : d’après le tableau fourni, le nom de l’alcane correspondant est le nonane.

Étape 2 — famille chimique et suffixe. La fonction présente est la fonction acide carboxylique : d’après le second tableau, le nom prend la forme « acide … oïque ».

Étape 3 — multiplicité du groupe. La molécule possède deux groupes carboxyle identiques : la règle fournie impose de faire précéder le suffixe du préfixe multiplicatif « di », d’où la terminaison « … dioïque ».

L’acide azélaïque se nomme acide nonanedioïque.

Aucun indice de position n’est nécessaire : les deux carbones fonctionnels sont, par construction, les carbones des extrémités de la chaîne, numérotés 1 et 9.

Q4

Établir le diagramme de prédominance de l’acide azélaïque (pKa1=4,55\mathrm{p}K_{a1} = 4{,}55 et pKa2=5,50\mathrm{p}K_{a2} = 5{,}50).

Voir la correction

Le diacide AH2\text{AH}_2 perd successivement ses deux protons, ce qui fait intervenir deux couples acide/base :

AH2/AH(pKa1=4,55)etAH/A2(pKa2=5,50)\text{AH}_2/\text{AH}^- \quad (\mathrm{p}K_{a1} = 4{,}55) \qquad\text{et}\qquad \text{AH}^-/\text{A}^{2-} \quad (\mathrm{p}K_{a2} = 5{,}50)

Pour chaque couple, la forme acide prédomine si pH<pKa\text{pH} < \mathrm{p}K_a et la forme basique si pH>pKa\text{pH} > \mathrm{p}K_a. On obtient trois domaines :

pHpKa1 = 4,55pKa2 = 5,50AH2AHA2−prédomineprédomineprédomine

AH2\text{AH}_2 prédomine pour pH<4,55\text{pH} < 4{,}55 ; AH\text{AH}^- pour 4,55<pH<5,504{,}55 < \text{pH} < 5{,}50 ; A2\text{A}^{2-} pour pH>5,50\text{pH} > 5{,}50.

Q5

Déterminer la forme prédominante de l’acide azélaïque dans un milieu de pH=4,7\text{pH} = 4{,}7 (pH moyen de la peau du visage).

Voir la correction

On situe la valeur pH=4,7\text{pH} = 4{,}7 sur le diagramme précédent :

pKa1=4,55<pH=4,7<pKa2=5,50\mathrm{p}K_{a1} = 4{,}55 < \text{pH} = 4{,}7 < \mathrm{p}K_{a2} = 5{,}50

Le pH est supérieur à pKa1\mathrm{p}K_{a1} : la forme AH2\text{AH}_2 a déjà cédé son premier proton. Il est inférieur à pKa2\mathrm{p}K_{a2} : le second proton n’est pas encore cédé.

À la surface de la peau, c’est l’ion AH\text{AH}^- (l’ion hydrogénoazélate) qui prédomine.

2. Dosage de l’acide azélaïque dans une solution commerciale

Q6

Schématiser et légender le montage permettant de réaliser ce titrage, en indiquant le nom et la position des espèces titrante et titrée.

Voir la correction

Il s’agit d’un titrage suivi par pH-métrie : on verse progressivement la solution titrante contenue dans la burette et l’on mesure le pH de la solution titrée après chaque ajout.

pH-mètreBurette graduéeespèce titrante : solutiond’hydroxyde de sodium (Na+ + HO),Cb = 0,200 mol·L−1sonde pH-métrique(électrode combinée)Bécherespèce titrée : Va = 10,0 mL desolution diluée de sérum(acide azélaïque AH2)agitateur magnétique+ barreau aimanté

L’espèce titrante (hydroxyde de sodium) est dans la burette ; l’espèce titrée (acide azélaïque du sérum dilué) est dans le bécher.

Deux précisions attendues : le barreau aimanté et l’agitateur assurent l’homogénéité de la solution après chaque ajout ; si nécessaire, on ajoute de l’eau distillée dans le bécher pour que la partie sensible de la sonde soit entièrement immergée — cet ajout d’eau ne modifie pas la quantité de matière d’acide titrée, donc pas le volume équivalent.

Q7

Montrer, en exploitant les résultats du titrage, que la masse d’acide azélaïque contenue dans un flacon de sérum vaut 3,3 g (question à prise d’initiative).

