Exercices — Sommes de variables aléatoires et loi des grands nombres
💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.
Exercice 1 — Deux dés chez le forain
On lance deux dés équilibrés à six faces. On note le résultat du premier dé, celui du second, et la somme obtenue.
- Calculer .
- En déduire sans déterminer la loi de .
- Un forain propose le jeu suivant : le joueur mise euros, lance les deux dés et reçoit autant d’euros que la somme obtenue. Son gain algébrique est donc . Ce jeu est-il favorable au joueur ?
- Le forain propose une variante : lancer un seul dé et recevoir le double du résultat, pour la même mise de euros — le gain est . Comparer et .
Voir le corrigé
1. Chaque face a la probabilité :
2. Par linéarité de l’espérance : . Aucun besoin de calculer les probabilités des onze valeurs de (de à ) — c’est toute la puissance de la linéarité.
3. (retrancher une constante retranche cette constante à l’espérance). En moyenne, le joueur perd euro par partie : le jeu lui est défavorable.
4. . Les deux jeux ont la même espérance de gain. Ils ne sont pourtant pas identiques : leur dispersion diffère — c’est l’objet de l’exercice 2.
Réflexe à retenir : la linéarité de l’espérance — et — donne l’espérance d’une somme sans jamais chercher sa loi, et elle ne demande aucune hypothèse d’indépendance.
Exercice 2 — Même espérance, pas le même risque
On reprend les notations de l’exercice 1 : et sont les résultats de deux dés équilibrés, indépendants, et .
- Calculer , puis à l’aide de la formule .
- En déduire .
- Calculer et comparer avec . Que peut-on en dire des jeux et de l’exercice 1 ?
- Calculer et (arrondir au centième), puis conclure.
Voir le corrigé
1. , donc :
2. et sont indépendantes : les variances s’additionnent.
3. : c’est le double de . Les gains et ne diffèrent de et que d’une constante (), qui décale toutes les valeurs sans changer leur dispersion : et . À espérance égale, la variante du forain est donc deux fois plus dispersée — plus « risquée ».
4. et . Jouer deux dés indépendants lisse les résultats ; doubler un seul dé amplifie les écarts. Même espérance ne veut pas dire même jeu !
Réflexe à retenir : l’additivité exige l’indépendance, et — surtout, ne confonds jamais (deux copies indépendantes) avec (le double d’une seule variable) : leurs variances vont du simple au double.
Exercice 3 — Le QCM rempli au hasard
Un QCM comporte questions ; pour chacune, réponses sont proposées et une seule est correcte. Un candidat répond entièrement au hasard, ses réponses étant indépendantes. On note le nombre de bonnes réponses.
- Justifier que suit la loi binomiale .
- Pour allant de à , on note la variable qui vaut si la réponse à la question est correcte et sinon. Donner la loi de , puis et .
- Écrire en fonction des , puis retrouver et . Donner (arrondir au centième).
- Pour décourager les réponses au hasard, le barème est le suivant : chaque bonne réponse rapporte point, chaque mauvaise réponse enlève un tiers de point. Montrer que la note obtenue est , calculer et interpréter.
Voir le corrigé
1. On répète fois la même épreuve de Bernoulli (succès = « réponse correcte », de probabilité puisque le candidat choisit au hasard parmi réponses), de manière indépendante. compte les succès : suit .
2. Chaque suit la loi de Bernoulli de paramètre , donc et .
3. . Par linéarité de l’espérance : . Les étant indépendantes, les variances s’additionnent : , d’où . On retrouve bien les formules et de la loi binomiale.
4. Le candidat donne réponses : bonnes et mauvaises. Sa note vaut donc :
Par linéarité : . Le barème est précisément calibré pour qu’un candidat répondant entièrement au hasard obtienne zéro en moyenne : le hasard ne rapporte rien.
Réflexe à retenir : décomposer une variable en somme de variables simples (des et des ), puis appliquer la linéarité pour l’espérance et l’additivité (sous indépendance) pour la variance — c’est exactement la démonstration de et .
Exercice 4 — Des pommes et des écarts
La masse, en grammes, d’une pomme récoltée dans un verger est modélisée par une variable aléatoire d’espérance et d’écart type .
- Donner .
- Majorer, à l’aide de l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev, la probabilité que la masse d’une pomme s’écarte d’au moins grammes de grammes.
- En déduire une minoration de .
- Que donne l’inégalité pour un écart d’au moins grammes ? Commenter.
Voir le corrigé
1. La variance est le carré de l’écart type : .
2. L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev avec :
3. L’événement contraire de « » est « », c’est-à-dire « ». Donc :
Au moins (environ) des pommes pèsent entre et grammes — quelle que soit la loi précise de .
4. Avec : la borne vaut . Or une probabilité est toujours inférieure ou égale à : cette majoration n’apporte aucune information. L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev n’est utile que pour des écarts supérieurs à l’écart type (ici , pour que la borne passe sous ) : elle contrôle les grands écarts, pas les petits.
Réflexe à retenir : Bienaymé-Tchebychev majore la probabilité des grands écarts avec la borne ; pour minorer la probabilité d’être proche de l’espérance, passe à l’événement contraire. Et vérifie toujours que la borne est inférieure à — sinon elle ne dit rien.
Exercice 5 — Garantir la précision d’une moyenne (type contrôle ⭐)
Une machine remplit des paquets de farine. La masse, en grammes, d’un paquet est modélisée par une variable aléatoire d’espérance et de variance . On prélève paquets au hasard : leurs masses forment un échantillon de taille (variables indépendantes et de même loi), et on note la moyenne de l’échantillon.
- Donner et .
- Écrire l’inégalité de concentration pour avec , et simplifier le majorant.
- Déterminer une taille d’échantillon garantissant que .
- Le responsable qualité conclut : « avec paquets, la probabilité que la moyenne s’écarte d’au moins grammes de grammes est exactement de ». Corriger sa phrase, puis énoncer ce que la loi des grands nombres affirme au sujet de .
Voir le corrigé
1. La moyenne d’un échantillon a la même espérance que la variable, et une variance divisée par : et .
2. L’inégalité de concentration avec :
3. Il suffit que le majorant soit inférieur ou égal à :
Un échantillon d’au moins paquets garantit que la probabilité d’un écart d’au moins grammes entre la moyenne observée et ne dépasse pas .
4. L’inégalité de concentration donne une majoration, pas une égalité : avec paquets, la probabilité est au plus — et sans doute nettement plus petite, car l’inégalité, universelle, est loin d’être optimale. C’est un raisonnement par condition suffisante : garantit l’objectif, mais un échantillon plus petit pourrait suffire en pratique. Quant à la loi des grands nombres, elle affirme que pour tout , tend vers quand tend vers l’infini : la moyenne de l’échantillon se concentre autour de l’espérance à mesure que l’échantillon grandit.
Réflexe à retenir : pour déterminer une taille d’échantillon, écris l’inégalité de concentration et résous-la en — et souviens-toi que Bienaymé-Tchebychev garantit, elle ne calcule pas.
Envie d’aller plus loin ? Reçois gratuitement le classeur de fiches de ta classe par email : l’essentiel du cours, prêt à imprimer, pour réviser tout le programme.