Terminale Physique-Chimie Annale du bac 26-PYCJ2PO1

Bac physique-chimie 2026 — Polynésie — Jour 2 : sujet et corrigé

Les algues vertes bretonnes portent neuf points de chimie : dosage des nitrates par étalonnage, diagrammes de prédominance du sulfure d’hydrogène, revalorisation en bioplastique et biocarburant. La physique mesure ensuite le niveau d’un liquide grâce à un condensateur, avant un lancer de javelot modélisé de bout en bout.

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Corrigé rédigé comme une copie modèle, puis relu par un second correcteur : applications numériques recalculées, équations vérifiées, avec des « notes du professeur » sur les pièges du barème.

Le corrigé en ligne, question par question

L'énoncé abrégé de chaque question est affiché : cherche d'abord au brouillon, puis clique sur « Voir la correction » pour comparer avec la rédaction attendue sur une copie.

Exercice 1 — Les algues vertes (9 points)

Partie A — Dosage des ions nitrate

Q1

Citer deux avantages apportés par l’utilisation d’un chauffage à reflux.

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Le chauffage à reflux associe un chauffage du milieu réactionnel et un réfrigérant qui condense les vapeurs pour les renvoyer dans le ballon. Il présente donc deux avantages :

  • il accélère la transformation chimique : la température est un facteur cinétique, et l’élévation de température augmente la vitesse de la réaction (1) entre le cuivre et les ions nitrate. La transformation, totale, est ainsi achevée en un temps raisonnable ;
  • il évite la perte des espèces volatiles condensables : les vapeurs de solvant et d’acide se condensent dans le réfrigérant et retombent dans le ballon. On peut donc chauffer aussi longtemps qu’il le faut sans perte de matière, ce qui est indispensable pour un dosage (la quantité de matière analysée doit être conservée).

Attention toutefois : seules les espèces condensables sont retenues. Le monoxyde d’azote NO\text{NO}, dont la température d’ébullition vaut 152-152 °C, traverse le réfrigérant sans se liquéfier et s’échappe : le reflux n’apporte aucune sécurité de ce côté et le montage doit être placé sous hotte.

Q2

Nommer la verrerie nécessaire à la préparation de la solution fille S2\mathrm{S_2}, en détaillant le calcul du volume à prélever.

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Principe. Une dilution conserve la quantité de matière de soluté : celle prélevée dans la solution mère S0\mathrm{S_0} se retrouve intégralement dans la solution fille S2\mathrm{S_2}.

npreˊleveˊ=nfilleC0×Vpreˊleveˊ=C2×V2n_{\text{prélevé}} = n_{\text{fille}} \qquad\Longrightarrow\qquad C_0\times V_{\text{prélevé}} = C_2\times V_2

Vpreˊleveˊ=C2×V2C0=1,0×10,02,0V_{\text{prélevé}} = \frac{C_2\times V_2}{C_0} = \frac{1{,}0\times 10{,}0}{2{,}0}

Vpreˊleveˊ=5,0V_{\text{prélevé}} = 5{,}0 mL

Verrerie et protocole. Les volumes doivent être mesurés avec précision : on n’utilise donc que de la verrerie jaugée.

  • prélever Vpreˊleveˊ=5,0V_{\text{prélevé}} = 5{,}0 mL de S0\mathrm{S_0} à l’aide d’une pipette jaugée de 5,0 mL munie d’une propipette ;
  • les introduire dans une fiole jaugée de 10,0 mL ;
  • compléter avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge, boucher puis homogénéiser en retournant plusieurs fois la fiole.
Q3

Proposer une valeur de la longueur d’onde appropriée pour le dosage par étalonnage et en déduire la couleur de la solution S0\mathrm{S_0} du composé coloré.

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Choix de la longueur d’onde. On travaille toujours à la longueur d’onde pour laquelle l’absorbance est maximale : c’est là que la sensibilité du dosage est la meilleure (une petite variation de concentration y produit la plus grande variation d’absorbance) et que la mesure est la moins affectée par un léger déréglage du spectrophotomètre, la courbe y étant localement plate.

Le spectre d’absorption de la figure 1 présente son maximum aux alentours de 600 nm.

λ600\lambda \approx 600 nm

Couleur de la solution. La solution absorbe principalement la radiation de longueur d’onde 600 nm, qui correspond à l’orangé sur le cercle chromatique. La couleur perçue est la couleur complémentaire de la couleur absorbée, c’est-à-dire celle qui lui est diamétralement opposée sur le cercle : le bleu (480 nm).

La solution S0\mathrm{S_0} de [Cu(NH3)4]2+[\text{Cu}(\text{NH}_3)_4]^{2+} est bleue.

Q4

Expliquer en quoi la représentation graphique de la figure 2 est en accord avec la loi de Beer-Lambert.

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La loi de Beer-Lambert énonce que, pour une solution suffisamment diluée et à une longueur d’onde donnée, l’absorbance est proportionnelle à la concentration de l’espèce colorée :

A=ελ××CA = \varepsilon_\lambda \times \ell \times C

ελ\varepsilon_\lambda est le coefficient d’absorption molaire de l’espèce et \ell la largeur de la cuve — deux grandeurs constantes au cours de l’étalonnage.

Or la figure 2 montre que les points expérimentaux (C;A)(C\,;A) sont alignés et que la droite qui les modélise passe par l’origine du repère. Ces deux caractéristiques sont précisément la signature graphique d’une relation de proportionnalité.

L’absorbance est bien proportionnelle à la concentration : la loi de Beer-Lambert est vérifiée.

Le coefficient directeur de la droite d’étalonnage vaut k=ελk = \varepsilon_\lambda\,\ell ; on peut l’évaluer avec le point le plus éloigné de l’origine :

k=A0C0=1,2082,0=0,604 Lmmol1k = \frac{A_0}{C_0} = \frac{1{,}208}{2{,}0} = 0{,}604\ \text{L}\cdot\text{mmol}^{-1}

Q5

À l’aide de la figure 2 et du tableau qui la précède, montrer que la quantité de matière d’ions cuivre Cu2+\text{Cu}^{2+} formés nCu2+n_{\text{Cu}^{2+}} dans la solution S vaut 6,7×1056{,}7\times 10^{-5} mol.

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Étape 1 — lecture graphique de la concentration de S. L’absorbance mesurée pour la solution S vaut AS=0,403A_{\mathrm{S}} = 0{,}403. On reporte cette valeur sur l’axe des ordonnées, on rejoint la droite d’étalonnage horizontalement, puis on projette verticalement sur l’axe des abscisses.

