Bac physique-chimie 2026 — Amérique du Nord — Jour 2 : sujet et corrigé
« J’ai froid aux pieds sur le carrelage » : onze points de thermodynamique — effusivité, premier principe, transfert conducto-convectif — sur une sensation que tout le monde connaît. Suivent l’électrolyse de l’eau pour produire du dihydrogène vert et un titrage des espèces basiques d’une lessive de cendre.
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Exercice 1 — « J’ai froid aux pieds sur le carrelage, je préfère le parquet ! » (11 points)
1. Détermination de l’effusivité d’un matériau
Montrer que l’effusivité s’exprime en .
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L’effusivité est définie par . Écrivons l’unité du produit :
Or prendre la racine carrée revient à élever à la puissance , donc à diviser par 2 tous les exposants :
Indiquer le sens dans lequel s’opère le transfert thermique entre le corps chaud et le corps froid.
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Le transfert thermique s’effectue spontanément du corps chaud vers le corps froid, jusqu’à ce que l’équilibre thermique soit atteint.
Ici, le transfert a lieu du morceau de carrelage (39,7 °C) vers l’eau (25,4 °C).
C’est cohérent avec les températures relevées : l’eau se réchauffe (de 25,4 °C à 25,9 °C) tandis que le carrelage se refroidit (de 39,7 °C à 25,9 °C).
Rappeler le premier principe de la thermodynamique, définir tous les termes et leurs unités, puis l’appliquer au système dans le calorimètre.
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Énoncé du premier principe. Pour un système fermé au repos, la variation d’énergie interne entre l’état initial et l’état final est égale à la somme du travail et du transfert thermique échangés avec le milieu extérieur :
- : variation d’énergie interne du système, en joules (J) ;
- : travail échangé avec l’extérieur, en joules (J) ;
- : transfert thermique échangé avec l’extérieur, en joules (J).
et sont comptés positivement lorsqu’ils sont reçus par le système.
Application au système dans le calorimètre. L’énoncé précise que l’on néglige tout travail et tout transfert thermique avec l’extérieur :
L’énergie interne étant une grandeur extensive, celle du système est la somme de celles de ses deux constituants :
Autrement dit, toute l’énergie cédée par le carrelage est reçue par l’eau.
Montrer que la variation d’énergie interne de l’eau dans le calorimètre vaut J.
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L’eau est un système incompressible, donc avec :
Avec g kg, et une variation de température °C K :
J : la valeur annoncée est bien vérifiée.
Cette valeur est positive : l’eau a bien reçu de l’énergie, conformément à la question Q.2.
En déduire que la capacité thermique du morceau de carrelage vaut .
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D’après le premier principe appliqué à la question Q.3 :
Le carrelage étant lui aussi un système incompressible :
: la valeur annoncée est bien vérifiée.
Le résultat est positif, comme doit l’être toute capacité thermique : les deux signes négatifs se compensent (le carrelage cède de l’énergie et sa température diminue).
Calculer la valeur de la capacité thermique volumique du carrelage .
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Par définition, la capacité thermique volumique est le quotient de la capacité thermique du morceau par son volume :
Montrer que l’effusivité du carrelage vaut .
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En appliquant la définition de l’effusivité, avec :
: la valeur annoncée est bien vérifiée.
Justifier la cohérence des valeurs d’effusivité des matériaux par rapport au texte d’introduction.
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Comparons les deux effusivités déterminées expérimentalement :
L’effusivité du carrelage est donc environ 3,4 fois plus grande que celle du bois.
Or le texte d’introduction cite explicitement le carrelage comme exemple de matériau à forte effusivité (« un matériau absorbe rapidement de l’énergie thermique sans se réchauffer notablement en surface (cas de la pierre, de l’acier, du carrelage) ») et le bois comme exemple de matériau à faible effusivité (« le matériau se réchauffe très rapidement sur la surface de contact … comme c’est le cas pour le bois »).
Les valeurs mesurées sont donc cohérentes avec le texte : celle du carrelage est bien nettement supérieure à celle du bois.
2. Mesure et calcul de la température de contact
Exprimer la valeur de en kelvin.
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La conversion des degrés Celsius en kelvins s’écrit . Avec °C :
K
L’incertitude-type associée à la mesure vaut °C, soit K : on peut écrire K.
Calculer la valeur de la température de contact théorique entre la poche de silicone et le bois.
