Terminale Physique-Chimie Annale du bac 26-PYCJ1AG1

Bac physique-chimie 2026 — Antilles-Guyane — Jour 1 : sujet et corrigé

La pastille de Vichy fête ses 200 ans avec neuf points de chimie : ions hydrogénocarbonate, identification de l’arôme, dosage du sucre. La physique enchaîne la décroissance radioactive du césium 137 issu de l’essai Trinity, puis l’astéroïde 2024 PT5 : gravitation, œil nu et lunette astronomique.

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Corrigé rédigé comme une copie modèle, puis relu par un second correcteur : applications numériques recalculées, équations vérifiées, avec des « notes du professeur » sur les pièges du barème.

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Exercice 1 — Les 200 ans de la pastille de Vichy (9 points)

1. Composition en ions hydrogénocarbonate de la pastille de Vichy

Q1

Représenter la formule semi-développée de la base conjuguée de l’ion hydrogénocarbonate.

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L’ion hydrogénocarbonate HCO3\text{HCO}_3^- appartient au couple HCO3(aq)/CO32(aq)\text{HCO}_3^-\text{(aq)}\,/\,\text{CO}_3^{2-}\text{(aq)} : sa base conjuguée s’obtient en lui retirant un proton H+\text{H}^+, ici celui du groupe –OH\text{–OH}.

OCOO

La base conjuguée est l’ion carbonate CO32\text{CO}_3^{2-}.

Les deux atomes d’oxygène simplement liés portent chacun une charge négative : l’ion porte au total la charge 2-2.

Q2

Justifier le caractère amphotère de l’ion hydrogénocarbonate HCO3\text{HCO}_3^-.

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Une espèce est dite amphotère lorsqu’elle peut se comporter à la fois comme un acide (céder un proton H+\text{H}^+) et comme une base (capter un proton H+\text{H}^+).

Or l’ion hydrogénocarbonate appartient aux deux couples acide-base donnés dans l’énoncé :

  • dans le couple CO2(aq)/HCO3(aq)\text{CO}_2\text{(aq)}\,/\,\text{HCO}_3^-\text{(aq)}, il est la base : il peut capter un proton. HCO3(aq)+H+CO2(aq)+H2O()\text{HCO}_{3\,(aq)}^- + \text{H}^+ \longrightarrow \text{CO}_{2\,(aq)} + \text{H}_2\text{O}_{(\ell)}
  • dans le couple HCO3(aq)/CO32(aq)\text{HCO}_3^-\text{(aq)}\,/\,\text{CO}_3^{2-}\text{(aq)}, il est l’acide : il peut céder un proton. HCO3(aq)CO3(aq)2+H+\text{HCO}_{3\,(aq)}^- \longrightarrow \text{CO}_{3\,(aq)}^{2-} + \text{H}^+

Appartenant à un couple en tant qu’acide et à un autre en tant que base, l’ion HCO3\text{HCO}_3^- est bien amphotère.

Q3

Tracer le diagramme de prédominance des deux couples acide-base auxquels appartient l’ion hydrogénocarbonate.

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pHpKA1 = 6,4pKA2 = 10,3CO2 (aq)HCO3 (aq)CO32− (aq)prédomineprédomineprédominepH = 9,0 (solution S1)

La forme acide d’un couple prédomine pour pH<pKA\text{pH} < \text{p}K_A, la forme basique pour pH>pKA\text{pH} > \text{p}K_A. L’ion hydrogénocarbonate, amphotère, prédomine donc dans le domaine intermédiaire compris entre les deux pKA\text{p}K_A.

Q4

En déduire que l’ion hydrogénocarbonate est la forme majoritaire contenue dans la solution S1S_1.

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Le pH de la solution S1S_1 vaut 9,0. Situons-le par rapport aux deux pKA\text{p}K_A :

pKA1=6,4  <  pH=9,0  <  pKA2=10,3\text{p}K_{A_1} = 6{,}4 \;<\; \text{pH} = 9{,}0 \;<\; \text{p}K_{A_2} = 10{,}3

Le pH de S1S_1 appartient donc au domaine intermédiaire du diagramme de la question Q3.

L’ion hydrogénocarbonate HCO3\text{HCO}_3^- est bien l’espèce majoritaire dans la solution S1S_1.

Q5

Calculer la valeur de la masse mfm_f d’ions hydrogénocarbonate contenus dans une pastille de Vichy.

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L’énoncé indique qu’une pastille contient 0,22 % en masse d’ions hydrogénocarbonate. Cette proportion s’applique à la masse totale de la pastille, mpastille=2,64m_{\text{pastille}} = 2{,}64 g :

mf=0,22100×mpastille=0,0022×2,64m_f = \frac{0{,}22}{100} \times m_{\text{pastille}} = 0{,}0022 \times 2{,}64

mf=5,8×103m_f = 5{,}8\times 10^{-3} g

Q6

Écrire l’équation de la réaction support du titrage.

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La solution titrante est de l’acide chlorhydrique : elle apporte des ions oxonium H3O+\text{H}_3\text{O}^+, du couple H3O+(aq)/H2O()\text{H}_3\text{O}^+\text{(aq)}\,/\,\text{H}_2\text{O}\,(\ell). L’espèce titrée est l’ion hydrogénocarbonate, qui joue ici le rôle de base, dans le couple CO2(aq)/HCO3(aq)\text{CO}_2\text{(aq)}\,/\,\text{HCO}_3^-\text{(aq)}.

HCO3(aq)+H+CO2(aq)+H2O()\text{HCO}_{3\,(aq)}^- + \text{H}^+ \longrightarrow \text{CO}_{2\,(aq)} + \text{H}_2\text{O}_{(\ell)}

H3O(aq)+H2O()+H+\text{H}_3\text{O}^+_{(aq)} \longrightarrow \text{H}_2\text{O}_{(\ell)} + \text{H}^+

En additionnant ces deux demi-équations, le proton se simplifie :

 HCO3(aq)+H3O(aq)+CO2(aq)+2H2O() \boxed{\ \text{HCO}_{3\,(aq)}^- + \text{H}_3\text{O}^+_{(aq)} \longrightarrow \text{CO}_{2\,(aq)} + 2\,\text{H}_2\text{O}_{(\ell)}\ }

Vérification : C : 1=11 = 1 ; O : 3+1=2+23+1 = 2+2 ; H : 1+3=41+3 = 4 ; charge : 1+1=0-1+1 = 0. ✓

Q7

Déterminer, en réalisant une construction sur l’annexe 1, la valeur du volume VEV_E.