CS0,67 mmolL1C_{\mathrm{S}} \approx 0{,}67\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} (lecture graphique à ± 0,02 mmolL10{,}02\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} près)

Contrôle par le calcul : CS=ASk=0,4030,604=0,667 mmolL1C_{\mathrm{S}} = \dfrac{A_{\mathrm{S}}}{k} = \dfrac{0{,}403}{0{,}604} = 0{,}667\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}. La lecture est confirmée.

Étape 2 — quantité de matière correspondante. La solution S occupe la fiole jaugée de VS=100,0V_{\mathrm{S}} = 100{,}0 mL, et l’énoncé précise que la quantité d’ions cuivre initialement présents est égale à celle du composé coloré :

nCu2+=CS×VS=0,667×103×100,0×103n_{\text{Cu}^{2+}} = C_{\mathrm{S}}\times V_{\mathrm{S}} = 0{,}667\times 10^{-3} \times 100{,}0\times 10^{-3}

nCu2+=6,7×105n_{\text{Cu}^{2+}} = 6{,}7\times 10^{-5} mol : la valeur annoncée est bien vérifiée.

Q6

À partir de l’équation de réaction (1) de l’étape 1, montrer que nNO3=23×nCu2+n_{\text{NO}_3^-} = \dfrac{2}{3}\times n_{\text{Cu}^{2+}}.

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L’équation de l’étape 1 s’écrit :

3Cu(s)+2NO3(aq)+8H(aq)+2NO(g)+4H2O()+3Cu(aq)2+3\,\text{Cu}_{(s)} + 2\,\text{NO}_{3(aq)}^{-} + 8\,\text{H}^+_{(aq)} \longrightarrow 2\,\text{NO}_{(g)} + 4\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} + 3\,\text{Cu}^{2+}_{(aq)}

Le cuivre métallique est introduit en excès et la transformation est totale : ce sont donc les ions nitrate qui limitent la réaction, et ils sont intégralement consommés à l’état final. En notant xfx_f l’avancement final :

nNO32xf=0xf=nNO32n_{\text{NO}_3^-} - 2\,x_f = 0 \qquad\Longrightarrow\qquad x_f = \frac{n_{\text{NO}_3^-}}{2}

Les ions cuivre, eux, sont formés avec le nombre stœchiométrique 3 :

nCu2+=3xf=3×nNO32=32nNO3n_{\text{Cu}^{2+}} = 3\,x_f = 3\times\frac{n_{\text{NO}_3^-}}{2} = \frac{3}{2}\,n_{\text{NO}_3^-}

En isolant la quantité d’ions nitrate :

nNO3=23×nCu2+\boxed{n_{\text{NO}_3^-} = \frac{2}{3}\times n_{\text{Cu}^{2+}}}

On retrouve simplement le rapport des nombres stœchiométriques : 22 ions nitrate consommés pour 33 ions cuivre formés.

Q7

En déduire la concentration en masse CmNO3C_{\mathrm{m}\,\text{NO}_3^-} des ions nitrate présents dans les 50,0 mL d’eau souterraine. Conclure sur la qualité des eaux souterraines étudiées.

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Étape 1 — quantité de matière d’ions nitrate.

nNO3=23×nCu2+=23×6,7×105=4,47×105 moln_{\text{NO}_3^-} = \frac{2}{3}\times n_{\text{Cu}^{2+}} = \frac{2}{3}\times 6{,}7\times 10^{-5} = 4{,}47\times 10^{-5}\ \text{mol}

Étape 2 — masse correspondante.

mNO3=nNO3×MNO3=4,47×105×62,0=2,77×103 g=2,77 mgm_{\text{NO}_3^-} = n_{\text{NO}_3^-}\times M_{\text{NO}_3^-} = 4{,}47\times 10^{-5}\times 62{,}0 = 2{,}77\times 10^{-3}\ \text{g} = 2{,}77\ \text{mg}

Étape 3 — concentration en masse. Cette masse est celle contenue dans le volume Veau=50,0V_{\text{eau}} = 50{,}0 mL d’eau souterraine prélevé au départ :

CmNO3=mNO3Veau=2,7750,0×103=55,4 mgL1C_{\mathrm{m}\,\text{NO}_3^-} = \frac{m_{\text{NO}_3^-}}{V_{\text{eau}}} = \frac{2{,}77}{50{,}0\times 10^{-3}} = 55{,}4\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}

CmNO3=55 mgL1C_{\mathrm{m}\,\text{NO}_3^-} = 55\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}

Étape 4 — conclusion. La réglementation européenne fixe un seuil de 50 mgL150\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1} pour les eaux destinées à la consommation humaine. Or :

CmNO3=55 mgL1  >  50 mgL1C_{\mathrm{m}\,\text{NO}_3^-} = 55\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1} \;>\; 50\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}

L’eau souterraine étudiée dépasse le seuil réglementaire : elle est impropre à la consommation humaine.

Ce dépassement, dû à l’usage intensif d’engrais azotés, est aussi ce qui alimente la prolifération des algues vertes évoquée en introduction : les nitrates sont un nutriment pour les algues.

Partie B — Le sulfure d’hydrogène

Q8

Justifier le terme « réductrices » utilisé dans l’appellation « sulfato-réductrices » pour les bactéries.

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Ces bactéries transforment les ions sulfate SO42\text{SO}_4^{2-} en sulfure d’hydrogène H2S\text{H}_2\text{S}. Le couple oxydant/réducteur mis en jeu est SO4(aq)2/H2S(aq)\text{SO}_{4(aq)}^{2-}\,/\,\text{H}_2\text{S}_{(aq)} : l’ion sulfate en est l’oxydant et le sulfure d’hydrogène le réducteur. Passer de l’un à l’autre est donc un gain d’électrons, c’est-à-dire une réduction :

SO4(aq)2+10H(aq)++8eH2S(aq)+4H2O()\text{SO}_{4(aq)}^{2-} + 10\,\text{H}^+_{(aq)} + 8\,e^- \longrightarrow \text{H}_2\text{S}_{(aq)} + 4\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)}

On peut le vérifier sur le nombre d’oxydation de l’atome de soufre : il vaut +VI+\mathrm{VI} dans SO42\text{SO}_4^{2-} et II-\mathrm{II} dans H2S\text{H}_2\text{S} ; il diminue de 8 unités, ce qui correspond bien à la capture de 8 électrons.

Les bactéries provoquent la réduction des ions sulfate : elles sont dites « sulfato-réductrices ».

Q9

Écrire l’équation de la réaction acido-basique modélisant la transformation entre le sulfure d’hydrogène et l’eau de mer.

