Bac physique-chimie 2026 — Métropole — Jour 1 : sujet et corrigé
Le sujet passé par la majorité des candidats, le mardi 16 juin 2026. Son gros exercice fait le tour de la physique de l’année autour d’un lave-linge — gaz parfait, circuit RC pour la temporisation, transferts thermiques pour le chauffage de l’eau — avant deux exercices de chimie sur la cinétique d’une synthèse et la coloration de la laine.
Télécharger le sujet et le corrigé
📄 Le sujet officiel (PDF) ✅ Le corrigé détaillé (PDF · 20 pages)
Corrigé rédigé comme une copie modèle, puis relu par un second correcteur : applications numériques recalculées, équations vérifiées, avec des « notes du professeur » sur les pièges du barème.
Le corrigé en ligne, question par question
L'énoncé abrégé de chaque question est affiché : cherche d'abord au brouillon, puis clique sur « Voir la correction » pour comparer avec la rédaction attendue sur une copie.
Exercice 1 — Étude d’un lave-linge (11 points)
1. Remplissage de la cuve
Exprimer la durée permettant de remplir à moitié la cuve en fonction de et de . Calculer en minutes.
Voir la correction
La cuve est un cube de côté , son volume vaut . Le volume d’eau à introduire pour la remplir à moitié est donc :
Le débit volumique est le volume écoulé par unité de temps : , d’où :
Application numérique avec cm m et :
min
Justifier que la pression augmente dans la chambre de compression lors du remplissage.
Voir la correction
L’air enfermé dans la chambre de compression y est piégé : sa quantité de matière reste constante, et sa température reste égale à . Lorsque le niveau d’eau monte dans la cuve, une partie de cette eau pénètre par le bas dans la chambre de compression : le volume offert à l’air diminue.
Or l’air se comporte comme un gaz parfait : . À et constantes, le produit est constant (loi de Boyle-Mariotte) :
Le volume occupé par l’air diminue, donc la pression augmente.
Exprimer le volume occupé par l’air dans la chambre de compression à l’arrêt du remplissage, en fonction de , et .
Voir la correction
La chambre de compression est un cylindre de rayon . L’eau qui y est montée sur une hauteur occupe donc un volume cylindrique :
L’air occupe le volume restant, c’est-à-dire le volume initial diminué du volume d’eau :
Exprimer en fonction des données, puis montrer que la surpression s’écrit .
Voir la correction
La quantité d’air et sa température restant constantes, on applique la loi de Boyle-Mariotte entre l’état initial (volume , pression ) et l’état final (volume , pression ) :
On en déduit la surpression :
Calculer lors du test et commenter par rapport à la valeur Pa d’un cycle normal.
Voir la correction
Conversion des données : cm m, mm m et L .
Volume d’eau entré dans la chambre :
D’où la surpression :
Pa
Commentaire. Cette surpression est environ 20 fois plus grande que celle d’un cycle normal ( Pa contre 150 Pa). C’est cohérent : le pressostat déclenche l’arrêt du remplissage lorsque la surpression atteint sa valeur seuil, et cette surpression est d’autant plus grande que le niveau d’eau dans la cuve est élevé. Le test, qui remplit la cuve à moitié, correspond donc à un niveau d’eau bien supérieur à celui d’un cycle de lavage normal — autrement dit, un lavage normal consomme beaucoup moins d’eau que la moitié de la cuve.
Retrouver la valeur de la surpression lors du test à l’aide de la loi fondamentale de la statique des fluides appliquée entre les points A et B.
Voir la correction
Repérons les deux points sur un schéma de l’installation : le point A à la surface libre de l’eau dans la cuve, le point B à la surface de l’eau dans la chambre de compression. Ils appartiennent au même fluide incompressible au repos — l’eau — on peut donc appliquer la loi fondamentale de la statique des fluides :
- le point A est à la surface libre de l’eau dans la cuve : la pression y est celle de l’air de la cuve, soit , à l’altitude ;
- le point B est à la surface de l’eau dans la chambre de compression : la pression y est celle de l’air comprimé, soit , à l’altitude .
On en déduit :
Pa : on retrouve bien la valeur de la question Q5.
Les deux méthodes, l’une fondée sur la compression de l’air (loi de Boyle-Mariotte), l’autre sur la colonne d’eau (statique des fluides), conduisent au même résultat : le modèle est cohérent.
Déterminer le volume d’eau contenu dans la cuve en fonctionnement normal et sans linge ( Pa, négligeable devant la hauteur d’eau dans la cuve).
