2de Mathématiques Exercices Gratuit

Exercices — Fréquences et probabilités conditionnelles

💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.

Exercice 1 — Filles, garçons et demi-pension

On interroge les 200200 élèves de seconde d’un lycée sur leur régime de cantine :

Demi-pensionnairesExternesTotal
Filles9624120
Garçons542680
Total15050200
  1. Calculer la fréquence marginale des filles, puis celle des demi-pensionnaires.
  2. Calculer la fréquence des demi-pensionnaires parmi les filles.
  3. Calculer la fréquence des filles parmi les demi-pensionnaires.
  4. Les phrases « 80 %80\ \% des filles mangent à la cantine » et « 64 %64\ \% des demi-pensionnaires sont des filles » disent-elles la même chose ? Expliquer.
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1. Une fréquence marginale se calcule avec l’effectif total : filles 120200=0,60=60 %\dfrac{120}{200} = 0{,}60 = 60\ \% ; demi-pensionnaires 150200=0,75=75 %\dfrac{150}{200} = 0{,}75 = 75\ \%.

2. L’ensemble de référence se réduit aux 120120 filles : 96120=0,80=80 %\dfrac{96}{120} = 0{,}80 = 80\ \%.

3. Cette fois, on se restreint aux 150150 demi-pensionnaires : 96150=0,64=64 %\dfrac{96}{150} = 0{,}64 = 64\ \%.

4. Non : les deux phrases partent de la même case du tableau (les 9696 filles demi-pensionnaires), mais la divisent par deux totaux différents (120120 filles pour l’une, 150150 demi-pensionnaires pour l’autre). Une fréquence conditionnelle n’a de sens qu’avec son ensemble de référence.

Réflexe à retenir : une fréquence conditionnelle se calcule en divisant une case du tableau par le total de sa ligne ou de sa colonne — jamais par l’effectif total.

Exercice 2 — Compléter le tableau du club

Un club de sports de raquette compte 250250 licenciés ; chacun pratique soit le tennis, soit le padel. 60 %60\ \% des licenciés jouent au tennis et, parmi eux, 40 %40\ \% sont des femmes. Le club compte 120120 femmes en tout.

  1. Reproduire et compléter le tableau croisé des effectifs :
TennisPadelTotal
Femmes
Hommes
Total250
  1. Quelle est la fréquence des femmes parmi les joueurs de padel ?
  2. Quelle est la fréquence marginale des femmes dans le club ?
  3. Parmi les femmes du club, quelle est la fréquence des joueuses de tennis ?
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1. On traduit chaque pourcentage en effectif. Joueurs de tennis : 0,60×250=1500{,}60 \times 250 = 150, donc 250150=100250 - 150 = 100 joueurs de padel. Femmes au tennis : 40 %40\ \% de 150150, soit 0,40×150=600{,}40 \times 150 = 60. Femmes au padel : 12060=60120 - 60 = 60. Le reste se déduit par différences :

TennisPadelTotal
Femmes6060120
Hommes9040130
Total150100250

2. 60100=0,60\dfrac{60}{100} = 0{,}60 : 60 %60\ \% des joueurs de padel sont des femmes.

3. 120250=0,48=48 %\dfrac{120}{250} = 0{,}48 = 48\ \% : c’est la part des femmes dans tout le club.

4. 60120=0,50\dfrac{60}{120} = 0{,}50 : la moitié des femmes du club joue au tennis.

Réflexe à retenir : pour compléter un tableau croisé, transforme chaque pourcentage en effectif (proportion × effectif de référence), puis fais parler les totaux de lignes et de colonnes.

Exercice 3 — La médiathèque (du tableau aux probabilités)

Une médiathèque compte 8080 adhérents. On a relevé leur âge et leur rayon préféré :

BDRomansTotal
Mineurs181230
Adultes222850
Total404080

On tire au sort un adhérent, chacun ayant la même chance d’être choisi. On note MM « être mineur » et BB « préférer les BD ».

