Exercices corrigés — Le cortège électronique et le tableau périodique
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Pourquoi le sodium et le potassium réagissent-ils tous les deux vivement avec l’eau, alors que l’argon ne réagit pratiquement avec rien ? La réponse tient à quelques électrons : ceux de la couche externe de l’atome. Ce chapitre t’apprend à les repérer dans la configuration électronique, puis à en déduire la place de l’élément dans le tableau périodique et sa famille. Le chapitre suivant, sur les ions et les molécules, repart de là. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants sont des situations de contrôle, avec un corrigé rédigé comme au tableau.
De la configuration électronique à la case du tableau
1Écrire la configuration
On place les Z électrons de l’atome dans les sous-couches, dans l’ordre ci-dessous, en remplissant chacune avant de passer à la suivante : on obtient la configuration de l’atome à l’état fondamental, son état de plus basse énergie. Une sous-couche s accueille au plus 2 électrons, une sous-couche p au plus 6 : chaque rond représente une place.
- 1s 2 électrons au plus
- 2s 2 électrons au plus
- 2p 6 électrons au plus
- 3s 2 électrons au plus
- 3p 6 électrons au plus
Exemple : le sodium (Z = 11) a pour configuration 1s2 2s2 2p6 3s1. La somme des exposants, 2 + 2 + 6 + 1, redonne bien 11.
2Lire la configuration
La période
La couche externe est la couche de plus grand numéro, c’est-à-dire le plus grand chiffre placé devant une lettre s ou p. Son numéro est celui de la période.
Sodium : la couche externe est la couche 3, donc le sodium est dans la 3e période.
Les électrons de valence
Ce sont les électrons de la couche externe : on additionne les exposants des sous-couches qui portent son numéro.
Sodium : la couche 3 ne contient que 3s1, donc 1 électron de valence.
La colonne
Si la configuration se termine par une sous-couche s (bloc s), la colonne est le nombre d’électrons de valence, 1 ou 2. Si elle se termine par une sous-couche p (bloc p), la colonne vaut 10 + le nombre d’électrons de valence ; le 10 compte les colonnes 3 à 12, vides sur les trois premières lignes.
Sodium : bloc s et 1 électron de valence, donc colonne 1.
3Trouver la case et la famille
| Période | 1 | 2 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | H 1 | He 2 | ||||||
| 2 | Li 3 | Be 4 | B 5 | C 6 | N 7 | O 8 | F 9 | Ne 10 |
| 3 | Na 11 | Mg 12 | Al 13 | Si 14 | P 15 | S 16 | Cl 17 | Ar 18 |
| bloc s | bloc p | |||||||
- Métaux alcalins : colonne 1, sauf l’hydrogène
- Halogènes : colonne 17
- Gaz nobles : colonne 18
Les éléments d’une même colonne ont le même nombre d’électrons de valence, l’hélium excepté, et des propriétés chimiques voisines : ils forment une famille. Les colonnes 3 à 12 du tableau complet ne contiennent aucun élément de numéro atomique inférieur ou égal à 18. L’hydrogène est placé dans la colonne 1 sans être un métal alcalin. L’hélium (1s2) n’a que 2 électrons de valence, mais sa sous-couche est pleine, comme toutes celles des autres gaz nobles : il est rangé avec eux, dans la colonne 18.
Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Écris chaque configuration en entier sur ta feuille, puis vérifie que la somme des exposants redonne le numéro atomique. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.
Lire une configuration électronique
★★★Quiz de compréhension du cours
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Juste. La bonne réponse : Le nombre d'électrons placés dans la sous-couche 2p. Dans l'écriture 2p1, le chiffre 2 est le numéro de la couche, la lettre p le type de sous-couche, et l'exposant le nombre d'électrons qu'elle contient : ici un seul. Une sous-couche p peut en accueillir 6 au plus : chez le bore, la sous-couche 2p est donc loin d'être pleine.
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Juste. La bonne réponse : 17 électrons. Un atome est électriquement neutre : il possède autant d'électrons que de protons, soit 17 pour le chlore. Le nombre 18 est celui des neutrons, qui ne portent pas de charge électrique, et 35 est le nombre de nucléons, protons et neutrons réunis : c'est le nombre de masse A.
