Résumé — Les suites numériques
Le nombre d’abonnés d’une chaine mois après mois, la hauteur d’une balle à chaque rebond, une population de bactéries heure après heure : dès qu’une quantité évolue étape par étape, la liste de ses valeurs forme une suite numérique. En première, tu apprends à décrire ces listes de nombres, à calculer leurs termes et à prévoir leur comportement — c’est l’outil de base de tous les modèles « discrets », ceux qui avancent par paliers plutôt qu’en continu.
Une suite, c’est quoi ?
Une suite associe à chaque entier naturel un nombre réel, noté ou : c’est le terme d’indice . Imagine une file de nombres numérotés : est le premier de la file, le suivant, et ainsi de suite sans fin.
- Les notations et désignent la suite tout entière ; tout seul désigne un seul nombre, le terme numéro .
- Attention au décalage : si la suite commence à , alors est le -ième terme de la file.
Quatre façons de fabriquer une suite
Explicite ou récurrence ?
À gauche, chaque terme se calcule directement à partir de son numéro n. À droite, chaque terme se calcule à partir du précédent : il faut un point de départ et une règle de passage.
- Formule explicite : . Pour , un seul calcul : .
- Relation de récurrence : et . On obtient ; ; ; … Chaque terme exige le précédent : pour , il faut calculer les dix termes d’avant.
- Algorithme : une boucle qui répète la règle de passage (calculatrice, tableur, Python). C’est la version « machine » de la récurrence.
- Motif géométrique : on compte les éléments d’une figure qui grandit étape par étape (carrés, allumettes, points…), puis on cherche une relation de récurrence ou une formule explicite.
Le sens de variation
La suite est croissante lorsque pour tout , décroissante lorsque pour tout , constante lorsque tous les termes sont égaux. Certaines suites ne sont ni l’un ni l’autre, comme ; ; ; …
Les deux tests de monotonie
Différence positive pour tout n → croissante ; négative → décroissante. Le quotient ne s’utilise que pour des termes strictement positifs : plus grand que 1 → croissante, plus petit que 1 → décroissante.
- Exemple (différence) : pour , on calcule pour tout : la suite est croissante.
- Exemple (quotient) : pour , tous les termes sont strictement positifs et : la suite est décroissante.
Vers la notion de limite
Que devient quand devient très grand ? Trois comportements possibles, à observer sur des exemples :
- : les termes ; ; … se rapprochent de d’aussi près qu’on veut. On conjecture une limite finie : .
- : les termes finissent par dépasser n’importe quel plafond (, puis , puis…). On conjecture une limite infinie : la suite tend vers .
- : les termes oscillent ; ; ; … sans jamais se stabiliser : pas de limite.
En première, on conjecture — on ne démontre pas
La définition rigoureuse de la limite attend la terminale. Cette année, l’outil c’est l’observation : calcule , , à la calculatrice (mode suite ou table de valeurs) ou au tableur, regarde la tendance, et formule une conjecture : limite finie, limite infinie, ou pas de limite.
Les pièges classiques
u(n+1), c’est le terme suivant — pas u(n) + 1
est le terme suivant (l’indice augmente de 1) : rien à voir avec (la valeur augmentée de 1). De même, désigne la suite entière et un seul nombre. Autre piège : calculer , , ne démontre pas qu’une suite est croissante — il faut un argument valable pour tout , comme le signe de . Enfin, le test du quotient exige des termes strictement positifs : jamais de quotient si des termes sont nuls ou négatifs.
Le cours en vidéo
- Les suites numériques (1re)