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Exercices — Les suites arithmético-géométriques

💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.

Exercice 1 — Reconnaître le modèle et dérouler la méthode

On considère la suite (un)(u_n) définie par u0=1u_0 = 1 et, pour tout entier naturel nn, un+1=2un+3u_{n+1} = 2u_n + 3.

  1. Calculer u1u_1, u2u_2 et u3u_3.
  2. La suite (un)(u_n) est-elle arithmétique ? géométrique ?
  3. Déterminer le réel \ell tel que la suite constante égale à \ell vérifie la relation de récurrence.
  4. Montrer que la suite (vn)(v_n) définie par vn=unv_n = u_n - \ell est géométrique, puis en déduire l’expression de unu_n en fonction de nn. Quelle est la limite de (un)(u_n) ?
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1. u1=2×1+3=5u_1 = 2 \times 1 + 3 = 5, puis u2=2×5+3=13u_2 = 2 \times 5 + 3 = 13 et u3=2×13+3=29u_3 = 2 \times 13 + 3 = 29.

2. Les différences successives valent u1u0=4u_1 - u_0 = 4 et u2u1=8u_2 - u_1 = 8 : elles ne sont pas constantes, la suite n’est pas arithmétique. Les quotients successifs valent u1u0=5\dfrac{u_1}{u_0} = 5 et u2u1=135=2,6\dfrac{u_2}{u_1} = \dfrac{13}{5} = 2{,}6 : ils ne sont pas constants, la suite n’est pas géométrique. C’est une suite arithmético-géométrique (a=2a = 2, b=3b = 3).

3. On résout =2+3\ell = 2\ell + 3, c’est-à-dire =3-\ell = 3, donc =3\ell = -3. Vérification : 2×(3)+3=32 \times (-3) + 3 = -3 ✓.

4. Posons vn=un+3v_n = u_n + 3. Alors :

vn+1=un+1+3=2un+3+3=2(un+3)=2vnv_{n+1} = u_{n+1} + 3 = 2u_n + 3 + 3 = 2(u_n + 3) = 2v_n

La suite (vn)(v_n) est géométrique de raison 22, de premier terme v0=u0+3=4v_0 = u_0 + 3 = 4. Donc vn=4×2nv_n = 4 \times 2^n, puis un=vn3=4×2n3u_n = v_n - 3 = 4 \times 2^n - 3. Contrôle : pour n=3n = 3, 4×83=29=u34 \times 8 - 3 = 29 = u_3 ✓. Comme 2>12 > 1, 2n2^n tend vers ++\infty, donc (un)(u_n) tend vers ++\infty.

Réflexe à retenir : la méthode se déroule toujours dans le même ordre — point fixe (=a+b\ell = a\ell + b), suite auxiliaire vn=unv_n = u_n - \ell géométrique de raison aa, forme explicite, puis limite en regardant ana^n. Et vérifie ta formule sur un terme déjà calculé !

Exercice 2 — Convergence et recherche de seuil

On considère la suite (un)(u_n) définie par u0=10u_0 = 10 et, pour tout entier naturel nn, un+1=0,6un+2u_{n+1} = 0{,}6\,u_n + 2.

  1. Calculer u1u_1 et u2u_2.
  2. Déterminer le point fixe \ell, puis montrer que vn=unv_n = u_n - \ell définit une suite géométrique dont on précisera la raison et le premier terme.
  3. En déduire que un=5+5×0,6nu_n = 5 + 5 \times 0{,}6^n, puis la limite de la suite.
  4. À l’aide de la relation lnqn=nlnq\ln q^n = n \ln q, déterminer le plus petit entier nn tel que un50,1u_n - 5 \leq 0{,}1.
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1. u1=0,6×10+2=8u_1 = 0{,}6 \times 10 + 2 = 8 et u2=0,6×8+2=6,8u_2 = 0{,}6 \times 8 + 2 = 6{,}8.