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Convertissons d’abord les températures initiales en kelvins :
En appliquant la relation fournie avec A silicone et B bois :
K
Comparer les températures de contact mesurées et calculées, et conclure.
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Rassemblons les quatre valeurs :
| Contact | (K) | (K) | (K) |
|---|---|---|---|
| silicone–bois | |||
| silicone–carrelage |
L’incertitude-type associée à chaque mesure de température vaut °C K. Formons, pour chaque contact, le quotient qui permet de discuter l’accord entre une valeur mesurée et une valeur de référence :
Ce quotient est inférieur à 2 : l’écart entre la mesure et le calcul s’explique entièrement par l’incertitude de mesure.
Les valeurs mesurées et calculées sont en accord pour les deux couples de matériaux : le modèle de la température de contact est validé par l’expérience.
Expliquer les raisons de la sensation décrite dans le titre de l’exercice.
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Démarche suivie : (1) comparer les températures de contact réellement atteintes dans les deux cas ; (2) expliquer cet écart par la relation donnant ; (3) revenir à l’interprétation physique du texte d’introduction.
Étape 1 — les deux températures de contact. Les deux sols sont à la même température initiale ( °C), et le pied est dans les deux cas à 34,1 °C. Pourtant, les températures de contact mesurées diffèrent nettement :
soit un écart de plus de 4 °C.
Étape 2 — explication par les effusivités. La température de contact est une moyenne pondérée par les effusivités : c’est le matériau de plus forte effusivité qui « impose » sa température. Or :
- sur le carrelage, : c’est le sol, froid, qui l’emporte, et la température de contact se rapproche de la sienne ;
- sur le bois, : c’est cette fois le pied, chaud, qui l’emporte, et la température de contact reste proche de la sienne.
Étape 3 — interprétation physique. Le carrelage, de forte effusivité, absorbe rapidement l’énergie thermique du pied sans se réchauffer en surface : le pied continue donc à lui céder de l’énergie et sa surface se refroidit fortement. Le bois, de faible effusivité, se réchauffe au contraire très vite au niveau de la surface de contact, et cesse alors de prendre de l’énergie au pied.
Les capteurs thermiques de la peau ne perçoivent pas la température du sol, mais la température de contact : celle-ci est bien plus basse sur le carrelage (24,2 °C) que sur le parquet (28,3 °C), d’où la sensation de froid sur le carrelage.
3. Transfert conducto-convectif
Préciser quel transfert thermique supplémentaire, lié à la présence d’eau liquide, apparaît dans le thermostat par rapport aux matériaux solides utilisés précédemment.
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Dans un solide (carrelage, bois), les particules ne peuvent pas se déplacer : le transfert thermique s’y fait uniquement par conduction, de proche en proche.
Dans un liquide, les particules peuvent au contraire se déplacer : un mode de transfert supplémentaire apparaît.
Le transfert supplémentaire est la convection : le déplacement de l’eau liquide transporte elle-même l’énergie thermique.
C’est la raison pour laquelle on parle ici d’un transfert « conducto-convectif » : les deux modes coexistent, d’où la loi de Newton utilisée dans la suite.
Donner l’expression du transfert thermique en fonction du flux thermique pendant une durée très petite .
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Le flux thermique est l’énergie transférée par unité de temps : c’est une puissance, exprimée en watts.
Cette relation n’est valable que pour une durée très petite, pendant laquelle le flux peut être considéré comme constant — or il dépend ici de , qui varie au cours du temps.
Montrer, par application du premier principe au silicone, que les variations de sa température vérifient , avec .
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Système : le silicone contenu dans la poche, de capacité thermique .
Pendant une durée très petite , sa température varie de . Le premier principe, appliqué à ce système incompressible et en négligeant le travail, s’écrit :
Le transfert thermique reçu par le silicone pendant s’obtient par la question Q.14, en y reportant la loi de Newton :
En égalant les deux expressions :
En faisant tendre vers 0, le taux de variation devient la dérivée :
On reconnaît le temps caractéristique , c’est-à-dire :
En regroupant les termes en dans le membre de gauche :
Comparer les deux courbes obtenues en annexe et commenter.
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L’annexe présente, en fonction du temps, la température mesurée (croix) et la température modélisée (points gris) au centre de la poche de silicone.
Comparaison. Les deux séries de points sont pratiquement superposées sur toute la durée de l’acquisition (3 heures, soit s) : elles partent toutes deux d’environ 11,6 °C, décroissent de la même façon et atteignent la température du thermostat (0 °C) vers s. Les écarts éventuels restent inférieurs à la taille des points.
