Terminale Physique-Chimie Annale du bac 26-PYCJ1ME1

Bac physique-chimie 2026 — Métropole — Jour 1 : sujet et corrigé

Le sujet passé par la majorité des candidats, le mardi 16 juin 2026. Son gros exercice fait le tour de la physique de l’année autour d’un lave-linge — gaz parfait, circuit RC pour la temporisation, transferts thermiques pour le chauffage de l’eau — avant deux exercices de chimie sur la cinétique d’une synthèse et la coloration de la laine.

Télécharger le sujet et le corrigé

📄 Le sujet officiel (PDF) ✅ Le corrigé détaillé (PDF · 20 pages)

Corrigé rédigé comme une copie modèle, puis relu par un second correcteur : applications numériques recalculées, équations vérifiées, avec des « notes du professeur » sur les pièges du barème.

Le corrigé en ligne, question par question

L'énoncé abrégé de chaque question est affiché : cherche d'abord au brouillon, puis clique sur « Voir la correction » pour comparer avec la rédaction attendue sur une copie.

Exercice 1 — Étude d’un lave-linge (11 points)

1. Remplissage de la cuve

Q1

Exprimer la durée Δt1\Delta t_1 permettant de remplir à moitié la cuve en fonction de DvD_v et de aa. Calculer Δt1\Delta t_1 en minutes.

Voir la correction

La cuve est un cube de côté aa, son volume vaut Vc=a3V_c = a^{3}. Le volume d’eau à introduire pour la remplir à moitié est donc :

V=Vc2=a32V = \frac{V_c}{2} = \frac{a^{3}}{2}

Le débit volumique est le volume écoulé par unité de temps : Dv=VΔt1D_v = \dfrac{V}{\Delta t_1}, d’où :

Δt1=VDv=a32Dv\boxed{\Delta t_1 = \frac{V}{D_v} = \frac{a^{3}}{2\,D_v}}

Application numérique avec a=60,0a = 60{,}0 cm =0,600= 0{,}600 m et Dv=12×103 m3min1D_v = 12\times 10^{-3}\ \text{m}^{3}\cdot\text{min}^{-1} :

Δt1=(0,600)32×12×103=0,2162,4×102=9,0 min\Delta t_1 = \frac{(0{,}600)^{3}}{2 \times 12\times 10^{-3}} = \frac{0{,}216}{2{,}4\times 10^{-2}} = 9{,}0\ \text{min}

Δt1=9,0\Delta t_1 = 9{,}0 min

Q2

Justifier que la pression augmente dans la chambre de compression lors du remplissage.

Voir la correction

L’air enfermé dans la chambre de compression y est piégé : sa quantité de matière nn reste constante, et sa température reste égale à θ0\theta_0. Lorsque le niveau d’eau monte dans la cuve, une partie de cette eau pénètre par le bas dans la chambre de compression : le volume offert à l’air diminue.

Or l’air se comporte comme un gaz parfait : PV=nRTP\,V = n\,R\,T. À nn et TT constantes, le produit P×VP\times V est constant (loi de Boyle-Mariotte) :

P×V=constanteP=constanteVP \times V = \text{constante} \qquad\Longrightarrow\qquad P = \frac{\text{constante}}{V}

Le volume VV occupé par l’air diminue, donc la pression PP augmente.

Q3

Exprimer le volume V2V_2 occupé par l’air dans la chambre de compression à l’arrêt du remplissage, en fonction de V0V_0, rr et hh.

Voir la correction

La chambre de compression est un cylindre de rayon rr. L’eau qui y est montée sur une hauteur hh occupe donc un volume cylindrique :

Veau=πr2hV_{\text{eau}} = \pi\,r^{2}\,h

L’air occupe le volume restant, c’est-à-dire le volume initial V0V_0 diminué du volume d’eau :

V2=V0πr2h\boxed{V_2 = V_0 - \pi\,r^{2}\,h}

Q4

Exprimer P2P_2 en fonction des données, puis montrer que la surpression ΔP=P2P0\Delta P = P_2 - P_0 s’écrit ΔP=P0×πr2hV0πr2h\Delta P = P_0 \times \dfrac{\pi r^{2} h}{V_0 - \pi r^{2} h}.

Voir la correction

La quantité d’air et sa température restant constantes, on applique la loi de Boyle-Mariotte entre l’état initial (volume V0V_0, pression P0P_0) et l’état final (volume V2V_2, pression P2P_2) :

P0V0=P2V2P2=P0V0V2=P0V0V0πr2hP_0\,V_0 = P_2\,V_2 \qquad\Longrightarrow\qquad P_2 = \frac{P_0\,V_0}{V_2} = \boxed{\frac{P_0\,V_0}{V_0 - \pi r^{2} h}}

On en déduit la surpression :

ΔP=P2P0=P0V0V0πr2hP0=P0(V0V0πr2h1)\Delta P = P_2 - P_0 = \frac{P_0\,V_0}{V_0 - \pi r^{2} h} - P_0 = P_0 \left( \frac{V_0}{V_0 - \pi r^{2} h} - 1 \right)

ΔP=P0×V0(V0πr2h)V0πr2hΔP=P0×πr2hV0πr2h\Delta P = P_0 \times \frac{V_0 - \bigl(V_0 - \pi r^{2} h\bigr)}{V_0 - \pi r^{2} h} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\Delta P = P_0 \times \frac{\pi r^{2} h}{V_0 - \pi r^{2} h}}

Q5

Calculer ΔP\Delta P lors du test et commenter par rapport à la valeur ΔP=150\Delta P = 150 Pa d’un cycle normal.

Voir la correction

Conversion des données : r=3,0r = 3{,}0 cm =3,0×102= 3{,}0\times 10^{-2} m, h=5,0h = 5{,}0 mm =5,0×103= 5{,}0\times 10^{-3} m et V0=0,50V_0 = 0{,}50 L =5,0×104 m3= 5{,}0\times 10^{-4}\ \text{m}^{3}.