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Méthode employée : méthode de la courbe dérivée. Le volume équivalent correspond au saut de pH, c’est-à-dire au point d’inflexion de la courbe pH=f(V)\text{pH} = f(V). Ce point se repère par l’extremum de la courbe dérivée d(pH)dV\dfrac{d(\text{pH})}{d V}.

Ici on titre une base par un acide : le pH diminue, la dérivée est donc négative et l’on cherche son minimum (le point le plus bas de la courbe continue, lu sur l’axe de droite).

V (mL)d(pH)/dV024681012141618200−0,2−0,4−0,6−0,8d(pH)/dV = f(V)minimumVE

(La courbe dérivée se lit sur l’axe de droite de l’annexe, gradué de 00 à 0,8-0{,}8 : elle présente donc un creux, et non un pic.)

En projetant le point le plus bas de la courbe dérivée sur l’axe des abscisses, on lit :

VE=12,0V_E = 12{,}0 mL (valeur comprise dans l’intervalle 10,0 – 15,0 mL annoncé)

Q8

Calculer la valeur de la quantité de matière n1n_1 d’ions hydrogénocarbonate titrés dans le volume V1V_1.

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D’après l’équation de la question Q6, les nombres stœchiométriques de HCO3\text{HCO}_3^- et de H3O+\text{H}_3\text{O}^+ valent tous deux 1. À l’équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques :

n1=n(H3O+)verseˊ=cA×VE=0,50×102×12,0×103n_1 = n(\text{H}_3\text{O}^+)_{\text{versé}} = c_A \times V_E = 0{,}50\times 10^{-2} \times 12{,}0\times 10^{-3}

n1=6,0×105n_1 = 6{,}0\times 10^{-5} mol

Q9

Montrer que la masse mexpm_{\text{exp}} d’ions hydrogénocarbonate contenus dans une pastille de Vichy vaut 7,3×1037{,}3\times 10^{-3} g.

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Quantité d’ions hydrogénocarbonate dans toute la pastille. Une pastille entière a été dissoute dans V0=100V_0 = 100 mL de solution S1S_1, mais le titrage n’a porté que sur un prélèvement de V1=50,0V_1 = 50{,}0 mL. La quantité n1n_1 ne correspond donc qu’à une fraction de la pastille :

npastille=n1×V0V1=6,0×105×10050,0=1,2×104 moln_{\text{pastille}} = n_1 \times \frac{V_0}{V_1} = 6{,}0\times 10^{-5} \times \frac{100}{50{,}0} = 1{,}2\times 10^{-4}\ \text{mol}

Masse correspondante.

mexp=npastille×M(HCO3)=1,2×104×61,0m_{\text{exp}} = n_{\text{pastille}} \times M(\text{HCO}_3^-) = 1{,}2\times 10^{-4} \times 61{,}0

mexp=7,3×103m_{\text{exp}} = 7{,}3\times 10^{-3} g : la valeur annoncée est bien vérifiée.

Q10

Vérifier si la masse mexpm_{\text{exp}} obtenue expérimentalement est compatible avec la valeur de référence mfm_f.

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Étape 1 — incertitude-type sur mexpm_{\text{exp}}. Calculons d’abord les deux incertitudes relatives :

u(cA)cA=0,01×1020,50×102=0,020etu(VE)VE=0,212,0=0,017\frac{\mathrm{u}(c_A)}{c_A} = \frac{0{,}01\times 10^{-2}}{0{,}50\times 10^{-2}} = 0{,}020 \qquad\text{et}\qquad \frac{\mathrm{u}(V_E)}{V_E} = \frac{0{,}2}{12{,}0} = 0{,}017

u(mexp)=mexp×(u(cA)cA)2+(u(VE)VE)2=7,3×103×(0,020)2+(0,017)2\mathrm{u}(m_{\text{exp}}) = m_{\text{exp}} \times \sqrt{\left(\frac{\mathrm{u}(c_A)}{c_A}\right)^{2} + \left(\frac{\mathrm{u}(V_E)}{V_E}\right)^{2}} = 7{,}3\times 10^{-3} \times \sqrt{(0{,}020)^{2} + (0{,}017)^{2}}

u(mexp)=7,3×103×0,026=1,9×104 g\mathrm{u}(m_{\text{exp}}) = 7{,}3\times 10^{-3} \times 0{,}026 = 1{,}9\times 10^{-4}\ \text{g}

Étape 2 — calcul du quotient zz.

z=mexpmfu(mexp)=7,3×1035,8×1031,9×104=1,5×1031,9×104z = \frac{\left| m_{\text{exp}} - m_f \right|}{\mathrm{u}(m_{\text{exp}})} = \frac{\left| 7{,}3\times 10^{-3} - 5{,}8\times 10^{-3} \right|}{1{,}9\times 10^{-4}} = \frac{1{,}5\times 10^{-3}}{1{,}9\times 10^{-4}}

z7,9  >  2z \approx 7{,}9 \;>\; 2

Étape 3 — conclusion. Le quotient est nettement supérieur à 2 : l’écart entre la valeur mesurée et la valeur de référence ne peut pas s’expliquer par les seules incertitudes de mesure.

La masse mexpm_{\text{exp}} obtenue expérimentalement n’est pas compatible avec la valeur de référence mfm_f calculée à partir des données du fabricant.

Q11

Proposer une interprétation au résultat obtenu à la question précédente, en considérant la composition des agents d’enrobage.

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La masse mesurée est supérieure à la masse de référence (7,3×1037{,}3\times 10^{-3} g contre 5,8×1035{,}8\times 10^{-3} g) : tout se passe comme si l’on avait versé trop d’acide, donc comme si la pastille contenait plus d’espèces basiques que les seuls ions hydrogénocarbonate.

Or les agents d’enrobage de la pastille sont en partie constitués d’ions carboxylate R–COO\text{R–COO}^- (figure 3). Ces ions sont les bases conjuguées des acides carboxyliques R–COOH\text{R–COOH} : ce sont donc eux aussi des espèces basiques, qui réagissent avec l’acide chlorhydrique versé.

L’hypothèse de l’énoncé — « les seuls ions titrés sont les ions hydrogénocarbonate » — est donc mise en défaut : les ions carboxylate sont titrés en même temps.

Le volume équivalent mesuré est ainsi plus grand qu’il ne devrait, ce qui surestime la quantité d’ions hydrogénocarbonate et explique l’écart constaté à la question Q10.

Q12

Choisir, en justifiant, un indicateur coloré adapté au titrage de l’eau de Vichy. Préciser le changement de couleur observé.