Commentaire. La fonction du modèle, , est bien de la forme annoncée par l’énoncé, avec :
La valeur °C obtenue par la modélisation correspond exactement à la température du thermostat eau liquide/glace, ce qui est un excellent contrôle.
Le modèle du transfert conducto-convectif (loi de Newton) décrit très fidèlement l’expérience : il est validé.
Déterminer la valeur du temps caractéristique par construction graphique sur l’annexe.
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Méthode employée : tangente à l’origine. Pour une décroissance exponentielle, la tangente à la courbe à l’instant initial coupe l’asymptote horizontale à l’abscisse . Ici °C : l’asymptote se confond avec l’axe des abscisses.
En projetant sur l’axe des abscisses le point d’intersection de la tangente avec l’asymptote, on lit :
s
Seconde méthode possible : à , la température vaut °C. On repère cette ordonnée sur la courbe et on lit l’abscisse correspondante : on retrouve s.
Cette lecture graphique est cohérente avec la valeur s figurant dans l’équation du modèle inscrite sur l’annexe.
Calculer la valeur de , sachant que et .
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En isolant dans l’expression du temps caractéristique établie à la question Q.15 :
Le temps caractéristique ayant été lu avec 2 chiffres significatifs, le résultat s’écrit avec 2 chiffres significatifs :
Comparer les valeurs des deux coefficients conducto-convectifs et indiquer le fluide dans lequel le pied se refroidit le plus vite.
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Le coefficient conducto-convectif avec l’eau est environ 3 fois plus grand qu’avec l’air.
Or, comme le rappelle l’énoncé, « plus le coefficient de transfert conducto-convectif est grand, plus le flux sera important ». À écart de température égal, le pied cède donc environ 3 fois plus d’énergie par seconde dans l’eau que dans l’air.
Le pied se refroidit plus vite dans l’eau que dans l’air.
On peut le confirmer par le temps caractéristique, inversement proportionnel à :
soit environ 3 fois plus long que dans l’eau ( s) : le refroidissement dans l’air est bien 3 fois plus lent. C’est d’ailleurs l’expérience de chacun — on a beaucoup plus vite froid dans une eau à 20 °C que dans l’air à 20 °C.
Exercice 2 — HOPE, l’espoir du dihydrogène vert (5 points)
Déterminer, en , l’énergie moyenne produite par l’éolienne chaque jour au mois de décembre 2023.
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Le mois de décembre compte 31 jours. L’énergie moyenne produite par jour est donc le quotient de l’énergie totale par le nombre de jours :
par jour
Compléter le document 2 de l’annexe en y faisant figurer le sens de circulation du courant électrique et celui des électrons dans le circuit électrique.
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Dans le circuit extérieur, le courant électrique conventionnel sort de la borne + du générateur, traverse les fils conducteurs et l’électrolyseur, puis revient par la borne −. Les électrons, porteurs de charge négative, circulent dans les fils en sens inverse du courant.
Courant : de la borne vers l’électrode de gauche, puis dans la solution vers l’électrode de droite, et retour à la borne . Électrons : en sens inverse dans les fils conducteurs.
Écrire les demi-équations électroniques des deux couples d’oxydoréduction et associer à chaque électrode la demi-équation s’y produisant.
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Demi-équations des deux couples.
- couple :
- couple :
Attribution aux électrodes. À l’électrode reliée à la borne du générateur, les électrons arrivent : ils sont donc consommés, il s’y produit une réduction. À l’électrode reliée à la borne , les électrons sont au contraire arrachés : il s’y produit une oxydation.
| Électrode reliée à la borne (anode) — oxydation | Électrode reliée à la borne (cathode) — réduction |
|---|---|
| dégagement de dioxygène | dégagement de dihydrogène |
En déduire l’équation de la réaction modélisant la transformation qui a lieu au sein de l’électrolyseur.
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Les électrons produits à l’anode sont exactement ceux qui sont consommés à la cathode : il faut donc équilibrer leur nombre. On multiplie la demi-équation de réduction par 2 :
En additionnant membre à membre, les 4 électrons et les 4 ions se simplifient :
L’électrolyse réalise donc la décomposition de l’eau en dihydrogène et dioxygène.
Exprimer en fonction de , et la quantité de matière d’électrons échangés dans cet électrolyseur, puis calculer sa valeur.
