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Exercices corrigés — Équation différentielle du premier ordre

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  1. Exercice 1 : Reconnaître l'équation, résoudre l'équation homogène
  2. Exercice 2 : Avec un second membre : la bonne forme, puis la condition
  3. Exercice 3 : La méthode de résolution en un paragraphe
  4. Exercice 4 : Second membre polynôme et condition initiale
  5. Exercice 5 : Une cuve d'eau salée
  6. Les trois réflexes à retenir

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Une équation différentielle du premier ordre relie une fonction inconnue yy à sa dérivée y′y' : on ne cherche plus un nombre, mais une fonction, et même toute une famille de fonctions. Après le bac, ces équations d’ordre 1 reviennent dès qu’une grandeur varie à une vitesse qui dépend de sa valeur : la masse de sel dans une cuve, la quantité de polluant dans un lac, l’effectif d’une population de poissons soumise à la pêche. Pour en résoudre une avec second membre, la méthode se fait en trois temps, dans cet ordre : l’équation homogène, une solution particulière, puis la condition initiale. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants se rédigent, avec un corrigé détaillé comme au tableau : un second membre polynôme avec une condition initiale, puis une cuve d’eau salée à mettre en équation, comme en devoir surveillé.

Équation différentielle du premier ordre : l’essentiel

Une équation, une famille de solutions

Une équation différentielle linéaire du premier ordre s’écrit y′+a(x) y=b(x)y' + a(x)\,y = b(x) : l’inconnue est une fonction yy, dérivable sur un intervalle II, et l’égalité doit être vraie pour tout xx de II. Le terme b(x)b(x) est le second membre ; quand il est nul, l’équation est dite homogène.

Ses solutions forment une famille qui dépend d’une constante réelle λ\lambda. Par exemple, les solutions de y′+y=2y' + y = 2 sont les fonctions :

y(x)=2+λe−x,λ∈Ry(x) = 2 + \lambda\mathrm{e}^{-x}, \quad \lambda \in \mathbb{R}

Une condition initiale, comme y(0)=0y(0) = 0, ne garde qu’une courbe : celle de λ=−2\lambda = -2.

Sur un intervalle où aa et bb sont continues, une condition y(x0)=y0y(x_0) = y_0, avec x0x_0 dans II, désigne une seule solution.

12341234xy yp = 2λ = −2y(0) = 0

En gris, les courbes de λ=2\lambda = 2,11 et −1-1 ; en pointillés, la solution particulière yp(x)=2y_p(x) = 2 ; en bleu, la seule courbe qui passe par l’origine.

1. L’équation homogène

On divise d’abord par le coefficient de y′y' s’il ne vaut pas 11. Les solutions de y′+ay=0y' + ay = 0, avec aa constant, sont les fonctions :

x↦λe−ax,λ∈Rx \mapsto \lambda\mathrm{e}^{-ax}, \quad \lambda \in \mathbb{R}

Attention au signe : y′=kyy' = ky s’écrit y′−ky=0y' - ky = 0, donc a=−ka = -k et les solutions sont les fonctions x↦λekxx \mapsto \lambda\mathrm{e}^{kx}.

Si le coefficient dépend de xx, les solutions de y′+a(x) y=0y' + a(x)\,y = 0 sont les fonctions x↦λe−A(x)x \mapsto \lambda\mathrm{e}^{-A(x)}, où AA est une primitive de aa sur II (avec aa continue sur II).

2. Une solution particulière

Pour y′+ay=b(x)y' + ay = b(x), avec aa constant non nul, on la cherche d’après la forme du second membre :

  • une constante bb : la fonction constante égale à ba\dfrac{b}{a} ;
  • un polynôme de degré nn : un polynôme de degré nn, dont on trouve les coefficients AA,BB,CC… par identification ;
  • kemxk\mathrm{e}^{mx}, avec mm différent de −a-a : la fonction x↦Aemxx \mapsto A\mathrm{e}^{mx}.

Quand aucune solution particulière n’est évidente, la méthode de la variation de la constante en fournit une.

3. Toutes les solutions, puis la condition initiale

Toutes les solutions s’obtiennent en ajoutant une solution particulière ypy_p aux solutions de l’équation homogène. Avec aa constant :

y(x)=yp(x)+λe−axy(x) = y_p(x) + \lambda\mathrm{e}^{-ax}

On applique ensuite la condition initiale à cette expression complète : elle fixe la valeur de λ\lambda.

La condition initiale s’applique après avoir ajouté la solution particulière.

