1re Mathématiques Spécialité maths BO n°14 du 2 avril 2026

Le produit scalaire

Résumé de cours

Le produit scalaire Mathématiques · 1re · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com

Tirer une valise dont la poignée est inclinée : seule une partie de ta force sert vraiment à avancer. Mesurer cette « partie utile », c’est exactement ce que fait le produit scalaire — une multiplication entre deux vecteurs dont le résultat est un nombre. Ce nombre encode angles et longueurs : c’est l’outil métrique de la première, celui qui démontre des angles droits par le calcul.

Deux définitions équivalentes

La formule avec le cosinus

uv=u×v×cos(u;v)\vec{u} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\| \times \cos\left(\vec{u}\,;\,\vec{v}\right)

Le produit des normes, pondéré par l’angle. Exemple : deux vecteurs de normes 2 et 3 formant un angle de π/4 donnent 2 × 3 × √2/2 = 3√2. Si l’un des vecteurs est nul, le produit scalaire vaut 0.

Avec la projection orthogonale : si HH est le projeté orthogonal de CC sur la droite (AB)(AB), alors

ABAC=ABAH={AB×AHsi AB et AH sont de meˆme sensAB×AHsinon\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = \overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AH} = \begin{cases} AB \times AH & \text{si } \overrightarrow{AB} \text{ et } \overrightarrow{AH} \text{ sont de même sens} \\ -AB \times AH & \text{sinon} \end{cases}

Autrement dit : on écrase AC\overrightarrow{AC} sur la direction de AB\overrightarrow{AB}, et on multiplie les longueurs — avec un signe donné par le sens. Angle aigu → positif, angle obtus → négatif.

L’orthogonalité, la propriété star

Produit scalaire nul = vecteurs orthogonaux

uv=0\vec{u} \cdot \vec{v} = 0 si, et seulement si, u\vec{u} et v\vec{v} sont orthogonaux (par convention, le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur). C’est LE test d’angle droit de la première : fini la réciproque de Pythagore, un produit scalaire nul suffit.

Les règles de calcul

Le produit scalaire se manipule presque comme un produit de nombres :

  • Symétrie : uv=vu\vec{u} \cdot \vec{v} = \vec{v} \cdot \vec{u}.
  • Bilinéarité : (ku)v=k(uv)(k\vec{u}) \cdot \vec{v} = k\,(\vec{u} \cdot \vec{v}) et u(v+w)=uv+uw\vec{u} \cdot (\vec{v} + \vec{w}) = \vec{u} \cdot \vec{v} + \vec{u} \cdot \vec{w} — on développe comme en algèbre.
  • Carré scalaire : uu=u2\vec{u} \cdot \vec{u} = \|\vec{u}\|^2 (l’angle est nul, son cosinus vaut 1).

En base orthonormée : les coordonnées

La formule express

u(x;y)  et  v(x;y) :uv=xx+yyu=x2+y2\vec{u}\,(x\,;\,y) \ \text{ et } \ \vec{v}\,(x'\,;\,y') \ : \qquad \vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' \qquad \|\vec{u}\| = \sqrt{x^2 + y^2}

Produit des abscisses plus produit des ordonnées. Critère d’orthogonalité : xx′ + yy′ = 0. Exemple : u(6 ; −4) et v(2 ; 3) donnent 12 − 12 = 0 → orthogonaux.

Bonus utile : dans la base orthonormée (i;j)(\vec{i}\,;\,\vec{j}), les coordonnées de u\vec{u} sont elles-mêmes des produits scalaires : x=uix = \vec{u} \cdot \vec{i} et y=ujy = \vec{u} \cdot \vec{j}.

Développer des normes

En développant u+v2=(u+v)(u+v)\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 = (\vec{u} + \vec{v}) \cdot (\vec{u} + \vec{v}) grâce à la bilinéarité, on obtient de vraies identités remarquables :

u+v2=u2+2uv+v2uv2=u22uv+v2\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 = \|\vec{u}\|^2 + 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2 \qquad \|\vec{u} - \vec{v}\|^2 = \|\vec{u}\|^2 - 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2

En isolant uv\vec{u} \cdot \vec{v} dans la première : uv=12(u+v2u2v2)\vec{u} \cdot \vec{v} = \dfrac{1}{2}\left(\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 - \|\vec{u}\|^2 - \|\vec{v}\|^2\right) — de quoi calculer un produit scalaire avec seulement des longueurs, sans angle ni coordonnées.

La formule d’Al-Kashi

Le « Pythagore avec angle »

a2=b2+c22bccosA^a^2 = b^2 + c^2 - 2bc\,\cos\widehat{A}

Dans le triangle ABC, avec a = BC (le côté opposé à l’angle Â), b = CA et c = AB. Si  est droit, cos  = 0 : on retrouve Pythagore. La démonstration (exercice 3) tient en une ligne de produit scalaire.

Elle sert dans les deux sens : calculer un côté connaissant deux côtés et l’angle entre eux, ou calculer un angle connaissant les trois côtés.

MA · MB et le cercle de diamètre [AB]

En introduisant II, le milieu de [AB][AB], on transforme l’expression (démonstration guidée dans l’exercice 4) :

MAMB=MI2AB24\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = MI^2 - \frac{AB^2}{4}

Conséquence : MAMB=0    MI=AB2\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0 \iff MI = \dfrac{AB}{2}, c’est-à-dire que l’ensemble des points MM tels que MAMB=0\overrightarrow{MA} \cdot \overrightarrow{MB} = 0 est le cercle de diamètre [AB][AB]. Autre lecture : MM voit le segment [AB][AB] sous un angle droit exactement quand MM est sur ce cercle — le théorème « du triangle inscrit dans le demi-cercle », version produit scalaire.

Quelle méthode choisir ?

Quatre routes vers le même nombre

Tu as des coordonnéesxx+yyxx' + yy'. Tu as les normes et l’angleuvcos(u;v)\|\vec{u}\|\,\|\vec{v}\|\cos(\vec{u}\,;\,\vec{v}). Tu as une figure avec un angle droit (carré, rectangle, hauteur…) → la projection orthogonale. Tu n’as que des longueurs → les développements de u±v2\|\vec{u} \pm \vec{v}\|^2. Choisir la bonne route, c’est 80 % de l’exercice.

Les pièges classiques

Quatre erreurs qui coutent des points

Le produit scalaire est un nombre, jamais un vecteur : écrire « uv(x;y)\vec{u} \cdot \vec{v}\,(x\,;\,y) » est un non-sens. Il peut être négatif (angle obtus) : ne saute pas au carré sans réfléchir. uv=0\vec{u} \cdot \vec{v} = 0 n’implique pas qu’un des vecteurs est nul — c’est toute la beauté de l’orthogonalité. Et dans u+v2\|\vec{u} + \vec{v}\|^2, n’oublie jamais le double produit 2uv2\,\vec{u} \cdot \vec{v} : u+v2u2+v2\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 \neq \|\vec{u}\|^2 + \|\vec{v}\|^2 en général (l’égalité, c’est exactement Pythagore, donc l’orthogonalité).

Exercices corrigés

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