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Un indicateur coloré est adapté lorsque sa zone de virage contient le pH à l’équivalence, ici pHE=4,3\text{pH}_E = 4{,}3. Examinons les quatre propositions :

IndicateurZone de virageContient pHE=4,3\text{pH}_E = 4{,}3 ?
Vert de bromocrésol3,85,43{,}8 - 5{,}4oui
Bleu de bromothymol6,07,66{,}0 - 7{,}6non
Rouge de méthyle4,86,04{,}8 - 6{,}0non
Phénolphtaléine8,210,08{,}2 - 10{,}0non

L’indicateur adapté est le vert de bromocrésol.

Changement de couleur observé. On titre une solution basique (l’eau de Vichy, riche en ions hydrogénocarbonate) par un acide : le pH diminue au cours du titrage. On passe donc de la forme basique de l’indicateur à sa forme acide :

À l’équivalence, la solution passe du bleu au jaune.

Q13

Calculer la valeur du volume VVichyV_{\text{Vichy}} d’eau minérale qu’il faut boire pour ingérer la même quantité d’ions hydrogénocarbonate que celle contenue dans une pastille. L’exprimer en mL et commenter.

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La concentration en masse d’ions hydrogénocarbonate de l’eau minérale vaut :

cme=4,37×103 mgL1=4,37 gL1c_{\text{me}} = 4{,}37\times 10^{3}\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1} = 4{,}37\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}

On cherche le volume contenant la même masse d’ions hydrogénocarbonate qu’une pastille, soit mf=5,8×103m_f = 5{,}8\times 10^{-3} g (valeur de référence issue des données du fabricant) :

VVichy=mfcme=5,8×1034,37=1,3×103 LV_{\text{Vichy}} = \frac{m_f}{c_{\text{me}}} = \frac{5{,}8\times 10^{-3}}{4{,}37} = 1{,}3\times 10^{-3}\ \text{L}

VVichy=1,3V_{\text{Vichy}} = 1{,}3 mL

Commentaire. Il suffit de boire environ 1,3 mL d’eau de Vichy — soit à peine une demi-cuillère à café — pour ingérer autant d’ions hydrogénocarbonate qu’une pastille entière.

L’apport en ions hydrogénocarbonate d’une pastille est donc extrêmement faible. L’argument commercial du fabricant, qui vante les propriétés digestives de la pastille « en raison de la présence d’ions hydrogénocarbonate », doit être fortement relativisé : un verre d’eau de Vichy (200 mL) en apporte environ 150 fois plus.

2. Arôme contenu dans la pastille de Vichy

Q14

À partir de la figure 5, identifier le schéma du montage utilisé pour réaliser l’hydrodistillation.

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Une hydrodistillation consiste à vaporiser le mélange, puis à condenser les vapeurs et à recueillir le distillat dans un récipient séparé.

  • Le montage A présente un réfrigérant vertical, placé directement au-dessus du ballon : les vapeurs condensées y retombent dans le ballon. C’est un montage à reflux — rien n’est recueilli, il ne convient pas.
  • Le montage B présente un réfrigérant incliné conduisant les vapeurs condensées vers un erlenmeyer placé à l’écart : le distillat y est bien recueilli.

C’est le montage B qui a été utilisé pour l’hydrodistillation.

Q15

À partir de la figure 6, justifier le choix du dichlorométhane comme solvant d’extraction.

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Un bon solvant d’extraction doit satisfaire deux conditions :

  • (1) dissoudre bien l’espèce à extraire, et bien mieux que le solvant de départ. D’après la figure 6, la phase huileuse odorante est très fortement soluble dans le dichlorométhane, alors qu’elle n’est que faiblement soluble dans l’eau et très faiblement soluble dans l’eau salée : elle passera donc massivement dans le dichlorométhane ;
  • (2) ne pas être miscible à l’eau, pour que deux phases se forment et que la séparation par décantation soit possible. Le dichlorométhane est quasi insoluble dans l’eau comme dans l’eau salée : cette condition est remplie.

Le dichlorométhane est donc un solvant d’extraction adapté.

Rôle de l’étape 1 : l’ajout d’une solution aqueuse saturée en chlorure de sodium diminue encore la solubilité de la phase huileuse dans la phase aqueuse (« très faible » au lieu de « faible ») : c’est le relargage, qui améliore le rendement de l’extraction.

Précaution : le dichlorométhane porte le pictogramme « danger pour la santé ». Il doit être manipulé sous hotte aspirante et avec des gants — d’où le « introduire avec précaution » de l’étape 3.

Q16

En déduire la nature probable de l’arôme contenu dans une pastille de Vichy.

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Principe. Sur un chromatogramme, deux espèces déposées côte à côte et éluées dans les mêmes conditions migrent à la même hauteur (même rapport frontal) lorsqu’elles sont identiques.

Lecture de la figure 7. Le dépôt 1 (phase organique extraite de la pastille) présente deux taches. Le dépôt 2 (huile essentielle de menthe verte) présente lui aussi deux taches, et celles-ci se situent aux mêmes hauteurs que celles du dépôt 1.

Les espèces chimiques extraites de la pastille sont donc les mêmes que celles de l’huile essentielle de menthe verte : l’arôme de la pastille de Vichy est très probablement un arôme de menthe (menthe verte).

Ce résultat est cohérent avec la composition de la boisson de la figure 8, qui mentionne explicitement des « extraits naturels de menthe ».

3. Composition en sucre d’une boisson à base de pastilles de Vichy

Q17

Déterminer le nombre de groupes hydroxyle apparaissant sur la représentation de la molécule de saccharose de la figure 9.

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On dénombre sur la figure 9 tous les groupes –OH\text{–OH} (notés indifféremment « OH » ou « HO » selon leur orientation) :

  • sur le cycle à six atomes (partie glucose) : 4 groupes hydroxyle ;
  • sur le cycle à cinq atomes et sa chaîne latérale (partie fructose) : 4 groupes hydroxyle.

La molécule de saccharose représentée porte 8 groupes hydroxyle.

Ces huit groupes –OH\text{–OH} peuvent chacun établir des ponts hydrogène avec les molécules d’eau, ce qui explique la très grande solubilité du saccharose dans l’eau, comme l’indique l’énoncé.

Q18

Vérifier l’information donnée par le fabricant.

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Démarche suivie : (1) calculer la masse volumique de l’échantillon de boisson dégazée ; (2) reporter cette valeur sur la courbe d’étalonnage pour lire la concentration en masse de saccharose ; (3) ramener le résultat à 100 mL et le comparer aux 9,5 g annoncés.

