1re Mathématiques Fiche méthode

Résumé — Les suites numériques

Le nombre d’abonnés d’une chaine mois après mois, la hauteur d’une balle à chaque rebond, une population de bactéries heure après heure : dès qu’une quantité évolue étape par étape, la liste de ses valeurs forme une suite numérique. En première, tu apprends à décrire ces listes de nombres, à calculer leurs termes et à prévoir leur comportement — c’est l’outil de base de tous les modèles « discrets », ceux qui avancent par paliers plutôt qu’en continu.

Une suite, c’est quoi ?

Une suite uu associe à chaque entier naturel nn un nombre réel, noté unu_n ou u(n)u(n) : c’est le terme d’indice nn. Imagine une file de nombres numérotés : u0u_0 est le premier de la file, u1u_1 le suivant, et ainsi de suite sans fin.

  • Les notations (un)(u_n) et (u(n))(u(n)) désignent la suite tout entière ; unu_n tout seul désigne un seul nombre, le terme numéro nn.
  • Attention au décalage : si la suite commence à u0u_0, alors unu_n est le (n+1)(n+1)-ième terme de la file.

Quatre façons de fabriquer une suite

Explicite ou récurrence ?

un=f(n)ouu0 donneˊ et un+1=f(un)u_n = f(n) \qquad \text{ou} \qquad u_0 \text{ donné et } u_{n+1} = f(u_n)

À gauche, chaque terme se calcule directement à partir de son numéro n. À droite, chaque terme se calcule à partir du précédent : il faut un point de départ et une règle de passage.

  • Formule explicite : un=n2+1u_n = n^2 + 1. Pour u10u_{10}, un seul calcul : u10=100+1=101u_{10} = 100 + 1 = 101.
  • Relation de récurrence : u0=3u_0 = 3 et un+1=2un1u_{n+1} = 2u_n - 1. On obtient 33 ; 55 ; 99 ; 1717… Chaque terme exige le précédent : pour u10u_{10}, il faut calculer les dix termes d’avant.
  • Algorithme : une boucle qui répète la règle de passage (calculatrice, tableur, Python). C’est la version « machine » de la récurrence.
  • Motif géométrique : on compte les éléments d’une figure qui grandit étape par étape (carrés, allumettes, points…), puis on cherche une relation de récurrence ou une formule explicite.

Le sens de variation

La suite (un)(u_n) est croissante lorsque un+1unu_{n+1} \geq u_n pour tout nn, décroissante lorsque un+1unu_{n+1} \leq u_n pour tout nn, constante lorsque tous les termes sont égaux. Certaines suites ne sont ni l’un ni l’autre, comme 11 ; 1-1 ; 11 ; 1-1

Les deux tests de monotonie

signe de un+1unou, si tous les un>0, comparer un+1un aˋ 1\text{signe de } u_{n+1} - u_n \qquad \text{ou, si tous les } u_n > 0,\ \text{comparer } \frac{u_{n+1}}{u_n} \text{ à } 1

Différence positive pour tout n → croissante ; négative → décroissante. Le quotient ne s’utilise que pour des termes strictement positifs : plus grand que 1 → croissante, plus petit que 1 → décroissante.

  • Exemple (différence) : pour un=n2+4nu_n = n^2 + 4n, on calcule un+1un=2n+5>0u_{n+1} - u_n = 2n + 5 > 0 pour tout nn : la suite est croissante.
  • Exemple (quotient) : pour vn=5×0,8nv_n = 5 \times 0{,}8^n, tous les termes sont strictement positifs et vn+1vn=0,8<1\dfrac{v_{n+1}}{v_n} = 0{,}8 < 1 : la suite est décroissante.

Vers la notion de limite

Que devient unu_n quand nn devient très grand ? Trois comportements possibles, à observer sur des exemples :

  • un=1n+1u_n = \dfrac{1}{n+1} : les termes 11 ; 0,50{,}5 ; 0,330{,}33… se rapprochent de 00 d’aussi près qu’on veut. On conjecture une limite finie : 00.
  • un=n2u_n = n^2 : les termes finissent par dépasser n’importe quel plafond (100100, puis 10610^6, puis…). On conjecture une limite infinie : la suite tend vers ++\infty.
  • un=(1)nu_n = (-1)^n : les termes oscillent 11 ; 1-1 ; 11 ; 1-1… sans jamais se stabiliser : pas de limite.

En première, on conjecture — on ne démontre pas

La définition rigoureuse de la limite attend la terminale. Cette année, l’outil c’est l’observation : calcule u50u_{50}, u100u_{100}, u1000u_{1000} à la calculatrice (mode suite ou table de valeurs) ou au tableur, regarde la tendance, et formule une conjecture : limite finie, limite infinie, ou pas de limite.

Les pièges classiques

u(n+1), c’est le terme suivant — pas u(n) + 1

un+1u_{n+1} est le terme suivant (l’indice augmente de 1) : rien à voir avec un+1u_n + 1 (la valeur augmentée de 1). De même, (un)(u_n) désigne la suite entière et unu_n un seul nombre. Autre piège : calculer u0u_0, u1u_1, u2u_2 ne démontre pas qu’une suite est croissante — il faut un argument valable pour tout nn, comme le signe de un+1unu_{n+1} - u_n. Enfin, le test du quotient exige des termes strictement positifs : jamais de quotient si des termes sont nuls ou négatifs.

Le cours en vidéo

← Tous les chapitres de Maths 1re