Pour y′+y=2y' + y = 2 et y(0)=0y(0) = 0 : 2+λ=02 + \lambda = 0, donc λ=−2\lambda = -2. En l’appliquant à λe−x\lambda\mathrm{e}^{-x} seule, on trouverait λ=0\lambda = 0, c’est-à-dire la droite d’équation y=2y = 2, qui ne passe pas par l’origine.

La carte du chapitre. Trois étapes, dans cet ordre : l’équation homogène, une solution particulière, puis la condition initiale.

Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.

Exercice 1

Reconnaître l'équation, résoudre l'équation homogène

★★★

Quiz de compréhension du cours

  1. Parmi ces trois équations, laquelle est une équation différentielle linéaire du premier ordre ?
  2. Sur R\mathbb{R}, quelles sont les solutions de l'équation 2y′+12y=02y' + 12y = 0 ?
  3. Sur R\mathbb{R}, quelles sont les solutions de l'équation y′+(2x+1) y=0y' + (2x + 1)\,y = 0 ?
  4. La fonction ff, qui n'est pas la fonction nulle, est une solution de l'équation y′+ay=0y' + ay = 0, où aa est un réel non nul. Laquelle de ces fonctions est aussi une solution de cette équation ?

Exercice 2

Avec un second membre : la bonne forme, puis la condition

★★★

Quiz : choisir la solution particulière

  1. Quelle fonction constante est solution de l'équation y′−4y=8y' - 4y = 8 ?
  2. Pour trouver une solution particulière de l'équation y′+3y=6x2y' + 3y = 6x^2, que fait-on ?
  3. Pour l'équation y′+y=6e2xy' + y = 6\mathrm{e}^{2x}, sous quelle forme cherche-t-on une solution particulière ?
  4. La fonction définie par yp(x)=x+1y_p(x) = x + 1 est une solution de y′+3y=3x+4y' + 3y = 3x + 4. Quelle est la solution de cette équation qui vérifie y(0)=2y(0) = 2 ?

Exercice 3

La méthode de résolution en un paragraphe

★★★

Le cours en un texte à trous

Une équation différentielle linéaire du premier ordre s'écrit y′+a(x) y=b(x)y' + a(x)\,y = b(x) sur un intervalle. La résoudre, c'est trouver . L'équation homogène associée s'obtient en remplaçant le second membre par . Quand le coefficient aa est une constante, les solutions de l'équation homogène sont les produits d'une constante λ\lambda par  ; quand il dépend de xx, l'exposant fait intervenir . Avec un second membre, on obtient toutes les solutions en ajoutant aux solutions de l'équation homogène . Si le second membre est une constante, on cherche une solution particulière  ; si c'est un polynôme de degré 2, on cherche , dont on trouve les coefficients . Enfin, la condition initiale fixe , et on l'applique .

Exercice 4

Second membre polynôme et condition initiale

★★★

Application directe : identification, puis condition initiale

On considère l’équation différentielle (E):y′−2y=2x2+1(E) : y' - 2y = 2x^2 + 1, d’inconnue yy, fonction dérivable sur R\mathbb{R}.

  1. Résoudre sur R\mathbb{R} l’équation homogène associée (H):y′−2y=0(H) : y' - 2y = 0.
  2. Déterminer trois réels AA, BB et CC tels que la fonction ypy_p définie sur R\mathbb{R} par yp(x)=Ax2+Bx+Cy_p(x) = Ax^2 + Bx + C soit solution de (E)(E).
  3. En déduire l’ensemble des solutions de (E)(E) sur R\mathbb{R}.
  4. Déterminer la solution ff de (E)(E) qui vérifie f(0)=0f(0) = 0, puis vérifier le résultat.
Voir le corrigé

1. L’équation (H)(H) est de la forme y′+ay=0y' + ay = 0 avec a=−2a = -2 : attention au signe, le coefficient de yy vaut −2-2. Ses solutions sur R\mathbb{R} sont les fonctions x↦λe−axx \mapsto \lambda\mathrm{e}^{-ax}. On les note yhy_h, avec un h pour « homogène » :

yh(x)=λe2x,λ∈Ry_h(x) = \lambda\mathrm{e}^{2x}, \quad \lambda \in \mathbb{R}

Contrôle : yh′(x)=2λe2xy_h'(x) = 2\lambda\mathrm{e}^{2x}, donc yh′(x)−2yh(x)=2λe2x−2λe2x=0y_h'(x) - 2y_h(x) = 2\lambda\mathrm{e}^{2x} - 2\lambda\mathrm{e}^{2x} = 0. L’écriture λe−2x\lambda\mathrm{e}^{-2x} serait fausse : pour g(x)=λe−2xg(x) = \lambda\mathrm{e}^{-2x}, on trouve g′(x)−2g(x)=−4λe−2xg'(x) - 2g(x) = -4\lambda\mathrm{e}^{-2x}, qui n’est pas nul dès que λ\lambda n’est pas nul.

