Résumé — Proportions et évolutions
Soldes à −30 %, audience en hausse de 12 %, 55 % de filles dans un lycée… Les pourcentages sont partout — mais ils cachent deux usages très différents : exprimer la part d’un groupe dans un ensemble (proportion) ou mesurer un changement entre deux valeurs (évolution). Tout le chapitre tient dans cette distinction.
Proportion : une part d’un tout
La proportion d’une sous-population dans une population totale est le quotient
C’est un nombre entre et , souvent exprimé en pourcentage. La relation se lit dans les deux sens : effectif de = effectif total. Exemple : élèves de seconde dans un lycée de élèves → , soit une proportion de .
Pourcentage de pourcentage
Quand les ensembles de référence sont emboîtés (une partie d’une partie), les proportions se multiplient.
Proportion de proportion (ensembles emboîtés)
Si un groupe B représente une proportion p₁ du total et si A représente une proportion p₂ de B, alors A représente p₁ × p₂ du total. Exemple : 30 % des élèves sont en seconde, et 45 % de ces élèves de seconde font espagnol → 0,30 × 0,45 = 0,135, soit 13,5 % du lycée.
Attention : on ne peut jamais additionner des pourcentages qui ne portent pas sur le même ensemble de référence.
Évolution : trois façons de mesurer un changement
Une grandeur passe d’une valeur initiale à une valeur finale :
- la variation absolue (ou additive) : , exprimée dans l’unité de la grandeur ;
- le coefficient multiplicateur : ;
- le taux d’évolution (ou variation relative) : .
Le lien entre taux et coefficient multiplicateur
Augmenter de 12 %, c’est multiplier par 1,12 ; diminuer de 30 %, c’est multiplier par 0,70. Dans l’autre sens : t = CM − 1 (un coefficient de 0,85 traduit une baisse de 15 %). Et pour remonter à la valeur initiale : V₁ = V₂ ÷ CM.
Le coefficient multiplicateur, couteau suisse du chapitre
Hausse ou baisse, tout devient une multiplication : coefficient supérieur à 1 pour une hausse, inférieur à 1 pour une baisse. C’est lui qui permet d’enchaîner des évolutions, de revenir en arrière ou de retrouver une valeur initiale — les taux, eux, ne se manipulent pas directement.
Évolutions successives et réciproques
- Évolutions successives : le coefficient global est le produit des coefficients. Une hausse de suivie d’une hausse de : , soit (et non ).
- Évolution réciproque : celle qui ramène à la valeur de départ ; son coefficient est l’inverse du coefficient de l’évolution : . Pour annuler une hausse de : , soit une baisse de .
Les pièges classiques
Proportion ou évolution ? Les pourcentages ne s’additionnent pas
« 55 % des élèves sont des filles » compare une partie à un tout : c’est une proportion. « Le loyer a augmenté de 55 % » compare deux valeurs dans le temps : c’est une évolution. Même symbole %, deux calculs différents. Et les taux d’évolution ne s’additionnent jamais : +20 % puis −20 % donne — on ne revient pas au point de départ, on a perdu 4 %.