Résumé — Le schéma de Bernoulli et la loi binomiale
Lancer dix fois une pièce, répondre au hasard à un QCM, tester vingt ampoules à la sortie d’une chaîne de production : à chaque fois, on répète la même expérience à deux issues et on compte les succès. Ce modèle, c’est le schéma de Bernoulli, et la loi du nombre de succès, c’est la loi binomiale — la grande vedette des probabilités de terminale. Nouveauté par rapport à la première : les coefficients binomiaux, l’outil qui compte les chemins de l’arbre sans avoir à le dessiner.
La succession d’épreuves indépendantes
Quand on enchaîne des expériences aléatoires indépendantes (le résultat de l’une n’influence pas les autres), une issue de l’expérience globale est une liste , et une seule règle gouverne tout :
- La probabilité d’une liste de résultats est le produit des probabilités de chaque résultat.
- Sur un arbre, cela revient à multiplier les probabilités rencontrées le long du chemin.
Exemple : on lance un dé équilibré puis une pièce équilibrée. .
L’épreuve de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli est une expérience à deux issues : le succès, de probabilité , et l’échec, de probabilité . La variable aléatoire qui vaut en cas de succès et sinon suit la loi de Bernoulli de paramètre , avec et .
Le schéma de Bernoulli et les coefficients binomiaux
Un schéma de Bernoulli est la répétition de épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes. Son arbre possède chemins — d’où le besoin d’un outil de comptage :
le coefficient binomial (lire « parmi ») est le nombre de chemins de l’arbre réalisant exactement succès parmi les épreuves.
- Valeurs immédiates : (un seul chemin sans aucun succès), et .
- Symétrie : — choisir les succès, c’est choisir les échecs.
- Relation de Pascal : .
Le triangle de Pascal
Chaque ligne commence et finit par , et chaque nombre est la somme des deux situés juste au-dessus (c’est la relation de Pascal). Lignes à : — — — — — — . Pour lire : ligne , position (en comptant à partir de ), soit .
La loi binomiale
Dans un schéma de Bernoulli à épreuves de paramètre , la variable aléatoire qui compte le nombre de succès suit la loi binomiale .
La loi binomiale ℬ(n ; p)
Valable pour k allant de 0 à n. L’écart type est la racine carrée de la variance : σ(X) = √(np(1 − p)).
D’où sort la formule ? (démonstration éclair)
Un chemin qui réalise exactement succès traverse branches « succès » et branches « échec » : sa probabilité vaut (produit le long des branches). Il existe chemins de ce type, deux à deux incompatibles : on additionne leurs probabilités, d’où .
Les calculs pratiques
Ta calculatrice calcule directement et (menu des distributions : commandes souvent nommées binomFdp et binomFRép). Tout le reste s’y ramène :
- : pour une variable entière, le contraire de « au moins » est « au plus ».
- .
- « Au moins un succès » : .
Problème de seuil : chercher le plus petit tel que avec revient à résoudre . Un tableau de valeurs (ou le logarithme) donne , car alors que . Même logique pour chercher un intervalle tel que soit inférieure à un seuil donné — ou supérieure à .
La représentation graphique
La loi binomiale se représente par un diagramme en bâtons : au-dessus de chaque valeur , un bâton de hauteur . Les bâtons les plus hauts se trouvent autour de l’espérance : le diagramme est symétrique quand , la « bosse » se déplace vers les petites valeurs quand et vers les grandes quand . Un coup d’œil au graphique suffit donc pour estimer où la loi concentre ses probabilités.
Les pièges classiques
Avant de foncer sur la formule
Vérifie le modèle : même expérience répétée, épreuves indépendantes, deux issues — un tirage sans remise n’est pas un schéma de Bernoulli (les probabilités changent à chaque tirage), mais on l’assimile à un tirage avec remise quand la population est très grande. Traduis bien les inégalités : et pour une variable entière. N’oublie pas le coefficient binomial dans — sauf pour ou , où il vaut . Et face à un « au moins un », passe systématiquement par l’événement contraire « aucun ».