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La charge électrique transférée pendant la durée vaut . Comme une mole d’électrons transporte la charge :
Conversion des données : mA A et s.
mol
Montrer que la masse de dihydrogène produite vaut g dans l’électrolyseur du laboratoire.
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D’après la demi-équation se produisant à la cathode, , il faut 2 moles d’électrons pour former 1 mole de dihydrogène :
La masse molaire du dihydrogène vaut , d’où :
g : la valeur annoncée est bien vérifiée.
Calculer l’énergie nécessaire, dans ces conditions, pour récupérer 400 kg de dihydrogène.
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Démarche suivie : (1) calculer l’énergie électrique consommée par l’électrolyseur du laboratoire ; (2) en déduire l’énergie nécessaire par gramme de dihydrogène ; (3) extrapoler aux 400 kg visés.
Étape 1 — énergie consommée au laboratoire. L’énergie électrique reçue par l’électrolyseur, soumis à la tension et parcouru par l’intensité pendant la durée , vaut :
Étape 2 — énergie par gramme de dihydrogène. Cette énergie a permis de produire g de dihydrogène (question Q.6) :
Étape 3 — extrapolation à 400 kg. Avec kg g, et en supposant que l’électrolyseur industriel fonctionne avec la même efficacité que celui du laboratoire :
J
Convertissons en mégawattheures, sachant que J :
Vérifier si ce résultat est cohérent avec le résultat trouvé à la question Q.1. Commenter.
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Comparons l’énergie nécessaire chaque jour à l’énergie disponible chaque jour :
Le résultat n’est pas cohérent : l’éolienne ne produit pas assez d’énergie. Il en faudrait environ 1,7 fois plus pour atteindre les 400 kg de dihydrogène par jour.
Commentaire. Plusieurs remarques permettent de nuancer cette conclusion :
- le calcul de la question Q.7 suppose que l’installation industrielle a exactement la même efficacité que le petit électrolyseur du laboratoire. Or un électrolyseur industriel est optimisé : à quantité de dihydrogène égale, il consomme moins d’énergie. L’énergie réellement nécessaire est donc probablement plus faible que les 50,8 calculés ;
- l’énergie produite par l’éolienne varie fortement d’un mois à l’autre : la valeur de 922 ne concerne que le mois de décembre 2023. Décembre étant un mois généralement venteux, la moyenne annuelle serait plutôt inférieure — ce qui ne ferait qu’aggraver le constat ;
- pour atteindre l’objectif, on peut installer plusieurs éoliennes flottantes autour de la plateforme — c’est d’ailleurs le principe des parcs éoliens en mer.
Exercice 3 — La lessive de cendre (4 points)
1. Étude de l’ion carbonate
Définir une espèce chimique basique selon Brönsted.
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Selon Brönsted, une base est une espèce chimique capable de capter (accepter) un ou plusieurs protons au cours d’une transformation chimique.
(Par opposition, un acide de Brönsted est une espèce capable de céder un ou plusieurs protons .)
Calculer la concentration en quantité de matière des ions carbonate dans la solution S.
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Quantité de matière de carbonate de potassium dissous, avec g et :
La dissolution du solide libère les ions selon : il se forme donc une mole d’ions carbonate par mole de solide dissous.
La solution est préparée dans une fiole jaugée de mL L :
Écrire et ajuster l’équation de la réaction acido-basique se produisant entre et .
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L’ion carbonate est la base du couple : il capte un proton. L’eau joue ici le rôle d’acide, dans le couple : elle cède un proton.
En additionnant ces deux demi-équations, le proton se simplifie :
Vérification de l’ajustement : conservation des éléments (C : 1 = 1 ; O : 3+1 = 3+1 ; H : 2 = 1+1) et conservation de la charge (). ✓
Le pH de la solution S est de 11,8. En déduire la concentration en ions hydroxyde dans S.
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La concentration en ions oxonium se déduit du pH :
Le produit ionique de l’eau relie les deux concentrations :
Méthode équivalente : , d’où .
Comparer la concentration en ions hydroxyde à la concentration apportée en ions carbonate. En déduire que l’ion carbonate est une base faible.
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Formons le quotient des deux concentrations :
D’après le tableau d’avancement de la réaction de la question Q.3, chaque ion carbonate ayant réagi produit un ion hydroxyde. Le quotient représente donc le taux d’avancement final de la réaction : seuls environ 3 % des ions carbonate introduits ont effectivement réagi avec l’eau.