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Démarche suivie : (1) déterminer le volume équivalent à partir de la courbe dérivée ; (2) en déduire la quantité d’ions hydroxyde versés à l’équivalence ; (3) utiliser la stœchiométrie de la réaction de titrage pour obtenir la quantité d’acide dans la prise d’essai ; (4) remonter à la fiole jaugée puis au flacon par le facteur de dilution ; (5) convertir en masse.

Étape 1 — détermination du volume à l’équivalence. Le volume équivalent est l’abscisse du maximum de la courbe dérivée dpH/dVd\,\text{pH}/dV, c’est-à-dire l’abscisse du point d’inflexion du saut de pH :

VE17,4V_E \approx 17{,}4 mL (lecture graphique à ±0,2\pm 0{,}2 mL près)

Étape 2 — quantité d’ions hydroxyde versés à l’équivalence.

n(HO)verseˊ=Cb×VE=0,200×17,4×103=3,48×103 moln(\text{HO}^-)_{\text{versé}} = C_b\times V_E = 0{,}200\times 17{,}4\times 10^{-3} = 3{,}48\times 10^{-3}\ \text{mol}

Étape 3 — quantité d’acide azélaïque dans la prise d’essai. À l’équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l’équation :

AH2(aq)+2HO(aq)A(aq)2+2H2O()\text{AH}_{2(aq)} + 2\,\text{HO}^-_{(aq)} \longrightarrow \text{A}^{2-}_{(aq)} + 2\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)}

n(AH2)titreˊe1=n(HO)verseˊ2n(AH2)titreˊe=3,48×1032=1,74×103 mol\frac{n(\text{AH}_2)_{\text{titrée}}}{1} = \frac{n(\text{HO}^-)_{\text{versé}}}{2} \qquad\Longrightarrow\qquad n(\text{AH}_2)_{\text{titrée}} = \frac{3{,}48\times 10^{-3}}{2} = 1{,}74\times 10^{-3}\ \text{mol}

Étape 4 — retour à la fiole jaugée, puis au flacon. Cette quantité est celle contenue dans la prise d’essai Va=10,0V_a = 10{,}0 mL prélevée dans la fiole jaugée de 100,0 mL. La solution étant homogène, la fiole entière en contient dix fois plus :

nfiole=n(AH2)titreˊe×VfioleVa=1,74×103×100,010,0=1,74×102 moln_{\text{fiole}} = n(\text{AH}_2)_{\text{titrée}}\times \frac{V_{\text{fiole}}}{V_a} = 1{,}74\times 10^{-3}\times\frac{100{,}0}{10{,}0} = 1{,}74\times 10^{-2}\ \text{mol}

Or la totalité du flacon (Vseˊrum=30,0V_{\text{sérum}} = 30{,}0 mL) a été versée dans cette fiole : la quantité d’acide azélaïque du flacon est donc exactement nfiolen_{\text{fiole}}.

Étape 5 — conversion en masse.

m=nfiole×M=1,74×102×188,2=3,27 gm = n_{\text{fiole}}\times M = 1{,}74\times 10^{-2}\times 188{,}2 = 3{,}27\ \text{g}

m=3,3m = 3{,}3 g : la valeur annoncée par l’énoncé est bien vérifiée.

Q8

En déduire si le pourcentage massique déterminé expérimentalement est cohérent avec l’indication donnée par le site de vente (10 % en masse).

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Étape 1 — masse de sérum contenue dans le flacon. La densité du sérum est dseˊrum=ρseˊrumρeau=1,03d_{\text{sérum}} = \dfrac{\rho_{\text{sérum}}}{\rho_{\text{eau}}} = 1{,}03, d’où ρseˊrum=1,03×1,00=1,03 gmL1\rho_{\text{sérum}} = 1{,}03\times 1{,}00 = 1{,}03\ \text{g}\cdot\text{mL}^{-1} :

mseˊrum=ρseˊrum×Vseˊrum=1,03×30,0=30,9 gm_{\text{sérum}} = \rho_{\text{sérum}}\times V_{\text{sérum}} = 1{,}03\times 30{,}0 = 30{,}9\ \text{g}

Étape 2 — pourcentage massique mesuré.