Volume d’eau entré dans la chambre :

πr2h=π×(3,0×102)2×5,0×103=1,41×105 m3\pi\,r^{2}\,h = \pi \times (3{,}0\times 10^{-2})^{2} \times 5{,}0\times 10^{-3} = 1{,}41\times 10^{-5}\ \text{m}^{3}

D’où la surpression :

ΔP=1,01×105×1,41×1055,0×1041,41×105=1,01×105×1,41×1054,86×104\Delta P = 1{,}01\times 10^{5} \times \frac{1{,}41\times 10^{-5}}{5{,}0\times 10^{-4} - 1{,}41\times 10^{-5}} = 1{,}01\times 10^{5} \times \frac{1{,}41\times 10^{-5}}{4{,}86\times 10^{-4}}

ΔP=2,9×103\Delta P = 2{,}9\times 10^{3} Pa

Commentaire. Cette surpression est environ 20 fois plus grande que celle d’un cycle normal (2,9×1032{,}9\times 10^{3} Pa contre 150 Pa). C’est cohérent : le pressostat déclenche l’arrêt du remplissage lorsque la surpression atteint sa valeur seuil, et cette surpression est d’autant plus grande que le niveau d’eau dans la cuve est élevé. Le test, qui remplit la cuve à moitié, correspond donc à un niveau d’eau bien supérieur à celui d’un cycle de lavage normal — autrement dit, un lavage normal consomme beaucoup moins d’eau que la moitié de la cuve.

Q6

Retrouver la valeur de la surpression ΔP\Delta P lors du test à l’aide de la loi fondamentale de la statique des fluides appliquée entre les points A et B.

Voir la correction

Repérons les deux points sur un schéma de l’installation : le point A à la surface libre de l’eau dans la cuve, le point B à la surface de l’eau dans la chambre de compression. Ils appartiennent au même fluide incompressible au repos — l’eau — on peut donc appliquer la loi fondamentale de la statique des fluides :

P(A)+ρeaugzA=P(B)+ρeaugzBP(\text{A}) + \rho_{\text{eau}}\, g\, z_{\text{A}} = P(\text{B}) + \rho_{\text{eau}}\, g\, z_{\text{B}}

  • le point A est à la surface libre de l’eau dans la cuve : la pression y est celle de l’air de la cuve, soit P(A)=P0P(\text{A}) = P_0, à l’altitude zA=a2z_{\text{A}} = \dfrac{a}{2} ;
  • le point B est à la surface de l’eau dans la chambre de compression : la pression y est celle de l’air comprimé, soit P(B)=P2P(\text{B}) = P_2, à l’altitude zB=hz_{\text{B}} = h.

On en déduit :

P2P0=ρeaug(a2h)soitΔP=ρeaug(a2h)P_2 - P_0 = \rho_{\text{eau}}\, g \left( \frac{a}{2} - h \right) \qquad\text{soit}\qquad \Delta P = \rho_{\text{eau}}\, g \left( \frac{a}{2} - h \right)

ΔP=1,0×103×9,81×(0,3005,0×103)=1,0×103×9,81×0,295\Delta P = 1{,}0\times 10^{3} \times 9{,}81 \times \bigl(0{,}300 - 5{,}0\times 10^{-3}\bigr) = 1{,}0\times 10^{3} \times 9{,}81 \times 0{,}295

ΔP=2,9×103\Delta P = 2{,}9\times 10^{3} Pa : on retrouve bien la valeur de la question Q5.

Les deux méthodes, l’une fondée sur la compression de l’air (loi de Boyle-Mariotte), l’autre sur la colonne d’eau (statique des fluides), conduisent au même résultat : le modèle est cohérent.

Q7

Déterminer le volume d’eau contenu dans la cuve en fonctionnement normal et sans linge (ΔP=150\Delta P = 150 Pa, hh négligeable devant la hauteur d’eau dans la cuve).

Voir la correction

Notons HH la hauteur d’eau dans la cuve en fonctionnement normal. En reprenant la relation établie à la question Q6, avec hh négligeable devant HH :

ΔP=ρeaug(Hh)ρeaugHH=ΔPρeaug\Delta P = \rho_{\text{eau}}\, g\,(H - h) \approx \rho_{\text{eau}}\, g\, H \qquad\Longrightarrow\qquad H = \frac{\Delta P}{\rho_{\text{eau}}\, g}

H=1501,0×103×9,81=1,53×102 m1,5 cmH = \frac{150}{1{,}0\times 10^{3} \times 9{,}81} = 1{,}53\times 10^{-2}\ \text{m} \approx 1{,}5\ \text{cm}

La cuve étant un cube de côté aa, sa section horizontale est un carré d’aire a2a^{2} :

Veau=a2×H=(0,600)2×1,53×102=5,5×103 m3V_{\text{eau}} = a^{2} \times H = (0{,}600)^{2} \times 1{,}53\times 10^{-2} = 5{,}5\times 10^{-3}\ \text{m}^{3}

Veau=5,5×103 m3V_{\text{eau}} = 5{,}5\times 10^{-3}\ \text{m}^{3}, soit environ 5,5 L

Ce résultat est cohérent avec la valeur Veau=5,7V_{\text{eau}} = 5{,}7 L donnée dans la partie 3 de l’énoncé, et confirme le commentaire de la question Q5 : un cycle normal n’utilise que 5,5 L d’eau, très loin des 108 L correspondant à la moitié de la cuve.

2. Durée de temporisation

Q8

Montrer que l’équation différentielle vérifiée par uC(t)u_C(t) s’écrit uC(t)+RCduCdt(t)=Eu_C(t) + R\,C\,\dfrac{d u_C}{d t}(t) = E.

Voir la correction

L’interrupteur K est en position 1 : le générateur, le conducteur ohmique et le condensateur sont en série. La loi des mailles s’écrit :

E=uR(t)+uC(t)E = u_R(t) + u_C(t)

Le conducteur ohmique obéit à la loi d’Ohm : uR(t)=Ri(t)u_R(t) = R\,i(t).

L’intensité est le débit de charge dans le circuit, et la charge du condensateur vérifie q=CuCq = C\,u_C :

i(t)=dqdt=d(CuC)dt=CduCdt(t)(C est une constante)i(t) = \frac{d q}{d t} = \frac{d (C\,u_C)}{d t} = C\,\frac{d u_C}{d t}(t) \qquad (C\ \text{est une constante})

En reportant dans la loi des mailles :

E=RCduCdt(t)+uC(t)uC(t)+RCduCdt(t)=EE = R\,C\,\frac{d u_C}{d t}(t) + u_C(t) \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{u_C(t) + R\,C\,\frac{d u_C}{d t}(t) = E}

Q9

Déterminer l’expression de la constante AA dans la situation étudiée.

Voir la correction

La solution proposée est uC(t)=A(1et/τ)u_C(t) = A\left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right) avec τ=RC\tau = R\,C. Sa dérivée vaut :

duCdt(t)=Aτet/τ\frac{d u_C}{d t}(t) = \frac{A}{\tau}\,\mathrm{e}^{-t/\tau}

En reportant dans l’équation différentielle :

A(1et/τ)+RC×ARCet/τ=AAet/τ+Aet/τ=AA\left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right) + R\,C \times \frac{A}{R\,C}\,\mathrm{e}^{-t/\tau} = A - A\,\mathrm{e}^{-t/\tau} + A\,\mathrm{e}^{-t/\tau} = A

Cette expression doit être égale à EE à chaque instant, donc :

A=E=4,5A = E = 4{,}5 V

Interprétation : en régime permanent (tτt \gg \tau), le condensateur est complètement chargé, plus aucun courant ne circule et uCA=Eu_C \to A = E.

