Bac physique-chimie 2026 — Polynésie — Jour 1 : sujet et corrigé
La synthèse d’une coumarine compare deux catalyseurs acides et convoque pH-métrie, rendement et stratégie de synthèse. Côté physique : la scintigraphie cardiaque au thallium 201 pour la décroissance radioactive, puis la saga de la découverte des trous noirs — l’orbite de l’étoile S2 autour de Sagittarius A*.
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Exercice 1 — Synthèse d’une coumarine (9 points)
1. Étude de l’acide sulfamique par pH-métrie
Montrer que pour une solution aqueuse d’un acide fort AH du couple , de concentration apportée , le pH s’exprime par .
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Par définition, un acide fort réagit totalement avec l’eau. La réaction s’écrit :
Raisonnons sur les concentrations (l’eau, solvant, est en très large excès) :
| État | |||
|---|---|---|---|
| état initial | |||
| état final |
La transformation étant totale, l’acide est intégralement consommé : , donc et :
(les ions oxonium apportés par l’autoprotolyse de l’eau, de l’ordre de , sont négligeables devant ).
Or, par définition du pH d’une solution aqueuse :
: la relation demandée est bien établie.
Calculer le volume de solution S à prélever et détailler le protocole de préparation de la solution .
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La dilution ne modifie pas la quantité de matière d’acide sulfamique prélevée : celle qui est contenue dans le volume prélevé dans S se retrouve intégralement dans la fiole de volume .
mL (facteur de dilution )
Protocole.
- prélever mL de solution S à l’aide d’une pipette jaugée de 10,0 mL munie d’une propipette ;
- les introduire dans une fiole jaugée de 100,0 mL contenant déjà un peu d’eau distillée ;
- compléter avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge, le bas du ménisque étant tangent au trait (finir à la pissette, goutte à goutte) ;
- boucher la fiole et l’homogénéiser en la retournant plusieurs fois.
Écrire l’équation modélisant la réaction entre l’acide sulfamique et l’eau.
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Les deux couples acide/base mis en jeu sont et . L’acide sulfamique cède un proton à l’eau, qui joue ici le rôle de base :
Vérification : l’équation est équilibrée en éléments (N : ; S : ; O : ; H : ) et en charge (). ✓
À l’aide de la figure 2, vérifier que l’acide sulfamique peut être considéré comme un acide fort.
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Démarche suivie : (1) traduire la relation de la question Q1 en une propriété graphique ; (2) relever les coordonnées des quatre points expérimentaux ; (3) comparer.
Étape 1 — que doit-on observer ? Si l’acide sulfamique est un acide fort, la relation de Q1 s’applique à chacune des solutions :
Autrement dit, la représentation de en fonction de doit être une droite de coefficient directeur 1 passant par l’origine — la première bissectrice.
Étape 2 — lecture des points de la figure 2.
| Solution | ||||
|---|---|---|---|---|
| mesuré | ||||
| écart à la bissectrice |
Étape 3 — conclusion. Les quatre points sont alignés le long de la première bissectrice : la régression linéaire donne un coefficient directeur de et une ordonnée à l’origine de , nulle à la précision d’une lecture graphique. C’est la pente qui tranche : la valeur est incompatible avec le qu’imposerait un acide faible. Les quatre écarts au modèle sont certes tous positifs (de à unité de pH), mais ce léger décalage systématique translate la droite sans en modifier la pente : il ne remet pas en cause la conclusion.
La relation est vérifiée sur toute la gamme étudiée : l’acide sulfamique se comporte bien comme un acide fort.
2. Synthèse d’une coumarine en présence d’acide sulfamique
Montrer que le spectre infrarouge du produit obtenu est compatible avec la structure de la 7-hydroxy-4-méthylcoumarine (composé A).
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Étape 1 — quelles liaisons attend-on ? Le composé A, de formule brute , comporte trois atomes d’oxygène engagés dans deux fonctions : un groupe hydroxyle porté par le cycle aromatique (position 7) et un groupe ester cyclique (lactone). On attend donc les liaisons , et .