Étape 1 — masse volumique de la boisson.

ρboisson=mboissonVboisson=276,8268,0=1,033 gmL1\rho_{\text{boisson}} = \frac{m_{\text{boisson}}}{V_{\text{boisson}}} = \frac{276{,}8}{268{,}0} = 1{,}033\ \text{g}\cdot\text{mL}^{-1}

Étape 2 — lecture de la courbe d’étalonnage. On repère l’ordonnée ρ=1,033 gmL1\rho = 1{,}033\ \text{g}\cdot\text{mL}^{-1} sur la droite d’étalonnage de la figure 10, puis on projette sur l’axe des abscisses :

c96 gL1c \approx 96\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}

(lecture à ± 3 g·L⁻¹ près)

Étape 3 — comparaison à l’indication du fabricant. Ramenons cette concentration à un volume de 100 mL de boisson :

msucre=c×V=96×100×103=9,6 gm_{\text{sucre}} = c \times V = 96 \times 100\times 10^{-3} = 9{,}6\ \text{g}

eˊcart relatif=9,69,59,51 %\text{écart relatif} = \frac{\left| 9{,}6 - 9{,}5 \right|}{9{,}5} \approx 1\ \%

On trouve 9,6 g de sucre pour 100 mL, contre 9,5 g annoncés : l’information du fabricant est vérifiée.

L’écart de 1 % est très inférieur à la précision de la lecture graphique : les deux valeurs sont cohérentes.

Remarque : il était indispensable de dégazer la boisson avant la mesure. Les bulles de dioxyde de carbone dissous fausseraient le volume mesuré et donc la masse volumique.

Exercice 2 — Le césium 137 et l’essai Trinity (5 points)

1. Étude de la désintégration des noyaux de césium 137

Q1

Donner la composition d’un noyau de césium 137.

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Le noyau de césium 137 s’écrit   55137Cs{}^{137}_{\ \ 55}\text{Cs}, où Z=55Z = 55 est le numéro atomique et A=137A = 137 le nombre de masse.

nombre de protons=Z=55etnombre de neutrons=AZ=13755=82\text{nombre de protons} = Z = 55 \qquad\text{et}\qquad \text{nombre de neutrons} = A - Z = 137 - 55 = 82

Le noyau de césium 137 est constitué de 55 protons et de 82 neutrons, soit 137 nucléons au total.

Q2

Écrire l’équation de désintégration de type β\beta du césium 137.

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Le césium 137 se désintègre en baryum 137 :   55137Cs  56137Ba+{}^{137}_{\ \ 55}\text{Cs} \rightarrow {}^{137}_{\ \ 56}\text{Ba} + \ldots Le numéro atomique augmente d’une unité : il s’agit donc d’une désintégration β\beta^-, avec émission d’un électron.

   55137Cs      56137Ba  +  1  0\boxed{\ {}^{137}_{\ \ 55}\text{Cs} \;\longrightarrow\; {}^{137}_{\ \ 56}\text{Ba} \;+\; {}^{\ \ 0}_{-1}\text{e} \ }

Vérification des lois de conservation (lois de Soddy) :

  • nombre de masse : 137=137+0137 = 137 + 0
  • nombre de charge : 55=56+(1)55 = 56 + (-1)
Q3

Établir que l’évolution du nombre NN de noyaux de césium 137 est régie par l’équation différentielle dNdt=λN\dfrac{d N}{d t} = -\lambda\cdot N.

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L’énoncé fournit deux expressions de l’activité A(t)A(t) de l’échantillon :

A(t)=dNdt(deˊfinition, pour un grand nombre de noyaux)A(t) = -\frac{d N}{d t} \qquad\text{(définition, pour un grand nombre de noyaux)}

A(t)=λN(t)(l’activiteˊ est proportionnelle au nombre de noyaux radioactifs)A(t) = \lambda\cdot N(t) \qquad\text{(l'activité est proportionnelle au nombre de noyaux radioactifs)}

En égalant ces deux expressions :

dNdt=λN(t)dNdt=λN-\frac{d N}{d t} = \lambda\cdot N(t) \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\frac{d N}{d t} = -\lambda\cdot N}

Q4

Vérifier que N(t)=N0eλtN(t) = N_0\cdot\mathrm{e}^{-\lambda t} est solution de l’équation différentielle précédente.

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1. Dérivation.

dNdt(t)=N0×(λ)eλt=λ×N0eλt=N(t)=λN(t)\frac{d N}{d t}(t) = N_0 \times (-\lambda)\,\mathrm{e}^{-\lambda t} = -\lambda \times \underbrace{N_0\,\mathrm{e}^{-\lambda t}}_{=\,N(t)} = -\lambda\,N(t)

L’équation différentielle est donc vérifiée à chaque instant.

2. Condition initiale. À t=0t = 0 : N(0)=N0e0=N0N(0) = N_0\,\mathrm{e}^{0} = N_0, ce qui correspond bien au nombre de noyaux initial. ✓

La fonction N(t)=N0eλtN(t) = N_0\,\mathrm{e}^{-\lambda t} est bien solution de l’équation différentielle.

Q5

Montrer que le temps de demi-vie est lié à la constante radioactive par la relation t1/2=ln2λt_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{\lambda}.

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Par définition, le temps de demi-vie t1/2t_{1/2} est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs initialement présents s’est désintégrée :

N(t1/2)=N02N(t_{1/2}) = \frac{N_0}{2}

En reportant dans la solution de la question Q4 :

N0eλt1/2=N02eλt1/2=12N_0\,\mathrm{e}^{-\lambda t_{1/2}} = \frac{N_0}{2} \qquad\Longrightarrow\qquad \mathrm{e}^{-\lambda t_{1/2}} = \frac{1}{2}

On applique la fonction logarithme népérien aux deux membres :

λt1/2=ln ⁣(12)=ln2 t1/2=ln2λ -\lambda\,t_{1/2} = \ln\!\left(\frac{1}{2}\right) = -\ln 2 \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\ t_{1/2} = \frac{\ln 2}{\lambda}\ }

Q6

Exploiter la courbe de l’annexe 2 pour estimer la valeur de la constante radioactive du césium 137, exprimée en an1\text{an}^{-1}. La construction graphique devra apparaître sur l’annexe 2.

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Méthode. La courbe donne 100×NN0100\times\dfrac{N}{N_0} en fonction du temps. On détermine d’abord graphiquement le temps de demi-vie, puis on en déduit λ\lambda grâce à la relation de la question Q5.