2. Point fixe : =0,6+2\ell = 0{,}6\,\ell + 2 donne 0,4=20{,}4\,\ell = 2, donc =5\ell = 5. Posons vn=un5v_n = u_n - 5 :

vn+1=un+15=0,6un+25=0,6un3=0,6(un5)=0,6vnv_{n+1} = u_{n+1} - 5 = 0{,}6\,u_n + 2 - 5 = 0{,}6\,u_n - 3 = 0{,}6\,(u_n - 5) = 0{,}6\,v_n

La suite (vn)(v_n) est géométrique de raison 0,60{,}6 et de premier terme v0=105=5v_0 = 10 - 5 = 5.

3. vn=5×0,6nv_n = 5 \times 0{,}6^n, donc un=5+5×0,6nu_n = 5 + 5 \times 0{,}6^n. Contrôle : u1=5+5×0,6=8u_1 = 5 + 5 \times 0{,}6 = 8 ✓. Comme 0<0,6<10 < 0{,}6 < 1, 0,6n0{,}6^n tend vers 00 : la suite converge vers 55 (en décroissant, puisque 5×0,6n>05 \times 0{,}6^n > 0 diminue).

4. un50,1u_n - 5 \leq 0{,}1 équivaut à 5×0,6n0,15 \times 0{,}6^n \leq 0{,}1, soit 0,6n0,020{,}6^n \leq 0{,}02. En prenant le logarithme : nln0,6ln0,02n \ln 0{,}6 \leq \ln 0{,}02. Attention : ln0,6<0\ln 0{,}6 < 0, donc en divisant, l’inégalité change de sens :

nln0,02ln0,67,66n \geq \frac{\ln 0{,}02}{\ln 0{,}6} \approx 7{,}66

Le plus petit entier qui convient est n=8n = 8. Contrôle : 0,670,028>0,020{,}6^7 \approx 0{,}028 > 0{,}02 et 0,680,0170,020{,}6^8 \approx 0{,}017 \leq 0{,}02 ✓.

Réflexe à retenir : pour un seuil, isole qnq^n, prends le logarithme avec lnqn=nlnq\ln q^n = n \ln q — et n’oublie pas que diviser par lnq\ln q, négatif quand 0<q<10 < q < 1, retourne l’inégalité.

Exercice 3 — La somme des termes d’une suite géométrique

  1. Rappeler la valeur de la somme 1+q+q2++qn1 + q + q^2 + \dots + q^n pour q1q \neq 1.
  2. Pour q=0,9q = 0{,}9, calculer S2=1+0,9+0,92S_2 = 1 + 0{,}9 + 0{,}9^2 de deux façons : directement, puis avec la formule.
  3. Vers quelle valeur la somme 1+0,9+0,92++0,9n1 + 0{,}9 + 0{,}9^2 + \dots + 0{,}9^n tend-elle quand nn tend vers ++\infty ?
  4. Même question pour la somme 1+13+19++(13)n1 + \dfrac{1}{3} + \dfrac{1}{9} + \dots + \left(\dfrac{1}{3}\right)^n.
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1. Pour q1q \neq 1 :

1+q+q2++qn=1qn+11q1 + q + q^2 + \dots + q^n = \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}

2. Directement : 1+0,9+0,81=2,711 + 0{,}9 + 0{,}81 = 2{,}71. Avec la formule : 10,9310,9=10,7290,1=0,2710,1=2,71\dfrac{1 - 0{,}9^3}{1 - 0{,}9} = \dfrac{1 - 0{,}729}{0{,}1} = \dfrac{0{,}271}{0{,}1} = 2{,}71 ✓.