Étape 2 — lecture du spectre de la figure 3.
| Bande observée | Attribution | Présence dans le composé A |
|---|---|---|
| forte et large, minimum vers | (–) | oui : le groupe hydroxyle porté par le cycle |
| très intense, vers | (–) | oui : le carbonyle de la lactone |
| plusieurs bandes fortes entre et | (–) | oui : les deux liaisons simples de la lactone |
La bande est ici nettement élargie vers les faibles nombres d’onde : dans le solide, les groupes hydroxyle sont engagés dans des liaisons hydrogène intermoléculaires, ce qui abaisse et étale la bande d’absorption.
Étape 3 — conclusion.
Les trois liaisons caractéristiques attendues (, et ) sont toutes présentes sur le spectre : celui-ci est compatible avec la structure du composé A.
Calculer la valeur du rendement de cette synthèse.
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Démarche suivie : (1) calculer les quantités de matière introduites ; (2) identifier le réactif limitant et la quantité maximale de composé A ; (3) comparer à la masse réellement obtenue.
Étape 1 — quantités de matière initiales. La densité du résorcinol vaut , donc sa masse volumique est :
Étape 2 — quantité maximale de composé A. D’après l’équation de la réaction, les nombres stœchiométriques du résorcinol, de l’acétoacétate d’éthyle et du composé A valent tous 1. Aux trois chiffres significatifs des données, les deux quantités introduites sont égales : le mélange est pratiquement stœchiométrique. Conduit sans arrondi intermédiaire, le calcul donne mol contre mol : le résorcinol, en très léger défaut ( d’écart), est le réactif limitant.
Étape 3 — rendement.
, soit 65 %
Près des deux tiers du composé A théoriquement accessible sont effectivement récupérés : c’est un bon rendement pour une synthèse organique.
3. Synthèse d’une coumarine en présence d’acide paratoluènesulfonique
Recopier la formule topologique de l’acétoacétate d’éthyle, entourer les deux groupes caractéristiques et nommer les familles fonctionnelles correspondantes.
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- le groupe carbonyle est ici encadré par deux atomes de carbone : la molécule appartient à la famille des cétones ;
- le groupe ester : un carbone doublement lié à un oxygène et simplement lié à un second atome d’oxygène lui-même relié à une chaîne carbonée — famille des esters.
La molécule porte donc simultanément deux fonctions : c’est un β-cétoester.
Recopier l’étape 1 du mécanisme et y placer la flèche courbe expliquant le mécanisme.
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Justification du sens de la flèche courbe.
- l’atome d’oxygène du groupe carbonyle porte deux doublets non liants et il est fortement électronégatif : c’est un site donneur de doublet d’électrons ;
- l’ion est dépourvu d’électron : c’est un site accepteur.
La flèche courbe part donc d’un doublet non liant de l’atome d’oxygène de la cétone et pointe vers l’ion : une liaison se crée.
L’oxygène du groupe carbonyle est protoné : il porte alors une charge et il ne lui reste plus qu’un seul doublet non liant.
Identifier la catégorie de réaction de l’étape 2 représentée figure 4 : addition, élimination ou substitution ?
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Examinons le bilan de l’étape 2 :
- les deux molécules réactives (l’acétoacétate d’éthyle protoné et le résorcinol) se réunissent pour former une seule molécule ;
- aucun atome ni groupe d’atomes n’est éliminé, et aucun groupe n’est remplacé par un autre ;
- la double liaison du carbonyle protoné se transforme en liaison simple : le nombre de liaisons multiples diminue au profit de deux nouvelles liaisons simples (une liaison et une liaison ).
C’est exactement la signature d’une addition : deux entités s’additionnent de part et d’autre d’une liaison multiple.
L’étape 2 est une réaction d’addition.
Donner la définition d’un catalyseur.
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Un catalyseur est une espèce chimique qui augmente la vitesse d’une transformation chimique sans figurer dans l’équation de la réaction : consommé au cours d’une étape du mécanisme, il est intégralement régénéré lors d’une étape ultérieure, de sorte que sa quantité de matière est la même à la fin qu’au début.
Il agit en ouvrant un nouveau chemin réactionnel, énergétiquement plus favorable. En revanche il ne modifie ni le sens d’évolution du système, ni l’état final atteint (il n’améliore donc pas le rendement d’une transformation limitée), et il suffit d’en introduire une petite quantité — ici g d’APTS pour g de résorcinol.
Indiquer le rôle de l’eau dans la cristallisation du produit brut recueilli dans la boîte de Pétri.
