Tle Mathématiques Fiche méthode

Résumé — Le schéma de Bernoulli et la loi binomiale

Sommaire de la fiche
  1. La succession d’épreuves indépendantes
  2. L’épreuve de Bernoulli
  3. Le schéma de Bernoulli et les coefficients binomiaux
  4. La loi binomiale
  5. Les calculs pratiques
  6. La représentation graphique
  7. Les pièges classiques

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Lancer dix fois une pièce, répondre au hasard à un QCM, tester vingt ampoules à la sortie d’une chaîne de production : à chaque fois, on répète la même expérience à deux issues et on compte les succès. Ce modèle, c’est le schéma de Bernoulli, et la loi du nombre de succès, c’est la loi binomiale — la grande vedette des probabilités de terminale. Nouveauté par rapport à la première : les coefficients binomiaux, l’outil qui compte les chemins de l’arbre sans avoir à le dessiner.

La succession d’épreuves indépendantes

Quand on enchaîne des expériences aléatoires indépendantes (le résultat de l’une n’influence pas les autres), une issue de l’expérience globale est une liste (x1 ; x2 ; … ; xn)(x_1\,;\,x_2\,;\,\ldots\,;\,x_n), et une seule règle gouverne tout :

  • La probabilité d’une liste de résultats est le produit des probabilités de chaque résultat.
  • Sur un arbre, cela revient à multiplier les probabilités rencontrées le long du chemin.

Exemple : on lance un dé équilibré puis une pièce équilibrée. P((6 ; pile))=16×12=112P((6\,;\,\text{pile})) = \dfrac{1}{6} \times \dfrac{1}{2} = \dfrac{1}{12}.

L’épreuve de Bernoulli

Une épreuve de Bernoulli est une expérience à deux issues : le succès, de probabilité pp, et l’échec, de probabilité 1−p1 - p. La variable aléatoire XX qui vaut 11 en cas de succès et 00 sinon suit la loi de Bernoulli de paramètre pp, avec E(X)=pE(X) = p et V(X)=p(1−p)V(X) = p(1 - p).

Le schéma de Bernoulli et les coefficients binomiaux

Un schéma de Bernoulli est la répétition de nn épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes. Son arbre possède 2n2^n chemins — d’où le besoin d’un outil de comptage :

le coefficient binomial (nk)\binom{n}{k} (lire « kk parmi nn ») est le nombre de chemins de l’arbre réalisant exactement kk succès parmi les nn épreuves.

  • Valeurs immédiates : (n0)=1\binom{n}{0} = 1 (un seul chemin sans aucun succès), (nn)=1\binom{n}{n} = 1 et (n1)=n\binom{n}{1} = n.
  • Symétrie : (nk)=(nn−k)\binom{n}{k} = \binom{n}{n - k} — choisir les kk succès, c’est choisir les n−kn - k échecs.
  • Relation de Pascal : (nk)+(nk+1)=(n+1k+1)\binom{n}{k} + \binom{n}{k + 1} = \binom{n + 1}{k + 1}.

Le triangle de Pascal

Chaque ligne commence et finit par 11, et chaque nombre est la somme des deux situés juste au-dessus (c’est la relation de Pascal). Lignes 00 à 66 : 11 — 1    11\;\;1 — 1    2    11\;\;2\;\;1 — 1    3    3    11\;\;3\;\;3\;\;1 — 1    4    6    4    11\;\;4\;\;6\;\;4\;\;1 — 1    5    10    10    5    11\;\;5\;\;10\;\;10\;\;5\;\;1 — 1    6    15    20    15    6    11\;\;6\;\;15\;\;20\;\;15\;\;6\;\;1. Pour lire (52)\binom{5}{2} : ligne 55, position 22 (en comptant à partir de 00), soit 1010.

La loi binomiale

Dans un schéma de Bernoulli à nn épreuves de paramètre pp, la variable aléatoire XX qui compte le nombre de succès suit la loi binomiale B(n ; p)\mathcal{B}(n\,;\,p).

La loi binomiale ℬ(n ; p)

P(X=k)=(nk) pk(1−p)n−kE(X)=npV(X)=np(1−p)P(X = k) = \binom{n}{k}\, p^k (1 - p)^{n - k} \qquad E(X) = np \qquad V(X) = np(1 - p)

Valable pour k allant de 0 à n. L’écart type est la racine carrée de la variance : σ(X) = √(np(1 − p)).

D’où sort la formule ? (démonstration éclair)

Un chemin qui réalise exactement kk succès traverse kk branches « succès » et n−kn - k branches « échec » : sa probabilité vaut pk(1−p)n−kp^k(1 - p)^{n - k} (produit le long des branches). Il existe (nk)\binom{n}{k} chemins de ce type, deux à deux incompatibles : on additionne leurs probabilités, d’où P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X = k) = \binom{n}{k} p^k (1 - p)^{n - k}.

Les calculs pratiques

Ta calculatrice calcule directement P(X=k)P(X = k) et P(X≤k)P(X \leq k) (menu des distributions : commandes souvent nommées binomFdp et binomFRép). Tout le reste s’y ramène :

  • P(X≥k)=1−P(X≤k−1)P(X \geq k) = 1 - P(X \leq k - 1) : pour une variable entière, le contraire de « au moins kk » est « au plus k−1k - 1 ».
  • P(k≤X≤k′)=P(X≤k′)−P(X≤k−1)P(k \leq X \leq k') = P(X \leq k') - P(X \leq k - 1).
  • « Au moins un succès » : P(X≥1)=1−P(X=0)=1−(1−p)nP(X \geq 1) = 1 - P(X = 0) = 1 - (1 - p)^n.

Problème de seuil : chercher le plus petit nn tel que P(X≥1)≥0,99P(X \geq 1) \geq 0{,}99 avec p=0,5p = 0{,}5 revient à résoudre 0,5n≤0,010{,}5^n \leq 0{,}01. Un tableau de valeurs (ou le logarithme) donne n=7n = 7, car 0,57≈0,0080{,}5^7 \approx 0{,}008 alors que 0,56≈0,0160{,}5^6 \approx 0{,}016. Même logique pour chercher un intervalle II tel que P(X∈I)P(X \in I) soit inférieure à un seuil α\alpha donné — ou supérieure à 1−α1 - \alpha.

La représentation graphique

La loi binomiale se représente par un diagramme en bâtons : au-dessus de chaque valeur kk, un bâton de hauteur P(X=k)P(X = k). Les bâtons les plus hauts se trouvent autour de l’espérance npnp : le diagramme est symétrique quand p=0,5p = 0{,}5, la « bosse » se déplace vers les petites valeurs quand p<0,5p < 0{,}5 et vers les grandes quand p>0,5p > 0{,}5. Un coup d’œil au graphique suffit donc pour estimer où la loi concentre ses probabilités.

Les pièges classiques

Avant de foncer sur la formule

Vérifie le modèle : même expérience répétée, épreuves indépendantes, deux issues — un tirage sans remise n’est pas un schéma de Bernoulli (les probabilités changent à chaque tirage), mais on l’assimile à un tirage avec remise quand la population est très grande. Traduis bien les inégalités : P(X<5)=P(X≤4)P(X < 5) = P(X \leq 4) et P(X>5)=P(X≥6)P(X > 5) = P(X \geq 6) pour une variable entière. N’oublie pas le coefficient binomial dans P(X=k)P(X = k) — sauf pour k=0k = 0 ou k=nk = n, où il vaut 11. Et face à un « au moins un », passe systématiquement par l’événement contraire « aucun ».

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