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Les deux couples imposés par l’énoncé sont H2S(aq)/HS(aq)\text{H}_2\text{S}_{(aq)}\,/\,\text{HS}^-_{(aq)} et H3O(aq)+/H2O()\text{H}_3\text{O}^+_{(aq)}\,/\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)}. On écrit les deux demi-équations acido-basiques, puis on les combine de façon que le proton échangé disparaisse :

H2S(aq)  =  HS(aq)+H+H2O()+H+  =  H3O(aq)+\begin{aligned}\text{H}_2\text{S}_{(aq)} &\;=\; \text{HS}^-_{(aq)} + \text{H}^+ \\ \text{H}_2\text{O}_{(\ell)} + \text{H}^+ &\;=\; \text{H}_3\text{O}^+_{(aq)}\end{aligned}

L’acide H2S\text{H}_2\text{S} cède un proton à l’eau, qui joue le rôle de base :

H2S(aq)+H2O()HS(aq)+H3O(aq)+\boxed{\text{H}_2\text{S}_{(aq)} + \text{H}_2\text{O}_{(\ell)} \rightleftarrows \text{HS}^-_{(aq)} + \text{H}_3\text{O}^+_{(aq)}}

La double flèche traduit le fait que H2S\text{H}_2\text{S} est un acide faible : la transformation est limitée et conduit à un état d’équilibre.

Q10

Tracer le diagramme de prédominance des couples H2S(aq)/HS(aq)\text{H}_2\text{S}_{(aq)}/\text{HS}^-_{(aq)} et HS(aq)/S(aq)2\text{HS}^-_{(aq)}/\text{S}^{2-}_{(aq)}. Indiquer l’espèce chimique prédominante quand les algues vertes sont en contact avec l’eau de mer.

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Règle utilisée. Pour un couple acide/base de constante pKA\mathrm{p}K_A : l’acide prédomine si pH<pKA\text{pH} < \mathrm{p}K_A, la base prédomine si pH>pKA\text{pH} > \mathrm{p}K_A, et les deux espèces sont en concentrations égales pour pH=pKA\text{pH} = \mathrm{p}K_A. Les deux pKA\mathrm{p}K_A délimitent donc trois domaines sur l’axe des pH.

pH02468101214pKA1 = 7,0pKA2 = 12H2S(aq)HS(aq)S2−(aq)eau de mer : pH = 8,2

Application à l’eau de mer. Son pH vaut 8,2 :

pKA1=7,0  <  pH=8,2  <  pKA2=12\mathrm{p}K_{A1} = 7{,}0 \;<\; \text{pH} = 8{,}2 \;<\; \mathrm{p}K_{A2} = 12

L’espèce prédominante au contact de l’eau de mer est l’ion hydrogénosulfure HS(aq)\text{HS}^-_{(aq)}.

Le sulfure d’hydrogène moléculaire H2S\text{H}_2\text{S}, seul volatil, est donc très minoritaire tant que les algues baignent dans l’eau de mer.

Q11

Écrire l’équation d’oxydo-réduction qui a lieu quand le sulfure d’hydrogène H2S\text{H}_2\text{S} entre en contact avec le dioxygène O2\text{O}_2 au moment où l’algue s’assèche. Justifier que le milieu subit une acidification.

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Les couples fournis sont SO4(aq)2/H2S(aq)\text{SO}_{4(aq)}^{2-}\,/\,\text{H}_2\text{S}_{(aq)} et O2(g)/H2O()\text{O}_{2(g)}\,/\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)}. Le sulfure d’hydrogène est le réducteur de son couple, le dioxygène l’oxydant du sien : c’est donc H2S\text{H}_2\text{S} qui est oxydé et O2\text{O}_2 qui est réduit.

Demi-équations électroniques (en milieu acide).

oxydation :H2S(aq)+4H2O()SO4(aq)2+10H(aq)++8e(×1)reˊduction :O2(g)+4H(aq)++4e2H2O()(×2)\begin{aligned}\text{oxydation :}\quad & \text{H}_2\text{S}_{(aq)} + 4\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} \longrightarrow \text{SO}_{4(aq)}^{2-} + 10\,\text{H}^+_{(aq)} + 8\,e^- && (\times\,1)\\ \text{réduction :}\quad & \text{O}_{2(g)} + 4\,\text{H}^+_{(aq)} + 4\,e^- \longrightarrow 2\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)} && (\times\,2)\end{aligned}

Bilan. On additionne membre à membre après avoir égalisé le nombre d’électrons (8 de part et d’autre), puis on simplifie les 8 H+\text{H}^+ et les 4 H2O\text{H}_2\text{O} qui figurent des deux côtés :

H2S(aq)+2O2(g)SO4(aq)2+2H(aq)+\boxed{\text{H}_2\text{S}_{(aq)} + 2\,\text{O}_{2(g)} \longrightarrow \text{SO}_{4(aq)}^{2-} + 2\,\text{H}^+_{(aq)}}

Vérification : S : 1=11 = 1 ; O : 4=44 = 4 ; H : 2=22 = 2 ; charge : 0=2+2=00 = -2 + 2 = 0. \checkmark

Justification de l’acidification. La réaction libère des ions H+\text{H}^+ (soit, en solution aqueuse, des ions oxonium H3O+\text{H}_3\text{O}^+). La concentration en ions oxonium du milieu augmente donc.

pH=log ⁣([H3O+]c)\text{pH} = -\log\!\left(\frac{\left[\text{H}_3\text{O}^+\right]}{c^{\circ}}\right)

Cette fonction étant décroissante, une augmentation de [H3O+]\left[\text{H}_3\text{O}^+\right] entraîne une diminution du pH.

Le milieu s’acidifie bien lorsque l’algue s’assèche à l’air libre.

Q12

Rappeler l’expression de la constante d’acidité KA1K_{A1} du couple H2S(aq)/HS(aq)\text{H}_2\text{S}_{(aq)}/\text{HS}^-_{(aq)}.

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La constante d’acidité est la constante d’équilibre associée à l’équation de la réaction de l’acide avec l’eau, écrite à la question Q9 :

H2S(aq)+H2O()HS(aq)+H3O(aq)+\text{H}_2\text{S}_{(aq)} + \text{H}_2\text{O}_{(\ell)} \rightleftarrows \text{HS}^-_{(aq)} + \text{H}_3\text{O}^+_{(aq)}

Chaque concentration à l’équilibre y est rapportée à la concentration standard c=1 molL1c^{\circ} = 1\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} ; l’eau, solvant, n’y figure pas :

KA1=[HS]eˊq×[H3O+]eˊq[H2S]eˊq×c\boxed{K_{A1} = \frac{\left[\text{HS}^-\right]_{\text{éq}}\times \left[\text{H}_3\text{O}^+\right]_{\text{éq}}}{\left[\text{H}_2\text{S}\right]_{\text{éq}}\times c^{\circ}}}

KA1K_{A1} est une grandeur sans dimension, et pKA1=logKA1=7,0\mathrm{p}K_{A1} = -\log K_{A1} = 7{,}0.

