2de Mathématiques BO n°14 du 2 avril 2026

Proportions et évolutions

Résumé de cours

Proportions et évolutions Mathématiques · 2de · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com

Soldes à −30 %, audience en hausse de 12 %, 55 % de filles dans un lycée… Les pourcentages sont partout — mais ils cachent deux usages très différents : exprimer la part d’un groupe dans un ensemble (proportion) ou mesurer un changement entre deux valeurs (évolution). Tout le chapitre tient dans cette distinction.

Proportion : une part d’un tout

La proportion d’une sous-population AA dans une population totale est le quotient

p=effectif de Aeffectif totalp = \frac{\text{effectif de } A}{\text{effectif total}}

C’est un nombre entre 00 et 11, souvent exprimé en pourcentage. La relation se lit dans les deux sens : effectif de AA = p×p \times effectif total. Exemple : 240240 élèves de seconde dans un lycée de 800800 élèves → 240÷800=0,30240 \div 800 = 0{,}30, soit une proportion de 30 %30\ \%.

Pourcentage de pourcentage

Quand les ensembles de référence sont emboîtés (une partie d’une partie), les proportions se multiplient.

Proportion de proportion (ensembles emboîtés)

p=p1×p2p = p_1 \times p_2

Si un groupe B représente une proportion p₁ du total et si A représente une proportion p₂ de B, alors A représente p₁ × p₂ du total. Exemple : 30 % des élèves sont en seconde, et 45 % de ces élèves de seconde font espagnol → 0,30 × 0,45 = 0,135, soit 13,5 % du lycée.

Attention : on ne peut jamais additionner des pourcentages qui ne portent pas sur le même ensemble de référence.

Évolution : trois façons de mesurer un changement

Une grandeur passe d’une valeur initiale V1V_1 à une valeur finale V2V_2 :

  • la variation absolue (ou additive) : V2V1V_2 - V_1, exprimée dans l’unité de la grandeur ;
  • le coefficient multiplicateur : CM=V2V1\text{CM} = \dfrac{V_2}{V_1} ;
  • le taux d’évolution (ou variation relative) : t=V2V1V1t = \dfrac{V_2 - V_1}{V_1}.

Le lien entre taux et coefficient multiplicateur

CM=V2V1=1+t\text{CM} = \frac{V_2}{V_1} = 1 + t

Augmenter de 12 %, c’est multiplier par 1,12 ; diminuer de 30 %, c’est multiplier par 0,70. Dans l’autre sens : t = CM − 1 (un coefficient de 0,85 traduit une baisse de 15 %). Et pour remonter à la valeur initiale : V₁ = V₂ ÷ CM.

Le coefficient multiplicateur, couteau suisse du chapitre

Hausse ou baisse, tout devient une multiplication : coefficient supérieur à 1 pour une hausse, inférieur à 1 pour une baisse. C’est lui qui permet d’enchaîner des évolutions, de revenir en arrière ou de retrouver une valeur initiale — les taux, eux, ne se manipulent pas directement.

Évolutions successives et réciproques

  • Évolutions successives : le coefficient global est le produit des coefficients. Une hausse de 10 %10\ \% suivie d’une hausse de 20 %20\ \% : 1,10×1,20=1,321{,}10 \times 1{,}20 = 1{,}32, soit +32 %+32\ \% (et non +30 %+30\ \%).
  • Évolution réciproque : celle qui ramène à la valeur de départ ; son coefficient est l’inverse du coefficient de l’évolution : 1CM\dfrac{1}{\text{CM}}. Pour annuler une hausse de 25 %25\ \% : 11,25=0,80\dfrac{1}{1{,}25} = 0{,}80, soit une baisse de 20 %20\ \%.

Les pièges classiques

Proportion ou évolution ? Les pourcentages ne s’additionnent pas

« 55 % des élèves sont des filles » compare une partie à un tout : c’est une proportion. « Le loyer a augmenté de 55 % » compare deux valeurs dans le temps : c’est une évolution. Même symbole %, deux calculs différents. Et les taux d’évolution ne s’additionnent jamais : +20 % puis −20 % donne 1,20×0,80=0,961{,}20 \times 0{,}80 = 0{,}96 — on ne revient pas au point de départ, on a perdu 4 %.

Exercices corrigés

Teste-toi avec un quiz