w=macidemseˊrum×100=3,330,9×100w = \frac{m_{\text{acide}}}{m_{\text{sérum}}}\times 100 = \frac{3{,}3}{30{,}9}\times 100

w=10,7 %w = 10{,}7\ \%, soit w=(10,7±0,4) %w = \left(10{,}7 \pm 0{,}4\right)\ \%

Étape 3 — test de compatibilité. La valeur de référence annoncée par le site est wref=10,0w_{\text{ref}} = 10{,}0 %. On calcule le quotient proposé par l’énoncé :

z=wmeswrefu(w)=10,710,00,4=0,70,4z = \frac{\left|w_{\text{mes}} - w_{\text{ref}}\right|}{\mathrm{u}(w)} = \frac{\left|10{,}7 - 10{,}0\right|}{0{,}4} = \frac{0{,}7}{0{,}4}

z=1,8<2z = 1{,}8 < 2

Le quotient étant inférieur à 2, l’écart entre la valeur mesurée et l’indication du fabricant s’explique entièrement par les incertitudes de mesure.

Le pourcentage massique déterminé expérimentalement est cohérent avec l’indication du site de vente : l’étiquetage du sérum est conforme.

Robustesse de la conclusion. En reprenant la valeur non arrondie m=3,27m = 3{,}27 g, on obtiendrait w=10,6w = 10{,}6 % et z=1,5z = 1{,}5 : la conclusion (z<2z < 2) est inchangée. Elle ne dépend donc pas de l’arrondi effectué à la question Q7.

Exercice 3 — Une synthèse non totale, l’estérification (4 points)

1. Mode opératoire de l’estérification

Q1

Choisir parmi les trois montages proposés celui qui est adapté à la synthèse de l’ester, et indiquer l’intérêt de l’élément 1 et celui de l’élément 2.

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Le protocole impose de chauffer à reflux pendant une heure. Il faut donc un montage dans lequel les vapeurs sont condensées puis ramenées dans le ballon.

  • dans les montages 1 et 3, le réfrigérant conduit les vapeurs condensées vers un récipient extérieur au ballon (erlenmeyer, éprouvette de recueil) : ce sont des montages de type distillation, dans lesquels le condensat quitte définitivement le milieu réactionnel — les réactifs seraient perdus ;
  • seul le montage 2 comporte un réfrigérant vertical placé directement au-dessus du ballon : les vapeurs condensées y retombent. C’est le montage de chauffage à reflux.

Le montage adapté est le montage 2 : le chauffage à reflux.

Intérêt de l’élément 1 (le dispositif de chauffage). La température est un facteur cinétique : chauffer augmente la fréquence et l’efficacité des chocs entre molécules, donc la vitesse de la réaction. L’estérification étant une réaction lente, ce chauffage permet d’atteindre l’état final en une heure au lieu de plusieurs jours.

Intérêt de l’élément 2 (le réfrigérant à eau). Il condense les vapeurs des espèces volatiles (éthanol, acide éthanoïque, ester) et les renvoie dans le ballon. On peut ainsi chauffer sans perte de matière et sans rejet de vapeurs inflammables ou irritantes : les quantités de matière du milieu réactionnel restent inchangées.

Élément 1 : chauffer pour accélérer la réaction (facteur cinétique). Élément 2 : condenser les vapeurs pour éviter toute perte de matière.

Q2

Indiquer le rôle de l’acide sulfurique H2SO4(aq)\text{H}_2\text{SO}_{4(aq)} et l’intérêt de son ajout.

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L’acide sulfurique est introduit en très faible quantité (0,5 mL) et ne figure pas dans l’équation de la réaction : il n’est ni un réactif, ni un produit — il est régénéré en fin de réaction.

L’acide sulfurique joue le rôle de catalyseur (catalyse acide, homogène).

Intérêt de son ajout. Il augmente la vitesse de la réaction en offrant un chemin réactionnel de moindre énergie d’activation : associé au chauffage à reflux, il permet d’atteindre l’état final en une heure.

Limite à connaître : un catalyseur ne modifie pas l’état final du système. Le taux d’avancement final, la constante d’équilibre et donc le rendement sont exactement les mêmes avec ou sans acide sulfurique.

Q3

Calculer la valeur de la masse d’ester obtenue si la réaction était totale.

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Étape 1 — tableau d’avancement. Les deux réactifs sont introduits en quantités égales : n0=0,150n_0 = 0{,}150 mol.