2. Le second membre est un polynôme de degré 2 : on cherche une solution particulière de même degré, yp(x)=Ax2+Bx+Cy_p(x) = Ax^2 + Bx + C, dont la dérivée est yp′(x)=2Ax+By_p'(x) = 2Ax + B. On remplace dans le membre de gauche de (E)(E), puis on regroupe selon les puissances de xx : yp′(x)−2yp(x)=2Ax+B−2Ax2−2Bx−2Cy_p'(x) - 2y_p(x) = 2Ax + B - 2Ax^2 - 2Bx - 2C, soit yp′(x)−2yp(x)=−2Ax2+(2A−2B)x+B−2Cy_p'(x) - 2y_p(x) = -2Ax^2 + (2A - 2B)x + B - 2C.

La fonction ypy_p est solution de (E)(E) si, pour tout réel xx, cette expression est égale à 2x2+0x+12x^2 + 0x + 1. Deux polynômes sont égaux pour tout réel xx si, et seulement si, leurs coefficients sont égaux : on identifie le coefficient de x2x^2, celui de xx et le terme constant.

{−2A=22A−2B=0B−2C=1\begin{cases} -2A = 2 \\ 2A - 2B = 0 \\ B - 2C = 1 \end{cases}

La première équation donne A=−1A = -1, la deuxième B=A=−1B = A = -1, et la troisième devient −1−2C=1-1 - 2C = 1, soit C=−1C = -1. Donc :

yp(x)=−x2−x−1y_p(x) = -x^2 - x - 1

Le second membre n’a pas de terme en xx, et pourtant B=−1B = -1 : c’est pour cela qu’on garde BxBx dans la forme cherchée. Contrôle : yp′(x)=−2x−1y_p'(x) = -2x - 1, et yp′(x)−2yp(x)=−2x−1+2x2+2x+2=2x2+1y_p'(x) - 2y_p(x) = -2x - 1 + 2x^2 + 2x + 2 = 2x^2 + 1.

3. Les solutions de (E)(E) s’obtiennent en ajoutant la solution particulière aux solutions de l’équation homogène : si yy est une solution de (E)(E), la différence y−ypy - y_p vérifie (y−yp)′−2(y−yp)=(2x2+1)−(2x2+1)=0(y - y_p)' - 2(y - y_p) = (2x^2 + 1) - (2x^2 + 1) = 0, c’est une solution de (H)(H). Réciproquement, en ajoutant à ypy_p une solution de (H)(H), on obtient une solution de (E)(E). Les solutions de (E)(E) sur R\mathbb{R} sont donc les fonctions

y(x)=−x2−x−1+λe2xy(x) = -x^2 - x - 1 + \lambda\mathrm{e}^{2x}

où λ\lambda est un réel quelconque.

4. La condition porte sur la solution complète, que l’on évalue en 00 : f(0)=−02−0−1+λe0=λ−1f(0) = -0^2 - 0 - 1 + \lambda\mathrm{e}^{0} = \lambda - 1. La condition f(0)=0f(0) = 0 donne λ−1=0\lambda - 1 = 0, soit λ=1\lambda = 1 :

f(x)=e2x−x2−x−1f(x) = \mathrm{e}^{2x} - x^2 - x - 1

Vérification : f′(x)=2e2x−2x−1f'(x) = 2\mathrm{e}^{2x} - 2x - 1, puis f′(x)−2f(x)=2e2x−2x−1−2e2x+2x2+2x+2=2x2+1f'(x) - 2f(x) = 2\mathrm{e}^{2x} - 2x - 1 - 2\mathrm{e}^{2x} + 2x^2 + 2x + 2 = 2x^2 + 1, et f(0)=e0−0−0−1=0f(0) = \mathrm{e}^{0} - 0 - 0 - 1 = 0. Appliquer la condition à λe2x\lambda\mathrm{e}^{2x} seule aurait donné λ=0\lambda = 0, et la fonction x↦−x2−x−1x \mapsto -x^2 - x - 1, qui vaut −1-1 en 00.