Q10

En déduire que uR(t)=Eet/τu_R(t) = E\,\mathrm{e}^{-t/\tau}.

Voir la correction

D’après la loi des mailles établie à la question Q8, uR(t)=EuC(t)u_R(t) = E - u_C(t). Or uC(t)=E(1et/τ)u_C(t) = E\left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right) d’après la question Q9, donc :

uR(t)=EE(1et/τ)=EE+Eet/τu_R(t) = E - E\left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right) = E - E + E\,\mathrm{e}^{-t/\tau}

uR(t)=Eet/τ\boxed{u_R(t) = E\,\mathrm{e}^{-t/\tau}}

Q11

Montrer que la date de fin de temporisation s’exprime comme tseuil=τln3t_{\text{seuil}} = \tau\ln 3.

Voir la correction

Le comparateur envoie son signal lorsque uR(tseuil)=E3u_R(t_{\text{seuil}}) = \dfrac{E}{3} :

Eetseuil/τ=E3etseuil/τ=13E\,\mathrm{e}^{-t_{\text{seuil}}/\tau} = \frac{E}{3} \qquad\Longrightarrow\qquad \mathrm{e}^{-t_{\text{seuil}}/\tau} = \frac{1}{3}

On applique la fonction logarithme népérien aux deux membres :

tseuilτ=ln ⁣(13)=ln3-\frac{t_{\text{seuil}}}{\tau} = \ln\!\left(\frac{1}{3}\right) = -\ln 3

tseuil=τln3\boxed{t_{\text{seuil}} = \tau\,\ln 3}

Q12

Déterminer, parmi les valeurs proposées, la résistance à utiliser pour obtenir une durée de temporisation voisine de 30 s.

Voir la correction

La durée de temporisation vaut Δt2=tseuil=τln3=RCln3\Delta t_2 = t_{\text{seuil}} = \tau \ln 3 = R\,C\,\ln 3. La résistance idéale serait donc :

R=Δt2Cln3=304,70×103×ln3=305,16×103=5,8×103 ΩR = \frac{\Delta t_2}{C\,\ln 3} = \frac{30}{4{,}70\times 10^{-3} \times \ln 3} = \frac{30}{5{,}16\times 10^{-3}} = 5{,}8\times 10^{3}\ \Omega

Comparons aux trois résistances disponibles : R1=470 ΩR_1 = 470\ \Omega, R2=5,0R_2 = 5{,}0 kΩ et R3=100R_3 = 100 kΩ. C’est R2R_2 qui est la plus proche de 5,8 kΩ. Vérifions la durée obtenue :

Δt2=R2Cln3=5,0×103×4,70×103×ln3=26 s\Delta t_2 = R_2\,C\,\ln 3 = 5{,}0\times 10^{3} \times 4{,}70\times 10^{-3} \times \ln 3 = 26\ \text{s}

(à titre de comparaison : R1R_1 donnerait Δt2=2,4\Delta t_2 = 2{,}4 s et R3R_3 donnerait Δt2=5,2×102\Delta t_2 = 5{,}2\times 10^{2} s, valeurs très éloignées des 30 s souhaitées).

Il faut choisir R=R2=5,0R = R_2 = 5{,}0 kΩ, qui donne Δt2=26\Delta t_2 = 26 s.

Q13

Déterminer graphiquement uR(t=0)u_R(t = 0) après le basculement en position 2 et vérifier l’accord avec la loi des mailles.

Voir la correction

Lecture graphique. Sur la figure 3, la courbe part de l’ordonnée maximale à l’instant du basculement :

uR(t=0)=4,5 Vu_R(t=0) = 4{,}5\ \text{V}

Vérification par la loi des mailles. En position 2, le générateur est déconnecté : le conducteur ohmique et le condensateur sont branchés entre les deux mêmes nœuds. La loi des mailles impose donc que les deux dipôles supportent la même tension, au signe près :

uR(t)=uC(t)\bigl| u_R(t) \bigr| = \bigl| u_C(t) \bigr|

Or la tension aux bornes d’un condensateur est une fonction continue du temps : juste après le basculement, le condensateur est encore chargé sous la tension atteinte en fin de charge, soit uC(0)=E=4,5u_C(0) = E = 4{,}5 V. On en déduit :

uR(0)=uC(0)=E=4,5 V\bigl| u_R(0) \bigr| = u_C(0) = E = 4{,}5\ \text{V}

La valeur lue sur le graphique, 4,5 V, est bien en accord avec la loi des mailles.

Q14

Déterminer, à l’aide du graphique de la figure 3, la valeur expérimentale τexp\tau_{\text{exp}} de la constante de temps du circuit RC. Commenter.

Voir la correction

Méthode employée : lecture à 37 % de la valeur initiale. Lors de la décharge, uR(t)=U0et/τu_R(t) = U_0\,\mathrm{e}^{-t/\tau} avec U0=4,5U_0 = 4{,}5 V. À l’instant t=τt = \tau :

uR(τ)=U0e1=0,37×U0=0,37×4,5=1,7 Vu_R(\tau) = U_0\,\mathrm{e}^{-1} = 0{,}37 \times U_0 = 0{,}37 \times 4{,}5 = 1{,}7\ \text{V}

On repère l’ordonnée uR=1,7u_R = 1{,}7 V sur la figure 3 et on projette sur l’axe des abscisses :

τexp24\tau_{\text{exp}} \approx 24 s (lecture graphique à ± 2 s près)

Commentaire. La valeur théorique attendue est :

τ=R2C=5,0×103×4,70×103=23,5 s24 s\tau = R_2\,C = 5{,}0\times 10^{3} \times 4{,}70\times 10^{-3} = 23{,}5\ \text{s} \approx 24\ \text{s}

L’écart relatif entre les deux valeurs vaut 2423,523,52 %\dfrac{|24 - 23{,}5|}{23{,}5} \approx 2\ \%, inférieur à l’incertitude de lecture graphique. La valeur expérimentale est donc en accord avec le modèle du dipôle RC, ce qui valide à la fois la modélisation et le choix de R2R_2 fait à la question Q12.

3. Chauffage de l’eau

Q15

Nommer les trois modes possibles de transferts thermiques et indiquer celui qui peut être négligé lors du chauffage de l’eau.