Q13

Calculer la valeur du pH. En déduire l’espèce chimique prédominante à ce pH. Indiquer les risques sanitaires et environnementaux à laisser les algues vertes sécher sur la plage.

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Étape 1 — calcul du pH. On applique la relation admise, avec KH2S=0,09K_{\text{H}_2\text{S}} = 0{,}09, pH2S=0,1p_{\text{H}_2\text{S}} = 0{,}1 bar et p=1p^{\circ} = 1 bar :

pH=12×(pKA1log ⁣(KH2S×pH2Sp))=12×(7,0log ⁣(0,09×0,11))\text{pH} = \frac{1}{2}\times\left(\mathrm{p}K_{A1} - \log\!\left(\frac{K_{\text{H}_2\text{S}}\times p_{\text{H}_2\text{S}}}{p^{\circ}}\right)\right) = \frac{1}{2}\times\left(7{,}0 - \log\!\left(\frac{0{,}09\times 0{,}1}{1}\right)\right)

pH=12×(7,0log ⁣(9×103))=12×(7,0+2,05)=9,052\text{pH} = \frac{1}{2}\times\left(7{,}0 - \log\!\left(9\times 10^{-3}\right)\right) = \frac{1}{2}\times\left(7{,}0 + 2{,}05\right) = \frac{9{,}05}{2}

pH=4,5\text{pH} = 4{,}5

Étape 2 — espèce prédominante. D’après le diagramme de prédominance de la question Q10 :

pH=4,5  <  pKA1=7,0\text{pH} = 4{,}5 \;<\; \mathrm{p}K_{A1} = 7{,}0

C’est désormais le sulfure d’hydrogène H2S(aq)\text{H}_2\text{S}_{(aq)}, forme acide du couple, qui prédomine.

Étape 3 — risques encourus. Le séchage des algues sur la plage provoque donc un basculement complet : d’un milieu à pH=8,2\text{pH} = 8{,}2 où prédominait l’ion HS\text{HS}^-, non volatil, on passe à un milieu à pH=4,5\text{pH} = 4{,}5 où prédomine la molécule H2S\text{H}_2\text{S}, gazeuse et donc libérée dans l’atmosphère.

  • Risque sanitaire. La mention de danger H330 — « Mortel par inhalation » s’applique au H2S\text{H}_2\text{S} gazeux. Les promeneurs, les animaux et surtout les personnes chargées du ramassage encourent un risque d’intoxication pouvant être mortel, d’autant que le gaz, plus dense que l’air, s’accumule dans les creux et que l’odorat est rapidement saturé.
  • Risque environnemental. La mention H400 — « Très toxique pour les organismes aquatiques » signale que le H2S\text{H}_2\text{S} entraîné vers la mer par le ruissellement ou la marée détruit la faune et la flore aquatiques. L’acidification du milieu (question Q11) aggrave encore la perturbation de l’écosystème littoral.

Il ne faut donc pas laisser les algues vertes sécher sur la plage : leur ramassage doit être rapide, et effectué avec des équipements de protection.

Partie C — Revalorisation des algues vertes

Q14

Nommer la famille fonctionnelle correspondant au groupe caractéristique entouré en pointillés sur la figure 3.

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Le groupe entouré est un groupe OH-\text{OH}, appelé groupe hydroxyle, lié à un atome de carbone tétragonal (saturé, engagé dans quatre liaisons simples).

Il caractérise la famille des alcools.

Plus précisément, ce carbone n’est lié qu’à un seul autre atome de carbone : il s’agit d’un alcool primaire, de motif CH2OH-\text{CH}_2-\text{OH}.

Q15

Identifier et recopier sur la copie le motif du polymère de la figure 3.

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Le motif d’un polymère est le plus petit groupe d’atomes dont la répétition, un grand nombre de fois, engendre la macromolécule. Sur la figure 3, on reconnaît un cycle à six atomes (cinq carbones et un oxygène) portant un groupe CH2OH-\text{CH}_2\text{OH} et deux groupes OH-\text{OH}, ces cycles étant reliés entre eux par un atome d’oxygène (pont oxygène). C’est ce cycle, pont compris, qui se répète à l’identique.

OOHOHOHOn

Le motif est l’unité glucose (unité glucosyle), de formule brute C6H10O5\text{C}_6\text{H}_{10}\text{O}_5.

Le polymère représenté est l’amylose, dont la formule s’écrit (C6H10O5)n(\text{C}_6\text{H}_{10}\text{O}_5)_n : c’est un polysaccharide, obtenu par polycondensation de molécules de glucose C6H12O6\text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_6 avec élimination d’une molécule d’eau à chaque liaison créée — d’où la formule du motif, qui compte bien une molécule d’eau de moins que le glucose.

Q16

Montrer que la quantité de matière de bioéthanol nC2H6On_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}} contenue dans le volume d’E85 nécessaire pour parcourir 100 km est voisine de 1,4×1021{,}4\times 10^{2} mol.

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Étape 1 — volume de bioéthanol. D’après le tableau, il faut VE85=9,3V_{\text{E85}} = 9{,}3 L d’E85 pour parcourir 100 km, et l’E85 contient 85 % en volume de bioéthanol :

VC2H6O=0,85×VE85=0,85×9,3=7,905 L7,9 LV_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}} = 0{,}85\times V_{\text{E85}} = 0{,}85\times 9{,}3 = 7{,}905\ \text{L} \approx 7{,}9\ \text{L}

Étape 2 — masse de bioéthanol.

mC2H6O=ρC2H6O×VC2H6O=789×7,905=6,24×103 gm_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}} = \rho_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}}\times V_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}} = 789 \times 7{,}905 = 6{,}24\times 10^{3}\ \text{g}

Étape 3 — quantité de matière.

nC2H6O=mC2H6OMC2H6O=6,237×10346,0n_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}} = \frac{m_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}}}{M_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}}} = \frac{6{,}237\times 10^{3}}{46{,}0}

nC2H6O=1,4×102n_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}} = 1{,}4\times 10^{2} mol : la valeur annoncée est bien vérifiée (valeur non arrondie : 1,356×1021{,}356\times 10^{2} mol).

Q17

Déterminer le volume de CO2\text{CO}_2 libéré lors d’un trajet de 100 km par la combustion du bioéthanol contenu dans l’E85. Comparer au volume libéré par le SP95 et conclure sur l’avantage du bioéthanol. (Question à prise d’initiative.)

Voir la correction

Démarche suivie : (1) utiliser les nombres stœchiométriques de l’équation de combustion pour passer du bioéthanol au dioxyde de carbone ; (2) convertir cette quantité de matière en volume grâce à la loi des gaz parfaits ; (3) comparer au volume libéré par le SP95 ; (4) conclure.