  1. Calculer P(M)P(M) et P(B)P(B).
  2. Calculer P(MB)P(M \cap B).
  3. Calculer PM(B)P_M(B) et interpréter cette valeur par une phrase.
  4. Calculer PB(M)P_B(M). Comparer avec PM(B)P_M(B) : que constate-t-on ?
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1. Le tirage est équiprobable : P(M)=Card(M)Card(Ω)=3080=0,375P(M) = \dfrac{\text{Card}(M)}{\text{Card}(\Omega)} = \dfrac{30}{80} = 0{,}375 et P(B)=4080=0,5P(B) = \dfrac{40}{80} = 0{,}5.

2. MBM \cap B : être mineur et préférer les BD, soit 1818 adhérents : P(MB)=1880=0,225P(M \cap B) = \dfrac{18}{80} = 0{,}225.

3. On restreint l’univers aux 3030 mineurs : PM(B)=Card(MB)Card(M)=1830=0,6P_M(B) = \dfrac{\text{Card}(M \cap B)}{\text{Card}(M)} = \dfrac{18}{30} = 0{,}6. Si l’adhérent tiré au sort est mineur, il y a 60 %60\ \% de chances qu’il préfère les BD.

4. PB(M)=Card(MB)Card(B)=1840=0,45P_B(M) = \dfrac{\text{Card}(M \cap B)}{\text{Card}(B)} = \dfrac{18}{40} = 0{,}45. Les deux probabilités conditionnelles sont différentes (0,450,60{,}45 \neq 0{,}6) : même case commune, mais pas le même ensemble de référence.

Réflexe à retenir : au tirage au sort équiprobable, probabilité = fréquence. P(A)=Card(A)/Card(Ω)P(A) = \text{Card}(A)/\text{Card}(\Omega), et pour une probabilité conditionnelle on change simplement de dénominateur.

Exercice 4 — L’atelier théâtre (arbre de probabilité)

Un grand atelier théâtre accueille des lycéens de tous niveaux. Les fréquences observées, stables depuis plusieurs années sur de très nombreux inscrits, permettent de modéliser la situation : 30 %30\ \% des inscrits sont en seconde ; parmi les inscrits de seconde, 60 %60\ \% sont débutants ; parmi les autres inscrits, 20 %20\ \% sont débutants.

On tire au sort un inscrit. On note SS « être en seconde » (Sˉ\bar{S} : évènement contraire) et DD « être débutant ». On admet donc : P(S)=0,3P(S) = 0{,}3, PS(D)=0,6P_S(D) = 0{,}6 et PSˉ(D)=0,2P_{\bar{S}}(D) = 0{,}2.

  1. Quelle propriété du cours justifie d’utiliser comme probabilités des fréquences observées sur un grand nombre de cas ?
  2. Construire l’arbre pondéré de la situation.
  3. Que représente le nombre 0,60{,}6 porté par une branche de l’arbre ? Est-ce la probabilité d’être un inscrit de seconde débutant ?
  4. Calculer P(SD)P(S \cap D), puis P(SˉD)P(\bar{S} \cap D). Interpréter chaque résultat.
  5. Peut-on lire directement sur cet arbre la probabilité PD(S)P_D(S) (être en seconde sachant qu’on est débutant) ?
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1. La loi des grands nombres, version vulgarisée : « lorsque nn est grand, sauf exception, la fréquence observée est proche de la probabilité ». Elle autorise à construire le modèle à partir des fréquences constatées.

2. Premier niveau : SS (0,30{,}3) et Sˉ\bar{S} (0,70{,}7, car 10,3=0,71 - 0{,}3 = 0{,}7). Depuis SS : DD (0,60{,}6) et Dˉ\bar{D} (0,40{,}4). Depuis Sˉ\bar{S} : DD (0,20{,}2) et Dˉ\bar{D} (0,80{,}8). À chaque nœud, la somme des branches vaut bien 11.

3. C’est la probabilité conditionnelle PS(D)P_S(D) : parmi les inscrits de seconde, la part de débutants. Ce n’est pas P(SD)P(S \cap D) : les branches du second niveau se lisent toujours « sachant » ce qui précède.

