Résumé — Les limites de suites
Que devient quand devient immense ? La suite se stabilise-t-elle autour d’une valeur, explose-t-elle vers l’infini, oscille-t-elle sans jamais choisir ? En première, tu calculais des termes ; en terminale, tu étudies leur comportement à l’infini. C’est l’entrée dans l’analyse « asymptotique » — et l’un des chapitres les plus rentables du bac.
Converger, diverger : les trois scénarios
- Limite finie : la suite converge vers le réel si tout intervalle ouvert contenant contient toutes les valeurs à partir d’un certain rang. Concrètement : les termes finissent par s’accumuler aussi près de qu’on veut. Exemple : converge vers .
- Limite infinie : tend vers si tout intervalle de la forme contient toutes les valeurs à partir d’un certain rang — la suite finit par dépasser n’importe quel seuil , aussi grand soit-il. Définition analogue pour .
- Ni l’un ni l’autre : certaines suites divergent sans limite, comme qui oscille entre et sans jamais se stabiliser.
Vocabulaire : « converger », c’est avoir une limite finie ; « diverger », c’est tout le reste — limite infinie ou absence de limite.
Opérations sur les limites et formes indéterminées
Sommes, produits, quotients : les limites se combinent presque toujours « comme on l’imagine » ( plus donne , l’inverse d’une suite tendant vers tend vers …). Mais quatre situations ne permettent aucune conclusion directe — les formes indéterminées : « », « », « » et « ». Chaque cas demande de transformer l’écriture avant de conclure.
Lever une indétermination : factorise le terme dominant
Face à (forme « »), mets en facteur le terme qui croît le plus vite : . Comme et , le produit tend vers . Même réflexe pour un quotient (forme « ») : .
Comparaison et gendarmes
- Théorème de comparaison : si à partir d’un certain rang et si , alors . (Version symétrique : majorée par une suite tendant vers .)
- Théorème des gendarmes : si à partir d’un certain rang et si et convergent vers la même limite , alors converge vers .
Exemple : pour , , et les deux gendarmes tendent vers : donc — alors que tout seul n’a pas de limite. Ces théorèmes sont l’arme absolue contre les suites qui contiennent un morceau borné mais sans limite (, …).
La limite de qⁿ
Comportement de la suite géométrique (qⁿ)
La démonstration du cas q > 1 est à connaître : on écrit q = 1 + a avec a > 0, l’inégalité de Bernoulli donne qⁿ ≥ 1 + na, et le théorème de comparaison conclut.
Suites arithmétiques et géométriques
- Arithmétique () : si , la suite tend vers ; si , vers ; si , elle est constante. Une suite arithmétique ne converge donc jamais, sauf si elle est constante.
- Géométrique ( avec ) : on applique le tableau de ci-dessus, en tenant compte du signe de . Exemple : tend vers , et tend vers .
Le théorème de la limite monotone
Une suite est majorée s’il existe un réel tel que pour tout , minorée s’il existe tel que pour tout , bornée si elle est les deux à la fois.
Le théorème d’existence du chapitre (admis)
Toute suite croissante et majorée converge. Toute suite décroissante et minorée converge. Et en complément (démonstration à connaître) : toute suite croissante non majorée tend vers .
C’est un théorème d’existence : il garantit que la limite existe, mais ne dit pas combien elle vaut. Une suite croissante et majorée par converge vers un réel … pas forcément vers ! (Exemple : , pour , est croissante, majorée par , et converge vers .) Pour trouver la valeur de la limite, on passe souvent par une suite auxiliaire géométrique.
Les pièges classiques
Quatre réflexes de prudence
Gendarmes. Les deux suites qui encadrent doivent tendre vers la même limite — un encadrement entre deux suites de limites différentes ne conclut rien. Quotients. « » ne vaut pas : alors que . Raison négative. Pour , pas de panique : donc , l’alternance des signes n’y change rien. Non majorée ne signifie pas tendre vers . La suite n’est pas majorée et pourtant elle ne tend pas vers : elle oscille de plus en plus violemment, sans limite.
Le cours en vidéo
- Les limites de suites (Tle)