Exercices corrigés — Équation différentielle du second ordre
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- Comment résoudre une équation différentielle du second ordre ?
- Exercice 1 : Équation caractéristique : la forme des solutions
- Exercice 2 : Second membre et conditions initiales : la méthode complète
- Exercice 3 : La méthode en un paragraphe
- Exercice 4 : Des racines complexes et deux conditions initiales
- Exercice 5 : Un problème de Cauchy avec second membre, lu sur une courbe
- Les trois réflexes à retenir
Les équations différentielles du second ordre, ou d’ordre 2, sont au programme de la première année de prépa scientifique, et on les retrouve en licence, en BUT ou en BTS selon les filières. Celles que l’on résout en première année sont linéaires et à coefficients constants : elles s’écrivent , où , et sont des réels avec , est une fonction continue sur un intervalle , et l’inconnue est une fonction deux fois dérivable sur . Le terme est le second membre ; quand il est nul, l’équation est dite homogène.
Comment résoudre une équation différentielle du second ordre ?
La méthode tient en quatre étapes, dans cet ordre.
- Écrire l’équation caractéristique , puis calculer son discriminant .
- Résoudre l’équation homogène : selon le signe de , ses solutions s’écrivent avec deux exponentielles, avec une exponentielle multipliée par , ou avec une exponentielle multipliée par un cosinus et un sinus (le tableau de la carte ci-dessous).
- Chercher une solution particulière de la même forme que le second membre : une constante, un polynôme, une exponentielle, dans les conditions rappelées par la carte.
- Additionner, puis utiliser les conditions initiales : les solutions sont les fonctions , où parcourt les solutions de l’équation homogène, et deux conditions et donnent un système qui fixe les deux constantes. Une équation accompagnée de ses conditions initiales s’appelle un problème de Cauchy.
Les trois premiers exercices vérifient que ces étapes sont comprises, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants se rédigent, avec un corrigé détaillé comme au tableau : une équation homogène dont l’équation caractéristique a des racines complexes, avec deux conditions initiales, puis un problème complet avec second membre, à partir d’une courbe, comme en devoir surveillé.
Équation différentielle du second ordre : l’essentiel
1L’équation caractéristique
L’équation , où ,, sont des réels et , a pour équation homogène associée. En y cherchant des solutions , chaque dérivée devient une puissance de :
2Les solutions de l’équation homogène, selon le signe de
deux racines réelles
et
une racine double
deux racines complexes conjuguées
, avec
Dans les trois cas, et sont deux constantes : les solutions s’écrivent « pour tous réels et ».
3Avec un second membre
Les solutions sont les fonctions : une solution particulière , plus les solutions de l’équation homogène. On cherche de la forme du second membre, puis on identifie les coefficients :
- une constante appelle une constante, si ;
- un polynôme de degré appelle un polynôme de degré ,si ;
- appelle , si n’est pas racine de l’équation caractéristique.
Si est racine, ou si , la forme change : ce sont d’autres cas du cours.
4Deux conditions initiales
Les conditions et désignent une seule solution. On les écrit sur la solution complète , dérivée en entier : elles donnent un système de deux équations, d’inconnues et .
Les conditions initiales portent sur la solution complète : on ajoute avant de les écrire.
Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.
Équation caractéristique : la forme des solutions
★★★Quiz de compréhension du cours
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Juste. La bonne réponse : Les dérivées de cette fonction sont proportionnelles à la fonction elle-même : l'équation se ramène à une équation sur le seul nombre r. Avec , on a et , donc, pour tout réel x, . Une exponentielle ne s'annule pas : la fonction est solution si, et seulement si, . C'est l'équation caractéristique, une équation du second degré d'inconnue r. Les deux autres raisons sont fausses : un polynôme ou un cosinus ne s'écrivent pas sous cette forme, et pour , la fonction est décroissante.
-
Juste. La bonne réponse : Les fonctions x ↦ λe−x + μe4x, pour tous réels λ et μ. Quand , l'équation caractéristique a deux racines réelles distinctes et , et les solutions sont les fonctions , pour tous réels λ et μ. Chaque racine se place telle quelle dans un exposant : ici et . Changer les signes donnerait les solutions d'une autre équation, dont l'équation caractéristique a pour racines 1 et . Le cosinus et le sinus n'apparaissent que lorsque .
-
Juste. La bonne réponse : Les fonctions x ↦ ex(λ cos(4x) + μ sin(4x)), pour tous réels λ et μ. Quand , les racines s'écrivent , avec α et β réels et , et les solutions réelles sont les fonctions , pour tous réels λ et μ. La partie réelle va dans l'exponentielle, la partie imaginaire dans le cosinus et le sinus. La deuxième proposition échange les deux. La troisième oublie le facteur : elle conviendrait seulement si la partie réelle des racines était nulle.