Voir la correction
Notons la hauteur d’eau dans la cuve en fonctionnement normal. En reprenant la relation établie à la question Q6, avec négligeable devant :
La cuve étant un cube de côté , sa section horizontale est un carré d’aire :
, soit environ 5,5 L
Ce résultat est cohérent avec la valeur L donnée dans la partie 3 de l’énoncé, et confirme le commentaire de la question Q5 : un cycle normal n’utilise que 5,5 L d’eau, très loin des 108 L correspondant à la moitié de la cuve.
2. Durée de temporisation
Montrer que l’équation différentielle vérifiée par s’écrit .
Voir la correction
L’interrupteur K est en position 1 : le générateur, le conducteur ohmique et le condensateur sont en série. La loi des mailles s’écrit :
Le conducteur ohmique obéit à la loi d’Ohm : .
L’intensité est le débit de charge dans le circuit, et la charge du condensateur vérifie :
En reportant dans la loi des mailles :
Déterminer l’expression de la constante dans la situation étudiée.
Voir la correction
La solution proposée est avec . Sa dérivée vaut :
En reportant dans l’équation différentielle :
Cette expression doit être égale à à chaque instant, donc :
V
Interprétation : en régime permanent (), le condensateur est complètement chargé, plus aucun courant ne circule et .
En déduire que .
Voir la correction
D’après la loi des mailles établie à la question Q8, . Or d’après la question Q9, donc :
Montrer que la date de fin de temporisation s’exprime comme .
Voir la correction
Le comparateur envoie son signal lorsque :
On applique la fonction logarithme népérien aux deux membres :
Déterminer, parmi les valeurs proposées, la résistance à utiliser pour obtenir une durée de temporisation voisine de 30 s.
Voir la correction
La durée de temporisation vaut . La résistance idéale serait donc :
Comparons aux trois résistances disponibles : , kΩ et kΩ. C’est qui est la plus proche de 5,8 kΩ. Vérifions la durée obtenue :
(à titre de comparaison : donnerait s et donnerait s, valeurs très éloignées des 30 s souhaitées).
Il faut choisir kΩ, qui donne s.
Déterminer graphiquement après le basculement en position 2 et vérifier l’accord avec la loi des mailles.
Voir la correction
Lecture graphique. Sur la figure 3, la courbe part de l’ordonnée maximale à l’instant du basculement :
Vérification par la loi des mailles. En position 2, le générateur est déconnecté : le conducteur ohmique et le condensateur sont branchés entre les deux mêmes nœuds. La loi des mailles impose donc que les deux dipôles supportent la même tension, au signe près :
Or la tension aux bornes d’un condensateur est une fonction continue du temps : juste après le basculement, le condensateur est encore chargé sous la tension atteinte en fin de charge, soit V. On en déduit :
La valeur lue sur le graphique, 4,5 V, est bien en accord avec la loi des mailles.
Déterminer, à l’aide du graphique de la figure 3, la valeur expérimentale de la constante de temps du circuit RC. Commenter.
Voir la correction
Méthode employée : lecture à 37 % de la valeur initiale. Lors de la décharge, avec V. À l’instant :
On repère l’ordonnée V sur la figure 3 et on projette sur l’axe des abscisses :
s (lecture graphique à ± 2 s près)
Commentaire. La valeur théorique attendue est :
L’écart relatif entre les deux valeurs vaut , inférieur à l’incertitude de lecture graphique. La valeur expérimentale est donc en accord avec le modèle du dipôle RC, ce qui valide à la fois la modélisation et le choix de fait à la question Q12.
3. Chauffage de l’eau
Nommer les trois modes possibles de transferts thermiques et indiquer celui qui peut être négligé lors du chauffage de l’eau.
Voir la correction
Les trois modes de transfert thermique sont :
- la conduction : transfert de proche en proche, sans déplacement de matière (ici, du thermoplongeur vers l’eau à son contact) ;
- la convection : transfert par déplacement de matière au sein du fluide (ici, le brassage de l’eau chaude dans la cuve) ;
- le rayonnement : transfert par ondes électromagnétiques, sans support matériel.
Le rayonnement peut être négligé lors du chauffage de l’eau.
En effet, les températures mises en jeu restent modérées : le thermoplongeur, corps le plus chaud du système, ne dépasse pas quelques dizaines à quelques centaines de degrés (cf. question Q18). Or le transfert par rayonnement ne devient important qu’à haute température : il est ici négligeable devant la conduction au contact du thermoplongeur et surtout la convection au sein de l’eau brassée.
