1re Mathématiques Fiche méthode

Résumé — La fonction exponentielle

Sommaire de la fiche
  1. Une définition pas comme les autres
  2. Les propriétés algébriques
  3. Signe, variations, courbe
  4. Dériver les fonctions exponentielles
  5. Le lien avec les suites géométriques
  6. Modéliser avec l’exponentielle
  7. Les pièges classiques

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Un capital qui rapporte des intérêts, une population de bactéries qui double, un échantillon radioactif qui fond : dans tous ces phénomènes, la vitesse d’évolution est proportionnelle à la quantité présente. La fonction taillée pour ce mécanisme est l’exponentielle — définie par une propriété unique en son genre : elle est sa propre dérivée.

Une définition pas comme les autres

La fonction exponentielle est l’unique fonction dérivable sur R\mathbb{R} vérifiant :

f′=fetf(0)=1f' = f \qquad \text{et} \qquad f(0) = 1

L’existence et l’unicité sont admises en première. On la note exp⁡\exp. Concrètement, exp⁡′(x)=exp⁡(x)\exp'(x) = \exp(x) : en chaque point de la courbe, la pente de la tangente est égale à la hauteur du point.

Les propriétés algébriques

La propriété fondamentale

exp⁡(x+y)=exp⁡(x)×exp⁡(y)\exp(x + y) = \exp(x) \times \exp(y)

L’exponentielle transforme les sommes en produits. Conséquence immédiate : exp(x) × exp(−x) = exp(0) = 1, donc l’exponentielle ne s’annule jamais et exp(−x) = 1/exp(x).

On pose e=exp⁡(1)≈2,718e = \exp(1) \approx 2{,}718. La propriété fondamentale donne exp⁡(n)=en\exp(n) = e^n pour tout entier nn, ce qui justifie la notation exp⁡(x)=ex\exp(x) = e^x pour tout réel. Les règles sont celles des puissances :

ex+y=ex eye−x=1exex−y=exey(ex)n=enx (n dans Z)e^{x+y} = e^x\,e^y \qquad e^{-x} = \frac{1}{e^x} \qquad e^{x-y} = \frac{e^x}{e^y} \qquad (e^x)^n = e^{nx} \ (n \text{ dans } \mathbb{Z})

Signe, variations, courbe

  • Pour tout réel xx : ex>0e^x > 0 — strictement positif, jamais nul, jamais négatif.
  • L’exponentielle est strictement croissante sur R\mathbb{R} (sa dérivée exe^x est strictement positive).
  • La courbe passe par (0 ; 1)(0\,;\,1) et (1 ; e)(1\,;\,e), avec pour tangente en 00 la droite y=x+1y = x + 1 ; elle s’écrase vers 00 à gauche et grimpe de plus en plus vite à droite.

L’arme pour les équations

Croissance stricte oblige : ea=eb  ⟺  a=be^a = e^b \iff a = b et ea<eb  ⟺  a<be^a < e^b \iff a < b. Exemple : e3x−1=ex+5  ⟺  3x−1=x+5  ⟺  x=3e^{3x-1} = e^{x+5} \iff 3x - 1 = x + 5 \iff x = 3. Pour ex=5e^x = 5, aucune écriture exacte disponible en première : encadre la solution par balayage à la calculatrice (x≈1,61x \approx 1{,}61).

Dériver les fonctions exponentielles

La dérivée de t ↦ e^(at)

(eat)′=a eat\left(e^{at}\right)' = a\,e^{at}

Le coefficient a descend en facteur, l’exponentielle reste intacte. C’est la seule fonction composée au programme de première.

Pour une valeur k>0k > 0 : t↦ektt \mapsto e^{kt} est strictement croissante (croissance exponentielle) et t↦e−ktt \mapsto e^{-kt} strictement décroissante (décroissance exponentielle) — leurs courbes sont symétriques par rapport à l’axe des ordonnées.

Le lien avec les suites géométriques

Pour un réel aa fixé, ena=(ea)ne^{na} = (e^a)^n : la suite un=enau_n = e^{na} est géométrique de raison eae^a. Autrement dit, aux abscisses entières, la fonction t↦eatt \mapsto e^{at} redonne exactement une suite géométrique : le modèle continu prolonge le modèle discret.

Modéliser avec l’exponentielle

  • Croissance : un capital de 10001000 euros multiplié par 1,031{,}03 chaque année suit la suite géométrique 1000×1,03n1000 \times 1{,}03^n ; le modèle continu du même phénomène s’écrit C(t)=1000 ektC(t) = 1000\,e^{kt}, avec ek=1,03e^k = 1{,}03.
  • Décroissance : la masse d’une substance radioactive suit N(t)=N0 e−ktN(t) = N_0\,e^{-kt} (avec k>0k > 0) : N0N_0 est la quantité initiale, et l’exposant négatif signe la désintégration.

Les pièges classiques

Les quatre erreurs qui coutent cher

ex+ye^{x+y} n’est pas ex+eye^x + e^y : l’exponentielle transforme les sommes en produits. (ex)2=e2x(e^x)^2 = e^{2x}, et non ex2e^{x^2}. exe^x n’est jamais nul : dans une factorisation, le facteur exe^x ne change ni le signe ni les solutions. Enfin, pour résoudre ex=ke^x = k, la première ne dispose pas encore de l’outil exact (il arrive en terminale) : balayage à la calculatrice ou lecture graphique, et c’est tout.

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