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Juste. La bonne réponse : Il a commencé la sous-couche 3s avant d'avoir rempli la sous-couche 2p. La somme des exposants vaut bien 2 + 2 + 4 + 2 = 10, et une sous-couche s accueille jusqu'à 2 électrons. L'erreur est dans l'ordre de remplissage : à l'état fondamental, on complète la sous-couche 2p, qui accueille 6 électrons, avant de commencer la sous-couche 3s. La configuration correcte du néon est 1s2 2s2 2p6.
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Juste. La bonne réponse : 3 couches. Le chiffre placé devant chaque lettre est le numéro de la couche. On lit 1, 2 et 3 : les électrons du magnésium occupent 3 couches et 4 sous-couches (1s, 2s, 2p et 3s). Les lettres s et p désignent des types de sous-couches, pas des couches : la couche 2, par exemple, regroupe les sous-couches 2s et 2p.
De la configuration à la case du tableau
★★★Quiz : électrons de valence et position
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Juste. La bonne réponse : 8 électrons. Les électrons de valence sont ceux de la couche externe, la couche de plus grand numéro : ici la couche 3, avec 3s2 et 3p6, soit 2 + 6 = 8 électrons. Le nombre 6 oublie la sous-couche 3s, qui fait elle aussi partie de la couche 3, et 18 est le nombre total d'électrons de l'atome.
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Juste. La bonne réponse : Dans la 2e période. Le numéro de la période est celui de la couche externe, c'est-à-dire le plus grand chiffre placé devant une lettre s ou p : ici 2. Le numéro atomique Z = 3 donne le rang de l'élément dans le tableau, pas sa période. Et l'exposant 1 de 2s1 compte les électrons de valence : il sert à trouver la colonne, pas la ligne.
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Juste. La bonne réponse : Dans la colonne 16. Dans le bloc p, qui occupe les colonnes 13 à 18, le numéro de la colonne vaut 10 + le nombre d'électrons de valence, soit ici 10 + 6 = 16. Les colonnes 3 à 12 ne contiennent aucun élément de numéro atomique inférieur ou égal à 18 : la colonne 6 ne peut donc pas convenir. Et 4 est le nombre d'électrons de la seule sous-couche p, alors que la couche externe en contient aussi 2 dans sa sous-couche s.
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Juste. La bonne réponse : Parce que sa seule sous-couche est pleine, comme toutes celles des autres gaz nobles, dont il partage les propriétés. L'unique sous-couche de l'hélium, 1s, est pleine avec 2 électrons. Le néon (1s2 2s2 2p6) et l'argon (1s2 2s2 2p6 3s2 3p6) n'ont, eux aussi, que des sous-couches pleines. Comme eux, l'hélium est un gaz chimiquement très peu réactif : on le range donc dans leur famille, celle des gaz nobles, bien que sa configuration se termine par une sous-couche s. L'atome d'hélium n'a que 2 électrons, et la sous-couche 1s est la première à se remplir.
Le chapitre en un paragraphe
★★★Le cours en un texte à trous
Dans les atomes étudiés en Seconde, les électrons occupent des sous-couches notées 1s, 2s, 2p, 3s et 3p. Une sous-couche s accueille au plus 2 électrons, et une sous-couche p au plus 6 . À l'état fondamental, on les remplit dans cet ordre, en complétant chacune avant de passer à la suivante. Les électrons de valence sont ceux de la couche de plus grand numéro , appelée couche externe. Le numéro de cette couche donne la période de l'élément dans le tableau périodique. Les éléments d'une même colonne, l'hélium mis à part, ont le même nombre d'électrons de valence et forment une famille chimique : leurs propriétés chimiques sont voisines . Par exemple, les gaz nobles, rangés dans la colonne 18, sont chimiquement très peu réactifs .
Une sous-couche s accueille au plus 2 électrons et une sous-couche p au plus 6 : la couche 2, formée de 2s et de 2p, en accueille donc 8. La couche externe n'est pas forcément la plus remplie : chez le sodium, 1s2 2s2 2p6 3s1, la couche 2 porte 8 électrons, mais la couche externe est la couche 3, avec un seul électron de valence. Enfin, les éléments d'une même famille ont des propriétés voisines, pas identiques : le lithium et le sodium réagissent tous les deux avec l'eau, mais le sodium plus vivement que le lithium.