Voir la correction

Les trois modes de transfert thermique sont :

  • la conduction : transfert de proche en proche, sans déplacement de matière (ici, du thermoplongeur vers l’eau à son contact) ;
  • la convection : transfert par déplacement de matière au sein du fluide (ici, le brassage de l’eau chaude dans la cuve) ;
  • le rayonnement : transfert par ondes électromagnétiques, sans support matériel.

Le rayonnement peut être négligé lors du chauffage de l’eau.

En effet, les températures mises en jeu restent modérées : le thermoplongeur, corps le plus chaud du système, ne dépasse pas quelques dizaines à quelques centaines de degrés (cf. question Q18). Or le transfert par rayonnement ne devient important qu’à haute température : il est ici négligeable devant la conduction au contact du thermoplongeur et surtout la convection au sein de l’eau brassée.

Q16

Montrer que le transfert thermique QQ nécessaire pour chauffer l’eau de θ0\theta_0 à θf\theta_f est d’environ 0,24 MJ.

Voir la correction

Masse d’eau contenue dans la cuve, avec Veau=5,7V_{\text{eau}} = 5{,}7 L =5,7×103 m3= 5{,}7\times 10^{-3}\ \text{m}^{3} :

m=ρeau×Veau=1,0×103×5,7×103=5,7 kgm = \rho_{\text{eau}} \times V_{\text{eau}} = 1{,}0\times 10^{3} \times 5{,}7\times 10^{-3} = 5{,}7\ \text{kg}

La cuve étant supposée isolée thermiquement, tout le transfert thermique reçu sert à élever la température de l’eau :

Q=mceau(θfθ0)=5,7×4,18×103×(3020)Q = m\,c_{\text{eau}}\,(\theta_f - \theta_0) = 5{,}7 \times 4{,}18\times 10^{3} \times (30 - 20)

Q=2,4×105 JQ = 2{,}4\times 10^{5}\ \text{J}

Q=2,4×105Q = 2{,}4\times 10^{5} J =0,24= 0{,}24 MJ : la valeur annoncée est bien vérifiée.

Q17

Calculer la durée de fonctionnement Δt3\Delta t_3 du thermoplongeur, en minutes, pour que l’eau passe de 20 °C à 30 °C.

Voir la correction

La puissance électrique fournie est intégralement transmise à l’eau sous forme d’un flux thermique constant Φ=Peˊl\Phi = P_{\text{él}}. L’énergie transférée pendant la durée Δt3\Delta t_3 vaut donc Q=Peˊl×Δt3Q = P_{\text{él}} \times \Delta t_3, d’où :

Δt3=QPeˊl=2,4×1052×103=1,2×102 s\Delta t_3 = \frac{Q}{P_{\text{él}}} = \frac{2{,}4\times 10^{5}}{2\times 10^{3}} = 1{,}2\times 10^{2}\ \text{s}

Conversion en minutes :

Δt3=1,2×10260=2,0 min\Delta t_3 = \frac{1{,}2\times 10^{2}}{60} = 2{,}0\ \text{min}

Δt31,2×102\Delta t_3 \approx 1{,}2\times 10^{2} s, soit environ 2,0 minutes

Q18

Déterminer les températures du thermoplongeur avec et sans brassage de l’eau quand l’eau a atteint la température θf\theta_f.

Voir la correction

Le flux thermique du thermoplongeur vers l’eau s’écrit Φ=hcS(θthermoθeau)\Phi = h_c\,S\,(\theta_{\text{thermo}} - \theta_{\text{eau}}), avec Φ=Peˊl=2×103\Phi = P_{\text{él}} = 2\times 10^{3} W et S=0,020 m2S = 0{,}020\ \text{m}^{2}. On isole la température du thermoplongeur :

θthermo=θeau+ΦhcS\theta_{\text{thermo}} = \theta_{\text{eau}} + \frac{\Phi}{h_c\,S}

Sans brassage de l’eau (hc,0=1,0×103 Wm2K1h_{c,0} = 1{,}0\times 10^{3}\ \text{W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}) :

θthermo=30+2×1031,0×103×0,020=30+1,0×102=1,3×102 °C\theta_{\text{thermo}} = 30 + \frac{2\times 10^{3}}{1{,}0\times 10^{3}\times 0{,}020} = 30 + 1{,}0\times 10^{2} = 1{,}3\times 10^{2}\ \text{°C}

Avec brassage de l’eau (hc,0=4,0×103 Wm2K1h_{c,0}' = 4{,}0\times 10^{3}\ \text{W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}) :

θthermo=30+2×1034,0×103×0,020=30+25=55 °C\theta_{\text{thermo}} = 30 + \frac{2\times 10^{3}}{4{,}0\times 10^{3}\times 0{,}020} = 30 + 25 = 55\ \text{°C}

Sans brassage : θthermo=1,3×102\theta_{\text{thermo}} = 1{,}3\times 10^{2} °C • Avec brassage : θthermo=55\theta_{\text{thermo}} = 55 °C

Le brassage, en multipliant par 4 le coefficient de transfert thermique, divise par 4 l’écart de température nécessaire pour évacuer le même flux : le thermoplongeur fonctionne donc beaucoup moins chaud, ce qui limite l’entartrage et l’usure de la résistance.

Q19

En utilisant les figures 4 et 5, déterminer la durée nécessaire au chauffage de l’eau sans tartre et en déduire la température atteinte par le thermoplongeur à la fin du chauffage. Comparer à la valeur obtenue à la question Q18.

Voir la correction

Durée du chauffage (figure 4, courbe « sans tartre »). On repère l’instant auquel la température de l’eau atteint θf=30\theta_f = 30 °C, en partant de 20 °C :

Δt1,2×102 s\Delta t \approx 1{,}2\times 10^{2}\ \text{s}

Cette valeur est cohérente avec le résultat de la question Q17 (1,2×1021{,}2\times 10^{2} s), ce qui valide la simulation.

Température du thermoplongeur (figure 5, courbe « sans tartre »). On projette cette date sur la courbe « sans tartre » de la figure 5, puis sur l’axe des ordonnées :

θthermo57\theta_{\text{thermo}} \approx 57 °C à la fin du chauffage

Comparaison avec la question Q18. Cette valeur est très proche de celle calculée avec brassage de l’eau (55 °C, soit un écart de l’ordre de 4 %, compatible avec la précision d’une lecture graphique), et totalement incompatible avec celle obtenue sans brassage (1,3×1021{,}3\times 10^{2} °C). C’est cohérent avec l’énoncé, qui précise que « la modélisation est réalisée en considérant un brassage efficace de l’eau ». Le modèle simple du flux thermique Φ=hcSΔθ\Phi = h_c\,S\,\Delta\theta rend donc bien compte de la simulation.