3. Comme 0<0,9<10 < 0{,}9 < 1, le terme 0,9n+10{,}9^{n+1} tend vers 00, donc la somme tend vers :

110,9=10\frac{1}{1 - 0{,}9} = 10

4. Même raisonnement avec q=13q = \dfrac{1}{3} : la somme tend vers 111/3=12/3=32\dfrac{1}{1 - 1/3} = \dfrac{1}{2/3} = \dfrac{3}{2}. Une infinité de termes, une somme finie : chaque nouveau terme est trop petit pour faire dépasser cette valeur.

Réflexe à retenir : la limite de 1+q++qn1 + q + \dots + q^n pour 0<q<10 < q < 1 vaut 11q\dfrac{1}{1-q} — retrouve-la en une seconde en faisant tendre qn+1q^{n+1} vers 00 dans la formule de la somme.

Exercice 4 — Lecture graphique : l’escalier

Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=0,5x+2f(x) = 0{,}5x + 2, et la suite (un)(u_n) définie par u0=0u_0 = 0 et un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n). On a tracé la droite représentative de ff et la droite d’équation y=xy = x.

  1. Calculer u1u_1, u2u_2 et u3u_3.
  2. Expliquer comment construire graphiquement u1u_1, u2u_2 et u3u_3 sur l’axe des abscisses, sans calcul.
  3. Résoudre f(x)=xf(x) = x. Que représente la solution pour l’escalier ? Quelle conjecture peut-on faire sur la suite ?
  4. Démontrer la conjecture en explicitant unu_n.
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1. u1=f(0)=2u_1 = f(0) = 2, u2=f(2)=3u_2 = f(2) = 3 et u3=f(3)=3,5u_3 = f(3) = 3{,}5.

2. En partant de u0=0u_0 = 0 sur l’axe des abscisses : on monte verticalement jusqu’à la droite de ff — l’ordonnée atteinte est u1=f(u0)u_1 = f(u_0) ; on rejoint horizontalement la droite y=xy = x, ce qui reporte u1u_1 sur l’axe des abscisses ; on répète le procédé pour obtenir u2u_2, puis u3u_3. Le chemin dessiné est un escalier qui monte le long des deux droites.

3. f(x)=xf(x) = x équivaut à 0,5x+2=x0{,}5x + 2 = x, soit 2=0,5x2 = 0{,}5x, donc x=4x = 4. Graphiquement, c’est l’abscisse du point d’intersection de la droite de ff et de la droite y=xy = x — le point vers lequel l’escalier se resserre. On conjecture que (un)(u_n) est croissante et converge vers 44.

4. La suite vérifie un+1=0,5un+2u_{n+1} = 0{,}5\,u_n + 2 : point fixe =4\ell = 4 (question 3). La suite vn=un4v_n = u_n - 4 vérifie vn+1=0,5vnv_{n+1} = 0{,}5\,v_n avec v0=4v_0 = -4, donc vn=4×0,5nv_n = -4 \times 0{,}5^n et :

un=44×0,5nu_n = 4 - 4 \times 0{,}5^n

Contrôle : u2=44×0,25=3u_2 = 4 - 4 \times 0{,}25 = 3 ✓. Comme 0,5n0{,}5^n tend vers 00 en décroissant, unu_n croît vers 44 : la conjecture est démontrée.

Réflexe à retenir : l’escalier se construit avec la droite y=xy = x, qui reporte chaque terme sur l’axe des abscisses — et le point d’intersection avec la courbe désigne le candidat limite. Mais un graphique conjecture, seule la méthode du point fixe démontre.

Exercice 5 — Un médicament dans l’organisme (type contrôle ⭐)

Chaque matin, un patient prend une dose de 2 mg d’un médicament. Entre deux prises, son organisme élimine 30 % de la quantité présente. On note unu_n la quantité de médicament (en mg) présente dans l’organisme juste après la prise du jour nn, avec u0=2u_0 = 2.