L'aluminium et l'oxygène
★★★Configuration, électrons de valence et position
L’aluminium, qui sert par exemple à fabriquer des canettes, se recouvre au contact de l’air d’une très fine couche d’oxyde d’aluminium, un composé formé d’aluminium et d’oxygène. Cette couche protège le métal.
Données : aluminium : ; oxygène : ; soufre : . Ordre de remplissage des sous-couches : 1s, 2s, 2p, 3s, 3p ; une sous-couche s accueille au plus 2 électrons, une sous-couche p au plus 6.
- Écrire la configuration électronique de l’atome d’aluminium et celle de l’atome d’oxygène, à l’état fondamental.
- Donner le nombre d’électrons de valence de chacun de ces deux atomes.
- En déduire la position de chaque élément dans le tableau périodique : sa période, son bloc et sa colonne.
- Dans le tableau périodique, le soufre est placé juste sous l’oxygène. Sans écrire sa configuration électronique, prévoir le nombre d’électrons de valence de l’atome de soufre. Vérifier ensuite cette prévision en écrivant la configuration électronique de l’atome de soufre.
Voir le corrigé
1. Le numéro atomique est le nombre de protons du noyau. L’atome d’aluminium étant électriquement neutre, il possède aussi 13 électrons. On les place dans l’ordre 1s, 2s, 2p, 3s, 3p, en remplissant chaque sous-couche avant de passer à la suivante (2 électrons au plus dans une sous-couche s, 6 dans une sous-couche p) :
Aluminium :
La somme des exposants vaut : on retrouve bien les 13 électrons de l’atome. De la même façon, l’atome d’oxygène possède 8 électrons :
Oxygène :
avec une somme des exposants égale à .
2. Les électrons de valence sont ceux de la couche externe, la couche de plus grand numéro.
- Aluminium : la couche externe est la couche 3, qui contient , soit électrons de valence.
- Oxygène : la couche externe est la couche 2, qui contient , soit électrons de valence.
3. On lit la position sur la configuration :
- Aluminium : la couche externe est la couche 3, donc l’aluminium est dans la 3e période. Sa configuration se termine par une sous-couche p : il appartient au bloc p, et sa colonne vaut , soit la colonne 13.
- Oxygène : la couche externe est la couche 2, donc l’oxygène est dans la 2e période. Sa configuration se termine par une sous-couche p : il appartient au bloc p, et sa colonne vaut , soit la colonne 16.
Ces deux cases se retrouvent sur la carte en haut de page.
4. Le soufre est placé juste sous l’oxygène : il est dans la même colonne, la colonne 16. Or les éléments d’une même colonne ont le même nombre d’électrons de valence (seul l’hélium fait exception, dans la colonne 18) : on prévoit donc que l’atome de soufre en possède 6, comme l’atome d’oxygène.
Vérification : l’atome de soufre possède 16 électrons.
Soufre :
La somme des exposants vaut bien . La couche externe est la couche 3, qui contient , soit électrons de valence : la prévision est confirmée. Le soufre se trouve une ligne plus bas que l’oxygène, dans la 3e période, parce que ses électrons occupent une couche de plus.
Réflexe à retenir : le numéro de la couche externe donne la période ; le nombre d’électrons de cette couche, les électrons de valence, donne la colonne.
La famille des halogènes
★★★Type contrôle, avec un document à exploiter
Le fluor, le chlore, le brome et l’iode sont rangés dans la même colonne du tableau périodique. Le document ci-dessous rassemble quelques propriétés de ces quatre éléments.