Réflexe à retenir : l’équation homogène, puis une solution particulière, puis la condition initiale, dans cet ordre. Une ligne de vérification à la fin, en remplaçant dans l’équation, suffit à repérer une erreur de signe.

Exercice 5

Une cuve d'eau salée

★★★

Type devoir surveillé, avec un document à exploiter

Une cuve contient 500 litres d’eau salée, à la concentration de 6 grammes de sel par litre. Pour l’amener à au moins 25 grammes par litre, un technicien y fait arriver, à partir de l’instant t=0t = 0, de l’eau salée à 30 grammes par litre, au débit de 10 litres par minute. Un agitateur rend le mélange homogène à chaque instant, et un trop-plein évacue le mélange au même débit : le volume reste égal à 500 litres.

Arrivée d’eau salée30 g/L, 10 L/minagitateur500 L6 g/L au départSortie10 L/min
Document. La cuve de mélange : il sort chaque minute autant d’eau qu’il en arrive, et le volume reste égal à 500 L.

On note M(t)M(t) la masse de sel dissous dans la cuve, en grammes, au bout de tt minutes, et c(t)c(t) la concentration du mélange, en grammes par litre. On admet que la vitesse de variation M′(t)M'(t) est égale à la masse de sel qui entre par minute, moins la masse de sel qui sort par minute.

  1. Exprimer c(t)c(t) en fonction de M(t)M(t). Justifier que, pour tout t⩾0t \geqslant 0, M′(t)=300−M(t)50M'(t) = 300 - \dfrac{M(t)}{50}.
  2. En déduire que MM est solution sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[ de l’équation (E):y′+150 y=300(E) : y' + \dfrac{1}{50}\,y = 300, puis résoudre (E)(E).
  3. Déterminer M(t)M(t), puis montrer que c(t)=30−24 e−t/50c(t) = 30 - 24\,\mathrm{e}^{-t/50}.
  4. Déterminer la limite de c(t)c(t) quand tt tend vers +∞+\infty, et interpréter ce résultat.
  5. Au bout de combien de temps la concentration atteint-elle 25 grammes par litre ? Donner la valeur exacte, puis une valeur approchée à la minute près.
Voir le corrigé

1. La concentration est la masse de sel divisée par le volume du mélange, qui reste égal à 500 litres : c(t)=M(t)500c(t) = \dfrac{M(t)}{500}, en grammes par litre. Il arrive 10 litres par minute d’eau salée à 30 grammes par litre : le sel entre au rythme de 10 L/min×30 g/L=300 g/min10\ \mathrm{L/min} \times 30\ \mathrm{g/L} = 300\ \mathrm{g/min}. Il sort aussi 10 litres par minute du mélange, qui est homogène : ce mélange a la concentration c(t)c(t) de la cuve, et le sel sort au rythme de 10×M(t)500=M(t)5010 \times \dfrac{M(t)}{500} = \dfrac{M(t)}{50} grammes par minute. La vitesse de variation est la différence des deux, donc pour tout t⩾0t \geqslant 0 :

M′(t)=300−M(t)50M'(t) = 300 - \dfrac{M(t)}{50}

2. En passant le terme en M(t)M(t) à gauche, on obtient M′(t)+150 M(t)=300M'(t) + \dfrac{1}{50}\,M(t) = 300 pour tout t⩾0t \geqslant 0 : MM est solution de (E)(E), de la forme y′+ay=by' + ay = b avec a=150a = \dfrac{1}{50} et b=300b = 300, deux constantes.

Équation homogène : ses solutions sont les fonctions t↦λe−t/50t \mapsto \lambda\mathrm{e}^{-t/50}, car −at=−t50-at = -\dfrac{t}{50}. Solution particulière : le second membre est constant, on cherche une fonction constante, égale à ba=300×50=15 000\dfrac{b}{a} = 300 \times 50 = 15\,000. Contrôle : 0+15 00050=3000 + \dfrac{15\,000}{50} = 300. Les solutions de (E)(E) sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[ sont donc les fonctions

y(t)=15 000+λe−t/50y(t) = 15\,000 + \lambda\mathrm{e}^{-t/50}

où λ\lambda est un réel quelconque.

