Produit scalaire et orthogonalité dans l’espace
Résumé de cours
Produit scalaire et orthogonalité dans l’espace Mathématiques · Tle · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com
Comment mesurer l’angle entre deux arêtes d’une pyramide ? Calculer la distance d’un point à un plan ? Un outil déjà rencontré en première fait tout : le produit scalaire, qui s’étend du plan à l’espace sans changer de règles. Avec lui débarquent le vecteur normal, les équations cartésiennes de plans et le projeté orthogonal — le trio gagnant des exercices de géométrie du bac.
Le produit scalaire, comme dans le plan
Toutes les définitions et propriétés de première restent valables : pour des vecteurs non nuls, , avec la symétrie (), la bilinéarité (on développe comme un produit ordinaire) et .
En développant , on obtient la formule de polarisation : .
En base orthonormée : la formule qui fait tout
Produit scalaire et norme en base orthonormée
Avec u(x ; y ; z) et v(x′ ; y′ ; z′). La distance entre deux points est la norme du vecteur : AB = ‖AB‖. Exemple : u(1 ; 2 ; −2) a pour norme √(1 + 4 + 4) = 3.
Pour un angle : — le produit scalaire calcule des angles et des longueurs dans l’espace, exactement comme dans le plan.
L’orthogonalité à tous les étages
- Deux vecteurs sont orthogonaux si, et seulement si, (par convention, le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur).
- Deux droites sont orthogonales lorsque leurs vecteurs directeurs le sont — attention, dans l’espace, elles ne se coupent pas forcément !
- Une droite et un plan : la droite est orthogonale au plan si, et seulement si, son vecteur directeur est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan. Elle est alors orthogonale à toutes les droites du plan.
Deux produits scalaires suffisent
Pour prouver qu’une droite est orthogonale à un plan, il suffit de vérifier deux produits scalaires nuls, avec deux vecteurs non colinéaires du plan. Un seul ne prouve rien — et les vérifier tous est impossible. C’est LE réflexe des exercices d’espace, et la porte d’entrée vers le vecteur normal.
Vecteur normal et équation cartésienne d’un plan
Un vecteur normal à un plan est un vecteur non nul orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan — donc à toute la direction du plan. Un point et un vecteur normal caractérisent un unique plan : l’ensemble des points tels que . En coordonnées, cela donne :
Équation cartésienne d’un plan
Le vecteur normal se lit sur les coefficients de x, y et z. Exemple : le plan passant par A(1 ; 0 ; 2) de vecteur normal n(3 ; 1 ; −1) s’écrit 3x + y − z + d = 0, et A impose 3 + 0 − 2 + d = 0, donc d = −1.
Deux sens de lecture : d’une équation, on extrait un vecteur normal ; d’un point et d’un vecteur normal, on construit l’équation — les coefficients d’abord, puis grâce au point. Et pour tester l’appartenance d’un point au plan, on remplace ses coordonnées dans l’équation : l’égalité doit être vérifiée.
Projeté orthogonal et distances
Le projeté orthogonal de sur un plan est le point de tel que la droite soit orthogonale à . C’est le point de le plus proche de (démonstration au programme) : la distance de au plan est donc . La méthode, avec la droite normale paramétrée :
- Écris la représentation paramétrique de la droite passant par , dirigée par un vecteur normal du plan.
- Injecte , et dans l’équation du plan, et résous l’équation d’inconnue .
- Cette valeur de donne … puis la distance .
Le projeté orthogonal sur une droite se traite avec la même logique : est le point de la droite tel que , où dirige la droite — on exprime le point courant avec le paramètre , et on résout.
Le plan médiateur de — l’ensemble des points équidistants de et de — est le plan passant par le milieu de , de vecteur normal . C’est l’exemple type de lieu géométrique à connaître, l’analogue en 3D de la médiatrice.
Les pièges classiques
Une équation cartésienne, c’est un plan
Dans l’espace, décrit un plan, jamais une droite — une droite se donne par une représentation paramétrique (ou comme intersection de deux plans). Le vecteur normal se lit sur : le nombre n’en fait pas partie. Un produit scalaire est un nombre, pas un vecteur. Et « droites orthogonales » ne signifie pas « droites sécantes » : l’orthogonalité ne porte que sur les directions.