4. On multiplie le long de chaque chemin :

P(SD)=P(S)×PS(D)=0,3×0,6=0,18P(S \cap D) = P(S) \times P_S(D) = 0{,}3 \times 0{,}6 = 0{,}18

18 %18\ \% des inscrits sont des élèves de seconde débutants. De même :

P(SˉD)=0,7×0,2=0,14P(\bar{S} \cap D) = 0{,}7 \times 0{,}2 = 0{,}14

14 %14\ \% des inscrits sont des débutants d’un autre niveau que la seconde.

5. Non. L’arbre est construit dans le sens « niveau, puis expérience » : il n’affiche que les probabilités conditionnelles sachant SS ou Sˉ\bar{S}. Pour connaître PD(S)P_D(S), il faudrait inverser le conditionnement — cela se fait en revenant à un tableau d’effectifs, comme dans l’exercice suivant.

Réflexe à retenir : sur un arbre, chaque nœud somme à 1, et un chemin se lit en multipliant ses branches : P(AB)=P(A)×PA(B)P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B).

Exercice 5 — Le test de dépistage (type contrôle ⭐)

Dans une population, une maladie touche 10 %10\ \% des personnes. On fait passer un test de dépistage à 1 0001\ 000 personnes. Ce test est positif chez 90 %90\ \% des personnes malades (c’est sa sensibilité) et négatif chez 90 %90\ \% des personnes non malades (c’est sa spécificité).

  1. Reproduire et compléter le tableau d’effectifs :
Test positifTest négatifTotal
Malades
Non malades
Total1 000
  1. Comment appelle-t-on les personnes non malades dont le test est positif ? Les personnes malades dont le test est négatif ? Donner leurs effectifs.
  2. On tire au sort une personne parmi les 1 0001\ 000. Donner P(malade)P(\text{malade}), puis Pmalade(positif)P_{\text{malade}}(\text{positif}).
  3. Calculer Ppositif(malade)P_{\text{positif}}(\text{malade}). Comparer avec la question 3 : que constate-t-on ?
  4. Expliquer, à l’aide des effectifs du tableau, d’où vient ce résultat surprenant.
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1. Malades : 10 %10\ \% de 1 0001\ 000, soit 100100 personnes — dont 90 %90\ \% de tests positifs : 9090 positifs et 1010 négatifs. Non malades : 900900 personnes — dont 90 %90\ \% de tests négatifs : 810810 négatifs et 9090 positifs. On complète par sommes :

Test positifTest négatifTotal
Malades9010100
Non malades90810900
Total1808201 000

2. Les 9090 personnes non malades testées positives sont les faux positifs ; les 1010 personnes malades testées négatives sont les faux négatifs.

3. P(malade)=1001 000=0,1P(\text{malade}) = \dfrac{100}{1\ 000} = 0{,}1. La sensibilité est la probabilité d’un test positif sachant que la personne est malade : Pmalade(positif)=90100=0,9P_{\text{malade}}(\text{positif}) = \dfrac{90}{100} = 0{,}9.

4. On se restreint aux 180180 personnes testées positives :

Ppositif(malade)=90180=0,5P_{\text{positif}}(\text{malade}) = \frac{90}{180} = 0{,}5

Le test « détecte 90 %90\ \% des malades », et pourtant une personne testée positive n’a qu’une chance sur deux d’être réellement malade : Pmalade(positif)=0,9P_{\text{malade}}(\text{positif}) = 0{,}9 mais Ppositif(malade)=0,5P_{\text{positif}}(\text{malade}) = 0{,}5. Inverser le « sachant que » change tout.

5. La maladie est rare : les non-malades sont 99 fois plus nombreux (900900 contre 100100). Même avec seulement 10 %10\ \% d’erreurs, ils produisent 9090 faux positifs — exactement autant que les 9090 vrais positifs. Dans le groupe des testés positifs, une personne sur deux seulement est malade.

Réflexe à retenir : pour retourner un « sachant que », pas de formule magique — construis le tableau d’effectifs et change simplement de total de référence.


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