Post-bac Mathématiques Programmes de première année PCSI, arrêté du 5 janvier 2021

Équations différentielles

Résumé de cours

Équations différentielles Mathématiques · Post-bac · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com

En première année, prépa, licence ou BUT, les équations différentielles servent partout : un circuit électrique, un ressort, un objet qui refroidit se décrivent par une équation dont l’inconnue est une fonction. Ce résumé rassemble les résultats du cours sur les équations linéaires d’ordre 1 et 2, et la méthode qui les relie.

Le vocabulaire

Une équation différentielle relie une fonction inconnue yy à ses dérivées. L’écriture y′+2y=6y' + 2y = 6 veut dire : pour tout xx de l’intervalle II, y′(x)+2y(x)=6y'(x) + 2y(x) = 6. Une solution est une fonction dérivable sur II qui rend l’égalité vraie pour tout xx de II ; résoudre, c’est trouver toutes les solutions.

  • L’ordre est celui de la dérivée la plus haute.
  • L’équation est linéaire quand yy, y′y' et y′′y'' n’y apparaissent qu’au premier degré (y′=y2y' = y^2 ne l’est pas).
  • Le second membre est le terme sans yy ; l’équation est homogène quand il est nul.
  • Un problème de Cauchy ajoute une condition y(x0)=y0y(x_0) = y_0 à l’ordre 1, deux conditions y(x0)=y0y(x_0) = y_0 et y′(x0)=y1y'(x_0) = y_1 à l’ordre 2 : il a alors une solution, et une seule (théorème de Cauchy-Lipschitz linéaire, admis en première année).

La structure de toutes les solutions

Pour une équation linéaire, d’ordre 1 ou 2 : solution générale = une solution particulière + toutes les solutions de l’équation homogène associée. La différence de deux solutions est en effet solution de l’équation homogène. Les conditions initiales se posent toujours sur la solution complète, jamais sur la seule partie homogène.

Le premier ordre : y′+a(x)y=b(x)y' + a(x)y = b(x)

Avec aa et bb continues sur un intervalle II, et AA une primitive de aa sur II :

  • les solutions de l’équation homogène sont les fonctions x↦λ e−A(x)x \mapsto \lambda\,\mathrm{e}^{-A(x)}, pour λ\lambda réel ; quand aa est une constante, ce sont les x↦λ e−axx \mapsto \lambda\,\mathrm{e}^{-ax} ;
  • une solution particulière se trouve à vue (une constante, comme la valeur d’équilibre), par identification quand le second membre est un polynôme ou une exponentielle, ou par la méthode de la variation de la constante dans les autres cas ;
  • si l’équation s’écrit α(x)y′+β(x)y=γ(x)\alpha(x)y' + \beta(x)y = \gamma(x), on divise d’abord par α(x)\alpha(x), sur chaque intervalle où α\alpha ne s’annule pas.

Attention au signe : la forme de terminale y′=ayy' = ay s’écrit y′−ay=0y' - ay = 0, et ses solutions sont les x↦λ eaxx \mapsto \lambda\,\mathrm{e}^{ax}.

Le second ordre à coefficients constants : ay′′+by′+cy=f(x)ay'' + by' + cy = f(x)

En cherchant des solutions de la forme x↦erxx \mapsto \mathrm{e}^{rx}, on tombe sur l’équation caractéristique ar2+br+c=0ar^2 + br + c = 0, de discriminant Δ=b2−4ac\Delta = b^2 - 4ac. Les solutions réelles de l’équation homogène dépendent du signe de Δ\Delta (λ\lambda et μ\mu réels) :

DiscriminantRacinesSolutions de l’équation homogène
Δ>0\Delta \gt 0deux racines réelles r1r_1 et r2r_2λ er1x+μ er2x\lambda\,\mathrm{e}^{r_1 x} + \mu\,\mathrm{e}^{r_2 x}
Δ=0\Delta = 0une racine double r0=−b2ar_0 = -\dfrac{b}{2a}(λx+μ) er0x(\lambda x + \mu)\,\mathrm{e}^{r_0 x}
Δ<0\Delta \lt 0deux racines complexes α±iβ\alpha \pm \mathrm{i}\betaeαx(λcos⁡(βx)+μsin⁡(βx))\mathrm{e}^{\alpha x}\left(\lambda\cos(\beta x) + \mu\sin(\beta x)\right)

Pour la solution particulière, la forme à essayer dépend du second membre : un polynôme appelle un polynôme, k emxk\,\mathrm{e}^{mx} appelle A emxA\,\mathrm{e}^{mx} si mm n’est pas racine de l’équation caractéristique (et Ax emxAx\,\mathrm{e}^{mx} ou Ax2emxAx^2\mathrm{e}^{mx} s’il est racine simple ou double), un cosinus ou un sinus appelle Acos⁡(ωx)+Bsin⁡(ωx)A\cos(\omega x) + B\sin(\omega x). Quand le second membre est une somme, on additionne les solutions particulières (principe de superposition).

Le lien avec la physique

Une loi de la physique qui relie une grandeur à sa vitesse de variation donne une équation différentielle. Au premier ordre, la forme canonique τdydt+y=y∞\tau\dfrac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}t} + y = y_\infty fait apparaître un temps caractéristique τ\tau : la grandeur rejoint y∞y_\infty, et à t=τt = \tau il reste environ 3737 % de l’écart de départ. Au second ordre, la forme x¨+ω0Qx˙+ω02x=0\ddot{x} + \dfrac{\omega_0}{Q}\dot{x} + \omega_0^2 x = 0 fait apparaître la pulsation propre ω0\omega_0 et le facteur de qualité QQ, qui décide du régime : pseudo-périodique si Q>12Q \gt \dfrac{1}{2}, critique si Q=12Q = \dfrac{1}{2}, apériodique si Q<12Q \lt \dfrac{1}{2}.

Exercices corrigés