Construction graphique. Le temps de demi-vie correspond à l’instant où la moitié des noyaux subsiste, c’est-à-dire où le pourcentage vaut 50 %. On trace donc la droite horizontale d’ordonnée 50, on repère son intersection avec la courbe, puis on projette sur l’axe des abscisses :

t (ans)100 × N/N005010015020025002040608010050 %t1/2 = 30 ans

t1/230t_{1/2} \approx 30 ans

Constante radioactive.

λ=ln2t1/2=ln230\lambda = \frac{\ln 2}{t_{1/2}} = \frac{\ln 2}{30}

λ=2,3×102 an1\lambda = 2{,}3\times 10^{-2}\ \text{an}^{-1}

Cette valeur est en accord avec celle fournie dans la partie 2 de l’énoncé (λ=0,0231 an1\lambda = 0{,}0231\ \text{an}^{-1}), ce qui valide la lecture graphique.

Q7

Recopier sur la copie la ligne 9 du programme et la compléter.

Voir la correction

D’après la question Q4, N(t)=N0eλtN(t) = N_0\,\mathrm{e}^{-\lambda t}, donc :

100×NN0=100×eλt100\times\frac{N}{N_0} = 100 \times \mathrm{e}^{-\lambda t}

La liste t contient les dates en années (ligne 5) et λ\lambda doit donc être exprimée en an1\text{an}^{-1} :

9    pourcentage = 100*np.exp(-0.0231*t)

Le signe « moins » est indispensable : sans lui, le programme tracerait une exponentielle croissante.

2. Activité de la trinitite

Q8

Montrer que l’activité A(t)A(t) d’un échantillon de trinitite est donnée par la relation A(t)=A0eλtA(t) = A_0\cdot\mathrm{e}^{-\lambda t}, où A0=λN0A_0 = \lambda\cdot N_0.

Voir la correction

L’activité est à chaque instant proportionnelle au nombre de noyaux radioactifs : A(t)=λN(t)A(t) = \lambda\,N(t). En y reportant l’expression de N(t)N(t) établie à la question Q4 :

A(t)=λ×N0eλt=(λN0)constanteeλtA(t) = \lambda \times N_0\,\mathrm{e}^{-\lambda t} = \underbrace{\left(\lambda\,N_0\right)}_{\text{constante}}\,\mathrm{e}^{-\lambda t}

En posant A0=λN0A_0 = \lambda\cdot N_0, qui n’est autre que l’activité à l’instant t=0t = 0 (c’est-à-dire lors de la formation de l’échantillon) :

 A(t)=A0eλt \boxed{\ A(t) = A_0\cdot\mathrm{e}^{-\lambda t}\ }

L’activité décroît donc exponentiellement, avec la même constante radioactive λ\lambda que le nombre de noyaux.

Q9

À partir des résultats de l’étude menée en 2010, déterminer la valeur de la masse de trinitite à partir de laquelle une demande de détention doit être effectuée en 2026. Commenter cette valeur.

Voir la correction

Démarche suivie : (1) actualiser à 2026 l’activité massique mesurée en 2010, grâce à la loi de décroissance ; (2) comparer au seuil d’exemption et en déduire la masse limite ; (3) commenter.

Étape 1 — activité massique de la trinitite en 2026. L’étude de 2010 donne l’activité du césium 137 contenu dans un gramme de trinitite : a2010=48,3 Bqg1a_{2010} = 48{,}3\ \text{Bq}\cdot\text{g}^{-1}. Entre 2010 et 2026, il s’écoule :

Δt=20262010=16 ans\Delta t = 2026 - 2010 = 16\ \text{ans}

En appliquant la loi de décroissance établie à la question Q8 :

a2026=a2010×eλΔt=48,3×e0,0231×16=48,3×0,691a_{2026} = a_{2010}\times \mathrm{e}^{-\lambda \Delta t} = 48{,}3 \times \mathrm{e}^{-0{,}0231 \times 16} = 48{,}3 \times 0{,}691

a2026=33 Bqg1a_{2026} = 33\ \text{Bq}\cdot\text{g}^{-1}

Étape 2 — masse limite. L’activité totale d’un échantillon de masse mm vaut A=a2026×mA = a_{2026}\times m. Pour qu’une masse limite existe, il faut comprendre le seuil de 10 Bq comme portant sur l’activité totale de la source détenue — l’activité massique, elle, ne dépend pas de la masse. Sous cette interprétation, la détention reste exemptée tant que :

a2026×m10m10a2026=1033a_{2026}\times m \leqslant 10 \qquad\Longrightarrow\qquad m \leqslant \frac{10}{a_{2026}} = \frac{10}{33}

m=0,30m = 0{,}30 g : au-delà d’environ 0,30 g de trinitite, une demande de détention doit être effectuée.

Étape 3 — commentaire. Cette masse est remarquablement faible : un simple éclat de trinitite d’un tiers de gramme — l’équivalent d’une dizaine de grains de riz — suffit à sortir du régime d’exemption. Détenir un « souvenir » de l’essai Trinity n’est donc pas anodin sur le plan réglementaire.

Cela illustre la longue persistance du césium 137 : t1/2=30t_{1/2} = 30 ans, si bien qu’en 2026, 81 ans après l’essai de 1945, il en reste encore e0,0231×8115\mathrm{e}^{-0{,}0231\times 81} \approx 15 % de la quantité initialement formée.

Exercice 3 — L’astéroïde 2024 PT5 (6 points)

1. Mouvement autour de la Terre

Q1

Donner l’expression vectorielle de la force FT/L\vec{F}_{\text{T/L}} exercée par la Terre sur la Lune.

Voir la correction

D’après la loi de la gravitation universelle, la Terre (masse MTM_{\text{T}}) attire la Lune (masse MLM_{\text{L}}), leurs centres étant distants de dT/Ld_{\text{T/L}}. Cette force est dirigée de la Lune vers la Terre, c’est-à-dire vers le centre de la trajectoire : elle est donc portée par le vecteur un\vec{u_n} du repère de Frenet (figure 1).

 FT/L=GMTMLdT/L2  un \boxed{\ \vec{F}_{\text{T/L}} = G\,\frac{M_{\text{T}}\cdot M_{\text{L}}}{d_{\text{T/L}}^{\,2}}\;\vec{u_n}\ }

Q2

En appliquant la deuxième loi de Newton, montrer que vL=GMTdT/Lv_{\text{L}} = \sqrt{\dfrac{G\cdot M_{\text{T}}}{d_{\text{T/L}}}}.