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D’après le tableau des solubilités, le composé A est insoluble dans l’eau alors qu’il est soluble à chaud dans l’éthanol. À la fin du chauffage, il se trouve dissous dans le milieu réactionnel (qui contient notamment l’éthanol formé par la réaction et les réactifs restants).
L’ajout progressif de mL d’eau distillée modifie la composition du solvant : la solubilité du composé A dans le mélange s’effondre, la solution devient sursaturée et le composé A cristallise. Le refroidissement (bain d’eau glacée) diminue encore la solubilité et achève la cristallisation.
L’eau joue le rôle de contre-solvant : elle provoque la cristallisation du composé A qui y est insoluble, tout en maintenant l’APTS en solution.
En supposant que la transformation n’est pas totale, indiquer les espèces éliminées du solide après recristallisation dans le mélange éthanol-eau.
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Si la transformation n’est pas totale, les cristaux bruts contiennent, outre le composé A, les réactifs qui n’ont pas réagi — le résorcinol et l’acétoacétate d’éthyle, tous deux insolubles dans l’eau et donc entraînés lors de la cristallisation — ainsi que des traces d’APTS.
Principe de la recristallisation. On dissout le solide brut dans un minimum de mélange éthanol-eau porté à chaud (le composé A y est soluble à chaud), puis on laisse refroidir : le composé A, peu soluble à froid, recristallise seul, tandis que les impuretés, qui restent solubles dans le mélange froid, demeurent dans les eaux mères et sont éliminées lors de la filtration.
Sont éliminés : le résorcinol et l’acétoacétate d’éthyle n’ayant pas réagi, ainsi que l’APTS (toutes ces espèces sont solubles dans l’éthanol et/ou dans l’eau).
Cela explique la perte de masse observée — à laquelle s’ajoute inévitablement la fraction de composé A qui reste dissoute dans les eaux mères, d’où l’intérêt de n’utiliser qu’une très faible quantité de solvant, comme l’indique le protocole.
Indiquer, parmi les montages A, B et C de la figure 5, celui utilisant une pression réduite et un entonnoir de Büchner.
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- montage A : entonnoir conique garni d’un filtre, posé sur un bécher — c’est une filtration simple, par gravité ; aucune pression réduite ;
- montage B : entonnoir cylindrique à fond plat percé (Büchner) surmontant une fiole à vide à tubulure latérale, reliée à une trompe à eau branchée sur un robinet — c’est bien une filtration sous pression réduite ;
- montage C : ampoule à décanter surmontant un bécher — il s’agit d’une décantation (extraction liquide-liquide), pas d’une filtration.
C’est le montage B.
La dépression créée dans la fiole aspire le filtrat : la filtration est bien plus rapide et les cristaux sont mieux essorés qu’avec une filtration par gravité.
À l’aide des données du protocole, vérifier que les réactifs ont été introduits en proportions stœchiométriques.
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Calculons les quantités de matière introduites :
D’après l’équation de la réaction, les nombres stœchiométriques du résorcinol et de l’acétoacétate d’éthyle valent tous deux 1. Les réactifs sont donc introduits en proportions stœchiométriques si et seulement si :
mol : les réactifs sont bien introduits en proportions stœchiométriques.
Conséquence : les deux réactifs seraient totalement consommés en même temps ; il n’y a pas de réactif limitant privilégié, et aucun des deux n’est en excès à éliminer ensuite.
Calculer la valeur du rendement de cette synthèse.
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Le mélange étant stœchiométrique, l’avancement maximal vaut mol, et il se formerait au maximum autant de composé A :
, soit 57 %
Discuter d’un avantage et d’un inconvénient de chaque voie de synthèse.
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Comparons les deux protocoles, qui conduisent au même composé A à partir des mêmes réactifs, mais avec des catalyseurs et des conditions différents.
| Voie 1 — acide sulfamique | Voie 2 — APTS | |
|---|---|---|
| Conditions | °C pendant 20 min | °C (bain-marie) pendant 10 min |
| Rendement | % | % |
| Avantage | rendement nettement supérieur (65 % contre 57 %) : environ 14 % de produit en plus pour la même quantité de réactifs engagés | conditions bien plus douces : °C s’obtiennent avec un simple bain-marie, en deux fois moins de temps — moins d’énergie consommée, moins de risques, protocole réalisable en lycée |
| Inconvénient | température élevée ( °C) : chauffage spécifique (bain d’huile), coût énergétique important et risque de dégradation thermique des composés organiques ; durée deux fois plus longue | rendement plus faible, et purification plus lourde (ajout d’eau, filtration sur Büchner puis recristallisation) : consommation de solvants et pertes de produit supplémentaires |
La voie 1 privilégie le rendement ; la voie 2 privilégie l’économie d’énergie et la sécurité.