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Juste. La bonne réponse : Son discriminant est nul, et −4 en est la racine double. Quand , l'équation caractéristique a une seule racine, dite double, , et les solutions sont les fonctions . La fonction fournit une deuxième solution, qui n'est pas proportionnelle à . Ici, l'exposant donne . Les deux constantes λ et μ sont présentes dans les trois cas : elles ne disent rien du nombre de racines.
Second membre et conditions initiales : la méthode complète
★★★Quiz sur la méthode, de la solution particulière au système
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Juste. La bonne réponse : x ↦ Ax + B, avec deux réels A et B à déterminer. Quand , un second membre polynôme de degré 1 appelle un polynôme de degré 1 écrit avec ses deux coefficients. Avec , on a et , donc, pour tout réel x, . On identifie avec : donne A, puis donne B. Avec une seule inconnue, ces deux conditions ne pourraient être remplies ensemble que dans des cas particuliers.
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Juste. La bonne réponse : x ↦ Ae2x, avec un réel A à déterminer. Avec , on a et , donc . Le nombre est la valeur de pour : il n'est pas nul, puisque 2 n'est pas racine, et . La fonction ne convient que si ce nombre vaut 1. La forme sert dans un autre cas, quand 2 est racine simple de l'équation caractéristique : un cas que le cours traite à part.
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Juste. La bonne réponse : Les fonctions yp + yh, où yh parcourt les solutions de l'équation homogène associée. Notons l'équation (E). Si y est une solution de (E), la différence vérifie : c'est une solution de l'équation homogène. Inversement, est solution de (E) pour toute solution de l'équation homogène. Sans condition initiale, (E) a donc une infinité de solutions, une pour chaque choix des deux constantes de .
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Juste. La bonne réponse : λ + μ + 3 = 1 et λ − 5μ = 4. On dérive la solution complète : , et la constante 3 disparaît. En , , donc et . Le système et donne et . Oublier le 3 dans revient à poser la condition sur la seule partie homogène : la fonction obtenue ne vérifierait pas .
La méthode en un paragraphe
★★★Le cours en un texte à trous
Pour résoudre une équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants, on commence par l'équation homogène associée , obtenue en remplaçant le second membre par zéro. On y cherche des solutions exponentielles , ce qui conduit à l'équation caractéristique, une équation du second degré . Si son discriminant est strictement positif, les solutions s'écrivent avec deux exponentielles . S'il est nul, la racine est double, et les solutions s'écrivent comme une exponentielle multipliée par un polynôme de degré au plus 1 . S'il est strictement négatif, les racines sont complexes conjuguées , et les solutions réelles font apparaître un cosinus et un sinus . Dans les trois cas, les solutions de l'équation homogène dépendent de deux constantes réelles . On cherche ensuite une solution particulière de la même forme que le second membre : un polynôme pour un polynôme quand le coefficient de y n'est pas nul, une exponentielle pour une exponentielle tant que le coefficient de x dans l'exposant n'est pas racine de l'équation caractéristique . Les solutions de l'équation complète sont les sommes de cette solution particulière et des solutions de l'équation homogène. Enfin, les deux conditions initiales s'écrivent sur la solution complète , ce qui donne un système de deux équations à deux inconnues .
Trois points demandent de l'attention. D'abord, un discriminant nul ne fait pas perdre de constante : il y a une seule racine, mais les solutions gardent deux constantes, grâce au facteur λx + μ placé devant l'exponentielle. Ensuite, quand le discriminant est strictement négatif, la partie réelle des racines va dans l'exponentielle et leur partie imaginaire dans le cosinus et le sinus. Enfin, les conditions initiales portent sur la solution complète : les écrire sur la seule partie homogène revient à oublier la solution particulière, et la fonction obtenue ne vérifie pas les conditions.
Des racines complexes et deux conditions initiales
★★★Une équation homogène, de l'équation caractéristique à la solution
On considère l’équation différentielle (E) : , où l’inconnue est une fonction deux fois dérivable sur .
- Écrire l’équation caractéristique de (E) et calculer son discriminant.
- En déduire les racines de l’équation caractéristique, puis les solutions réelles de (E).
- Soit une solution de (E). Calculer , puis exprimer et en fonction des constantes et de la question 2.
- Déterminer la solution de (E) qui vérifie et .
Voir le corrigé
1. On remplace par , par et par : l’équation caractéristique de (E) est . Ses coefficients sont , et , donc son discriminant vaut :
Le discriminant est strictement négatif.
2. Comme , l’équation caractéristique a deux racines complexes conjuguées. Elles s’obtiennent comme au lycée, en remplaçant par , dont le carré vaut puisque : ce sont les nombres , avec ici :
Elles s’écrivent avec et . Les solutions réelles de (E) sont donc les fonctions définies sur par , pour tous réels et .