Voir la correction

Système : la Lune, de masse MLM_{\text{L}}, assimilée à son centre de masse L.

Référentiel : géocentrique, supposé galiléen.

Bilan des forces : seule la force d’attraction gravitationnelle exercée par la Terre.

D’après la deuxième loi de Newton :

Fext=MLaGMTMLdT/L2un=MLaa=GMTdT/L2un\sum\vec{F}_{\text{ext}} = M_{\text{L}}\,\vec{a} \qquad\Longrightarrow\qquad G\,\frac{M_{\text{T}} M_{\text{L}}}{d_{\text{T/L}}^{\,2}}\,\vec{u_n} = M_{\text{L}}\,\vec{a} \qquad\Longrightarrow\qquad \vec{a} = G\,\frac{M_{\text{T}}}{d_{\text{T/L}}^{\,2}}\,\vec{u_n}

Or, dans le repère de Frenet, pour un mouvement circulaire de rayon dT/Ld_{\text{T/L}} :

a=dvLdtut+vL2dT/Lun\vec{a} = \frac{d v_{\text{L}}}{d t}\,\vec{u_t} + \frac{v_{\text{L}}^{\,2}}{d_{\text{T/L}}}\,\vec{u_n}

L’accélération ne possédant aucune composante selon ut\vec{u_t}, l’identification donne :

dvLdt=0(mouvement uniforme)etvL2dT/L=GMTdT/L2\frac{d v_{\text{L}}}{d t} = 0 \quad\text{(mouvement uniforme)} \qquad\text{et}\qquad \frac{v_{\text{L}}^{\,2}}{d_{\text{T/L}}} = G\,\frac{M_{\text{T}}}{d_{\text{T/L}}^{\,2}}

vL2=GMTdT/L vL=GMTdT/L v_{\text{L}}^{\,2} = \frac{G\,M_{\text{T}}}{d_{\text{T/L}}} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\ v_{\text{L}} = \sqrt{\frac{G\cdot M_{\text{T}}}{d_{\text{T/L}}}}\ }

Q3

Déterminer l’expression de la période de révolution TT de la Lune, puis vérifier que l’on retrouve la troisième loi de Kepler.

Voir la correction

Le mouvement étant circulaire uniforme, la Lune parcourt la circonférence 2πdT/L2\pi d_{\text{T/L}} à la vitesse constante vLv_{\text{L}} pendant une période TT :

T=2πdT/LvL=2πdT/LGMTdT/L=2πdT/L×dT/LGMTT = \frac{2\pi\,d_{\text{T/L}}}{v_{\text{L}}} = \frac{2\pi\,d_{\text{T/L}}}{\sqrt{\dfrac{G M_{\text{T}}}{d_{\text{T/L}}}}} = 2\pi\,d_{\text{T/L}}\times\sqrt{\frac{d_{\text{T/L}}}{G M_{\text{T}}}}

 T=2πdT/L3GMT \boxed{\ T = 2\pi\sqrt{\frac{d_{\text{T/L}}^{\,3}}{G\,M_{\text{T}}}}\ }

En élevant au carré et en divisant par dT/L3d_{\text{T/L}}^{\,3} :

T2=4π2dT/L3GMT T2dT/L3=4π2GMT T^{2} = \frac{4\pi^{2}\,d_{\text{T/L}}^{\,3}}{G\,M_{\text{T}}} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\ \frac{T^{2}}{d_{\text{T/L}}^{\,3}} = \frac{4\pi^{2}}{G\cdot M_{\text{T}}}\ }

On retrouve bien la troisième loi de Kepler : le rapport T2d3\dfrac{T^{2}}{d^{3}} ne dépend que de la masse de l’astre attracteur, et non des caractéristiques du satellite.

Q4

Calculer la valeur de la distance Terre-Lune dT/Ld_{\text{T/L}}.

Voir la correction

En isolant dT/Ld_{\text{T/L}} dans la relation précédente :

dT/L3=GMTT24π2dT/L=GMTT24π23d_{\text{T/L}}^{\,3} = \frac{G\,M_{\text{T}}\,T^{2}}{4\pi^{2}} \qquad\Longrightarrow\qquad d_{\text{T/L}} = \sqrt[3]{\frac{G\,M_{\text{T}}\,T^{2}}{4\pi^{2}}}

Conversion de la période : T=27,3T = 27{,}3 jours =27,3×24×3600=2,36×106= 27{,}3\times 24\times 3600 = 2{,}36\times 10^{6} s.

dT/L=6,67×1011×5,972×1024×(2,36×106)24π23=5,61×10253d_{\text{T/L}} = \sqrt[3]{\frac{6{,}67\times 10^{-11}\times 5{,}972\times 10^{24} \times \left(2{,}36\times 10^{6}\right)^{2}}{4\pi^{2}}} = \sqrt[3]{5{,}61\times 10^{25}}

dT/L=3,83×108d_{\text{T/L}} = 3{,}83\times 10^{8} m =3,83×105= 3{,}83\times 10^{5} km

Cette valeur est cohérente avec la distance Terre-Lune communément admise (environ 384 000 km).

Q5

Calculer la valeur du rayon de la sphère de Hill de la Terre.

Voir la correction

La relation fournie s’utilise avec dT/Sd_{\text{T/S}} exprimée en kilomètres, le rapport des masses étant sans dimension :

rHill=dT/SMT3MS3=1,496×108×5,972×10243×1,989×10303r_{\text{Hill}} = d_{\text{T/S}}\cdot\sqrt[3]{\frac{M_{\text{T}}}{3\cdot M_{\text{S}}}} = 1{,}496\times 10^{8} \times \sqrt[3]{\frac{5{,}972\times 10^{24}}{3 \times 1{,}989\times 10^{30}}}

rHill=1,496×108×1,001×1063=1,496×108×1,000×102r_{\text{Hill}} = 1{,}496\times 10^{8} \times \sqrt[3]{1{,}001\times 10^{-6}} = 1{,}496\times 10^{8} \times 1{,}000\times 10^{-2}

rHill=1,50×106r_{\text{Hill}} = 1{,}50\times 10^{6} km

Q6

Indiquer si la Lune se situe dans la sphère de Hill de la Terre.

Voir la correction

Comparons la distance Terre-Lune au rayon de la sphère de Hill :

dT/L=3,83×105 km  <  rHill=1,50×106 kmd_{\text{T/L}} = 3{,}83\times 10^{5}\ \text{km} \;<\; r_{\text{Hill}} = 1{,}50\times 10^{6}\ \text{km}

La Lune est donc environ 4 fois plus proche de la Terre que la limite de la sphère de Hill.