3. Au départ, la cuve contient 500 litres à 6 grammes par litre, soit 3 000 grammes de sel : M(0)=500×6=3 000M(0) = 500 \times 6 = 3\,000. La condition initiale porte sur la solution complète : M(0)=15 000+λ=3 000M(0) = 15\,000 + \lambda = 3\,000, donc λ=−12 000\lambda = -12\,000, et pour tout t⩾0t \geqslant 0 :

M(t)=15 000−12 000 e−t/50M(t) = 15\,000 - 12\,000\,\mathrm{e}^{-t/50}

On en déduit la concentration, en grammes par litre :

c(t)=M(t)500=30−24 e−t/50c(t) = \dfrac{M(t)}{500} = 30 - 24\,\mathrm{e}^{-t/50}

4. Quand tt tend vers +∞+\infty, −t50-\dfrac{t}{50} tend vers −∞-\infty, donc e−t/50\mathrm{e}^{-t/50} tend vers 00 et c(t)c(t) tend vers 3030. Interprétation : à long terme, la cuve a la concentration de l’eau qui arrive, 30 grammes par litre ; l’eau du départ a été remplacée peu à peu. De plus, 24 e−t/50>024\,\mathrm{e}^{-t/50} \gt 0, donc c(t)<30c(t) \lt 30 pour tout t⩾0t \geqslant 0 : la concentration se rapproche de 30 grammes par litre sans jamais l’atteindre.

5. La fonction cc est croissante, car c′(t)=2450 e−t/50>0c'(t) = \dfrac{24}{50}\,\mathrm{e}^{-t/50} \gt 0 : elle atteint 25 grammes par litre à un seul instant, solution de c(t)=25c(t) = 25. On résout cette équation : 30−24 e−t/50=25  ⟺  e−t/50=52430 - 24\,\mathrm{e}^{-t/50} = 25 \iff \mathrm{e}^{-t/50} = \dfrac{5}{24}, puis e−t/50=524  ⟺  −t50=ln⁡(524)  ⟺  t=50ln⁡(245)\mathrm{e}^{-t/50} = \dfrac{5}{24} \iff -\dfrac{t}{50} = \ln\left(\dfrac{5}{24}\right) \iff t = 50\ln\left(\dfrac{24}{5}\right). La dernière étape utilise ln⁡(524)=−ln⁡(245)\ln\left(\dfrac{5}{24}\right) = -\ln\left(\dfrac{24}{5}\right). Comme 245=4,8\dfrac{24}{5} = 4{,}8, on obtient t=50ln⁡(4,8)≈78,4t = 50\ln(4{,}8) \approx 78{,}4 : la concentration atteint 25 grammes par litre au bout d’environ 78 minutes.

6012018024010202530t (min)c (g/L) limite : 30 g/L t ≈ 78 c(t)
La concentration part de 66, franchit le seuil de 25 g/L vers t≈78t \approx 78, puis se rapproche de 30 g/L sans l’atteindre.

Pour aller plus loin : avec un débit de 20 litres par minute, l’équation devient y′+125 y=600y' + \dfrac{1}{25}\,y = 600. La limite reste 15 00015\,000 grammes, soit 30 grammes par litre, mais l’instant cherché devient 25ln⁡(4,8)≈39,225\ln(4{,}8) \approx 39{,}2, environ deux fois plus tôt : le débit règle la vitesse du mélange, pas la concentration finale.

Réflexe à retenir : dans un problème concret, la mise en équation vient d’un bilan, ce qui entre moins ce qui sort. Ensuite, la méthode est celle de l’exercice 4, et la limite se contrôle avec le bon sens : ici, la concentration de l’eau qui arrive.

Les trois réflexes à retenir

  1. Mets l’équation sous la forme y′+ay=b(x)y' + ay = b(x) avant de lire aa. Divise par le coefficient de y′y' et passe tout ce qui contient yy à gauche : le signe de aa donne celui de l’exposant, et y′=kyy' = ky a pour solutions λekx\lambda\mathrm{e}^{kx}.
  2. La forme de la solution particulière suit le second membre. Une constante, un polynôme complet de même degré, ou AemxA\mathrm{e}^{mx} quand mm est différent de −a-a : on remplace dans l’équation, on identifie les coefficients, puis on vérifie le résultat.
  3. La condition initiale en dernier, sur la solution complète. Elle s’applique à yp+λe−axy_p + \lambda\mathrm{e}^{-ax}, et non à λe−ax\lambda\mathrm{e}^{-ax} seule : c’est elle qui fixe la valeur de λ\lambda.

La suite du chapitre, avec les exercices sur les équations différentielles du second ordre, reprend la même structure, avec une équation caractéristique pour l’équation homogène.

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