Lois discrètes : uniforme, Bernoulli et loi géométrique
Résumé de cours
Lois discrètes : uniforme, Bernoulli et loi géométrique Mathématiques · Tle · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com
Lancer un dé, tenter un panier, appeler des clients jusqu’au premier « oui » : trois expériences aléatoires, trois lois discrètes différentes. En maths complémentaires, tu dois savoir calculer avec chacune — mais surtout reconnaître laquelle se cache dans un énoncé. La nouveauté du chapitre, c’est la loi géométrique, celle du temps d’attente du premier succès, avec sa propriété la plus célèbre : elle n’a pas de mémoire.
La loi uniforme sur
C’est la loi du hasard « équitable » : prend chacune des valeurs avec la même probabilité.
L’espérance se retrouve avec la somme : chaque valeur pèse , donc . Exemple : pour un dé équilibré, — la moyenne des résultats sur un très grand nombre de lancers.
Rappels : Bernoulli et binomiale
Une épreuve de Bernoulli n’a que deux issues : succès (probabilité ) ou échec (probabilité ). La variable qui vaut en cas de succès et sinon suit la loi de Bernoulli de paramètre :
Quand on répète fois cette épreuve de façon indépendante (un schéma de Bernoulli, représentable par un arbre), le nombre de succès suit la loi binomiale — coefficients binomiaux, triangle de Pascal et calculs à la calculatrice sont détaillés dans le chapitre consacré à la loi binomiale.
La loi géométrique : attendre le premier succès
On répète maintenant l’épreuve de Bernoulli sans limite de nombre, de façon indépendante, et on note le rang du premier succès. La variable suit la loi géométrique de paramètre : pour obtenir le premier succès exactement au rang , il faut échecs puis un succès.
La loi géométrique de paramètre p
k − 1 échecs puis un succès. L’espérance 1/p est intuitive : un événement de probabilité 1/6 se produit en moyenne au bout de 6 essais.
Deux compléments très utiles en exercice :
- : « le premier succès arrive après le rang » signifie « les premiers essais sont tous des échecs » ;
- : la probabilité d’avoir réussi au moins une fois en essais.
Sur un diagramme en bâtons, la loi géométrique se reconnaît au premier coup d’œil : le bâton le plus haut est en (hauteur ), puis les hauteurs décroissent en étant multipliées par à chaque rang — une décroissance géométrique, d’où le nom.
L’absence de mémoire
C’est la propriété caractéristique de la loi géométrique — elle est la seule loi discrète à la vérifier :
Traduction : savoir qu’on a déjà subi échecs ne change rien à la probabilité de devoir attendre encore plus de essais. Le dé n’a pas de mémoire : après dix lancers sans aucun 6, la probabilité d’attendre encore plus de cinq lancers est exactement la même qu’au premier jet. En situation de temps d’attente, cette propriété permet de « remettre le compteur à zéro » à chaque instant.
Le piège du joueur
« Ça fait dix fois que le 6 ne sort pas, il va bien finir par tomber ! » — non : les lancers sont indépendants, et l’absence de mémoire dit précisément que le passé n’influence pas l’attente restante. Croire le contraire, c’est le « sophisme du joueur », et c’est exactement ce que cette propriété réfute.
Quelle loi pour quelle situation ?
Le test des questions-clés
Un résultat au hasard parmi valeurs équiprobables → loi uniforme. Une seule épreuve à deux issues → loi de Bernoulli. On compte le nombre de succès sur un nombre d’essais fixé à l’avance → loi binomiale. On attend le rang du premier succès, sans limite d’essais → loi géométrique. La question à se poser : « qu’est-ce que je compte, et le nombre d’essais est-il fixé ? »
Les pièges classiques
Les erreurs qui coûtent cher
Dans , l’exposant est , pas : le succès du rang n’est précédé que de échecs. La loi géométrique démarre à (il faut au moins un essai), jamais à . Ne confonds pas binomiale et géométrique : la binomiale compte des succès avec un nombre d’essais fixé, la géométrique compte des essais jusqu’au premier succès. Enfin, l’espérance de la géométrique est — celle de la Bernoulli est : ne les échange pas.