Étape 1 — quantité de matière de dioxyde de carbone formée. D’après l’équation de combustion :

C2H6O(g)+3O2(g)2CO2(g)+3H2O(g)\text{C}_2\text{H}_6\text{O}_{(g)} + 3\,\text{O}_{2(g)} \longrightarrow 2\,\text{CO}_{2(g)} + 3\,\text{H}_2\text{O}_{(g)}

la combustion d’une mole de bioéthanol produit deux moles de dioxyde de carbone. Le dioxygène étant en excès (l’air en fournit à volonté), le bioéthanol est entièrement brûlé :

nCO2=2×nC2H6O=2×1,356×102=2,71×102 moln_{\text{CO}_2} = 2\times n_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}} = 2\times 1{,}356\times 10^{2} = 2{,}71\times 10^{2}\ \text{mol}

Étape 2 — volume occupé par ce gaz. On applique la loi des gaz parfaits PV=nRTPV = nRT, avec T=θ+273=20+273=293T = \theta + 273 = 20 + 273 = 293 K et P=patm=1,013P = p_{\text{atm}} = 1{,}013 bar =1,013×105= 1{,}013\times 10^{5} Pa :

VCO2=nCO2RTP=2,71×102×8,314×2931,013×105V_{\text{CO}_2} = \frac{n_{\text{CO}_2}\,R\,T}{P} = \frac{2{,}71\times 10^{2}\times 8{,}314 \times 293}{1{,}013\times 10^{5}}

VCO2=6,5 m3V_{\text{CO}_2} = 6{,}5\ \text{m}^{3}

Étape 3 — comparaison avec le SP95. Le tableau indique VCO2(SP95)=8,3 m3V_{\text{CO}_2}(\text{SP95}) = 8{,}3\ \text{m}^{3} pour le même trajet de 100 km :

8,36,58,3=0,22soit une reˊduction d’environ 22 %\frac{8{,}3 - 6{,}5}{8{,}3} = 0{,}22 \qquad\text{soit une réduction d'environ } 22\ \%

Étape 4 — conclusion.

La combustion du bioéthanol contenu dans l’E85 libère 6,5 m36{,}5\ \text{m}^{3} de CO2\text{CO}_2 pour 100 km, contre 8,3 m38{,}3\ \text{m}^{3} pour le SP95 : environ 22 % de dioxyde de carbone en moins.

L’avantage du bioéthanol est en réalité double :

  • le bioéthanol lui-même rejette directement moins de dioxyde de carbone à distance parcourue égale — l’E85 contenant encore 15 % de SP95, son rejet total est en revanche très proche de celui du SP95 ;
  • surtout, le carbone qu’il rejette avait été prélevé dans l’atmosphère par les algues lors de leur photosynthèse : le bilan carbone est presque neutre, contrairement au SP95 dont le carbone, d’origine fossile, est ajouté à l’atmosphère. S’y ajoute l’intérêt de valoriser un déchet encombrant, les algues vertes échouées.

Exercice 2 — Mesure du niveau d’un liquide (6 points)

Partie A — Influence de la capacité lors de la charge d’un condensateur

Q1

Justifier que l’intensité ii du courant peut s’exprimer par la relation i=C×duCdti = C\times\dfrac{d u_C}{d t}.

Voir la correction

1. Relation charge-tension. Par définition de la capacité, la charge qq portée par l’armature du condensateur est proportionnelle à la tension à ses bornes :

q=C×uCq = C\times u_C

2. Définition de l’intensité. L’intensité du courant est le débit de charge électrique, c’est-à-dire la dérivée par rapport au temps de la charge de l’armature vers laquelle le courant est orienté. Avec les conventions de la figure 2 (le courant ii arrive sur l’armature portant la charge +q+q) :

i=dqdti = \frac{d q}{d t}

3. Combinaison. La capacité CC étant une constante, on peut la sortir de la dérivée :

i=d(CuC)dti=C×duCdti = \frac{d\left(C\,u_C\right)}{d t} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{i = C\times\frac{d u_C}{d t}}

Cette relation traduit bien le comportement observé : le courant n’existe que tant que la tension varie. Une fois le condensateur chargé, uCu_C est constante et ii s’annule.

Q2

Établir l’équation différentielle vérifiée par la tension uCu_C aux bornes du condensateur lors de la charge sous une tension EE.

Voir la correction

Loi des mailles. Le circuit comporte le générateur, le conducteur ohmique et le condensateur en série. Avec l’orientation de la figure 2 :

E=uR+uCE = u_R + u_C

Loi d’Ohm. Le conducteur ohmique est orienté en convention récepteur :

uR=R×i=R×C×duCdt(d’apreˋs Q1)u_R = R\times i = R\times C\times\frac{d u_C}{d t} \qquad\text{(d'après Q1)}

Report dans la loi des mailles.

RCduCdt+uC=ER\,C\,\frac{d u_C}{d t} + u_C = E

soit, sous forme canonique (coefficient 1 devant la dérivée) :

duCdt+1RCuC=ERC\boxed{\frac{d u_C}{d t} + \frac{1}{R\,C}\,u_C = \frac{E}{R\,C}}

C’est une équation différentielle du premier ordre, linéaire, à coefficients constants et avec second membre.

Q3

Vérifier par un calcul que la tension uC(τ)u_C(\tau) a atteint, à l’instant t=τt = \tau, 63 % de sa valeur maximale, et déterminer la valeur de uC(τ)u_C(\tau).

Voir la correction

Valeur maximale. Quand tt devient très grand, et/τ\mathrm{e}^{-t/\tau} tend vers 0 : la tension tend vers sa valeur en régime permanent, uCmax=E=5,0u_{C\max} = E = 5{,}0 V (le condensateur est alors totalement chargé et le courant est nul).

Valeur à t=τt = \tau. On remplace tt par τ\tau dans la solution :

uC(τ)=E×(1eτ/τ)=E×(1e1)=E×(10,368)=0,632×Eu_C(\tau) = E\times\left(1 - \mathrm{e}^{-\tau/\tau}\right) = E\times\left(1 - \mathrm{e}^{-1}\right) = E\times\left(1 - 0{,}368\right) = 0{,}632\times E

uC(τ)=0,63×uCmaxu_C(\tau) = 0{,}63\times u_{C\max} : la tension a bien atteint 63 % de sa valeur maximale.

Application numérique.

uC(τ)=0,632×5,0u_C(\tau) = 0{,}632\times 5{,}0

uC(τ)=3,2u_C(\tau) = 3{,}2 V

Q4

Préciser l’influence de la capacité CC sur la durée de charge complète du condensateur.