Oui, la Lune se situe bien à l’intérieur de la sphère de Hill de la Terre.

C’est cohérent : à cette distance, l’attraction terrestre domine l’attraction solaire, ce qui permet à la Lune d’être un satellite permanent de la Terre.

Q7

À l’aide de la figure 2 et des réponses précédentes, donner un argument permettant d’expliquer que l’astéroïde n’a jamais été capturé par la gravité de la Terre.

Voir la correction

Étape 1 — convertir le rayon de la sphère de Hill en unités astronomiques. Pour pouvoir comparer avec la figure 2, exprimons rHillr_{\text{Hill}} dans la même unité, sachant que 11 au =1,496×108= 1{,}496\times 10^{8} km :

rHill=1,50×1061,496×108=1,0×102 aur_{\text{Hill}} = \frac{1{,}50\times 10^{6}}{1{,}496\times 10^{8}} = 1{,}0\times 10^{-2}\ \text{au}

Étape 2 — lecture de la figure 2 sur la période concernée. L’article évoque la période allant de novembre 2024 à janvier 2025. Sur cette période, la courbe de la figure 2 montre que la distance Terre-astéroïde décroît d’environ 0,027 au (début novembre) à un minimum d’environ 0,012 au (début janvier).

Étape 3 — comparaison et conclusion.

dasteˊroı¨de0,012 au  >  rHill=0,010 aud_{\text{astéroïde}} \geqslant 0{,}012\ \text{au} \;>\; r_{\text{Hill}} = 0{,}010\ \text{au}

Pendant toute cette période, l’astéroïde est resté à l’extérieur de la sphère de Hill de la Terre.

Or, hors de la sphère de Hill, c’est l’attraction gravitationnelle du Soleil qui domine celle de la Terre. Pendant toute la période où l’article le décrit « en orbite autour de la Terre », l’astéroïde n’a donc jamais pu être satellisé : c’est bien ce qu’affirme le second article, « sans jamais être capturé par sa gravité ».

Précision : la figure 2 montre qu’en août 2024 la distance est descendue jusqu’à environ 0,004 au, donc à l’intérieur de la sphère de Hill. Y pénétrer ne suffit cependant pas à être capturé : encore faut-il y rester, ce que dément la figure — l’astéroïde en est ressorti dès septembre 2024.

2. Observation de l’astéroïde à l’œil nu

Q8

Montrer que la valeur de l’angle θ\theta est égale à 1,9×1081{,}9\times 10^{-8} rad.

Voir la correction

D’après la figure 3, l’objet AB (ici le diamètre de l’astéroïde, d=11d = 11 m) est vu sous l’angle θ\theta depuis la Terre, à la distance dA/Td_{\text{A/T}}. Dans le triangle rectangle correspondant :

tanθ=ddA/T\tan\theta = \frac{d}{d_{\text{A/T}}}

L’angle étant très petit, tanθθ\tan\theta \approx \theta (en radians). Avec dA/T=5,67×105d_{\text{A/T}} = 5{,}67\times 10^{5} km =5,67×108= 5{,}67\times 10^{8} m :

θ=115,67×108\theta = \frac{11}{5{,}67\times 10^{8}}

θ=1,9×108\theta = 1{,}9\times 10^{-8} rad : la valeur annoncée est bien vérifiée.

Q9

En ne tenant compte que du pouvoir séparateur de l’œil, commenter la phrase de l’article : « une deuxième lune temporaire qu’on ne pourra malheureusement pas distinguer à l’œil nu ».

Voir la correction

L’objet AB ne peut être vu distinctement à l’œil nu que si θ>ε\theta > \varepsilon, où ε=3,0×104\varepsilon = 3{,}0\times 10^{-4} rad est le pouvoir séparateur de l’œil. Or :

θ=1,9×108 rad    ε=3,0×104 rad\theta = 1{,}9\times 10^{-8}\ \text{rad} \;\ll\; \varepsilon = 3{,}0\times 10^{-4}\ \text{rad}

εθ=3,0×1041,9×108=1,6×104\frac{\varepsilon}{\theta} = \frac{3{,}0\times 10^{-4}}{1{,}9\times 10^{-8}} = 1{,}6\times 10^{4}

L’angle sous lequel l’astéroïde est vu est donc plus de 15 000 fois trop petit pour que l’œil puisse en distinguer deux points diamétralement opposés.

L’affirmation de l’article est donc pleinement justifiée : l’astéroïde 2024 PT5 ne peut absolument pas être distingué à l’œil nu.

3. Observation de l’astéroïde avec une lunette astronomique

Q10

Sur le schéma de l’annexe 3, tracer la marche des deux rayons lumineux issus du point B, situé à l’infini, au travers de la lunette. Faire apparaître l’image intermédiaire A1B1\text{A}_1\text{B}_1.

Voir la correction
axe optiqueL1L2θθ′O1O2F1F′1 ≡ F2F′2B1A1rayons issus de Brayons émergents parallèles

Construction.

  1. Le point B étant à l’infini, les rayons qui en proviennent arrivent parallèles entre eux, inclinés de θ\theta sur l’axe optique.
  2. Le rayon passant par le centre optique O1\text{O}_1 n’est pas dévié : son intersection avec le plan focal image de L1\text{L}_1 donne le point B1\text{B}_1. L’image intermédiaire A1B1\text{A}_1\text{B}_1 est donc située dans ce plan, avec A1=F1\text{A}_1 = \text{F}'_1 sur l’axe.
  3. Le second rayon, parallèle au premier, émerge de L1\text{L}_1 en passant lui aussi par B1\text{B}_1.
  4. F2\text{F}_2 étant confondu avec F1\text{F}'_1 (lunette afocale), B1\text{B}_1 est dans le plan focal objet de l’oculaire : les rayons en émergent parallèles entre eux, dans la direction donnée par le rayon de construction B1O2\text{B}_1\text{O}_2 (pointillé).

L’image définitive est à l’infini, vue sous l’angle θ>θ\theta' > \theta.

Q11

Montrer que le grossissement de la lunette astronomique s’exprime par la relation G=f1f2G = \dfrac{f_1'}{f_2'}.

Voir la correction

Notons A1B1\text{A}_1\text{B}_1 la taille de l’image intermédiaire.