CH3COOH+C2H5OHCH3COOC2H5+H2O\text{CH}_3\text{COOH} + \text{C}_2\text{H}_5\text{OH} \rightleftharpoons \text{CH}_3\text{COOC}_2\text{H}_5 + \text{H}_2\text{O}

ÉtatCH3COOH\text{CH}_3\text{COOH}C2H5OH\text{C}_2\text{H}_5\text{OH}CH3COOC2H5\text{CH}_3\text{COOC}_2\text{H}_5H2O\text{H}_2\text{O}
État initial (x=0x = 0)0,1500{,}1500,1500{,}1500000
En cours (xx)0,150x0{,}150 - x0,150x0{,}150 - xxxxx
État final si totale (xmaxx_{\max})0,150xmax0{,}150 - x_{\max}0,150xmax0{,}150 - x_{\max}xmaxx_{\max}xmaxx_{\max}

Étape 2 — avancement maximal. Si la réaction était totale, le réactif limitant serait entièrement consommé. Les deux réactifs étant introduits en proportions stœchiométriques (1 pour 1), ils sont tous les deux limitants :

0,150xmax=0xmax=0,150 moln(ester)max=xmax=0,150 mol0{,}150 - x_{\max} = 0 \quad\Longrightarrow\quad x_{\max} = 0{,}150\ \text{mol} \quad\Longrightarrow\quad n(\text{ester})_{\max} = x_{\max} = 0{,}150\ \text{mol}

Étape 3 — masse molaire de l’ester puis masse. L’ester est l’éthanoate d’éthyle CH3COOC2H5\text{CH}_3\text{COOC}_2\text{H}_5, de formule brute C4H8O2\text{C}_4\text{H}_8\text{O}_2 :

M(ester)=4×12,0+8×1,0+2×16,0=48,0+8,0+32,0=88,0 gmol1M(\text{ester}) = 4\times 12{,}0 + 8\times 1{,}0 + 2\times 16{,}0 = 48{,}0 + 8{,}0 + 32{,}0 = 88{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1}

mmax=n(ester)max×M(ester)=0,150×88,0m_{\max} = n(\text{ester})_{\max}\times M(\text{ester}) = 0{,}150\times 88{,}0

mmax=13,2m_{\max} = 13{,}2 g

2. L’estérification : une réaction non totale

Q4

Rappeler la définition du taux d’avancement final τ\tau, puis montrer que la constante d’équilibre s’écrit K=τ2(1τ)2K = \dfrac{\tau^{2}}{(1-\tau)^{2}}.

Voir la correction

Définition. Le taux d’avancement final τ\tau est le quotient de l’avancement final xfx_f réellement atteint par l’avancement maximal xmaxx_{\max} qu’aurait la réaction si elle était totale :

τ=xfxmaxavec0τ1\boxed{\tau = \frac{x_f}{x_{\max}}} \qquad\text{avec}\qquad 0 \leqslant \tau \leqslant 1

Quantités de matière à l’état final. Ici xmax=n0=0,150x_{\max} = n_0 = 0{,}150 mol, donc xf=τn0x_f = \tau\,n_0 :

nester=neau=xf=τn0etnacide=nalcool=n0xf=n0(1τ)n_{\text{ester}} = n_{\text{eau}} = x_f = \tau\,n_0 \qquad\text{et}\qquad n_{\text{acide}} = n_{\text{alcool}} = n_0 - x_f = n_0\left(1-\tau\right)

Expression de la constante d’équilibre. La constante d’équilibre est la valeur prise par le quotient de réaction à l’état d’équilibre :

K=Qr,eˊq=nester×neaunacide×nalcool=(τn0)×(τn0)[n0(1τ)]×[n0(1τ)]=τ2n02n02(1τ)2K = Q_{r,\text{éq}} = \frac{n_{\text{ester}}\times n_{\text{eau}}}{n_{\text{acide}}\times n_{\text{alcool}}} = \frac{\left(\tau\,n_0\right)\times\left(\tau\,n_0\right)}{\left[n_0\left(1-\tau\right)\right]\times\left[n_0\left(1-\tau\right)\right]} = \frac{\tau^{2}\,n_0^{2}}{n_0^{2}\left(1-\tau\right)^{2}}

Les termes n02n_0^{2} se simplifient :

K=τ2(1τ)2\boxed{K = \frac{\tau^{2}}{\left(1-\tau\right)^{2}}}

Q5

Choisir, en justifiant, parmi τ1=0,67\tau_1 = 0{,}67 et τ2=2,0\tau_2 = 2{,}0 le taux d’avancement final réel de cette réaction.