Voir la correction

La constante de temps du dipôle RC vaut τ=R×C\tau = R\times C, et la durée de charge complète est conventionnellement égale à 5τ=5RC5\,\tau = 5\,R\,C (la tension y atteint 99 % de EE).

Δtcharge5RC\Delta t_{\text{charge}} \approx 5\,R\,C

La résistance RR étant fixée, cette durée est proportionnelle à la capacité CC : par exemple, doubler CC double la durée de charge.

Plus la capacité CC du condensateur est grande, plus la charge est lente.

C’est précisément ce qui rend le capteur utilisable : la hauteur d’huile modifie la capacité CC, donc la durée de charge, que le microcontrôleur sait mesurer.

Partie B — Détermination du volume d’huile contenu dans un fût métallique

Q5

En utilisant la figure 4, montrer que la valeur de la constante de temps τ\tau est voisine de 1,2×1041{,}2\times 10^{-4} s. Expliquer la méthode utilisée en s’appuyant sur un schéma.

Voir la correction

Deux méthodes graphiques, équivalentes, permettent de déterminer τ\tau. On les fait apparaître sur le même schéma.

Méthode 1 — la valeur particulière 0,63E0{,}63\,E. D’après la question Q3, uC(τ)=0,63×E=0,63×5,0=3,2u_C(\tau) = 0{,}63\times E = 0{,}63\times 5{,}0 = 3{,}2 V. On repère l’ordonnée 3,23{,}2 V sur la courbe de la figure 4, puis on projette le point correspondant sur l’axe des abscisses.

Méthode 2 — la tangente à l’origine. La tangente à la courbe à la date t=0t = 0 coupe l’asymptote horizontale uC=E=5,0u_C = E = 5{,}0 V à la date t=τt = \tau. Les deux constructions donnent la même abscisse.

t (ms)uC (V)00,10,20,30,40,50,61245asymptote uC = E = 5,0 Vtangente à l’origine3,2τ ≈ 0,12 ms

τ0,12\tau \approx 0{,}12 ms =1,2×104= 1{,}2\times 10^{-4} s : la valeur annoncée est bien vérifiée (lecture graphique à ± 0,01 ms près).

Q6

À l’aide des figures 4 et 5 et des données précédentes, calculer la valeur du volume d’huile VHV_H contenu dans le fût métallique lors de l’enregistrement de la figure 4. (Question à prise d’initiative.)

Voir la correction

Démarche suivie : (1) déduire la capacité CC du capteur de la constante de temps mesurée en Q5 ; (2) lire sur la courbe d’étalonnage de la figure 5 la hauteur hh d’huile dans le capteur ; (3) remonter à la hauteur HH d’huile dans la cuve en ajoutant le niveau d’entrée h0h_0 ; (4) calculer le volume du cylindre correspondant.

Étape 1 — capacité du capteur. La constante de temps du dipôle RC vaut τ=RC\tau = R\,C, d’où :

C=τR=1,2×104330×103=3,6×1010 F=0,36 nFC = \frac{\tau}{R} = \frac{1{,}2\times 10^{-4}}{330\times 10^{3}} = 3{,}6\times 10^{-10}\ \text{F} = 0{,}36\ \text{nF}

Étape 2 — hauteur d’huile dans le capteur. La figure 5 est une droite ; on détermine son équation à partir de deux points bien lisibles, (0;0,20)(0\,;\,0{,}20) et (0,80;0,44)(0{,}80\,;\,0{,}44) :

a=0,440,200,800=0,30 nFm1d’ouˋC(h)=0,30h+0,20(C en nF, h en m)a = \frac{0{,}44 - 0{,}20}{0{,}80 - 0} = 0{,}30\ \text{nF}\cdot\text{m}^{-1} \qquad\text{d'où}\qquad C(h) = 0{,}30\,h + 0{,}20 \quad (C\ \text{en nF},\ h\ \text{en m})

h=C0,200,30=0,360,200,30h = \frac{C - 0{,}20}{0{,}30} = \frac{0{,}36 - 0{,}20}{0{,}30}

h=0,53h = 0{,}53 m

Étape 3 — hauteur d’huile dans la cuve. Attention : hh est la hauteur d’huile à l’intérieur du condensateur, or celui-ci ne plonge pas jusqu’au fond du fût. D’après la figure 3, l’huile n’entre dans le capteur qu’à partir du niveau h0=4,4h_0 = 4{,}4 cm =0,044= 0{,}044 m. La hauteur totale d’huile dans le fût vaut donc :

H=h+h0=0,53+0,044=0,574 mH = h + h_0 = 0{,}53 + 0{,}044 = 0{,}574\ \text{m}

H=0,57H = 0{,}57 m

Étape 4 — volume d’huile. Le fût est assimilé à un cylindre de diamètre D=0,610D = 0{,}610 m :

VH=π4×D2×H=π4×(0,610)2×0,574=0,2922×0,574V_H = \frac{\pi}{4}\times D^{2}\times H = \frac{\pi}{4}\times \left(0{,}610\right)^{2}\times 0{,}574 = 0{,}2922 \times 0{,}574

VH=0,17 m3V_H = 0{,}17\ \text{m}^{3}, soit environ 1,7×1021{,}7\times 10^{2} L

Cet ordre de grandeur est cohérent : un fût standard de 200 L, rempli à environ 85 %.

Exercice 3 — Le javelot tir sur cible (5 points)

Q1

Énoncer la deuxième loi de Newton et l’appliquer en effectuant un bilan des forces qui s’exercent sur le système au cours du lancer.

Voir la correction

Énoncé. Dans un référentiel galiléen, la somme vectorielle des forces extérieures appliquées à un système de masse mm constante est égale au produit de sa masse par le vecteur accélération de son centre de masse :

Fext=ma\sum \vec{F}_{\text{ext}} = m\,\vec{a}

Application.

  • Système : le javelot, de masse m=300m = 300 g =0,300= 0{,}300 kg, assimilé au point matériel M.
  • Référentiel : terrestre, supposé galiléen.
  • Bilan des forces : les frottements de l’air et la poussée d’Archimède sont négligés (énoncé). Une fois le javelot lâché, il n’est donc soumis qu’à son poids P=mg\vec{P} = m\,\vec{g}, vertical et dirigé vers le bas.

La deuxième loi de Newton s’écrit alors :

P=mamg=maa=g\vec{P} = m\,\vec{a} \qquad\Longrightarrow\qquad m\,\vec{g} = m\,\vec{a} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\vec{a} = \vec{g}}

Le mouvement du javelot est une chute libre : son accélération est indépendante de sa masse.

Q2

Déterminer l’expression des coordonnées ax(t)a_x(t) et az(t)a_z(t) du vecteur accélération a(t)\vec{a}(t) du point M au cours du temps.