Angle θ\theta (objet vu à l’œil nu). Dans le triangle rectangle O1A1B1\text{O}_1\text{A}_1\text{B}_1, avec O1A1=O1F1=f1\text{O}_1\text{A}_1 = \text{O}_1\text{F}'_1 = f_1' :

tanθ=A1B1f1\tan\theta = \frac{\text{A}_1\text{B}_1}{f_1'}

Angle θ\theta' (image vue à travers l’oculaire). Le point B1\text{B}_1 étant dans le plan focal objet de L2\text{L}_2, à la distance A1O2=f2\text{A}_1\text{O}_2 = f_2' de l’oculaire, le triangle rectangle O2A1B1\text{O}_2\text{A}_1\text{B}_1 donne :

tanθ=A1B1f2\tan\theta' = \frac{\text{A}_1\text{B}_1}{f_2'}

Grossissement. Les angles étant très petits, tanθθ\tan\theta \approx \theta et tanθθ\tan\theta' \approx \theta' :

G=θθ=A1B1f2×f1A1B1 G=f1f2 G = \frac{\theta'}{\theta} = \frac{\text{A}_1\text{B}_1}{f_2'} \times \frac{f_1'}{\text{A}_1\text{B}_1} \qquad\Longrightarrow\qquad \boxed{\ G = \frac{f_1'}{f_2'}\ }

La taille A1B1\text{A}_1\text{B}_1 de l’image intermédiaire se simplifie : le grossissement ne dépend que des deux distances focales.

Q12

Déterminer si la « Grande Lunette » de Meudon permet de distinguer deux points diamétralement opposés de l’astéroïde 2024 PT5.

Voir la correction

Étape 1 — grossissement de la Grande Lunette. Avec f1=16f_1' = 16 m et f2=4f_2' = 4 cm =0,04= 0{,}04 m :

G=f1f2=160,04=4,0×102G = \frac{f_1'}{f_2'} = \frac{16}{0{,}04} = 4{,}0\times 10^{2}

Étape 2 — angle sous lequel l’astéroïde est vu à travers la lunette.

θ=G×θ=4,0×102×1,9×108=7,6×106 rad\theta' = G \times \theta = 4{,}0\times 10^{2} \times 1{,}9\times 10^{-8} = 7{,}6\times 10^{-6}\ \text{rad}

Étape 3 — comparaison au pouvoir séparateur de l’œil. Le critère à satisfaire est θ>ε\theta' > \varepsilon. Or :

θ=7,6×106 rad  <  ε=3,0×104 rad\theta' = 7{,}6\times 10^{-6}\ \text{rad} \;<\; \varepsilon = 3{,}0\times 10^{-4}\ \text{rad}

Non : même avec la « Grande Lunette » de Meudon, on ne peut pas distinguer deux points diamétralement opposés de l’astéroïde 2024 PT5.

Pour aller plus loin. Le grossissement minimal nécessaire serait :

Gmin=εθ=3,0×1041,9×108=1,6×104G_{\min} = \frac{\varepsilon}{\theta} = \frac{3{,}0\times 10^{-4}}{1{,}9\times 10^{-8}} = 1{,}6\times 10^{4}

soit environ 40 fois le grossissement de la plus grande lunette astronomique d’Europe. Cela confirme, de façon spectaculaire, à quel point cet astéroïde de 11 m est un objet difficile à observer : il n’a d’ailleurs été détecté qu’en août 2024, par des télescopes automatiques d’un tout autre type.

Récapitulatif des résultats numériques

Exercice 1. Base conjuguée : CO32\text{CO}_3^{2-} ; HCO3\text{HCO}_3^- amphotère • pH=9,0\text{pH} = 9{,}0 entre 6,4 et 10,3 : HCO3\text{HCO}_3^- majoritaire • mf=5,8×103m_f = 5{,}8\times 10^{-3} g • VE=12,0V_E = 12{,}0 mL • n1=6,0×105n_1 = 6{,}0\times 10^{-5} mol • mexp=7,3×103m_{\text{exp}} = 7{,}3\times 10^{-3} g, u(mexp)=1,9×104\mathrm{u}(m_{\text{exp}}) = 1{,}9\times 10^{-4} g, z7,9>2z \approx 7{,}9 > 2 : non compatible (ions carboxylate également titrés) • vert de bromocrésol, du bleu au jaune • VVichy=1,3V_{\text{Vichy}} = 1{,}3 mL • montage B • arôme de menthe • 8 groupes hydroxyle • c96 gL1c \approx 96\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} soit 9,6 g/100 mL : fabricant vérifié.

Exercice 2. 55 protons, 82 neutrons •   55137Cs  56137Ba+1  0e{}^{137}_{\ \ 55}\text{Cs} \rightarrow {}^{137}_{\ \ 56}\text{Ba} + {}^{\ \ 0}_{-1}\text{e}t1/2=30t_{1/2} = 30 ans λ=2,3×102 an1\rightarrow \lambda = 2{,}3\times 10^{-2}\ \text{an}^{-1}pourcentage = 100*np.exp(-0.0231*t)a2026=33 Bqg1a_{2026} = 33\ \text{Bq}\cdot\text{g}^{-1}, masse limite 0,30\approx 0{,}30 g.

Exercice 3. vL=GMT/dT/Lv_{\text{L}} = \sqrt{G M_{\text{T}}/d_{\text{T/L}}}dT/L=3,83×105d_{\text{T/L}} = 3{,}83\times 10^{5} km • rHill=1,50×106r_{\text{Hill}} = 1{,}50\times 10^{6} km =1,0×102= 1{,}0\times 10^{-2} au : la Lune est dedans, l’astéroïde (0,012\geqslant 0{,}012 au) toujours dehors • θ=1,9×108\theta = 1{,}9\times 10^{-8} rad ε=3,0×104\ll \varepsilon = 3{,}0\times 10^{-4} rad • G=4,0×102G = 4{,}0\times 10^{2}, θ=7,6×106\theta' = 7{,}6\times 10^{-6} rad <ε< \varepsilon : toujours indiscernable (Gmin=1,6×104G_{\min} = 1{,}6\times 10^{4}).

Corrigé non officiel, proposé par Génies des Sciences — il ne s'agit pas du barème du jury.

Ce qui tombe dans ce sujet

Exercice 1 — Les 200 ans de la pastille de Vichy (9 points)

Pour réviser : Force des acides et des bases · Méthodes de suivi d'un titrage · Méthodes physiques d'analyse d'un système chimique

Exercice 2 — Le césium 137 et l’essai Trinity (5 points)

Pour réviser : Transformations nucléaires et décroissance radioactive

Exercice 3 — L’astéroïde 2024 PT5 (6 points)

Pour réviser : Mouvement dans un champ de gravitation · La lunette astronomique

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