Exercices — Probabilités conditionnelles et indépendance
💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.
Exercice 1 — Indépendants ou pas ?
On tire une carte au hasard dans un jeu de 32 cartes. On considère les évènements : « la carte est un roi », : « la carte est un cœur » et : « la carte est une figure » (valet, dame ou roi).
- Calculer , et .
- Les évènements et sont-ils indépendants ?
- Calculer . Comment retrouver le résultat de la question 2 ?
- Les évènements et sont-ils indépendants ?
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1. Les 32 cartes sont équiprobables. Il y a 4 rois : ; 8 cœurs : ; et une seule carte est à la fois roi et cœur (le roi de cœur) : .
2. On compare : . Les évènements et sont donc indépendants.
3. . On retrouve : savoir que la carte est un cœur ne change pas la probabilité d’obtenir un roi — c’est exactement la définition de l’indépendance.
4. Il y a 12 figures : . Tout roi est une figure, donc et . Or : les évènements et ne sont pas indépendants. Logique : savoir que la carte est une figure augmente nettement la chance que ce soit un roi ( au lieu de ).
Réflexe à retenir : pour justifier une indépendance, calcule séparément et , puis compare. Une intuition (« ça n’a rien à voir ») n’est jamais une preuve : seul le calcul tranche.
Exercice 2 — Arbre pondéré et probabilités totales
Une usine fabrique des pièces sur deux machines. La machine assure 60 % de la production, la machine le reste. Parmi les pièces issues de , 2 % sont défectueuses, contre 5 % pour . On prélève une pièce au hasard dans la production et on note : « la pièce est défectueuse ».
- Représenter la situation par un arbre pondéré.
- Calculer et interpréter.
- Montrer que .
- La pièce prélevée est défectueuse. Quelle est la probabilité qu’elle vienne de ?
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1. Premier niveau : (probabilité ) et (probabilité ). Depuis : () et () ; depuis : () et (). Les branches du second niveau portent des probabilités conditionnelles, et la somme des branches issues de chaque nœud vaut .
2. On multiplie le long du chemin : . Autrement dit, 1,2 % des pièces de l’usine viennent de et sont défectueuses.
3. et forment une partition de l’univers : toute pièce vient d’exactement une machine. D’après la formule des probabilités totales :
4. On cherche — attention, le conditionnement a changé de sens ! On revient à la définition :
Bien que ne produise que 40 % des pièces, elle est responsable de 62,5 % des pièces défectueuses.
Réflexe à retenir : sur un arbre, multiplie le long d’un chemin, additionne les chemins qui mènent à ton évènement. Et quand la question retourne le conditionnement (« sachant que la pièce est défectueuse… »), reviens à la définition : .
Exercice 3 — Une succession de deux épreuves indépendantes
On lance un dé équilibré à six faces, puis une pièce équilibrée.
- Représenter la situation par un tableau à double entrée. Combien l’univers compte-t-il d’issues ? Sont-elles équiprobables ?
- Calculer la probabilité d’obtenir un 6 puis pile.
- Calculer la probabilité d’obtenir un nombre pair puis face.
- Calculer la probabilité de l’évènement « obtenir un 6 ou pile (ou les deux) ».
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1. Le tableau croise les six résultats du dé et les deux côtés de la pièce (P pour pile, F pour face) :
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| P | (1 ; P) | (2 ; P) | (3 ; P) | (4 ; P) | (5 ; P) | (6 ; P) |
| F | (1 ; F) | (2 ; F) | (3 ; F) | (4 ; F) | (5 ; F) | (6 ; F) |
L’univers compte issues. Les deux épreuves sont indépendantes et chaque couple a la probabilité : l’univers est équiprobable.
2. Une seule case du tableau : .
3. Trois résultats pairs (2, 4 et 6) : — soit trois cases parmi les douze.
4. Passons par le contraire : « ni 6, ni pile », c’est-à-dire un résultat différent de 6 suivi de face, a pour probabilité . Donc :
Réflexe à retenir : pour deux épreuves indépendantes, la probabilité d’un couple est le produit des probabilités — et pour un « ou », le détour par l’évènement contraire est souvent le chemin le plus court.
Exercice 4 — Trois lancers francs
Une basketteuse réussit chaque lancer franc avec la probabilité . Elle tente trois lancers, supposés indépendants. On note S un lancer réussi (succès) et E un lancer manqué (échec).
- Représenter la situation par un arbre. Combien compte-t-il de chemins ?
- Calculer la probabilité qu’elle réussisse ses trois lancers.
- Calculer la probabilité qu’elle réussisse exactement deux lancers.
- Calculer la probabilité qu’elle réussisse au moins un lancer.
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1. Chaque lancer est une épreuve de Bernoulli : succès S de probabilité , échec E de probabilité . On répète trois épreuves identiques et indépendantes : l’arbre compte chemins, de SSS à EEE, et la probabilité d’un chemin est le produit des probabilités de ses branches.
2. Un seul chemin : .
3. On compte les chemins comportant exactement deux S : SSE, SES et ESS — il y en a trois, car l’unique échec peut se placer à trois endroits. Chacun a la probabilité . Donc :
4. Le contraire de « au moins un succès » est « aucun succès » : c’est le seul chemin EEE, de probabilité . Donc :
Réflexe à retenir : sur un arbre de Bernoulli, tout se joue en deux temps — la probabilité d’un chemin (produit des branches), puis le nombre de chemins favorables. En première, on les liste à la main : pas de formule magique, on compte !
Exercice 5 — Abonnés et écoute quotidienne (type contrôle ⭐)
Une application d’écoute de musique compte 25 % d’abonnés premium ; les autres utilisent la version gratuite. Parmi les abonnés premium, 60 % écoutent de la musique tous les jours ; parmi les utilisateurs de la version gratuite, seulement 20 %. On interroge un utilisateur au hasard et on note : « l’utilisateur est abonné premium » et : « l’utilisateur écoute de la musique tous les jours ».
- Représenter la situation par un arbre pondéré.
- Calculer .
- Montrer que .
- L’utilisateur interrogé écoute de la musique tous les jours. Quelle est la probabilité qu’il soit abonné premium ?
- Les évènements et sont-ils indépendants ?
- On interroge maintenant, de façon indépendante, deux utilisateurs au hasard. Quelle est la probabilité qu’au moins l’un des deux écoute de la musique tous les jours ?
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1. Premier niveau : () et (). Depuis : () et () ; depuis : () et ().
2. On multiplie le long du chemin : .
3. et forment une partition de l’univers. D’après la formule des probabilités totales :
4. On cherche . Un auditeur quotidien sur deux est abonné premium — alors que les premium ne représentent qu’un utilisateur sur quatre.
5. : les évènements et ne sont pas indépendants. (On le voyait déjà à la question 4 : .)
6. Pour chaque utilisateur, la probabilité de ne pas écouter tous les jours vaut . Les deux interrogations étant indépendantes, la probabilité qu’aucun des deux n’écoute tous les jours vaut . Donc :
Réflexe à retenir : un exercice type contrôle enchaine presque toujours les mêmes étapes : arbre → chemin (produit) → probabilités totales (somme) → conditionnement retourné (définition) → indépendance (comparaison). Repère ce squelette et déroule.
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