Tle Mathématiques Spécialité mathsMaths complémentaires BO spécial n°8 du 25 juillet 2019

Les limites de suites

Résumé de cours

Les limites de suites Mathématiques · Tle · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com

Que devient unu_n quand nn devient immense ? La suite se stabilise-t-elle autour d’une valeur, explose-t-elle vers l’infini, oscille-t-elle sans jamais choisir ? En première, tu calculais des termes ; en terminale, tu étudies leur comportement à l’infini. C’est l’entrée dans l’analyse « asymptotique » — et l’un des chapitres les plus rentables du bac.

Converger, diverger : les trois scénarios

  • Limite finie : la suite (un)(u_n) converge vers le réel \ell si tout intervalle ouvert contenant \ell contient toutes les valeurs unu_n à partir d’un certain rang. Concrètement : les termes finissent par s’accumuler aussi près de \ell qu’on veut. Exemple : un=4+1nu_n = 4 + \dfrac{1}{n} converge vers 44.
  • Limite infinie : (un)(u_n) tend vers ++\infty si tout intervalle de la forme [A;+[[A\,;\,+\infty[ contient toutes les valeurs unu_n à partir d’un certain rang — la suite finit par dépasser n’importe quel seuil AA, aussi grand soit-il. Définition analogue pour -\infty.
  • Ni l’un ni l’autre : certaines suites divergent sans limite, comme un=(1)nu_n = (-1)^n qui oscille entre 1-1 et 11 sans jamais se stabiliser.

Vocabulaire : « converger », c’est avoir une limite finie ; « diverger », c’est tout le reste — limite infinie ou absence de limite.

Opérations sur les limites et formes indéterminées

Sommes, produits, quotients : les limites se combinent presque toujours « comme on l’imagine » (++\infty plus ++\infty donne ++\infty, l’inverse d’une suite tendant vers ±\pm\infty tend vers 00…). Mais quatre situations ne permettent aucune conclusion directe — les formes indéterminées : « ++\infty - \infty », « 0×0 \times \infty », « \dfrac{\infty}{\infty} » et « 00\dfrac{0}{0} ». Chaque cas demande de transformer l’écriture avant de conclure.

Lever une indétermination : factorise le terme dominant

Face à un=n25nu_n = n^2 - 5n (forme « ++\infty - \infty »), mets en facteur le terme qui croît le plus vite : un=n2(15n)u_n = n^2\left(1 - \dfrac{5}{n}\right). Comme 15n11 - \dfrac{5}{n} \to 1 et n2+n^2 \to +\infty, le produit tend vers ++\infty. Même réflexe pour un quotient (forme « \frac{\infty}{\infty} ») : 2n+1n+3=2+1n1+3n2\dfrac{2n + 1}{n + 3} = \dfrac{2 + \frac{1}{n}}{1 + \frac{3}{n}} \to 2.

Comparaison et gendarmes

  • Théorème de comparaison : si unvnu_n \geq v_n à partir d’un certain rang et si vn+v_n \to +\infty, alors un+u_n \to +\infty. (Version symétrique : majorée par une suite tendant vers -\infty.)
  • Théorème des gendarmes : si vnunwnv_n \leq u_n \leq w_n à partir d’un certain rang et si (vn)(v_n) et (wn)(w_n) convergent vers la même limite \ell, alors (un)(u_n) converge vers \ell.

Exemple : pour n1n \geq 1, 1ncos(n)n1n-\dfrac{1}{n} \leq \dfrac{\cos(n)}{n} \leq \dfrac{1}{n}, et les deux gendarmes tendent vers 00 : donc cos(n)n0\dfrac{\cos(n)}{n} \to 0 — alors que cos(n)\cos(n) tout seul n’a pas de limite. Ces théorèmes sont l’arme absolue contre les suites qui contiennent un morceau borné mais sans limite ((1)n(-1)^n, cos(n)\cos(n)…).

La limite de qⁿ

Comportement de la suite géométrique (qⁿ)

q>1:qn+q=1:qn11<q<1:qn0q1:pas de limiteq > 1 : q^n \to +\infty \qquad q = 1 : q^n \to 1 \qquad -1 < q < 1 : q^n \to 0 \qquad q \leq -1 : \text{pas de limite}

La démonstration du cas q > 1 est à connaître : on écrit q = 1 + a avec a > 0, l’inégalité de Bernoulli donne qⁿ ≥ 1 + na, et le théorème de comparaison conclut.

Suites arithmétiques et géométriques

  • Arithmétique (un=u0+nru_n = u_0 + nr) : si r>0r > 0, la suite tend vers ++\infty ; si r<0r < 0, vers -\infty ; si r=0r = 0, elle est constante. Une suite arithmétique ne converge donc jamais, sauf si elle est constante.
  • Géométrique (un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n avec u00u_0 \neq 0) : on applique le tableau de qnq^n ci-dessus, en tenant compte du signe de u0u_0. Exemple : un=3×2nu_n = -3 \times 2^n tend vers -\infty, et un=5×0,8nu_n = 5 \times 0{,}8^n tend vers 00.

Le théorème de la limite monotone

Une suite est majorée s’il existe un réel MM tel que unMu_n \leq M pour tout nn, minorée s’il existe mm tel que unmu_n \geq m pour tout nn, bornée si elle est les deux à la fois.

Le théorème d’existence du chapitre (admis)

Toute suite croissante et majorée converge. Toute suite décroissante et minorée converge. Et en complément (démonstration à connaître) : toute suite croissante non majorée tend vers ++\infty.

C’est un théorème d’existence : il garantit que la limite existe, mais ne dit pas combien elle vaut. Une suite croissante et majorée par 44 converge vers un réel 4\ell \leq 4… pas forcément vers 44 ! (Exemple : un=31nu_n = 3 - \dfrac{1}{n}, pour n1n \geqslant 1, est croissante, majorée par 44, et converge vers 33.) Pour trouver la valeur de la limite, on passe souvent par une suite auxiliaire géométrique.

Les pièges classiques

Quatre réflexes de prudence

Gendarmes. Les deux suites qui encadrent doivent tendre vers la même limite — un encadrement entre deux suites de limites différentes ne conclut rien. Quotients. « \frac{\infty}{\infty} » ne vaut pas 11 : n2n+\frac{n^2}{n} \to +\infty alors que nn20\frac{n}{n^2} \to 0. Raison négative. Pour q=0,9q = -0{,}9, pas de panique : 1<q<1-1 < q < 1 donc qn0q^n \to 0, l’alternance des signes n’y change rien. Non majorée ne signifie pas tendre vers ++\infty. La suite ((2)n)\left((-2)^n\right) n’est pas majorée et pourtant elle ne tend pas vers ++\infty : elle oscille de plus en plus violemment, sans limite.

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