Si l’ion carbonate était une base forte, sa réaction avec l’eau serait totale et l’on aurait . Ce n’est manifestement pas le cas : la transformation est très limitée.
L’ion carbonate est donc une base faible.
Par conséquent, plus de 97 % des ions carbonate restent sous la forme en solution (l’ion formé demeure minoritaire) : on peut légitimement assimiler la lessive de cendre à une simple solution d’ions carbonate.
2. Titrage des espèces basiques contenues dans la lessive de cendre
Écrire les demi-équations des couples mettant en jeu les ions carbonate et celui de l’eau, et justifier l’équation support de la réaction de titrage.
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Demi-équations des couples mettant en jeu les ions carbonate :
Demi-équation du couple de l’eau :
Demi-équation du couple réellement mis en jeu par le titrant. La solution titrante est de l’acide chlorhydrique : elle apporte des ions oxonium, qui cèdent des protons. C’est donc le couple qui intervient dans la réaction de titrage :
Justification de l’équation de titrage. L’ion carbonate capte successivement deux protons pour se transformer en :
Ces deux protons sont cédés par deux ions oxonium :
En additionnant l’ensemble, les protons se simplifient :
Vérification : conservation des éléments (C : 1 = 1 ; O : 3 + 2 = 3 + 2 ; H : 6 = 2 + 4) et de la charge (). ✓
Déterminer la valeur de la concentration en quantité de matière en ions carbonate de la lessive de cendre .
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Démarche suivie : (1) exploiter la relation à l’équivalence, en tenant compte des nombres stœchiométriques ; (2) remonter de la solution diluée à la lessive grâce au facteur de dilution.
Étape 1 — concentration de la solution diluée . D’après l’équation de titrage établie à la question Q.6, 2 moles d’ions oxonium sont nécessaires pour faire réagir 1 mole d’ions carbonate. À l’équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques :
Étape 2 — concentration de la lessive . La solution a été obtenue par une dilution par 10 de : la concentration de est donc dix fois plus grande.
Déterminer un encadrement du volume de lessive de cendre à introduire dans la machine à laver pour répondre aux préconisations de l’étiquette. Commenter.
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Étape 1 — quantité d’espèces basiques préconisée. Les mesures qualifient l’eau de dure. D’après le tableau de l’étiquette, il faut introduire, pour 5 kg de linge, une quantité d’espèces chimiques basiques comprise entre :
Étape 2 — volume de lessive de cendre correspondant. D’après la question Q.5, l’espèce basique de la lessive de cendre est l’ion carbonate, de concentration . La quantité apportée par un volume vaut , d’où :
(soit environ de 140 mL à 240 mL de lessive de cendre)
Étape 3 — commentaire. Pour une lessive commerciale, l’énoncé indique un volume compris entre 50 et 150 mL. Il faut donc verser nettement plus de lessive de cendre — environ deux fois plus — pour apporter la même quantité d’espèces basiques.
C’est cohérent : la lessive de cendre est obtenue par simple trempage de cendres dans l’eau, sans étape de concentration ; elle est donc moins concentrée en espèces basiques qu’un produit industriel.
Le résultat reste néanmoins tout à fait praticable au quotidien : verser environ 200 mL de lessive de cendre à chaque machine ne pose aucune difficulté — il faut simplement en préparer davantage, ce qui reste peu coûteux puisque la matière première est un déchet de combustion.
Récapitulatif des résultats numériques
Exercice 1. • J • • • (soit ) • K, K (quotient : accord) • s • , soit : refroidissement 3 fois plus rapide dans l’eau.
Exercice 2. • anode : ; cathode : • bilan : • mol • g • J : l’éolienne seule ne suffit pas (facteur 1,7).
Exercice 3. • • taux d’avancement % : base faible • • , soit environ le double du volume d’une lessive commerciale.
Corrigé non officiel, proposé par Génies des Sciences — il ne s'agit pas du barème du jury.
Ce qui tombe dans ce sujet
Exercice 1 — « J’ai froid aux pieds sur le carrelage, je préfère le parquet ! » (11 points)
Pour réviser : Premier principe et transferts thermiques
Exercice 2 — HOPE, l’espoir du dihydrogène vert (5 points)
Pour réviser : Piles et électrolyse
Exercice 3 — La lessive de cendre (4 points)
Pour réviser : Force des acides et des bases · Méthodes de suivi d'un titrage
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