Q20

En utilisant la figure 4, montrer que la présence de tartre sur le thermoplongeur augmente la consommation énergétique d’environ 15 % lors du cycle de chauffage.

Voir la correction

Démarche suivie : (1) relier l’énergie consommée à la durée de chauffage ; (2) lire sur la figure 4 les deux durées nécessaires pour atteindre 30 °C ; (3) calculer l’augmentation relative.

Étape 1 — relation entre énergie et durée. Le thermoplongeur est alimenté sous une puissance électrique PeˊlP_{\text{él}} constante. L’énergie électrique consommée pendant le chauffage vaut donc :

E=Peˊl×ΔtE = P_{\text{él}} \times \Delta t

À puissance constante, l’énergie consommée est proportionnelle à la durée de chauffage : il suffit donc de comparer les deux durées.

Étape 2 — lecture graphique (figure 4). On repère, pour chaque courbe, l’instant auquel l’eau atteint 30 °C :

  • sans tartre : Δtsans1,20×102\Delta t_{\text{sans}} \approx 1{,}20\times 10^{2} s (valeur déjà lue à la question Q19) ;
  • avec 2 mm de tartre : Δtavec1,37×102\Delta t_{\text{avec}} \approx 1{,}37\times 10^{2} s.

Étape 3 — augmentation relative.

EavecEsansEsans=ΔtavecΔtsansΔtsans=137120120=0,14\frac{E_{\text{avec}} - E_{\text{sans}}}{E_{\text{sans}}} = \frac{\Delta t_{\text{avec}} - \Delta t_{\text{sans}}}{\Delta t_{\text{sans}}} = \frac{137 - 120}{120} = 0{,}14

La consommation énergétique augmente d’environ 15 % en présence de tartre.

Le tartre, mauvais conducteur thermique, s’oppose au transfert de chaleur du thermoplongeur vers l’eau : le chauffage est plus lent et le thermoplongeur doit fonctionner plus longtemps (et plus chaud, cf. figure 5) pour un même résultat. La recommandation de l’ADEME de détartrer régulièrement son lave-linge est donc bien justifiée.

Exercice 2 — L’odeur de Jasmin (4 points)

Q1

Recopier la formule semi-développée de l’éthanoate de benzyle, entourer son groupe caractéristique et indiquer la famille fonctionnelle associée.

Voir la correction
H3CCOOCH2groupe ester

Le groupe caractéristique entouré est le groupe ester COO-\text{COO}- : un atome de carbone doublement lié à un atome d’oxygène et simplement lié à un second atome d’oxygène, lui-même lié à un atome de carbone.

Famille fonctionnelle : les esters.

Q2

Identifier le rôle de l’étape C du protocole (verser le contenu d’un tube à essai dans un bécher contenant de l’eau distillée glacée).

Voir la correction

L’étape C réalise une trempe : elle bloque l’évolution du système chimique. Elle agit sur deux facteurs cinétiques simultanément :

  • la température : l’eau glacée abaisse brutalement la température du mélange, ce qui diminue fortement la vitesse de la réaction ;
  • la concentration des réactifs : l’ajout d’eau dilue fortement le mélange, ce qui ralentit également la réaction.

La transformation est ainsi quasiment stoppée : les quantités de matière n’évoluent plus pendant le dosage.

C’est indispensable pour que le dosage de l’étape D mesure bien la quantité d’acide éthanoïque présente à la date tt, et non une quantité qui continuerait à diminuer pendant la manipulation.

Q3

Établir la relation nac(t)=n0,acnEB(t)n_{\text{ac}}(t) = n_{0,\text{ac}} - n_{\text{EB}}(t).

Voir la correction

Dressons le tableau d’avancement de la transformation, d’avancement xx :

ÉtatAvancementC2H4O2\text{C}_2\text{H}_4\text{O}_2C7H8O\text{C}_7\text{H}_8\text{O}C9H10O2\text{C}_9\text{H}_{10}\text{O}_2H2O\text{H}_2\text{O}
Initial00n0,acn_{0,\text{ac}}n0,alcn_{0,\text{alc}}0000
À la date ttxxn0,acxn_{0,\text{ac}} - xn0,alcxn_{0,\text{alc}} - xxxxx

Tous les nombres stœchiométriques de l’équation valent 1. D’après la dernière ligne du tableau :

nEB(t)=xetnac(t)=n0,acxn_{\text{EB}}(t) = x \qquad\text{et}\qquad n_{\text{ac}}(t) = n_{0,\text{ac}} - x

En éliminant l’avancement xx entre ces deux relations :

nac(t)=n0,acnEB(t)\boxed{n_{\text{ac}}(t) = n_{0,\text{ac}} - n_{\text{EB}}(t)}

Q4

Retrouver par un calcul la valeur n_0ac donnée à la ligne 7 du programme.

Voir la correction

Chaque tube à essai contient un volume V=2,0V = 2{,}0 mL du mélange, composé de 25 % en volume d’acide éthanoïque. Le volume d’acide éthanoïque introduit vaut donc :

Vac=0,25×V=0,25×2,0=0,50 mLV_{\text{ac}} = 0{,}25 \times V = 0{,}25 \times 2{,}0 = 0{,}50\ \text{mL}

Masse correspondante, à partir de la masse volumique ρac=1,05 gmL1\rho_{\text{ac}} = 1{,}05\ \text{g}\cdot\text{mL}^{-1} :

mac=ρac×Vac=1,05×0,50=0,525 gm_{\text{ac}} = \rho_{\text{ac}} \times V_{\text{ac}} = 1{,}05 \times 0{,}50 = 0{,}525\ \text{g}

Quantité de matière initiale, avec M(C2H4O2)=60,1 gmol1M(\text{C}_2\text{H}_4\text{O}_2) = 60{,}1\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} :

n0,ac=macM(C2H4O2)=0,52560,1=8,7×103 moln_{0,\text{ac}} = \frac{m_{\text{ac}}}{M(\text{C}_2\text{H}_4\text{O}_2)} = \frac{0{,}525}{60{,}1} = 8{,}7\times 10^{-3}\ \text{mol}

n0,ac=8,7×103n_{0,\text{ac}} = 8{,}7\times 10^{-3} mol =0,0087= 0{,}0087 mol : la valeur du programme est bien retrouvée.

Q5

Recopier et compléter la ligne 18 du programme.

Voir la correction

D’après la relation établie à la question Q3, nEB(t)=n0,acnac(t)n_{\text{EB}}(t) = n_{0,\text{ac}} - n_{\text{ac}}(t). En Python, pour l’indice i de la boucle, cela s’écrit :

18        n_EB[i] = n_0ac - n_ac[i]
Q6

Définir le temps de demi-réaction t1/2t_{1/2} et estimer sa valeur à l’aide de la courbe de l’annexe A1, en expliquant la méthode utilisée.