Du point de vue de la chimie durable, le choix dépend donc du critère retenu : quantité de produit obtenue d’un côté, dépense énergétique et innocuité du protocole de l’autre.
Exercice 2 — La scintigraphie cardiaque (5 points)
1. Le rayonnement émis par le thallium 201
Préciser à quel type de désintégration correspond la transformation nucléaire .
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Vérifions d’abord les lois de conservation (lois de Soddy) :
La particule émise, , possède un nombre de charge et un nombre de nucléons nul : c’est un positon (ou positron), l’antiparticule de l’électron.
Il s’agit d’une désintégration de type .
On le vérifie sur le noyau père : son numéro atomique diminue d’une unité (), ce qui est caractéristique d’une radioactivité (un proton du noyau s’y transforme en neutron).
Exprimer puis calculer la longueur d’onde dans le vide du rayonnement d’énergie keV.
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La relation fournie relie l’énergie du photon à sa longueur d’onde dans le vide :
Conversion préalable de l’énergie en joules (indispensable : et sont en unités SI) :
Application numérique :
m (soit environ 9 pm)
Retrouver le domaine du spectre auquel appartient ce rayonnement.
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Plaçons la valeur trouvée sur l’échelle des domaines spectraux fournie par l’énoncé, et comparons-la à la borne du domaine :
Le rayonnement émis appartient au domaine des rayons .
Ce résultat est cohérent avec l’énoncé, qui précise que « le thallium 201 émet des rayons captés par une caméra à scintillation ».
Citer une méthode de protection contre ces rayonnements ionisants.
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On peut citer l’une des trois protections de base contre un rayonnement ionisant :
- l’écran : interposer entre la source et l’opérateur un matériau dense et de numéro atomique élevé, comme une paroi ou un tablier de plomb, qui absorbe les photons ;
- la distance : s’éloigner de la source, l’intensité du rayonnement décroissant comme l’inverse du carré de la distance ;
- le temps : limiter la durée d’exposition (rotation du personnel, port d’un dosimètre pour surveiller la dose reçue).
Exemple : interposer un écran de plomb entre le patient et le manipulateur.
2. Décroissance radioactive et élimination du thallium 201
Donner la relation entre l’activité d’un échantillon et la dérivée temporelle du nombre de noyaux radioactifs.
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L’activité est, par définition, le nombre de désintégrations par unité de temps : c’est donc une grandeur positive.
Or, pendant la durée , le nombre de noyaux radioactifs diminue : la variation est négative, et le nombre de noyaux qui se sont désintégrés vaut .
Établir l’équation différentielle régissant sous la forme .
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On dispose de deux expressions de la même grandeur, l’activité :
En les égalant :
Vérifier que est solution de l’équation différentielle précédente.
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1. Dérivation. La fonction proposée est dérivable et :
2. Report dans l’équation différentielle.
3. Condition initiale. À : , qui est bien le nombre de noyaux radioactifs initialement présents. ✓
est bien la solution de l’équation différentielle vérifiant la condition initiale.
Établir l’expression de la constante radioactive en fonction de et en déduire que pour le thallium 201.
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Étape 1 — expression littérale. Par définition, le temps de demi-vie est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs initialement présents s’est désintégrée :
On applique le logarithme népérien :
Étape 2 — application numérique. Conversion préalable du temps de demi-vie en secondes :
: la valeur annoncée est bien vérifiée.
Calculer l’activité restante chez le patient deux heures après l’injection. Conclure.
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On applique la loi de décroissance radioactive relative à l’activité, avec MBq et h s :
Calculons d’abord l’exposant :
MBq, soit 77 MBq à deux chiffres significatifs
Conclusion. L’activité n’a diminué que de en deux heures.
- C’est une bonne chose pour l’examen lui-même : pendant les 15 à 30 minutes de la scintigraphie, l’activité de la source peut être considérée comme constante, ce qui garantit un signal stable et exploitable pour la caméra à scintillation.
