Tle Mathématiques Spécialité maths BO spécial n°8 du 25 juillet 2019

Produit scalaire et orthogonalité dans l’espace

Résumé de cours

Produit scalaire et orthogonalité dans l’espace Mathématiques · Tle · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com

Comment mesurer l’angle entre deux arêtes d’une pyramide ? Calculer la distance d’un point à un plan ? Un outil déjà rencontré en première fait tout : le produit scalaire, qui s’étend du plan à l’espace sans changer de règles. Avec lui débarquent le vecteur normal, les équations cartésiennes de plans et le projeté orthogonal — le trio gagnant des exercices de géométrie du bac.

Le produit scalaire, comme dans le plan

Toutes les définitions et propriétés de première restent valables : pour des vecteurs non nuls, uv=u×v×cos(u,v)\vec{u} \cdot \vec{v} = \|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\| \times \cos(\vec{u}\,,\,\vec{v}), avec la symétrie (uv=vu\vec{u} \cdot \vec{v} = \vec{v} \cdot \vec{u}), la bilinéarité (on développe comme un produit ordinaire) et uu=u2\vec{u} \cdot \vec{u} = \|\vec{u}\|^2.

En développant u+v2=u2+2uv+v2\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 = \|\vec{u}\|^2 + 2\,\vec{u} \cdot \vec{v} + \|\vec{v}\|^2, on obtient la formule de polarisation : uv=12(u+v2u2v2)\vec{u} \cdot \vec{v} = \dfrac{1}{2}\left(\|\vec{u} + \vec{v}\|^2 - \|\vec{u}\|^2 - \|\vec{v}\|^2\right).

En base orthonormée : la formule qui fait tout

Produit scalaire et norme en base orthonormée

uv=xx+yy+zzu=x2+y2+z2\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz' \qquad\qquad \|\vec{u}\| = \sqrt{x^2 + y^2 + z^2}

Avec u(x ; y ; z) et v(x′ ; y′ ; z′). La distance entre deux points est la norme du vecteur : AB = ‖AB‖. Exemple : u(1 ; 2 ; −2) a pour norme √(1 + 4 + 4) = 3.

Pour un angle : cos(u,v)=uvu×v\cos(\vec{u}\,,\,\vec{v}) = \dfrac{\vec{u} \cdot \vec{v}}{\|\vec{u}\| \times \|\vec{v}\|} — le produit scalaire calcule des angles et des longueurs dans l’espace, exactement comme dans le plan.

L’orthogonalité à tous les étages

  • Deux vecteurs sont orthogonaux si, et seulement si, uv=0\vec{u} \cdot \vec{v} = 0 (par convention, le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur).
  • Deux droites sont orthogonales lorsque leurs vecteurs directeurs le sont — attention, dans l’espace, elles ne se coupent pas forcément !
  • Une droite et un plan : la droite est orthogonale au plan si, et seulement si, son vecteur directeur est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan. Elle est alors orthogonale à toutes les droites du plan.

Deux produits scalaires suffisent

Pour prouver qu’une droite est orthogonale à un plan, il suffit de vérifier deux produits scalaires nuls, avec deux vecteurs non colinéaires du plan. Un seul ne prouve rien — et les vérifier tous est impossible. C’est LE réflexe des exercices d’espace, et la porte d’entrée vers le vecteur normal.

Vecteur normal et équation cartésienne d’un plan

Un vecteur normal à un plan est un vecteur non nul orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan — donc à toute la direction du plan. Un point AA et un vecteur normal n\vec{n} caractérisent un unique plan : l’ensemble des points MM tels que AMn=0\overrightarrow{AM} \cdot \vec{n} = 0. En coordonnées, cela donne :

Équation cartésienne d’un plan

ax+by+cz+d=0avec n(a;b;c) vecteur normalax + by + cz + d = 0 \qquad \text{avec } \vec{n}\,(a\,;\,b\,;\,c) \text{ vecteur normal}

Le vecteur normal se lit sur les coefficients de x, y et z. Exemple : le plan passant par A(1 ; 0 ; 2) de vecteur normal n(3 ; 1 ; −1) s’écrit 3x + y − z + d = 0, et A impose 3 + 0 − 2 + d = 0, donc d = −1.

Deux sens de lecture : d’une équation, on extrait un vecteur normal (a;b;c)(a\,;\,b\,;\,c) ; d’un point et d’un vecteur normal, on construit l’équation — les coefficients d’abord, puis dd grâce au point. Et pour tester l’appartenance d’un point au plan, on remplace ses coordonnées dans l’équation : l’égalité doit être vérifiée.

Projeté orthogonal et distances

Le projeté orthogonal de MM sur un plan P\mathcal{P} est le point HH de P\mathcal{P} tel que la droite (MH)(MH) soit orthogonale à P\mathcal{P}. C’est le point de P\mathcal{P} le plus proche de MM (démonstration au programme) : la distance de MM au plan est donc MHMH. La méthode, avec la droite normale paramétrée :

  1. Écris la représentation paramétrique de la droite passant par MM, dirigée par un vecteur normal n\vec{n} du plan.
  2. Injecte xx, yy et zz dans l’équation du plan, et résous l’équation d’inconnue tt.
  3. Cette valeur de tt donne HH… puis la distance MHMH.

Le projeté orthogonal sur une droite se traite avec la même logique : HH est le point de la droite tel que MHu=0\overrightarrow{MH} \cdot \vec{u} = 0, où u\vec{u} dirige la droite — on exprime le point courant avec le paramètre tt, et on résout.

Le plan médiateur de [AB][AB] — l’ensemble des points équidistants de AA et de BB — est le plan passant par le milieu de [AB][AB], de vecteur normal AB\overrightarrow{AB}. C’est l’exemple type de lieu géométrique à connaître, l’analogue en 3D de la médiatrice.

Les pièges classiques

Une équation cartésienne, c’est un plan

Dans l’espace, ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 décrit un plan, jamais une droite — une droite se donne par une représentation paramétrique (ou comme intersection de deux plans). Le vecteur normal se lit sur (a;b;c)(a\,;\,b\,;\,c) : le nombre dd n’en fait pas partie. Un produit scalaire est un nombre, pas un vecteur. Et « droites orthogonales » ne signifie pas « droites sécantes » : l’orthogonalité ne porte que sur les directions.

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