Voir la correction

Définition. Le temps de demi-réaction t1/2t_{1/2} est la durée au bout de laquelle l’avancement de la réaction atteint la moitié de sa valeur finale. Ici, comme nEB=xn_{\text{EB}} = x, c’est la durée au bout de laquelle la quantité d’éthanoate de benzyle formée atteint la moitié de sa valeur finale.

Méthode. On lit d’abord sur la courbe la valeur finale, atteinte lorsque la courbe présente un palier :

nEB,f5,8×103 moln_{\text{EB},f} \approx 5{,}8\times 10^{-3}\ \text{mol}

On en calcule la moitié, puis on projette cette ordonnée sur la courbe et l’on lit l’abscisse correspondante :

nEB,f2=5,8×1032=2,9×103 mol\frac{n_{\text{EB},f}}{2} = \frac{5{,}8\times 10^{-3}}{2} = 2{,}9\times 10^{-3}\ \text{mol}

t1/22,5t_{1/2} \approx 2{,}5 min (lecture graphique à ± 0,5 min près)

Q7

Exprimer la vitesse volumique vEBv_{\text{EB}} d’apparition de l’éthanoate de benzyle en fonction du volume VV et de dnEBdt\dfrac{d n_{\text{EB}}}{d t}.

Voir la correction

La vitesse volumique d’apparition d’un produit est la dérivée par rapport au temps de sa concentration, soit encore, le volume VV du système étant constant :

vEB(t)=d[EB]dt=ddt ⁣(nEBV)vEB(t)=1V×dnEBdt(t)v_{\text{EB}}(t) = \frac{d [\text{EB}]}{d t} = \frac{d}{d t}\!\left(\frac{n_{\text{EB}}}{V}\right) \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{v_{\text{EB}}(t) = \frac{1}{V}\times \frac{d n_{\text{EB}}}{d t}(t)}

Elle s’exprime ici en molL1min1\text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}.

Q8

À l’aide d’un tracé sur la courbe de l’annexe A1, estimer la vitesse volumique d’apparition de l’éthanoate de benzyle à l’instant initial (t=0t = 0).

Voir la correction

Tracé. On trace la tangente à la courbe nEB=f(t)n_{\text{EB}} = f(t) au point d’abscisse t=0t = 0. Son coefficient directeur est égal à dnEBdt(0)\dfrac{d n_{\text{EB}}}{d t}(0).

Cette tangente part de l’origine (0 ; 0) et passe par le point de coordonnées approximatives (3,0 min ; 4,8×1034{,}8\times 10^{-3} mol), d’où :

dnEBdt(0)=4,8×10303,00=1,6×103 molmin1\frac{d n_{\text{EB}}}{d t}(0) = \frac{4{,}8\times 10^{-3} - 0}{3{,}0 - 0} = 1{,}6\times 10^{-3}\ \text{mol}\cdot\text{min}^{-1}

On en déduit la vitesse volumique, avec V=2,0V = 2{,}0 mL =2,0×103= 2{,}0\times 10^{-3} L :

vEB(0)=1V×dnEBdt(0)=1,6×1032,0×103v_{\text{EB}}(0) = \frac{1}{V}\times \frac{d n_{\text{EB}}}{d t}(0) = \frac{1{,}6\times 10^{-3}}{2{,}0\times 10^{-3}}

vEB(0)0,8 molL1min1v_{\text{EB}}(0) \approx 0{,}8\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}

Q9

Identifier un facteur cinétique responsable de l’évolution de la vitesse volumique d’apparition de l’éthanoate de benzyle.

Voir la correction

La vitesse volumique diminue très fortement au cours du temps : elle passe d’environ 0,8 molL1min10{,}8\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1} à t=0t = 0 à 6,7×103 molL1min16{,}7\times 10^{-3}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1} à t=20t = 20 min, soit une division par plus de 100.

Le facteur cinétique responsable est la concentration des réactifs.

Au fur et à mesure que la transformation avance, l’acide éthanoïque et l’alcool benzylique sont consommés : leurs concentrations diminuent, les chocs efficaces entre molécules de réactifs deviennent moins fréquents, et la vitesse de la réaction diminue.

Remarque : la température, elle, ne peut pas être invoquée ici, puisque les tubes à essai sont placés dans un bain thermostaté : elle est maintenue constante pendant toute l’expérience.

Q10

Proposer une modification du protocole expérimental permettant d’optimiser le rendement de cette synthèse.

Voir la correction

Le rendement vaut 67 %, il est donc inférieur à 100 % : l’estérification est une transformation limitée (le symbole \rightleftarrows de l’équation le confirme). Pour améliorer le rendement, il faut déplacer l’état final du système dans le sens direct.

Proposition : éliminer l’eau au fur et à mesure de sa formation (par exemple par distillation à l’aide d’un montage de type Dean-Stark).

En retirant l’un des produits, on force le système à évoluer dans le sens de la formation de l’ester pour compenser, ce qui augmente le rendement.

Autre proposition acceptable : augmenter encore la proportion du réactif introduit en excès (l’alcool benzylique), ce qui déplace également l’état final dans le sens direct et permet de consommer davantage d’acide éthanoïque, le réactif limitant.

Exercice 3 — Coloration de la laine (5 points)

1. Synthèse d’un « colorant acide »

Q1

Définir un intermédiaire réactionnel.

Voir la correction

Un intermédiaire réactionnel est une espèce chimique qui est formée au cours d’une étape d’un mécanisme réactionnel, puis entièrement consommée au cours d’une étape ultérieure.

Elle n’apparaît donc ni parmi les réactifs, ni parmi les produits de l’équation de la réaction globale : elle n’existe que transitoirement au cours du mécanisme.

Q2

Souligner les deux intermédiaires réactionnels présents dans les étapes du mécanisme réactionnel (annexe A2).

Voir la correction

En additionnant les trois étapes, l’équation de la réaction globale s’écrit :

NO2+2H+NO++H2O\text{NO}_2^- + 2\,\text{H}^+ \longrightarrow \text{NO}^+ + \text{H}_2\text{O}

Les réactifs sont donc NO2\text{NO}_2^- et H+\text{H}^+, et les produits NO+\text{NO}^+ et H2O\text{H}_2\text{O}. Les deux espèces à souligner sur l’annexe sont :

  • l’acide nitreux HNO2\text{HNO}_2 (formule développée HO–N=O\text{HO–N=O}) : produit à l’étape 1, consommé à l’étape 2 ;
  • l’acide nitreux protoné H2NO2+\text{H}_2\text{NO}_2^+ (formule développée H2O+–N=O\text{H}_2\text{O}^+\text{–N=O}) : produit à l’étape 2, consommé à l’étape 3.