- En revanche, la décroissance radioactive à elle seule n’élimine pratiquement pas le thallium de l’organisme : bien après l’examen, le patient reste une source de rayonnement — d’où la question suivante.
Calculer la durée , en jours, au bout de laquelle l’activité est égale à 1 % de . Justifier alors la nécessité de boire beaucoup d’eau après l’examen.
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Étape 1 — mise en équation. On cherche la date telle que :
Étape 2 — application numérique.
jours
Étape 3 — pourquoi boire beaucoup d’eau ? Si l’on ne comptait que sur la décroissance radioactive, il faudrait près de trois semaines pour que l’activité du thallium présent dans le corps tombe à 1 % de sa valeur initiale. Le patient resterait pendant tout ce temps une source de rayonnement ionisant, pour lui-même comme pour son entourage.
Il existe heureusement un second mécanisme d’élimination, biologique celui-là : le thallium non fixé par le muscle cardiaque est évacué par voie urinaire. Boire beaucoup d’eau augmente le débit urinaire et accélère donc fortement cette évacuation.
L’hydratation abaisse la quantité de thallium présente dans l’organisme bien plus vite que la seule désintégration : elle réduit d’autant la dose reçue par le patient.
Autrement dit, la « période effective » d’élimination du thallium dans le corps est très inférieure aux jours de sa demi-vie physique.
Exercice 3 — La saga de la découverte des trous noirs (6 points)
1. L’orbite elliptique de l’étoile S2
Expliquer que la vitesse de l’étoile S2 en 2002 est supérieure à sa vitesse en 1993.
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Le trou noir SgrA* occupe le foyer de l’ellipse, situé dans la partie supérieure de la figure 1. On en déduit immédiatement, par lecture de la figure :
- en 2002, S2 se trouve à l’extrémité du grand axe la plus proche de : c’est le périastre, la distance à SgrA* est minimale ;
- en 1993, S2 est au voisinage de l’autre extrémité, l’apoastre : la distance est quasi maximale.
Application de la deuxième loi de Kepler. Le rayon vecteur balaie des aires égales pendant des durées égales. Pendant une même durée (ici un an), l’aire balayée s’assimile à celle d’un « triangle » de hauteur la distance et de base la longueur de l’arc parcouru, :
À fixé, la vitesse varie donc en raison inverse de la distance : plus l’étoile est proche du trou noir, plus elle va vite.
En 2002, est minimale : est maximale. En 1993, est maximale : est minimale. Donc .
La figure 1 le confirme directement : des relevés séparés d’une même durée sont très resserrés autour de 1993 et très espacés autour de 2002.
À partir de la figure 1, montrer que la période de révolution de S2 autour de SgrA* est de l’ordre de 19 ans.
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Le grand axe de l’ellipse joint l’apoastre au périastre. Par symétrie de la trajectoire et du mouvement par rapport à ce grand axe, l’étoile met exactement une demi-période pour aller d’une extrémité à l’autre.
Lecture de la figure 1. L’étoile occupe le périastre (extrémité supérieure du grand axe) en 2002. À l’autre extrémité, la pointe du grand axe tombe entre les relevés de 1992 et de 1993 : l’apoastre est occupé vers l’année 1992,5.
ans (lecture graphique à ± 1 an près)
2. Modélisation par une orbite circulaire : la masse de SgrA*
À l’aide de la deuxième loi de Newton appliquée à l’étoile Sf, exprimer son vecteur accélération en fonction de , , et .
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Système : l’étoile fictive Sf, de masse , assimilée à un point matériel.
Référentiel : le référentiel galiléen dont l’origine est le trou noir SgrA*.
Bilan des forces : d’après l’énoncé, Sf n’est soumise qu’à la force d’attraction gravitationnelle exercée par SgrA*. Cette force est dirigée de Sf vers SgrA*, c’est-à-dire selon d’après la figure 2 :
Deuxième loi de Newton (le mouvement de Sf est étudié dans un référentiel galiléen) :
La masse de l’étoile se simplifie :
Le vecteur accélération est donc centripète (dirigé de Sf vers SgrA*) et il ne dépend pas de la masse de l’étoile.
Recopier la figure 2 et représenter, au point Sf, les vecteurs vitesse et accélération de l’étoile Sf.