Voir la correction

Le vecteur g\vec{g} est vertical et dirigé vers le bas, alors que l’axe (Oz)(Oz) est orienté vers le haut : sa coordonnée verticale est donc négative. En projetant a=g\vec{a} = \vec{g} dans le repère (O,i,j)(\mathrm{O},\vec{i},\vec{j}) :

a {ax(t)=0az(t)=g=9,81 ms2\vec{a}\ \begin{cases} a_x(t) = 0 \\[0.35em] a_z(t) = -g = -9{,}81\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2} \end{cases}

Les deux coordonnées sont constantes : le mouvement est uniforme selon xx et uniformément accéléré (vers le bas) selon zz.

Q3

Déterminer l’expression des coordonnées vx(t)v_x(t) et vz(t)v_z(t) du vecteur vitesse v(t)\vec{v}(t) du point M au cours du temps.

Voir la correction

Le vecteur vitesse est une primitive du vecteur accélération par rapport au temps. Les constantes d’intégration sont les coordonnées du vecteur vitesse initiale v0\vec{v_0}, qui fait un angle α\alpha avec l’horizontale :

v0 {v0x=v0cosαv0z=v0sinα\vec{v_0}\ \begin{cases} v_{0x} = v_0\cos\alpha \\[0.3em] v_{0z} = v_0\sin\alpha \end{cases}

d’où, par intégration :

v(t) {vx(t)=v0cosαvz(t)=gt+v0sinα\vec{v}(t)\ \begin{cases} v_x(t) = v_0\cos\alpha \\[0.35em] v_z(t) = -g\,t + v_0\sin\alpha \end{cases}

Q4

Montrer que les équations horaires du mouvement x(t)x(t) et z(t)z(t) du point M ont pour expression celles données par l’énoncé.

Voir la correction

Le vecteur position est à son tour une primitive du vecteur vitesse. Les constantes d’intégration sont cette fois les coordonnées du point de départ M0\mathrm{M_0}, situé sur l’axe (Oz)(Oz) à la hauteur HH :

M0 {x(0)=0z(0)=H\mathrm{M_0}\ \begin{cases} x(0) = 0 \\[0.3em] z(0) = H \end{cases}

Il vient :

 {x(t)=v0(cosα)tz(t)=12gt2+v0(sinα)t+H \boxed{\ \begin{cases} x(t) = v_0\left(\cos\alpha\right) t \\[0.5em] z(t) = -\dfrac{1}{2}\,g\,t^{2} + v_0\left(\sin\alpha\right) t + H \end{cases}\ }

Les équations horaires de l’énoncé sont bien retrouvées.

Q5

Démontrer que la trajectoire du point M a pour équation z(x)=g2v02cos2αx2+(tanα)x+Hz(x) = -\dfrac{g}{2v_0^{2}\cos^{2}\alpha}\,x^{2} + \left(\tan\alpha\right)x + H.

Voir la correction

L’équation de la trajectoire est la relation entre zz et xx : il faut donc éliminer le temps entre les deux équations horaires.

Étape 1 — exprimer tt en fonction de xx. La coordonnée v0cosαv_0\cos\alpha n’étant pas nulle (le lancer n’est pas vertical) :

x=v0(cosα)tt=xv0cosαx = v_0\left(\cos\alpha\right)t \qquad\Longrightarrow\qquad t = \frac{x}{v_0\cos\alpha}

Étape 2 — reporter dans z(t)z(t).

z=12g(xv0cosα)2+v0(sinα)xv0cosα+Hz = -\frac{1}{2}\,g\left(\frac{x}{v_0\cos\alpha}\right)^{2} + v_0\left(\sin\alpha\right)\frac{x}{v_0\cos\alpha} + H

z=g2v02cos2αx2+sinαcosαx+Hz = -\frac{g}{2\,v_0^{2}\cos^{2}\alpha}\,x^{2} + \frac{\sin\alpha}{\cos\alpha}\,x + H

Étape 3 — conclusion. En reconnaissant sinαcosα=tanα\dfrac{\sin\alpha}{\cos\alpha} = \tan\alpha :

z(x)=g2v02cos2αx2+(tanα)x+H\boxed{z(x) = -\frac{g}{2\,v_0^{2}\cos^{2}\alpha}\,x^{2} + \left(\tan\alpha\right)x + H}

La trajectoire est donc une parabole, ce que confirme l’allure de la figure 2.

Q6

Déduire de la modélisation z=0,081x2+0,62x+1,1z = -0{,}081\,x^{2} + 0{,}62\,x + 1{,}1 la hauteur initiale HH du javelot à l’instant du lancer.

Voir la correction

À l’instant du lancer, le javelot se trouve en M0\mathrm{M_0}, d’abscisse x=0x = 0. En reportant cette valeur dans l’équation modélisant la trajectoire :

z(0)=0,081×02+0,62×0+1,1=1,1z(0) = -0{,}081\times 0^{2} + 0{,}62\times 0 + 1{,}1 = 1{,}1

Or, d’après l’équation littérale établie en Q5, le terme constant de la trajectoire est précisément HH.

H=1,1H = 1{,}1 m

Cette valeur est cohérente avec la situation : le centre de masse du javelot se trouve à hauteur d’épaule d’un joueur debout. La lecture de la figure 2 la confirme (le premier point pointé est à z1,1z \approx 1{,}1 m).

Q7

Montrer que l’angle de lancer vaut α=32\alpha = 32^{\circ} et que la vitesse initiale est v0=9,2 ms1v_0 = 9{,}2\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir la correction

On identifie terme à terme les deux écritures de la trajectoire — l’expression littérale de Q5 et la modélisation numérique :

g2v02cos2αcoefficient de x2  x2  +  tanαcoefficient de x  x  +  Het0,081x2+0,62x+1,1\underbrace{-\frac{g}{2\,v_0^{2}\cos^{2}\alpha}}_{\text{coefficient de }x^{2}}\;x^{2} \;+\;\underbrace{\tan\alpha}_{\text{coefficient de }x}\;x\;+\;H \qquad\text{et}\qquad -0{,}081\,x^{2} + 0{,}62\,x + 1{,}1

Étape 1 — angle de lancer. Le coefficient du terme en xx donne directement :

tanα=0,62α=arctan(0,62)=31,8\tan\alpha = 0{,}62 \qquad\Longrightarrow\qquad \alpha = \arctan\left(0{,}62\right) = 31{,}8^{\circ}

α=32\alpha = 32^{\circ} : la valeur annoncée est bien vérifiée.