Montrer que le transfert thermique nécessaire pour chauffer l’eau de à est d’environ 0,24 MJ.
Voir la correction
Masse d’eau contenue dans la cuve, avec L :
La cuve étant supposée isolée thermiquement, tout le transfert thermique reçu sert à élever la température de l’eau :
J MJ : la valeur annoncée est bien vérifiée.
Calculer la durée de fonctionnement du thermoplongeur, en minutes, pour que l’eau passe de 20 °C à 30 °C.
Voir la correction
La puissance électrique fournie est intégralement transmise à l’eau sous forme d’un flux thermique constant . L’énergie transférée pendant la durée vaut donc , d’où :
Conversion en minutes :
s, soit environ 2,0 minutes
Déterminer les températures du thermoplongeur avec et sans brassage de l’eau quand l’eau a atteint la température .
Voir la correction
Le flux thermique du thermoplongeur vers l’eau s’écrit , avec W et . On isole la température du thermoplongeur :
Sans brassage de l’eau () :
Avec brassage de l’eau () :
Sans brassage : °C • Avec brassage : °C
Le brassage, en multipliant par 4 le coefficient de transfert thermique, divise par 4 l’écart de température nécessaire pour évacuer le même flux : le thermoplongeur fonctionne donc beaucoup moins chaud, ce qui limite l’entartrage et l’usure de la résistance.
En utilisant les figures 4 et 5, déterminer la durée nécessaire au chauffage de l’eau sans tartre et en déduire la température atteinte par le thermoplongeur à la fin du chauffage. Comparer à la valeur obtenue à la question Q18.
Voir la correction
Durée du chauffage (figure 4, courbe « sans tartre »). On repère l’instant auquel la température de l’eau atteint °C, en partant de 20 °C :
Cette valeur est cohérente avec le résultat de la question Q17 ( s), ce qui valide la simulation.
Température du thermoplongeur (figure 5, courbe « sans tartre »). On projette cette date sur la courbe « sans tartre » de la figure 5, puis sur l’axe des ordonnées :
°C à la fin du chauffage
Comparaison avec la question Q18. Cette valeur est très proche de celle calculée avec brassage de l’eau (55 °C, soit un écart de l’ordre de 4 %, compatible avec la précision d’une lecture graphique), et totalement incompatible avec celle obtenue sans brassage ( °C). C’est cohérent avec l’énoncé, qui précise que « la modélisation est réalisée en considérant un brassage efficace de l’eau ». Le modèle simple du flux thermique rend donc bien compte de la simulation.
En utilisant la figure 4, montrer que la présence de tartre sur le thermoplongeur augmente la consommation énergétique d’environ 15 % lors du cycle de chauffage.
Voir la correction
Démarche suivie : (1) relier l’énergie consommée à la durée de chauffage ; (2) lire sur la figure 4 les deux durées nécessaires pour atteindre 30 °C ; (3) calculer l’augmentation relative.
Étape 1 — relation entre énergie et durée. Le thermoplongeur est alimenté sous une puissance électrique constante. L’énergie électrique consommée pendant le chauffage vaut donc :
À puissance constante, l’énergie consommée est proportionnelle à la durée de chauffage : il suffit donc de comparer les deux durées.
Étape 2 — lecture graphique (figure 4). On repère, pour chaque courbe, l’instant auquel l’eau atteint 30 °C :
- sans tartre : s (valeur déjà lue à la question Q19) ;
- avec 2 mm de tartre : s.
Étape 3 — augmentation relative.
La consommation énergétique augmente d’environ 15 % en présence de tartre.
Le tartre, mauvais conducteur thermique, s’oppose au transfert de chaleur du thermoplongeur vers l’eau : le chauffage est plus lent et le thermoplongeur doit fonctionner plus longtemps (et plus chaud, cf. figure 5) pour un même résultat. La recommandation de l’ADEME de détartrer régulièrement son lave-linge est donc bien justifiée.
Exercice 2 — L’odeur de Jasmin (4 points)
Recopier la formule semi-développée de l’éthanoate de benzyle, entourer son groupe caractéristique et indiquer la famille fonctionnelle associée.
Voir la correction
Le groupe caractéristique entouré est le groupe ester : un atome de carbone doublement lié à un atome d’oxygène et simplement lié à un second atome d’oxygène, lui-même lié à un atome de carbone.
