Résumé — Probabilités conditionnelles et indépendance
Un test de dépistage revient positif, une usine cherche d’où viennent ses pièces défectueuses, une plateforme te recommande une série « parce que tu as regardé ceci » : à chaque fois, une information vient mettre à jour une probabilité. C’est le travail des probabilités conditionnelles, rencontrées en seconde. En première, tu leur ajoutes trois outils redoutables : l’indépendance, la formule des probabilités totales et des arbres pondérés qui font presque tous les calculs à ta place.
Rappel de seconde : la probabilité conditionnelle
se lit « probabilité de sachant » : la probabilité que se réalise quand on sait déjà que s’est réalisé.
Probabilité conditionnelle
On restreint l’univers aux issues de A : la probabilité de B est recalculée dans ce monde réduit. En multipliant en croix, la probabilité de « A puis B » est le produit de P(A) par la probabilité de B sachant A — c’est exactement la lecture d’un chemin sur un arbre pondéré.
L’indépendance de deux évènements
Deux évènements sont indépendants lorsque la réalisation de l’un ne change pas la probabilité de l’autre : (avec ).
Le critère de l’indépendance
Cette version est la plus pratique : symétrique en A et B, elle sert dans les deux sens — pour justifier une indépendance (on calcule les deux membres et on compare) ou pour l’utiliser (le modèle la suppose, tu multiplies).
- Justifier : dans un jeu de 32 cartes, = « obtenir un roi » et = « obtenir un cœur ». , et (le roi de cœur). Comme , les évènements et sont indépendants : savoir que la carte est un cœur ne change rien à la probabilité que ce soit un roi.
- Utiliser : quand l’énoncé annonce deux épreuves indépendantes (deux dés, deux tirages avec remise…), cette hypothèse fait partie du modèle : tu as le droit de multiplier directement.
Partition de l’univers et probabilités totales
Des évènements forment une partition de l’univers (un « système complet d’évènements ») lorsqu’ils sont deux à deux incompatibles et que leur réunion est l’univers entier : chaque issue appartient à un et un seul des . L’exemple le plus courant : un évènement et son contraire .
La formule des probabilités totales
Pour atteindre B, on passe forcément par l’une des régions de la partition : on additionne les probabilités de tous les chemins de l’arbre qui mènent à B.
Sur un arbre pondéré, tout tient en trois règles :
- la somme des probabilités des branches issues d’un même nœud vaut ;
- la probabilité d’un chemin est le produit des probabilités de ses branches ;
- la probabilité d’un évènement est la somme des probabilités des chemins qui y aboutissent — c’est la formule des probabilités totales en images.
Exemple : une usine produit 60 % de ses pièces sur la machine (dont 2 % de défectueuses) et 40 % sur (dont 5 % de défectueuses). La probabilité qu’une pièce prise au hasard soit défectueuse est :
soit 3,2 % de la production totale.
Répéter des épreuves indépendantes
- Succession de deux épreuves indépendantes : on la représente par un arbre ou un tableau à double entrée, et la probabilité d’un couple d’issues est le produit des probabilités. Lancer un dé équilibré puis une pièce équilibrée : .
- Épreuve de Bernoulli : une expérience à deux issues seulement — « succès », de probabilité , et « échec », de probabilité .
- Répétition de épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes : l’arbre compte chemins, et la probabilité d’un chemin est le produit de ses branches. Pour « exactement succès », on compte les chemins de l’arbre qui contiennent succès : avec , « exactement 2 succès » correspond aux trois chemins SSE, SES et ESS. (La formule générale pour compter sans arbre arrivera en terminale : en première, on dessine et on compte.)
« Au moins un » : pense au contraire
Le contraire de « au moins un succès » est « aucun succès » — un seul chemin dans l’arbre ! D’où . Exemple : une pièce truquée tombe sur pile avec la probabilité ; sur trois lancers, .
Les pièges classiques
Sachant qui ? Et ne confonds pas indépendants et incompatibles
et n’ont aucune raison d’être égales : « probabilité d’être défectueuse sachant qu’elle vient de » n’est pas « probabilité de venir de sachant qu’elle est défectueuse ». Incompatibles signifie : deux évènements incompatibles de probabilités non nulles ne sont donc jamais indépendants, car le produit n’est pas nul. Enfin, sur un arbre : on multiplie le long d’un chemin, on additionne des chemins complets — jamais l’inverse.