Étape 2 — vitesse initiale. Le coefficient du terme en x2x^{2} donne :

g2v02cos2α=0,081v02=g2×0,081×cos2α\frac{g}{2\,v_0^{2}\cos^{2}\alpha} = 0{,}081 \qquad\Longrightarrow\qquad v_0^{2} = \frac{g}{2\times 0{,}081\times \cos^{2}\alpha}

Avec cos(31,8)=0,850\cos\left(31{,}8^{\circ}\right) = 0{,}850, donc cos2α=0,722\cos^{2}\alpha = 0{,}722 :

v02=9,812×0,081×0,722=9,810,1170=83,8 m2s2v0=83,8v_0^{2} = \frac{9{,}81}{2\times 0{,}081\times 0{,}722} = \frac{9{,}81}{0{,}1170} = 83{,}8\ \text{m}^{2}\cdot\text{s}^{-2} \qquad\Longrightarrow\qquad v_0 = \sqrt{83{,}8}

v0=9,2 ms1v_0 = 9{,}2\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1} : la valeur annoncée est bien vérifiée.

Soit environ 33 kmh133\ \text{km}\cdot\text{h}^{-1}, ce qui est tout à fait plausible pour un lancer à la main.

Q8

En utilisant l’équation modélisant la trajectoire, déterminer le nombre de points marqués par le joueur.

Voir la correction

Démarche suivie : (1) calculer l’altitude du javelot à l’abscisse de la cible ; (2) la comparer à l’altitude du centre de la cible ; (3) situer le point d’impact par rapport aux rayons des deux zones.

Étape 1 — altitude du javelot au niveau de la cible. Le joueur se place à d=8d = 8 m de la cible, et l’origine des abscisses est le point de lancer : le javelot atteint la cible pour x=8x = 8 m.

z(8)=0,081×82+0,62×8+1,1=5,184+4,96+1,1z(8) = -0{,}081\times 8^{2} + 0{,}62\times 8 + 1{,}1 = -5{,}184 + 4{,}96 + 1{,}1

z(8)=0,876z(8) = 0{,}876 m

Étape 2 — écart au centre de la cible. Le centre de la cible est à zcible=85z_{\text{cible}} = 85 cm =0,85= 0{,}85 m du sol :

Δz=z(8)zcible=0,8760,850=0,026 m=2,6 cm\Delta z = \left| z(8) - z_{\text{cible}} \right| = \left| 0{,}876 - 0{,}850 \right| = 0{,}026\ \text{m} = 2{,}6\ \text{cm}

Étape 3 — zone atteinte. Le cercle blanc central a un diamètre de 6 cm, donc un rayon de 3,03{,}0 cm. Or :

Δz=2,6 cm  <  3,0 cm\Delta z = 2{,}6\ \text{cm} \;<\; 3{,}0\ \text{cm}

Le point d’impact se situe donc à l’intérieur du cercle blanc.

Le javelot se plante dans le cercle blanc : le joueur marque 2 points.

Récapitulatif des résultats numériques

Exercice 1. Vpreˊleveˊ=5,0V_{\text{prélevé}} = 5{,}0 mL (pipette jaugée + fiole de 10,0 mL) • λ600\lambda \approx 600 nm, solution bleuek=0,604 Lmmol1k = 0{,}604\ \text{L}\cdot\text{mmol}^{-1}CS0,67 mmolL1C_{\mathrm{S}} \approx 0{,}67\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} \rightarrow nCu2+=6,7×105n_{\text{Cu}^{2+}} = 6{,}7\times 10^{-5} mol • nNO3=4,47×105n_{\text{NO}_3^-} = 4{,}47\times 10^{-5} mol \rightarrow Cm=55 mgL1>50 mgL1C_{\mathrm{m}} = 55\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1} > 50\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1} : eau non conforme • H2S(aq)+H2O()HS(aq)+H3O(aq)+\text{H}_2\text{S}_{(aq)} + \text{H}_2\text{O}_{(\ell)} \rightleftarrows \text{HS}^-_{(aq)} + \text{H}_3\text{O}^+_{(aq)} • à pH=8,2\text{pH} = 8{,}2 : HS\text{HS}^- prédomine • H2S(aq)+2O2(g)SO4(aq)2+2H(aq)+\text{H}_2\text{S}_{(aq)} + 2\,\text{O}_{2(g)} \longrightarrow \text{SO}_{4(aq)}^{2-} + 2\,\text{H}^+_{(aq)}pH=4,5\text{pH} = 4{,}5 : H2S\text{H}_2\text{S} prédomine (H330, H400) • alcool (primaire) • motif C6H10O5\text{C}_6\text{H}_{10}\text{O}_5 (unité glucose) • nC2H6O=1,4×102n_{\text{C}_2\text{H}_6\text{O}} = 1{,}4\times 10^{2} mol \rightarrow VCO2=6,5 m3V_{\text{CO}_2} = 6{,}5\ \text{m}^{3} contre 8,3 m38{,}3\ \text{m}^{3} (22 %-22\ \%).

Exercice 2. i=CduC/dti = C\,d u_C/d tRCduCdt+uC=ER\,C\,\dfrac{d u_C}{d t} + u_C = EuC(τ)=0,63E=3,2u_C(\tau) = 0{,}63\,E = 3{,}2 V • durée de charge 5RC\approx 5RC, proportionnelle à CCτ1,2×104\tau \approx 1{,}2\times 10^{-4} s \rightarrow C=0,36C = 0{,}36 nF \rightarrow h=0,53h = 0{,}53 m \rightarrow H=h+h0=0,57H = h + h_0 = 0{,}57 m \rightarrow VH=0,17 m31,7×102V_H = 0{,}17\ \text{m}^{3} \approx 1{,}7\times 10^{2} L.

Exercice 3. a=g\vec{a} = \vec{g} (chute libre) : ax=0a_x = 0, az=9,81 ms2a_z = -9{,}81\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}vx=v0cosαv_x = v_0\cos\alpha, vz=gt+v0sinαv_z = -g\,t + v_0\sin\alphaz(x)=g2v02cos2αx2+(tanα)x+Hz(x) = -\dfrac{g}{2v_0^{2}\cos^{2}\alpha}x^{2} + (\tan\alpha)x + HH=1,1H = 1{,}1 m • α=32\alpha = 32^{\circ}, v0=9,2 ms1v_0 = 9{,}2\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}z(8)=0,876z(8) = 0{,}876 m, Δz=2,6\Delta z = 2{,}6 cm <3,0< 3{,}0 cm : cercle blanc, 2 points.

Corrigé non officiel, proposé par Génies des Sciences — il ne s'agit pas du barème du jury.

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Exercice 2 — Mesure du niveau d’un liquide (6 points)

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Pour réviser : Mouvements dans un champ uniforme · Cinématique et deuxième loi de Newton

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