3. Soit une solution de (E) : il existe deux réels et tels que, pour tout réel , , en notant . Les dérivées de et de sont et , donc . La dérivée de est , et la dérivée d’un produit donne , soit, en mettant l’exponentielle en facteur :
En , on a , et , donc et :
4. D’après la question 3, les conditions et s’écrivent :
La première équation donne ; la seconde devient , soit et . Le système a une seule solution : la solution cherchée est la fonction définie sur par .
Contrôle : et, avec et , . Les deux conditions sont vérifiées.
Réflexe à retenir : quand , la partie réelle des racines va dans l’exponentielle et la partie imaginaire dans le cosinus et le sinus. Pour dériver, garde l’exponentielle en facteur : si , alors .
Un problème de Cauchy avec second membre, lu sur une courbe
★★★Type contrôle, avec une courbe à exploiter
On considère l’équation différentielle (E) : , où l’inconnue est une fonction deux fois dérivable sur . Le document ci-dessous représente une solution de (E), avec sa tangente au point d’abscisse .
- Lire sur le document et , en justifiant la lecture de .
- Résoudre l’équation homogène associée à (E).
- Justifier que l’on peut chercher une solution particulière de (E) de la forme , puis déterminer les réels et .
- En déduire toutes les solutions de (E).
- Déterminer l’expression de .
- Sur le document, la courbe de semble se rapprocher d’une droite quand devient grand. Donner une équation de , puis démontrer que l’écart entre la courbe et tend vers quand tend vers .
Voir le corrigé
1. La courbe passe par le point de coordonnées , donc . Le nombre dérivé est le coefficient directeur de la tangente au point d’abscisse . Sur le document, passe par les points de coordonnées et , donc :
2. L’équation homogène associée à (E) est . Son équation caractéristique est , de discriminant :
Comme , elle a deux racines réelles distinctes, avec : et . Les solutions de l’équation homogène sont les fonctions définies sur par , pour tous réels et .
3. Le second membre est un polynôme de degré 1, et le coefficient de dans (E), , n’est pas nul : on cherche une solution particulière de la forme , avec et réels. Ses dérivées sont et . En remplaçant par , par et par dans (E), la fonction est solution de (E) si, et seulement si, pour tout réel :
c’est-à-dire . Deux fonctions affines égales sur ont le même coefficient de et le même terme constant :
La première équation donne , puis , soit . La fonction définie sur par est une solution particulière de (E). Contrôle : .
4. Les solutions de (E) sont les sommes de la solution particulière et des solutions de l’équation homogène : ce sont les fonctions définies sur par
pour tous réels et .
5. La fonction est l’une de ces solutions : il existe deux réels et tels que, pour tout réel , . On dérive la solution complète, compris :
En , , donc et . Avec les valeurs lues à la question 1 :
soit et . En retranchant la première équation de la seconde, on obtient , soit , donc , puis . Ainsi, pour tout réel :
Contrôle : et , les deux valeurs lues sur le document.
6. Pour grand, les termes et de deviennent très petits : la droite cherchée est la droite d’équation , courbe de la solution particulière . Pour le démontrer, on étudie l’écart entre la courbe et la droite : pour tout réel ,
Quand tend vers , et tendent vers , donc et tendent vers : l’écart tend vers . La courbe se rapproche donc de la droite d’équation ; on dit que est asymptote à en . Les deux racines et sont strictement négatives : la partie homogène s’efface quand grandit, et il reste la solution particulière.
Réflexe à retenir : les conditions initiales s’écrivent sur la solution complète. On dérive en entier, on remplace par , puis on résout le système en et . Et quand les racines sont strictement négatives, la partie homogène tend vers : pour grand, la solution ressemble à la solution particulière.
Les trois réflexes à retenir
- L’équation caractéristique d’abord. devient , devient et devient . Le signe de décide ensuite de la forme des solutions de l’équation homogène, qui dépendent de deux constantes et dans les trois cas.
- Une solution particulière qui ressemble au second membre. Une constante, un polynôme du même degré quand , ou pour quand n’est pas racine de l’équation caractéristique : on remplace dans l’équation, puis on identifie les coefficients.
- Les conditions initiales sur la solution complète. On dérive en entier, on remplace par , on résout le système en et , puis on contrôle les deux conditions sur la fonction trouvée.
Il reste d’autres cas : les seconds membres en cosinus ou en sinus, le cas où est racine de l’équation caractéristique, et les équations de la physique. Le premier ordre a ses propres exercices corrigés, et la page du chapitre réunit le résumé du cours.
Revoir le cours
- Équations différentielles (Post-bac)