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- le vecteur vitesse est tangent à la trajectoire et orienté dans le sens du mouvement : il est donc porté par , avec et ;
- le vecteur accélération est, d’après la question Q3, porté par et dirigé vers SgrA* : il est centripète, donc perpendiculaire à .
En utilisant l’expression du vecteur accélération dans la base de Frenet, montrer que le mouvement de Sf est circulaire uniforme.
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Dans la base de Frenet , le vecteur accélération d’un point décrivant un cercle de rayon s’écrit de façon générale :
Or la question Q3 a établi que :
Les coordonnées d’un vecteur dans une base étant uniques, on identifie terme à terme :
La première égalité montre que la valeur de la vitesse est constante au cours du temps.
La trajectoire est un cercle et la valeur de la vitesse est constante : le mouvement de Sf est circulaire uniforme.
Montrer que l’expression de la vitesse de l’étoile Sf est .
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On repart de la projection selon obtenue à la question Q5 :
On multiplie les deux membres par :
La valeur de la vitesse étant une grandeur positive, on prend la racine carrée positive :
Contrôle d’homogénéité : s’exprime en , donc est en , et sa racine carrée bien en . ✓
Retrouver l’expression de la troisième loi de Kepler : .
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Le mouvement étant circulaire uniforme, la période de révolution est la durée d’un tour complet, c’est-à-dire le quotient du périmètre du cercle par la valeur (constante) de la vitesse :
On élève au carré pour supprimer la racine :
On divise enfin les deux membres par :
Le rapport ne dépend que de la masse de l’astre attracteur : c’est bien la troisième loi de Kepler.
Déterminer la valeur de la masse du trou noir SgrA*. Comparer au résultat annoncé dans l’article de Sciences et Avenir et commenter.
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Démarche suivie : (1) isoler dans la troisième loi de Kepler ; (2) convertir et en unités du système international ; (3) appliquer numériquement ; (4) exprimer le résultat en masses solaires et comparer.
Étape 1 — expression littérale.
Étape 2 — conversions.
Étape 3 — application numérique.
kg
Étape 4 — comparaison avec l’article. Exprimons ce résultat en masses solaires :
millions de masses solaires : la valeur annoncée par l’équipe d’Andrea Ghez est confirmée (écart relatif de l’ordre de 1 %).
Commentaire. Le modèle utilisé est pourtant très simplificateur : on a remplacé l’orbite réelle, fortement elliptique, par un cercle de rayon égal au demi-grand axe. L’accord n’a rien de fortuit — la troisième loi de Kepler reste rigoureusement valable pour une ellipse, à condition de remplacer par le demi-grand axe, ce que l’énoncé a précisément justifié.
Le résultat est spectaculaire : plus de quatre millions de fois la masse du Soleil, concentrées à l’intérieur d’une région dont le rayon est inférieur à celui de l’orbite de S2 ( m, soit environ unités astronomiques). Aucun amas d’étoiles ordinaires ne pourrait rester stable avec une telle densité : seul un objet extrêmement compact, un trou noir supermassif, en rend compte. C’est ce raisonnement qui a valu à Reinhard Genzel et Andrea Ghez le prix Nobel de physique 2020.
Récapitulatif des résultats numériques
Exercice 1. pour un acide fort • mL (pipette 10,0 mL + fiole 100,0 mL) • • points alignés sur la première bissectrice (pente 1) : acide fort confirmé • bandes IR (), (), (–) • mol, g, % • cétone + ester • étape 2 : addition • montage B (Büchner + fiole à vide) • mol (proportions stœchiométriques), g, %.
Exercice 2. Désintégration • J m : rayons • , • • MBq après 2 h (soit seulement) • s jours.
Exercice 3. (loi des aires) • ans donc ans • • : mouvement circulaire uniforme • • • s, m kg : valeur de l’article confirmée.
Corrigé non officiel, proposé par Génies des Sciences — il ne s'agit pas du barème du jury.
Ce qui tombe dans ce sujet
Exercice 1 — Synthèse d’une coumarine (9 points)
Pour réviser : Force des acides et des bases · Chimie organique et synthèse · Optimisation et stratégie de synthèse
Exercice 2 — La scintigraphie cardiaque (5 points)
Pour réviser : Transformations nucléaires et décroissance radioactive
Exercice 3 — La saga de la découverte des trous noirs (6 points)
Pour réviser : Mouvement dans un champ de gravitation
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