1re Mathématiques Exercices Gratuit

Exercices — Probabilités conditionnelles et indépendance

💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.

Exercice 1 — Du tableau aux probabilités conditionnelles

Dans un lycée, on interroge 200200 élèves de première et de terminale sur la demi-pension :

Demi-pensionnairesExternesTotal
Première602080
Terminale9030120
Total15050200

On choisit un élève au hasard. On note DD « l’élève est demi-pensionnaire » et TT « l’élève est en terminale ».

  1. Calculer P(D)P(D), P(T)P(T) et P(DT)P(D \cap T).
  2. Calculer PT(D)P_T(D). Interpréter cette valeur par une phrase.
  3. Les événements DD et TT sont-ils indépendants ?
Voir le corrigé

1. P(D)=150200=0,75P(T)=120200=0,60P(DT)=90200=0,45P(D) = \frac{150}{200} = 0{,}75 \qquad P(T) = \frac{120}{200} = 0{,}60 \qquad P(D \cap T) = \frac{90}{200} = 0{,}45

2. On se restreint aux 120120 élèves de terminale :

PT(D)=90120=0,75P_T(D) = \frac{90}{120} = 0{,}75

Parmi les élèves de terminale, 75 %75\ \% sont demi-pensionnaires.

3. On compare : P(D)×P(T)=0,75×0,60=0,45=P(DT)P(D) \times P(T) = 0{,}75 \times 0{,}60 = 0{,}45 = P(D \cap T).

Les événements DD et TT sont donc indépendants : être en terminale ne change pas la probabilité d’être demi-pensionnaire (on retrouve PT(D)=P(D)=0,75P_T(D) = P(D) = 0{,}75).

Réflexe à retenir : dans un tableau, une probabilité conditionnelle se lit en divisant une case par le total de sa ligne ou de sa colonne.

Exercice 2 — Arbre pondéré

Chaque matin, Léna va au lycée à vélo avec une probabilité de 0,70{,}7, sinon en bus. À vélo, elle est à l’heure avec une probabilité de 0,90{,}9 ; en bus, avec une probabilité de 0,80{,}8.

On note VV « Léna prend le vélo » et HH « Léna est à l’heure ».

  1. Construire l’arbre pondéré de la situation.
  2. Calculer la probabilité que Léna vienne à vélo et soit à l’heure.
  3. Montrer que P(H)=0,87P(H) = 0{,}87.
Voir le corrigé

1. Premier niveau : VV (0,70{,}7) et Vˉ\bar{V} (bus, 0,30{,}3). Depuis VV : HH (0,90{,}9) et Hˉ\bar{H} (0,10{,}1). Depuis Vˉ\bar{V} : HH (0,80{,}8) et Hˉ\bar{H} (0,20{,}2). À chaque nœud, la somme des branches vaut bien 11.

2. On multiplie le long du chemin :

P(VH)=0,7×0,9=0,63P(V \cap H) = 0{,}7 \times 0{,}9 = 0{,}63

3. Deux chemins mènent à HH (vélo puis à l’heure, bus puis à l’heure) ; on additionne leurs probabilités :

P(H)=0,7×0,9+0,3×0,8=0,63+0,24=0,87P(H) = 0{,}7 \times 0{,}9 + 0{,}3 \times 0{,}8 = 0{,}63 + 0{,}24 = 0{,}87

Réflexe à retenir : on multiplie le long d’un chemin, on additionne entre les chemins qui réalisent l’événement.

Exercice 3 — Test médical et faux positifs

Une maladie touche 1 %1\ \% d’une population de 10 00010\ 000 personnes. Un test de dépistage donne un résultat positif pour 95 %95\ \% des personnes malades, mais aussi pour 5 %5\ \% des personnes saines (« faux positifs »).

  1. Compléter le tableau d’effectifs :
Test positifTest négatifTotal
Malades100
Non malades9 900
Total10 000
  1. Une personne est testée positive. Quelle est la probabilité qu’elle soit réellement malade (arrondir à 1 %1\ \%) ?
  2. Ce résultat te surprend-il ? Expliquer d’où vient ce paradoxe.
Voir le corrigé

1. Malades : 100100 personnes, dont 95 %95\ \% de positifs → 9595 positifs, 55 négatifs. Non malades : 9 9009\ 900 personnes, dont 5 %5\ \% de positifs → 495495 positifs, 9 4059\ 405 négatifs. Total positifs : 95+495=59095 + 495 = 590 ; total négatifs : 5+9 405=9 4105 + 9\ 405 = 9\ 410.