  1. Justifier que, pour tout entier naturel nn, un+1=0,7un+2u_{n+1} = 0{,}7\,u_n + 2.
  2. Déterminer le point fixe \ell de la récurrence.
  3. Montrer que un=203143×0,7nu_n = \dfrac{20}{3} - \dfrac{14}{3} \times 0{,}7^n.
  4. Le médicament devient dangereux au-delà de 8 mg. Le traitement peut-il durer indéfiniment sans danger ?
  5. Le médicament n’est efficace qu’à partir de 6 mg. À partir de quel jour la quantité présente dépasse-t-elle 6 mg ?
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1. Entre le jour nn et le jour n+1n+1, l’organisme élimine 30 % de la quantité : il en reste 70 %70\ \%, soit 0,7un0{,}7\,u_n. La prise du matin ajoute ensuite 2 mg : un+1=0,7un+2u_{n+1} = 0{,}7\,u_n + 2.

2. =0,7+2\ell = 0{,}7\,\ell + 2 donne 0,3=20{,}3\,\ell = 2, donc =20,3=203\ell = \dfrac{2}{0{,}3} = \dfrac{20}{3} (environ 6,676{,}67).

3. Posons vn=un203v_n = u_n - \dfrac{20}{3}. Alors vn+1=0,7un+2203=0,7(un203)=0,7vnv_{n+1} = 0{,}7\,u_n + 2 - \dfrac{20}{3} = 0{,}7\left(u_n - \dfrac{20}{3}\right) = 0{,}7\,v_n (en effet 0,7×203=1430{,}7 \times \dfrac{20}{3} = \dfrac{14}{3} et 2203=1432 - \dfrac{20}{3} = -\dfrac{14}{3}). La suite (vn)(v_n) est géométrique de raison 0,70{,}7, de premier terme v0=2203=143v_0 = 2 - \dfrac{20}{3} = -\dfrac{14}{3}. Donc vn=143×0,7nv_n = -\dfrac{14}{3} \times 0{,}7^n, puis :

un=203143×0,7nu_n = \frac{20}{3} - \frac{14}{3} \times 0{,}7^n

Contrôle : u1=203143×0,7=209,83=3,4u_1 = \dfrac{20}{3} - \dfrac{14}{3} \times 0{,}7 = \dfrac{20 - 9{,}8}{3} = 3{,}4, et directement 0,7×2+2=3,40{,}7 \times 2 + 2 = 3{,}4 ✓.

4. Le terme 143×0,7n\dfrac{14}{3} \times 0{,}7^n est positif et diminue vers 00 : la suite est croissante et converge vers 2036,67\dfrac{20}{3} \approx 6{,}67. La quantité reste donc toujours strictement inférieure à 203\dfrac{20}{3}, donc largement sous le seuil de 8 mg : le traitement peut durer indéfiniment sans danger.

5. On résout un>6u_n > 6 :

203143×0,7n>6    143×0,7n<23    0,7n<17\frac{20}{3} - \frac{14}{3} \times 0{,}7^n > 6 \iff \frac{14}{3} \times 0{,}7^n < \frac{2}{3} \iff 0{,}7^n < \frac{1}{7}

En prenant le logarithme : nln0,7<ln17n \ln 0{,}7 < \ln \dfrac{1}{7}, et comme ln0,7<0\ln 0{,}7 < 0 :

n>ln(1/7)ln0,75,5n > \frac{\ln(1/7)}{\ln 0{,}7} \approx 5{,}5

Donc à partir de n=6n = 6, c’est-à-dire du septième jour de traitement (le jour 00 étant le premier). Contrôle : u55,88<6u_5 \approx 5{,}88 < 6 et u66,12>6u_6 \approx 6{,}12 > 6 ✓.

Réflexe à retenir : dans une modélisation, traduis d’abord l’énoncé en récurrence (« élimine 30 % » devient ×0,7\times\,0{,}7, « prend 2 mg » devient +2+\,2), puis déroule la méthode complète — et pense à interpréter la limite : ici, la dose se stabilise autour du point d’équilibre \ell, c’est tout l’intérêt du modèle.


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