Ces deux espèces n’apparaissent ni dans les réactifs ni dans les produits de la réaction globale : ce sont bien des intermédiaires réactionnels.

Q3

Identifier les sites donneur et accepteur d’électrons dans l’étape 1, en justifiant.

Voir la correction

L’étape 1 s’écrit NO2+H+HNO2\text{NO}_2^- + \text{H}^+ \longrightarrow \text{HNO}_2.

  • Site donneur de doublet d’électrons : l’atome d’oxygène porteur de la charge négative de l’ion nitrite NO2\text{NO}_2^-. Justification : il possède des doublets non liants et porte une charge négative ; c’est de plus un atome très électronégatif. Il est donc riche en électrons et peut céder un doublet d’électrons.
  • Site accepteur de doublet d’électrons : l’ion H+\text{H}^+. Justification : l’ion H+\text{H}^+ ne possède aucun électron : il présente une lacune électronique (représentée par un rectangle vide sur l’annexe) et porte une charge positive. Il peut donc accepter un doublet d’électrons.
Q4

Dessiner les flèches courbes schématisant les transferts électroniques pour chacune des étapes du mécanisme.

Voir la correction

Chaque flèche courbe part d’un doublet d’électrons du site donneur et pointe vers le site accepteur.

Étape 1

ONO+H+HONO

Étape 2

HONO+H+HO+HNO

Étape 3

HO+HNONO++H2O
  • Étapes 1 et 2 : la flèche part d’un doublet non liant de l’atome d’oxygène (site donneur) et pointe vers l’ion H+\text{H}^+ (site accepteur, porteur d’une lacune électronique). Une liaison O–H\text{O–H} est ainsi créée.
  • Étape 3 : la flèche part du doublet liant de la liaison O–N\text{O–N} et pointe vers l’atome d’oxygène du groupe partant. Cette liaison se rompt : le doublet est récupéré en totalité par cet atome d’oxygène, qui perd ainsi sa charge positive et devient une molécule d’eau neutre. Il se forme simultanément l’ion nitrosonium NO+\text{NO}^+, que l’on recopie sous la forme donnée par l’énoncé.
Q5

Déterminer, en justifiant, la masse maximale de colorant qui aurait pu être obtenue.

Voir la correction

Calculons les quantités de matière initiales des deux réactifs introduits en quantités limitées (l’acide nitreux est en excès) :

n(ac. sulfanilique)=0,87173,2=5,02×103 moln(\text{ac. sulfanilique}) = \frac{0{,}87}{173{,}2} = 5{,}02\times 10^{-3}\ \text{mol}

n(β-naphtol)=0,72144,2=4,99×103 moln(\beta\text{-naphtol}) = \frac{0{,}72}{144{,}2} = 4{,}99\times 10^{-3}\ \text{mol}

Dans l’équation de la réaction, les nombres stœchiométriques de l’acide sulfanilique, du β-naphtol et du colorant valent tous 1 : on peut donc comparer directement les deux quantités de matière.

n(β-naphtol)=4,99×103  <  n(ac. sulfanilique)=5,02×103n(\beta\text{-naphtol}) = 4{,}99\times 10^{-3} \;<\; n(\text{ac. sulfanilique}) = 5{,}02\times 10^{-3}

Le réactif limitant est donc le β-naphtol. Si la transformation était totale, il serait entièrement consommé et l’avancement maximal vaudrait :

xmax=n(β-naphtol)=4,99×103 molx_{\max} = n(\beta\text{-naphtol}) = 4{,}99\times 10^{-3}\ \text{mol}

La quantité de colorant formée serait alors nmax(colorant)=xmaxn_{\max}(\text{colorant}) = x_{\max}, soit une masse :

mmax=xmax×M(colorant)=4,99×103×328,3=1,64 gm_{\max} = x_{\max} \times M(\text{colorant}) = 4{,}99\times 10^{-3} \times 328{,}3 = 1{,}64\ \text{g}

mmax=1,6m_{\max} = 1{,}6 g

Q6

Déterminer le rendement de cette synthèse.

Voir la correction

Le rendement est le quotient de la masse de colorant réellement obtenue par la masse maximale que l’on aurait pu obtenir :

η=mexpmmax=1,531,64=0,93\eta = \frac{m_{\text{exp}}}{m_{\max}} = \frac{1{,}53}{1{,}64} = 0{,}93

η=0,93\eta = 0{,}93, soit un rendement de 93 %

Ce rendement est élevé mais inférieur à 100 % : une partie du colorant est perdue lors des étapes de séparation et de purification (filtration, lavage, recristallisation), et la transformation n’est peut-être pas totale.

Q7

En utilisant le spectre d’absorption, déterminer la couleur de ce colorant.

Voir la correction

Lecture du spectre. L’absorbance est maximale pour une longueur d’onde :

λmax4,8×102 nm\lambda_{\max} \approx 4{,}8\times 10^{2}\ \text{nm}

(le spectre est tronqué à gauche : seule la limite droite de la bande est lisible, l’absorbance s’annulant au-delà de 570 nm environ).

Exploitation du cercle chromatique. D’après le cercle chromatique, la longueur d’onde 480 nm appartient au domaine du bleu (450–500 nm) : le colorant absorbe le bleu.

Or la couleur perçue d’une espèce en solution est la couleur complémentaire de la couleur absorbée, c’est-à-dire celle qui lui est diamétralement opposée sur le cercle chromatique. Le complémentaire du bleu est l’orange.

Le colorant synthétisé est de couleur orange.

2. Étude du bain de teinture

Q8

Démontrer comment obtenir la valeur de la concentration CC en acide éthanoïque du vinaigre commercial pour le titrage n°1, à partir de la mesure de VE1V_{E1}.