2. On se restreint aux 590590 personnes positives :

Ppositif(malade)=955900,16P_{\text{positif}}(\text{malade}) = \frac{95}{590} \approx 0{,}16

Une personne positive n’a qu’environ 16 %16\ \% de chances d’être malade !

3. Le test paraît « fiable à 95 % », mais cette fiabilité est Pmalade(positif)P_{\text{malade}}(\text{positif}), pas Ppositif(malade)P_{\text{positif}}(\text{malade}). Comme la maladie est rare, les 5 %5\ \% de faux positifs portent sur une population immense (9 9009\ 900 personnes) : les faux positifs (495495) sont plus nombreux que les vrais (9595). C’est pourquoi un test positif est en pratique suivi d’un second test de confirmation.

Réflexe à retenir : ne confonds jamais PA(B)P_A(B) et PB(A)P_B(A) — le tableau d’effectifs rend le calcul évident.

Exercice 4 — Justifier une indépendance

On lance un dé équilibré à six faces. On considère les événements : AA = « obtenir un nombre pair », BB = « obtenir un multiple de 3 », CC = « obtenir 4 ou plus ».

  1. Calculer P(A)P(A), P(B)P(B) et P(AB)P(A \cap B). Les événements AA et BB sont-ils indépendants ?
  2. Les événements AA et CC sont-ils indépendants ?
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1. A={2,4,6}A = \{2, 4, 6\} : P(A)=36=12P(A) = \dfrac{3}{6} = \dfrac{1}{2}. B={3,6}B = \{3, 6\} : P(B)=26=13P(B) = \dfrac{2}{6} = \dfrac{1}{3}. AB={6}A \cap B = \{6\} : P(AB)=16P(A \cap B) = \dfrac{1}{6}.

Or P(A)×P(B)=12×13=16=P(AB)P(A) \times P(B) = \dfrac{1}{2} \times \dfrac{1}{3} = \dfrac{1}{6} = P(A \cap B) : AA et BB sont indépendants.

2. C={4,5,6}C = \{4, 5, 6\} : P(C)=12P(C) = \dfrac{1}{2}. AC={4,6}A \cap C = \{4, 6\} : P(AC)=26=13P(A \cap C) = \dfrac{2}{6} = \dfrac{1}{3}.

Or P(A)×P(C)=12×12=1413P(A) \times P(C) = \dfrac{1}{2} \times \dfrac{1}{2} = \dfrac{1}{4} \neq \dfrac{1}{3} : AA et CC ne sont pas indépendants (savoir que le dé affiche 4 ou plus rend « pair » plus probable : PC(A)=23>12P_C(A) = \frac{2}{3} > \frac{1}{2}).

Réflexe à retenir : l’indépendance se prouve par le calcul (P(AB)=?P(A)×P(B)P(A \cap B) \overset{?}{=} P(A) \times P(B)), jamais « au feeling ».

Exercice 5 — Lancers francs (type contrôle ⭐)

Au basket, Anaïs réussit chaque lancer franc avec une probabilité de 0,60{,}6. Elle tire 33 lancers francs, supposés identiques et indépendants.

  1. Représenter la situation par un arbre (ou décrire sa structure).
  2. Calculer la probabilité qu’elle réussisse les 33 lancers.
  3. Calculer la probabilité qu’elle ne réussisse aucun lancer.
  4. En déduire la probabilité qu’elle réussisse au moins un lancer.
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1. Arbre à 33 niveaux : à chaque niveau, une branche « réussite » (0,60{,}6) et une branche « échec » (0,40{,}4). L’arbre compte 23=82^3 = 8 chemins.

2. Les lancers sont indépendants, on multiplie :

P(3 reˊussites)=0,63=0,216P(3 \text{ réussites}) = 0{,}6^3 = 0{,}216

3. P(aucune reˊussite)=0,43=0,064P(\text{aucune réussite}) = 0{,}4^3 = 0{,}064

4. « Au moins un » est le contraire de « aucun » :

P(au moins un)=10,064=0,936P(\text{au moins un}) = 1 - 0{,}064 = 0{,}936

Soit environ 94 %94\ \% : même avec 60 %60\ \% de réussite par tir, rater les trois est très rare.

Réflexe à retenir : dès que tu lis « au moins un », pense événement contraire1(1p)n1 - (1-p)^n évite d’additionner de nombreux chemins.


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