Résumé — Le produit scalaire
Tirer une valise dont la poignée est inclinée : seule une partie de ta force sert vraiment à avancer. Mesurer cette « partie utile », c’est exactement ce que fait le produit scalaire — une multiplication entre deux vecteurs dont le résultat est un nombre. Ce nombre encode angles et longueurs : c’est l’outil métrique de la première, celui qui démontre des angles droits par le calcul.
Deux définitions équivalentes
La formule avec le cosinus
Le produit des normes, pondéré par l’angle. Exemple : deux vecteurs de normes 2 et 3 formant un angle de π/4 donnent 2 × 3 × √2/2 = 3√2. Si l’un des vecteurs est nul, le produit scalaire vaut 0.
Avec la projection orthogonale : si est le projeté orthogonal de sur la droite , alors
Autrement dit : on écrase sur la direction de , et on multiplie les longueurs — avec un signe donné par le sens. Angle aigu → positif, angle obtus → négatif.
L’orthogonalité, la propriété star
Produit scalaire nul = vecteurs orthogonaux
si, et seulement si, et sont orthogonaux (par convention, le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur). C’est LE test d’angle droit de la première : fini la réciproque de Pythagore, un produit scalaire nul suffit.
Les règles de calcul
Le produit scalaire se manipule presque comme un produit de nombres :
- Symétrie : .
- Bilinéarité : et — on développe comme en algèbre.
- Carré scalaire : (l’angle est nul, son cosinus vaut 1).
En base orthonormée : les coordonnées
La formule express
Produit des abscisses plus produit des ordonnées. Critère d’orthogonalité : xx′ + yy′ = 0. Exemple : u(6 ; −4) et v(2 ; 3) donnent 12 − 12 = 0 → orthogonaux.
Bonus utile : dans la base orthonormée , les coordonnées de sont elles-mêmes des produits scalaires : et .
Développer des normes
En développant grâce à la bilinéarité, on obtient de vraies identités remarquables :
En isolant dans la première : — de quoi calculer un produit scalaire avec seulement des longueurs, sans angle ni coordonnées.
La formule d’Al-Kashi
Le « Pythagore avec angle »
Dans le triangle ABC, avec a = BC (le côté opposé à l’angle Â), b = CA et c = AB. Si  est droit, cos  = 0 : on retrouve Pythagore. La démonstration (exercice 3) tient en une ligne de produit scalaire.
Elle sert dans les deux sens : calculer un côté connaissant deux côtés et l’angle entre eux, ou calculer un angle connaissant les trois côtés.
MA · MB et le cercle de diamètre [AB]
En introduisant , le milieu de , on transforme l’expression (démonstration guidée dans l’exercice 4) :
Conséquence : , c’est-à-dire que l’ensemble des points tels que est le cercle de diamètre . Autre lecture : voit le segment sous un angle droit exactement quand est sur ce cercle — le théorème « du triangle inscrit dans le demi-cercle », version produit scalaire.
Quelle méthode choisir ?
Quatre routes vers le même nombre
Tu as des coordonnées → . Tu as les normes et l’angle → . Tu as une figure avec un angle droit (carré, rectangle, hauteur…) → la projection orthogonale. Tu n’as que des longueurs → les développements de . Choisir la bonne route, c’est 80 % de l’exercice.
Les pièges classiques
Quatre erreurs qui coutent des points
Le produit scalaire est un nombre, jamais un vecteur : écrire « » est un non-sens. Il peut être négatif (angle obtus) : ne saute pas au carré sans réfléchir. n’implique pas qu’un des vecteurs est nul — c’est toute la beauté de l’orthogonalité. Et dans , n’oublie jamais le double produit : en général (l’égalité, c’est exactement Pythagore, donc l’orthogonalité).
Le cours en vidéo
- Le produit scalaire (1re)