Voir la correction

Étape 1 — concentration du vinaigre dilué. La réaction support du titrage est :

CH3COOH(aq)+HO(aq)CH3COO(aq)+H2O()\text{CH}_3\text{COOH}_{(aq)} + \text{HO}^-_{(aq)} \longrightarrow \text{CH}_3\text{COO}^-_{(aq)} + \text{H}_2\text{O}_{(\ell)}

Les nombres stœchiométriques des deux réactifs valent 1. À l’équivalence, ils ont été introduits dans les proportions stœchiométriques :

n(CH3COOH)titreˊ=n(HO)verseˊCdil×VA=CB×VE1n(\text{CH}_3\text{COOH})_{\text{titré}} = n(\text{HO}^-)_{\text{versé}} \qquad\Longrightarrow\qquad C_{\text{dil}} \times V_A = C_B \times V_{E1}

Cdil=CB×VE1VA=0,10×13,5010,0=0,1350 molL1C_{\text{dil}} = \frac{C_B \times V_{E1}}{V_A} = \frac{0{,}10 \times 13{,}50}{10{,}0} = 0{,}1350\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}

Étape 2 — retour au vinaigre commercial. Le vinaigre a été dilué dix fois avant le titrage ; sa concentration est donc dix fois plus grande que celle de la solution titrée :

C=10×Cdil=10×0,1350C = 10 \times C_{\text{dil}} = 10 \times 0{,}1350

C=1,350 molL1C = 1{,}350\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} : on retrouve bien la valeur du tableau pour le titrage n°1.

Q9

Choisir et recopier la valeur moyenne CmoyC_{\text{moy}} et l’écart-type σ\sigma de la série de mesures.

Voir la correction

Valeur moyenne. Les douze valeurs de CC sont toutes comprises entre 1,350 et 1,375 molL1\text{mol}\cdot\text{L}^{-1} : la moyenne est nécessairement dans cet intervalle. Cela élimine d’emblée 1,9155 (bien trop grande) et 1,3750 (qui est la plus grande valeur de la série, et non sa moyenne).

Écart-type. L’écart-type mesure la dispersion des valeurs autour de la moyenne. L’étendue de la série n’est que de 1,3751,350=0,025 molL11{,}375 - 1{,}350 = 0{,}025\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} : l’écart-type est donc nécessairement de cet ordre de grandeur, ou plus petit. Cela élimine 0,237 et 1,370.

Cmoy=1,3621 molL1C_{\text{moy}} = 1{,}3621\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} et σ=0,009 molL1\sigma = 0{,}009\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}

Q10

Montrer que l’incertitude-type associée à CmoyC_{\text{moy}}, exprimée avec un chiffre significatif, vaut u(Cmoy)=0,003\mathrm{u}(C_{\text{moy}}) = 0{,}003 mol/L. Écrire la valeur expérimentale de la concentration avec le nombre de chiffres significatifs adapté.

Voir la correction

La série comporte n=12n = 12 mesures réalisées dans les mêmes conditions. L’incertitude-type sur la moyenne vaut donc :

u(Cmoy)=σn=0,00912=2,6×103 molL1\mathrm{u}(C_{\text{moy}}) = \frac{\sigma}{\sqrt{n}} = \frac{0{,}009}{\sqrt{12}} = 2{,}6\times 10^{-3}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}

u(Cmoy)=0,003 molL1\mathrm{u}(C_{\text{moy}}) = 0{,}003\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} (un chiffre significatif)

Le résultat de mesure s’écrit avec le même nombre de décimales que son incertitude-type, soit trois décimales :

Cmoy=(1,362±0,003) molL1\boxed{C_{\text{moy}} = (1{,}362 \pm 0{,}003)\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}}

Q11

Conclure sur l’accord entre la concentration en acide éthanoïque figurant sur l’étiquette et celle trouvée expérimentalement.

Voir la correction

La valeur de référence est celle déduite de l’étiquette « 8° » : C0=1,360 molL1C_0 = 1{,}360\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}. Calculons le quotient proposé par l’énoncé :

xxrefu(x)=CmoyC0u(Cmoy)=1,3621,3600,003=0,0020,003=0,7\frac{\left| x - x_{\text{ref}} \right|}{\mathrm{u}(x)} = \frac{\left| C_{\text{moy}} - C_0 \right|}{\mathrm{u}(C_{\text{moy}})} = \frac{\left| 1{,}362 - 1{,}360 \right|}{0{,}003} = \frac{0{,}002}{0{,}003} = 0{,}7

Ce quotient est inférieur à 2 : l’écart entre la valeur mesurée et la valeur de référence est plus petit que deux fois l’incertitude-type, il peut donc s’expliquer par la seule dispersion des mesures.

Les deux valeurs sont en accord : l’indication « 8° » portée sur l’étiquette du vinaigre est validée par le titrage.

Récapitulatif des résultats numériques

Exercice 1. Δt1=9,0\Delta t_1 = 9{,}0 min • ΔP=2,9×103\Delta P = 2{,}9\times 10^{3} Pa • Veau=5,5V_{\text{eau}} = 5{,}5 L • R=R2=5,0R = R_2 = 5{,}0 kΩ (Δt2=26\Delta t_2 = 26 s) • τexp24\tau_{\text{exp}} \approx 24 s (τ=RC=23,5\tau = R\,C = 23{,}5 s) • Q=0,24Q = 0{,}24 MJ • Δt3=1,2×102\Delta t_3 = 1{,}2\times 10^{2} s =2,0= 2{,}0 min • θthermo=1,3×102\theta_{\text{thermo}} = 1{,}3\times 10^{2} °C (sans brassage) et 55 °C (avec brassage) • surconsommation due au tartre ≈ 15 %.

Exercice 2. n0,ac=8,7×103n_{0,\text{ac}} = 8{,}7\times 10^{-3} mol • t1/22,5t_{1/2} \approx 2{,}5 min • vEB(0)0,8 molL1min1v_{\text{EB}}(0) \approx 0{,}8\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1} • facteur cinétique : concentration des réactifs.

Exercice 3. réactif limitant : β-naphtol • mmax=1,6m_{\max} = 1{,}6 g • η=93\eta = 93 % • colorant orange (λmax480\lambda_{\max} \approx 480 nm) • Cmoy=(1,362±0,003) molL1C_{\text{moy}} = (1{,}362 \pm 0{,}003)\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} • quotient =0,7<2= 0{,}7 < 2 : accord avec l’étiquette.

Corrigé non officiel, proposé par Génies des Sciences — il ne s'agit pas du barème du jury.

Ce qui tombe dans ce sujet

Exercice 1 — Étude d’un lave-linge (11 points)

Pour réviser : Le modèle du gaz parfait · Le circuit RC · Premier principe et transferts thermiques

Exercice 2 — L’odeur de Jasmin (4 points)

Pour réviser : Cinétique et mécanismes réactionnels · Chimie organique et synthèse · Optimisation et stratégie de synthèse

Chaque lien mène au chapitre complet : le cours en vidéo, la fiche méthode, les exercices corrigés et le quiz.

Continuer l’entraînement

Métropole — Jour 2 →

Le sujet suivant de la session 2026.

Tous les sujets 2026

Les 13 sujets de la session, tous corrigés.

← Tous les chapitres de Physique-Chimie Terminale · Préparer le bac en visio avec un prof