Famille fonctionnelle : les esters.
Identifier le rôle de l’étape C du protocole (verser le contenu d’un tube à essai dans un bécher contenant de l’eau distillée glacée).
Voir la correction
L’étape C réalise une trempe : elle bloque l’évolution du système chimique. Elle agit sur deux facteurs cinétiques simultanément :
- la température : l’eau glacée abaisse brutalement la température du mélange, ce qui diminue fortement la vitesse de la réaction ;
- la concentration des réactifs : l’ajout d’eau dilue fortement le mélange, ce qui ralentit également la réaction.
La transformation est ainsi quasiment stoppée : les quantités de matière n’évoluent plus pendant le dosage.
C’est indispensable pour que le dosage de l’étape D mesure bien la quantité d’acide éthanoïque présente à la date , et non une quantité qui continuerait à diminuer pendant la manipulation.
Établir la relation .
Voir la correction
Dressons le tableau d’avancement de la transformation, d’avancement :
| État | Avancement | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Initial | |||||
| À la date |
Tous les nombres stœchiométriques de l’équation valent 1. D’après la dernière ligne du tableau :
En éliminant l’avancement entre ces deux relations :
Retrouver par un calcul la valeur n_0ac donnée à la ligne 7 du programme.
Voir la correction
Chaque tube à essai contient un volume mL du mélange, composé de 25 % en volume d’acide éthanoïque. Le volume d’acide éthanoïque introduit vaut donc :
Masse correspondante, à partir de la masse volumique :
Quantité de matière initiale, avec :
mol mol : la valeur du programme est bien retrouvée.
Recopier et compléter la ligne 18 du programme.
Voir la correction
D’après la relation établie à la question Q3, . En Python, pour l’indice i de la boucle, cela s’écrit :
18 n_EB[i] = n_0ac - n_ac[i] Définir le temps de demi-réaction et estimer sa valeur à l’aide de la courbe de l’annexe A1, en expliquant la méthode utilisée.
Voir la correction
Définition. Le temps de demi-réaction est la durée au bout de laquelle l’avancement de la réaction atteint la moitié de sa valeur finale. Ici, comme , c’est la durée au bout de laquelle la quantité d’éthanoate de benzyle formée atteint la moitié de sa valeur finale.
Méthode. On lit d’abord sur la courbe la valeur finale, atteinte lorsque la courbe présente un palier :
On en calcule la moitié, puis on projette cette ordonnée sur la courbe et l’on lit l’abscisse correspondante :
min (lecture graphique à ± 0,5 min près)
Exprimer la vitesse volumique d’apparition de l’éthanoate de benzyle en fonction du volume et de .
Voir la correction
La vitesse volumique d’apparition d’un produit est la dérivée par rapport au temps de sa concentration, soit encore, le volume du système étant constant :
Elle s’exprime ici en .
À l’aide d’un tracé sur la courbe de l’annexe A1, estimer la vitesse volumique d’apparition de l’éthanoate de benzyle à l’instant initial ().
Voir la correction
Tracé. On trace la tangente à la courbe au point d’abscisse . Son coefficient directeur est égal à .
Cette tangente part de l’origine (0 ; 0) et passe par le point de coordonnées approximatives (3,0 min ; mol), d’où :
On en déduit la vitesse volumique, avec mL L :
Identifier un facteur cinétique responsable de l’évolution de la vitesse volumique d’apparition de l’éthanoate de benzyle.
Voir la correction
La vitesse volumique diminue très fortement au cours du temps : elle passe d’environ à à à min, soit une division par plus de 100.
Le facteur cinétique responsable est la concentration des réactifs.
Au fur et à mesure que la transformation avance, l’acide éthanoïque et l’alcool benzylique sont consommés : leurs concentrations diminuent, les chocs efficaces entre molécules de réactifs deviennent moins fréquents, et la vitesse de la réaction diminue.
Remarque : la température, elle, ne peut pas être invoquée ici, puisque les tubes à essai sont placés dans un bain thermostaté : elle est maintenue constante pendant toute l’expérience.
Proposer une modification du protocole expérimental permettant d’optimiser le rendement de cette synthèse.
Voir la correction
Le rendement vaut 67 %, il est donc inférieur à 100 % : l’estérification est une transformation limitée (le symbole de l’équation le confirme). Pour améliorer le rendement, il faut déplacer l’état final du système dans le sens direct.
Proposition : éliminer l’eau au fur et à mesure de sa formation (par exemple par distillation à l’aide d’un montage de type Dean-Stark).