Voir la correction

Par définition, τ=xfxmax\tau = \dfrac{x_f}{x_{\max}} avec xfxmaxx_f \leqslant x_{\max} : le taux d’avancement final est nécessairement compris entre 0 et 1.

Or τ2=2,0>1\tau_2 = 2{,}0 > 1 : cette solution mathématique signifierait que la réaction a produit deux fois plus d’ester que si elle avait été totale, ce qui est physiquement impossible. On la rejette.

Le taux d’avancement final réel est τ1=0,67\tau_1 = 0{,}67.

Cette valeur, nettement inférieure à 1, confirme que l’estérification est une réaction non totale : à l’état final, il reste dans le ballon de l’acide éthanoïque et de l’éthanol n’ayant pas réagi.

Q6

Déterminer la valeur de la masse d’ester réellement produit lors de cette synthèse.

Voir la correction

Étape 1 — avancement final.

xf=τ×xmax=0,67×0,150=0,1005 molx_f = \tau\times x_{\max} = 0{,}67\times 0{,}150 = 0{,}1005\ \text{mol}

Étape 2 — masse d’ester correspondante. D’après le tableau d’avancement, nester=xfn_{\text{ester}} = x_f :

mester=xf×M(ester)=0,1005×88,0m_{\text{ester}} = x_f\times M(\text{ester}) = 0{,}1005\times 88{,}0

mester=8,8m_{\text{ester}} = 8{,}8 g

Rendement de la synthèse.

ρ=mestermmax=8,813,2=0,67=67 %\rho = \frac{m_{\text{ester}}}{m_{\max}} = \frac{8{,}8}{13{,}2} = 0{,}67 = 67\ \%

Le rendement est ici égal au taux d’avancement final, ce qui est logique : les deux quotients comparent la même quantité d’ester obtenue à celle qu’aurait donnée une réaction totale.

Q7

Proposer deux modifications des paramètres expérimentaux permettant d’améliorer le rendement ρ\rho de cette estérification.

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Pour augmenter le rendement, il faut déplacer l’état final dans le sens direct, c’est-à-dire faire évoluer le système de façon que le quotient de réaction QrQ_r reste inférieur à KK.

Modification 1 — introduire un excès de l’un des réactifs. En introduisant par exemple de l’éthanol en excès (nalcool>naciden_{\text{alcool}} > n_{\text{acide}}), le dénominateur de QrQ_r augmente : le système évolue dans le sens direct pour retrouver Qr=KQ_r = K. Une proportion plus grande de l’acide éthanoïque (désormais réactif limitant) est convertie en ester : le rendement calculé par rapport à ce réactif limitant augmente.

Modification 2 — éliminer l’un des produits au fur et à mesure de sa formation. En extrayant l’eau formée (par exemple à l’aide d’un montage de type Dean-Stark) ou en distillant l’ester au fur et à mesure, le numérateur de QrQ_r est maintenu faible : QrQ_r reste inférieur à KK et la réaction se poursuit dans le sens direct sans jamais atteindre l’équilibre.

Deux modifications efficaces : (1) utiliser un excès d’un des réactifs ; (2) éliminer l’eau (ou l’ester) au fur et à mesure de sa formation.

Variante également acceptable : remplacer l’acide éthanoïque par l’anhydride éthanoïque. La réaction avec l’alcool devient alors totale et le rendement s’approche de 100 %.

