Résumé — Graphes et chaînes de Markov
Un plan de métro, un réseau social, les pages web et leurs liens : dès que des objets sont reliés entre eux, un graphe les modélise. Et quand on saupoudre les liens de probabilités — quel temps demain sachant le temps d’aujourd’hui ? — on obtient une chaîne de Markov. Le fil rouge du chapitre : les matrices du chapitre précédent font tous les calculs, des chemins dans un graphe jusqu’aux prévisions à long terme.
Le vocabulaire des graphes
Un graphe est un ensemble de sommets, reliés par des arêtes. L’ordre du graphe est son nombre de sommets. Deux sommets reliés par une arête sont adjacents, et le degré d’un sommet est le nombre d’arêtes qui en partent.
- Un graphe est orienté quand ses arêtes ont un sens (des flèches — on parle alors de chemins), non orienté sinon.
- Une chaîne est une suite d’arêtes mises bout à bout ; sa longueur est son nombre d’arêtes. Un graphe est connexe si deux sommets quelconques sont toujours reliés par une chaîne — « tout se tient en un seul morceau ».
- Le graphe complet d’ordre relie chaque paire de sommets : chaque sommet y est de degré , et il compte arêtes (pour : arêtes).
La matrice d’adjacence
On numérote les sommets de à . La matrice d’adjacence du graphe est la matrice carrée d’ordre dont le coefficient ligne , colonne vaut le nombre d’arêtes allant de vers ( ou dans les cas usuels). Pour un graphe non orienté, chaque arête compte dans les deux sens : est symétrique.
Compter les chemins avec les puissances
Démonstration par récurrence : un chemin de longueur n + 1 de i à j, c’est un chemin de longueur n de i vers un sommet k, suivi d’une arête de k à j — exactement ce que calcule le produit Mⁿ × M.
Autrement dit : au lieu d’énumérer les itinéraires un par un (et d’en oublier), on élève la matrice à la puissance et on lit le résultat. C’est l’exemple parfait de l’efficacité du calcul matriciel.
Les chaînes de Markov à deux ou trois états
Un système passe d’un état à un autre au fil des étapes (beau temps / pluie ; abonné A / abonné B…), et la probabilité de l’état suivant ne dépend que de l’état présent — pas du passé. C’est une chaîne de Markov, à deux ou trois états au programme. On la représente par un graphe orienté pondéré : les sommets sont les états, chaque flèche de vers porte la probabilité de transition correspondante.
- La matrice de transition range ces probabilités : le coefficient ligne , colonne est la probabilité de passer de l’état à l’état en une étape. Chaque ligne a pour somme (depuis l’état , on va bien quelque part !).
- La distribution à l’étape est la matrice ligne qui donne les probabilités d’être dans chaque état. est la distribution initiale.
Évolution d’une chaîne de Markov
Et le coefficient ligne i, colonne j de Pⁿ s’interprète directement : c’est la probabilité de passer de l’état i à l’état j en n transitions.
Exemple à deux états et : (depuis : rester en avec , passer en avec — la ligne somme bien à ). Avec :
Les distributions invariantes
Une distribution est invariante lorsque (avec des coefficients positifs de somme ) : si la chaîne suit cette distribution à une étape, elle la suit encore à la suivante — c’est un équilibre. Pour la trouver, on résout le système complété par la condition « somme des coefficients égale à ».
Sur l’exemple ci-dessus, en posant : la première coordonnée de donne , soit , donc :
et on vérifie : ✓. Sur les exemples du programme, les distributions se rapprochent de cette distribution d’équilibre quand grandit — c’est elle qui décrit le « long terme » de la chaîne.
Le plan type d’un exercice de Markov
1. Graphe pondéré : place les états et les flèches avec leurs probabilités (vérifie que ce qui part de chaque état somme à ). 2. Matrice de transition , dans le même ordre d’états que l’énoncé. 3. Calculs : , … ou directement . 4. Long terme : résous avec somme . Ce déroulé couvre la quasi-totalité des sujets.
Les pièges classiques
Lignes, colonnes : ne les échange pas
Dans une matrice de transition, ce sont les lignes qui somment à (ligne = état de départ) — si tes colonnes somment à , tu as rempli la matrice à l’envers. La distribution est une matrice ligne qu’on multiplie à gauche de : , pas . Enfin, ne confonds pas matrice d’adjacence (des comptages d’arêtes, entiers) et matrice de transition (des probabilités) : la première compte des chemins, la seconde propage des distributions.