En retirant l’un des produits, on force le système à évoluer dans le sens de la formation de l’ester pour compenser, ce qui augmente le rendement.
Autre proposition acceptable : augmenter encore la proportion du réactif introduit en excès (l’alcool benzylique), ce qui déplace également l’état final dans le sens direct et permet de consommer davantage d’acide éthanoïque, le réactif limitant.
Exercice 3 — Coloration de la laine (5 points)
1. Synthèse d’un « colorant acide »
Définir un intermédiaire réactionnel.
Voir la correction
Un intermédiaire réactionnel est une espèce chimique qui est formée au cours d’une étape d’un mécanisme réactionnel, puis entièrement consommée au cours d’une étape ultérieure.
Elle n’apparaît donc ni parmi les réactifs, ni parmi les produits de l’équation de la réaction globale : elle n’existe que transitoirement au cours du mécanisme.
Souligner les deux intermédiaires réactionnels présents dans les étapes du mécanisme réactionnel (annexe A2).
Voir la correction
En additionnant les trois étapes, l’équation de la réaction globale s’écrit :
Les réactifs sont donc et , et les produits et . Les deux espèces à souligner sur l’annexe sont :
- l’acide nitreux (formule développée ) : produit à l’étape 1, consommé à l’étape 2 ;
- l’acide nitreux protoné (formule développée ) : produit à l’étape 2, consommé à l’étape 3.
Ces deux espèces n’apparaissent ni dans les réactifs ni dans les produits de la réaction globale : ce sont bien des intermédiaires réactionnels.
Identifier les sites donneur et accepteur d’électrons dans l’étape 1, en justifiant.
Voir la correction
L’étape 1 s’écrit .
- Site donneur de doublet d’électrons : l’atome d’oxygène porteur de la charge négative de l’ion nitrite . Justification : il possède des doublets non liants et porte une charge négative ; c’est de plus un atome très électronégatif. Il est donc riche en électrons et peut céder un doublet d’électrons.
- Site accepteur de doublet d’électrons : l’ion . Justification : l’ion ne possède aucun électron : il présente une lacune électronique (représentée par un rectangle vide sur l’annexe) et porte une charge positive. Il peut donc accepter un doublet d’électrons.
Dessiner les flèches courbes schématisant les transferts électroniques pour chacune des étapes du mécanisme.
Voir la correction
Chaque flèche courbe part d’un doublet d’électrons du site donneur et pointe vers le site accepteur.
Étape 1
Étape 2
Étape 3
- Étapes 1 et 2 : la flèche part d’un doublet non liant de l’atome d’oxygène (site donneur) et pointe vers l’ion (site accepteur, porteur d’une lacune électronique). Une liaison est ainsi créée.
- Étape 3 : la flèche part du doublet liant de la liaison et pointe vers l’atome d’oxygène du groupe partant. Cette liaison se rompt : le doublet est récupéré en totalité par cet atome d’oxygène, qui perd ainsi sa charge positive et devient une molécule d’eau neutre. Il se forme simultanément l’ion nitrosonium , que l’on recopie sous la forme donnée par l’énoncé.
Déterminer, en justifiant, la masse maximale de colorant qui aurait pu être obtenue.
Voir la correction
Calculons les quantités de matière initiales des deux réactifs introduits en quantités limitées (l’acide nitreux est en excès) :
Dans l’équation de la réaction, les nombres stœchiométriques de l’acide sulfanilique, du β-naphtol et du colorant valent tous 1 : on peut donc comparer directement les deux quantités de matière.
Le réactif limitant est donc le β-naphtol. Si la transformation était totale, il serait entièrement consommé et l’avancement maximal vaudrait :
La quantité de colorant formée serait alors , soit une masse :
g
Déterminer le rendement de cette synthèse.
Voir la correction
Le rendement est le quotient de la masse de colorant réellement obtenue par la masse maximale que l’on aurait pu obtenir :
, soit un rendement de 93 %
Ce rendement est élevé mais inférieur à 100 % : une partie du colorant est perdue lors des étapes de séparation et de purification (filtration, lavage, recristallisation), et la transformation n’est peut-être pas totale.
En utilisant le spectre d’absorption, déterminer la couleur de ce colorant.
Voir la correction
Lecture du spectre. L’absorbance est maximale pour une longueur d’onde :
(le spectre est tronqué à gauche : seule la limite droite de la bande est lisible, l’absorbance s’annulant au-delà de 570 nm environ).