Récapitulatif des résultats numériques

Exercice 1. P=1,64×1026P = 1{,}64\times 10^{-26} N, Fe=2,1×1012F_e = 2{,}1\times 10^{-12} N (Fe/P1014F_e/P \approx 10^{14}) • Fe\vec{F_e} vers les xx croissants, E\vec{E} opposé • ax=eU/(md)=1,25×1015 ms2a_x = eU/(md) = 1{,}25\times 10^{15}\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}t1=2,8×109t_1 = 2{,}8\times 10^{-9} s, vsortie=3,5×106 ms1v_{\text{sortie}} = 3{,}5\times 10^{6}\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}EC=1,0×1014E_{\mathrm{C}} = 1{,}0\times 10^{-14} J =eU=65= e\,U = 65 keV • 1120 passages soit 5,6×1025{,}6\times 10^{2} tours • 1818O+11H1918F+01n{}^{18}_{\phantom{1}8}\mathrm{O} + {}^{1}_{1}\mathrm{H} \rightarrow {}^{18}_{\phantom{1}9}\mathrm{F} + {}^{1}_{0}\mathrm{n} • positon +1+0e{}^{\phantom{+}0}_{+1}\mathrm{e}, 1918F1818O++1+0e{}^{18}_{\phantom{1}9}\mathrm{F} \rightarrow {}^{18}_{\phantom{1}8}\mathrm{O} + {}^{\phantom{+}0}_{+1}\mathrm{e}λonde=2,43×1012\lambda_{\text{onde}} = 2{,}43\times 10^{-12} m : rayons γ\gammat1/26,6×103t_{1/2} \approx 6{,}6\times 10^{3} s (1\approx 1 h 50), λ=1,05×104 s1\lambda = 1{,}05\times 10^{-4}\ \text{s}^{-1} • 57 % restants après 1 h 30 • t>4,4×104t > 4{,}4\times 10^{4} s (12\approx 12 h) pour descendre sous 1 %.

Exercice 2. C9H16O4\text{C}_9\text{H}_{16}\text{O}_4, deux groupes carboxyle \rightarrow acide nonanedioïque • AH2\text{AH}_2 si pH<4,55\text{pH} < 4{,}55 ; AH\text{AH}^- si 4,55<pH<5,504{,}55 < \text{pH} < 5{,}50 ; A2\text{A}^{2-} si pH>5,50\text{pH} > 5{,}50, donc AH\text{AH}^- à pH=4,7\text{pH} = 4{,}7VE17,4V_E \approx 17{,}4 mL \rightarrow n(HO)=3,48×103n(\text{HO}^-) = 3{,}48\times 10^{-3} mol, n(AH2)fiole=1,74×102n(\text{AH}_2)_{\text{fiole}} = 1{,}74\times 10^{-2} mol, m=3,3m = 3{,}3 g • mseˊrum=30,9m_{\text{sérum}} = 30{,}9 g, w=(10,7±0,4) %w = (10{,}7 \pm 0{,}4)\ \%, z=1,8<2z = 1{,}8 < 2 : indication conforme.

Exercice 3. Montage 2 (reflux) • H2SO4\text{H}_2\text{SO}_4 = catalyseur • xmax=0,150x_{\max} = 0{,}150 mol, M(ester)=88,0 gmol1M(\text{ester}) = 88{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1}, mmax=13,2m_{\max} = 13{,}2 g • K=τ2/(1τ)2K = \tau^{2}/(1-\tau)^{2}τf=0,67\tau_f = 0{,}67 (car τ1\tau \leqslant 1) • xf=0,1005x_f = 0{,}1005 mol, mester=8,8m_{\text{ester}} = 8{,}8 g, ρ=67\rho = 67 % • excès d’un réactif ou élimination de l’eau formée.

Corrigé non officiel, proposé par Génies des Sciences — il ne s'agit pas du barème du jury.

Ce qui tombe dans ce sujet

Exercice 1 — Le cyclotron Arronax (11 points)

Pour réviser : Mouvements dans un champ uniforme · Transformations nucléaires et décroissance radioactive

Exercice 2 — L’acide azélaïque dans les cosmétiques (5 points)

Pour réviser : Force des acides et des bases · Méthodes de suivi d'un titrage

Exercice 3 — Une synthèse non totale, l’estérification (4 points)

Pour réviser : Chimie organique et synthèse · Évolution spontanée d'un système chimique · Optimisation et stratégie de synthèse

Chaque lien mène au chapitre complet : le cours en vidéo, la fiche méthode, les exercices corrigés et le quiz.

Coquilles repérées dans le sujet officiel

  • Exercice 3, Q4 : le sujet officiel imprime « + 2Kτ » au lieu de « − 2Kτ » dans l’équation du second degré. Les racines fournies par l’énoncé (0,67 et 2,0) sont bien celles de l’équation correcte — le corrigé détaille la rectification.

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