Document - Quatre éléments et leurs corps simples
- Corps simple
- difluor F2
- À 20 °C
- gaz jaune pâle
- Avec le sodium
- fluorure de sodium NaF, un solide blanc
- Corps simple
- dichlore Cl2
- À 20 °C
- gaz jaune-vert
- Avec le sodium
- chlorure de sodium NaCl, un solide blanc
- Corps simple
- dibrome Br2
- À 20 °C
- liquide rouge-brun
- Avec le sodium
- bromure de sodium NaBr, un solide blanc
- Corps simple
- diiode I2
- À 20 °C
- solide gris-noir, aux vapeurs violettes
- Avec le sodium
- iodure de sodium NaI, un solide blanc
Données : fluor : ; chlore : . Le brome , de numéro atomique 35, et l’iode , de numéro atomique 53, sont placés sous le chlore, dans la 4e et la 5e période ; leur configuration électronique n’est pas au programme de Seconde. Ordre de remplissage des sous-couches : 1s, 2s, 2p, 3s, 3p ; une sous-couche s accueille au plus 2 électrons, une sous-couche p au plus 6.
- Écrire la configuration électronique de l’atome de fluor et celle de l’atome de chlore, à l’état fondamental.
- Pour chacun de ces deux atomes, donner le nombre d’électrons de valence, puis la période et la colonne de l’élément.
- Sans écrire leur configuration, donner le nombre d’électrons de valence des atomes de brome et d’iode. Justifier.
- Relever dans le document une propriété commune aux quatre éléments, puis une propriété qui change d’un élément à l’autre.
- Expliquer, à l’aide du cortège électronique, pourquoi ces quatre éléments forment une famille chimique, et nommer cette famille.
Voir le corrigé
1. Un atome possède autant d’électrons que de protons, c’est-à-dire électrons : 9 pour le fluor et 17 pour le chlore. On les place dans l’ordre 1s, 2s, 2p, 3s, 3p, en remplissant chaque sous-couche avant la suivante :
Fluor :
Chlore :
Les sommes des exposants redonnent bien les numéros atomiques : et .
2. On repère la couche externe de chaque atome :
- Fluor : la couche externe est la couche 2, qui contient , soit électrons de valence. Le fluor est dans la 2e période. Sa configuration se termine par une sous-couche p : il est dans le bloc p, et sa colonne vaut , soit la colonne 17.
- Chlore : la couche externe est la couche 3, qui contient , soit électrons de valence. Le chlore est dans la 3e période, dans le bloc p, et sa colonne vaut : colonne 17, elle aussi.
3. Le brome et l’iode sont rangés dans la même colonne que le fluor et le chlore, la colonne 17. Or les éléments d’une même colonne ont le même nombre d’électrons de valence (seul l’hélium fait exception, dans la colonne 18) : les atomes de brome et d’iode possèdent donc chacun 7 électrons de valence.
4. Propriété commune : avec le sodium, les quatre éléments forment un solide blanc, et les formules de ces solides se ressemblent : , , et . On passe de l’une à l’autre en changeant seulement le symbole de l’élément. On peut aussi relever que leurs corps simples sont formés de molécules à deux atomes : , , et .
Propriété qui change : l’état physique du corps simple à 20 °C. Le difluor et le dichlore sont des gaz, le dibrome est un liquide et le diiode un solide. Leur couleur change aussi.
5. Les atomes de ces quatre éléments ont le même nombre d’électrons de valence, 7, et les quatre éléments sont rangés dans la même colonne. Or ce sont les électrons de valence qui gouvernent le comportement chimique d’un atome : les éléments d’une même colonne ont donc des propriétés chimiques voisines, comme la réaction avec le sodium du document. Ces quatre éléments forment une famille chimique : la famille des halogènes.
Réflexe à retenir : pour justifier que des éléments forment une famille, on cite leur colonne commune et leur nombre d’électrons de valence, puis une propriété chimique commune. Une même famille ne veut pas dire des corps identiques : l’état physique, par exemple, change d’un halogène à l’autre.
Les trois réflexes à retenir
- Vérifie chaque configuration par la somme des exposants. Elle doit redonner le numéro atomique : si elle ne tombe pas juste, un électron a été oublié ou ajouté en route.
- Repère la couche externe avant tout le reste. Son numéro donne la période, et ses électrons, les électrons de valence, donnent la colonne : leur nombre dans le bloc s, 10 de plus dans le bloc p.
- Une colonne, une famille. Les éléments d’une même colonne ont le même nombre d’électrons de valence et des propriétés chimiques voisines, sans être identiques. Une exception à connaître : l’hélium, qui n’a que 2 électrons de valence, est rangé avec les gaz nobles, dans la colonne 18.