Exploitation du cercle chromatique. D’après le cercle chromatique, la longueur d’onde 480 nm appartient au domaine du bleu (450–500 nm) : le colorant absorbe le bleu.
Or la couleur perçue d’une espèce en solution est la couleur complémentaire de la couleur absorbée, c’est-à-dire celle qui lui est diamétralement opposée sur le cercle chromatique. Le complémentaire du bleu est l’orange.
Le colorant synthétisé est de couleur orange.
2. Étude du bain de teinture
Démontrer comment obtenir la valeur de la concentration en acide éthanoïque du vinaigre commercial pour le titrage n°1, à partir de la mesure de .
Voir la correction
Étape 1 — concentration du vinaigre dilué. La réaction support du titrage est :
Les nombres stœchiométriques des deux réactifs valent 1. À l’équivalence, ils ont été introduits dans les proportions stœchiométriques :
Étape 2 — retour au vinaigre commercial. Le vinaigre a été dilué dix fois avant le titrage ; sa concentration est donc dix fois plus grande que celle de la solution titrée :
: on retrouve bien la valeur du tableau pour le titrage n°1.
Choisir et recopier la valeur moyenne et l’écart-type de la série de mesures.
Voir la correction
Valeur moyenne. Les douze valeurs de sont toutes comprises entre 1,350 et 1,375 : la moyenne est nécessairement dans cet intervalle. Cela élimine d’emblée 1,9155 (bien trop grande) et 1,3750 (qui est la plus grande valeur de la série, et non sa moyenne).
Écart-type. L’écart-type mesure la dispersion des valeurs autour de la moyenne. L’étendue de la série n’est que de : l’écart-type est donc nécessairement de cet ordre de grandeur, ou plus petit. Cela élimine 0,237 et 1,370.
et
Montrer que l’incertitude-type associée à , exprimée avec un chiffre significatif, vaut mol/L. Écrire la valeur expérimentale de la concentration avec le nombre de chiffres significatifs adapté.
Voir la correction
La série comporte mesures réalisées dans les mêmes conditions. L’incertitude-type sur la moyenne vaut donc :
(un chiffre significatif)
Le résultat de mesure s’écrit avec le même nombre de décimales que son incertitude-type, soit trois décimales :
Conclure sur l’accord entre la concentration en acide éthanoïque figurant sur l’étiquette et celle trouvée expérimentalement.
Voir la correction
La valeur de référence est celle déduite de l’étiquette « 8° » : . Calculons le quotient proposé par l’énoncé :
Ce quotient est inférieur à 2 : l’écart entre la valeur mesurée et la valeur de référence est plus petit que deux fois l’incertitude-type, il peut donc s’expliquer par la seule dispersion des mesures.
Les deux valeurs sont en accord : l’indication « 8° » portée sur l’étiquette du vinaigre est validée par le titrage.
Récapitulatif des résultats numériques
Exercice 1. min • Pa • L • kΩ ( s) • s ( s) • MJ • s min • °C (sans brassage) et 55 °C (avec brassage) • surconsommation due au tartre ≈ 15 %.
Exercice 2. mol • min • • facteur cinétique : concentration des réactifs.
Exercice 3. réactif limitant : β-naphtol • g • % • colorant orange ( nm) • • quotient : accord avec l’étiquette.
Corrigé non officiel, proposé par Génies des Sciences — il ne s'agit pas du barème du jury.
Ce qui tombe dans ce sujet
Exercice 1 — Étude d’un lave-linge (11 points)
Pour réviser : Le modèle du gaz parfait · Le circuit RC · Premier principe et transferts thermiques
Exercice 2 — L’odeur de Jasmin (4 points)
Pour réviser : Cinétique et mécanismes réactionnels · Chimie organique et synthèse · Optimisation et stratégie de synthèse
Exercice 3 — Coloration de la laine (5 points)
Pour réviser : Cinétique et mécanismes réactionnels · Chimie organique et synthèse · Méthodes physiques d'analyse d'un système chimique · Mesure et incertitudes
Chaque lien mène au chapitre complet : le cours en vidéo, la fiche méthode, les exercices corrigés et le quiz.
Continuer l’entraînement
Métropole — Jour 2 →
Le sujet suivant de la session 2026.
Tous les sujets 2026
Les 13 sujets de la session, tous corrigés.
← Tous les chapitres de Physique-Chimie Terminale · Préparer le bac en visio avec un prof