Tle Mathématiques Spécialité mathsMaths complémentaires BO spécial n°8 du 25 juillet 2019

Le calcul intégral

Résumé de cours

Le calcul intégral Mathématiques · Tle · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com

Quelle distance parcourt une voiture dont la vitesse varie sans cesse ? Quelle est l’aire délimitée par une parabole ? Ces deux questions, en apparence sans rapport, ont la même réponse : l’intégrale. Ce chapitre la définit comme une aire sous une courbe, puis révèle le lien décisif avec le chapitre des primitives : intégrer, c’est calculer F(b)F(a)F(b) - F(a).

L’intégrale, une aire sous la courbe

Soit ff continue et positive sur [a;b][a\,;\,b]. L’intégrale abf(x)dx\displaystyle\int_a^b f(x)\,dx est l’aire, en unités d’aire (u.a.), du domaine délimité par la courbe de ff, l’axe des abscisses et les droites verticales x=ax = a et x=bx = b. L’unité d’aire est l’aire du rectangle construit sur les unités du repère.

Deux remarques sur la notation : la variable est muette (abf(t)dt\int_a^b f(t)\,dt désigne la même intégrale), et l’écriture abf(x)dx\int_a^b f(x)\,dx évoque une somme d’aires de rectangles très fins, de hauteur f(x)f(x) et de largeur dxdx — c’est exactement l’idée de la méthode des rectangles.

Le théorème fondamental

Le pont entre aire et primitive : si ff est continue et positive sur [a;b][a\,;\,b], la fonction « aire accumulée » Fa(x)=axf(t)dtF_a(x) = \displaystyle\int_a^x f(t)\,dt est la primitive de ff qui s’annule en aa. C’est ce théorème (démontré au programme pour ff positive croissante) qui prouve au passage que toute fonction continue admet des primitives. Conséquence immédiate, pour n’importe quelle primitive FF de ff :

Le calcul d’une intégrale par une primitive

abf(x)dx=[F(x)]ab=F(b)F(a)\int_a^b f(x)\,dx = \Big[F(x)\Big]_a^b = F(b) - F(a)

Exemple : l’intégrale de x² entre 0 et 1 vaut [x³/3] entre 0 et 1, soit 1/3 − 0 = 1/3. Trois étapes : primitive, crochet, différence — borne du haut d’abord.

Fonctions de signe quelconque : on définit alors l’intégrale par la même formule F(b)F(a)F(b) - F(a). Graphiquement, les zones situées sous l’axe des abscisses comptent négativement : l’intégrale est une aire algébrique — elle peut être négative !

Les propriétés de l’intégrale

  • Linéarité : ab(f+g)=abf+abg\displaystyle\int_a^b (f + g) = \int_a^b f + \int_a^b g et abkf=kabf\displaystyle\int_a^b kf = k\int_a^b f.
  • Relation de Chasles : acf=abf+bcf\displaystyle\int_a^c f = \int_a^b f + \int_b^c f — on découpe le domaine.
  • Positivité : si f0f \geq 0 sur [a;b][a\,;\,b] avec aba \leq b, alors abf(x)dx0\displaystyle\int_a^b f(x)\,dx \geq 0.
  • Intégration d’une inégalité : si fgf \leq g sur [a;b][a\,;\,b] avec aba \leq b, alors abf(x)dxabg(x)dx\displaystyle\int_a^b f(x)\,dx \leq \int_a^b g(x)\,dx.

Encadrer une intégrale sans la calculer

C’est l’intégration des inégalités qui fait le travail : si mf(x)Mm \leq f(x) \leq M sur [a;b][a\,;\,b], alors m(ba)abf(x)dxM(ba)m(b-a) \leq \displaystyle\int_a^b f(x)\,dx \leq M(b-a). La méthode des rectangles raffine l’idée : on découpe [a;b][a\,;\,b] en nn morceaux et, pour une fonction monotone, on encadre l’aire entre deux « escaliers » de rectangles. C’est ainsi que les algorithmes calculent des valeurs approchées d’intégrales.

La valeur moyenne

La valeur moyenne de ff sur [a;b][a\,;\,b] est μ=1baabf(x)dx\mu = \dfrac{1}{b-a}\displaystyle\int_a^b f(x)\,dx. Graphiquement, c’est la hauteur du rectangle de base [a;b][a\,;\,b] qui a la même aire que le domaine sous la courbe. C’est elle qui donne un sens précis à « vitesse moyenne », « température moyenne » ou « puissance moyenne » quand la grandeur varie continûment.

L’intégration par parties

Quand aucune primitive ne saute aux yeux, on peut échanger un produit contre un autre : si uu et vv sont dérivables sur [a;b][a\,;\,b], de dérivées continues,

abu(x)v(x)dx=[u(x)v(x)]ababu(x)v(x)dx\int_a^b u(x)\,v'(x)\,dx = \Big[u(x)\,v(x)\Big]_a^b - \int_a^b u'(x)\,v(x)\,dx

Exemple : pour 01xexdx\displaystyle\int_0^1 x\,e^x\,dx, pose u(x)=xu(x) = x et v(x)=exv'(x) = e^x : l’intégrale vaut [xex]0101exdx=e(e1)=1\big[x\,e^x\big]_0^1 - \displaystyle\int_0^1 e^x\,dx = e - (e - 1) = 1.

Le bon choix : uu est le facteur qui se simplifie en dérivant (xx, x2x^2, ln(x)\ln(x)…), vv' celui qu’on sait primitiver. Cas d’école : ln(x)dx\int \ln(x)\,dx se calcule avec u=ln(x)u = \ln(x) et v=1v' = 1.

L’aire entre deux courbes

Si fgf \geq g sur [a;b][a\,;\,b], l’aire du domaine compris entre les deux courbes est ab(f(x)g(x))dx\displaystyle\int_a^b \big(f(x) - g(x)\big)\,dx en u.a. — « le dessus moins le dessous ». Vérifie toujours la position relative avant d’intégrer ; si les courbes se croisent, découpe l’intervalle avec la relation de Chasles.

Les pièges classiques

Aire ou intégrale ? Ce n’est pas pareil

Une intégrale peut être négative — une aire, jamais. Si ff est négative sur [a;b][a\,;\,b], l’aire du domaine est l’opposé de l’intégrale. Pour la positivité et l’intégration des inégalités, les bornes doivent être dans le bon ordre (aba \leq b), sinon tout s’inverse. Dans l’intégration par parties, deux oublis reviennent sans cesse : le signe moins devant la nouvelle intégrale, et l’évaluation du crochet aux deux bornes. Enfin, dans F(b)F(a)F(b) - F(a), c’est la borne du haut qui vient en premier.

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