Tle Mathématiques Spécialité mathsMaths complémentaires BO spécial n°8 du 25 juillet 2019

La fonction logarithme népérien

Résumé de cours

La fonction logarithme népérien Mathématiques · Tle · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com

En première, l’exponentielle transformait les sommes en produits : ea+b=ea×ebe^{a+b} = e^a \times e^b. Sa réciproque, la fonction logarithme népérien, fait exactement le chemin inverse — et c’est elle qui permet enfin de faire descendre l’inconnue de l’exposant : résoudre ex=5e^x = 5, ou trouver à partir de quel rang 0,8n0{,}8^n passe sous 0,10{,}1.

ln, la réciproque de l’exponentielle

Pour tout réel x>0x > 0, on appelle ln⁡x\ln x l’unique solution de l’équation ey=xe^y = x (unique car exp⁡\exp est continue, strictement croissante, de limites 00 et +∞+\infty). Autrement dit, ln⁡\ln est définie sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[ et :

eln⁡x=x  pour tout x>0etln⁡(ex)=x  pour tout x∈Re^{\ln x} = x \ \text{ pour tout } x > 0 \qquad \text{et} \qquad \ln\left(e^x\right) = x \ \text{ pour tout } x \in \mathbb{R}

Deux valeurs à connaître par cœur : ln⁡1=0\ln 1 = 0 (car e0=1e^0 = 1) et ln⁡e=1\ln e = 1 (car e1=ee^1 = e). Graphiquement, les courbes de exp⁡\exp et de ln⁡\ln sont symétriques par rapport à la droite y=xy = x : chacune est le reflet de l’autre.

Les propriétés algébriques

Le logarithme transforme les produits en sommes

ln⁡(ab)=ln⁡a+ln⁡bln⁡ab=ln⁡a−ln⁡bln⁡(an)=nln⁡aln⁡a=12ln⁡a\ln(ab) = \ln a + \ln b \qquad \ln\frac{a}{b} = \ln a - \ln b \qquad \ln\left(a^n\right) = n\ln a \qquad \ln\sqrt{a} = \frac{1}{2}\ln a

Pour a et b strictement positifs, n entier relatif. Cas particulier utile : ln(1/b) = −ln b. Chaque formule est le miroir d’une propriété de l’exponentielle.

Ces formules servent à réduire une expression (ln⁡8=3ln⁡2\ln 8 = 3\ln 2), à regrouper plusieurs logarithmes en un seul avant de résoudre une équation, ou à tout exprimer en fonction de ln⁡2\ln 2 et ln⁡3\ln 3.

Équations et inéquations : la méthode

  1. Le domaine d’abord : écris les conditions d’existence (u(x)>0u(x) > 0 pour chaque ln⁡u(x)\ln u(x)) avant tout calcul.
  2. Regroupe avec les propriétés algébriques pour te ramener à ln⁡A=ln⁡B\ln A = \ln B ou eA=eBe^A = e^B.
  3. Supprime les ln⁡\ln ou les ee : par stricte croissance, ln⁡a=ln⁡b  ⟺  a=b\ln a = \ln b \iff a = b et ln⁡a≤ln⁡b  ⟺  a≤b\ln a \leq \ln b \iff a \leq b (pour a,b>0a, b > 0) — même chose pour exp⁡\exp.
  4. Deux équivalences clés : ln⁡x=k  ⟺  x=ek\ln x = k \iff x = e^k, et ex=k  ⟺  x=ln⁡ke^x = k \iff x = \ln k… seulement si k>0k > 0 (l’équation ex=−2e^x = -2 n’a aucune solution).

Diviser par ln q : gare au sens de l’inégalité

Pour résoudre 0,8n≤0,10{,}8^n \leq 0{,}1, on prend le logarithme : nln⁡0,8≤ln⁡0,1n\ln 0{,}8 \leq \ln 0{,}1. Mais 0,8<10{,}8 < 1, donc ln⁡0,8<0\ln 0{,}8 < 0 : en divisant, l’inégalité change de sens — n≥ln⁡0,1ln⁡0,8n \geq \dfrac{\ln 0{,}1}{\ln 0{,}8}. C’est LE piège des exercices de seuil avec les suites géométriques : dès que la raison est entre 00 et 11, son logarithme est négatif.

Dérivée et variations

La fonction ln⁡\ln est dérivable sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[ et :

(ln⁡x)′=1xet pour une composeˊe :(ln⁡u)′=u′u(\ln x)' = \frac{1}{x} \qquad \text{et pour une composée :} \qquad (\ln u)' = \frac{u'}{u}

Comme 1x>0\dfrac{1}{x} > 0 sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[, ln⁡\ln est strictement croissante. Et sa dérivée x↦1xx \mapsto \dfrac{1}{x} est décroissante : ln⁡\ln est concave, sa courbe reste au-dessous de ses tangentes — par exemple au-dessous de y=x−1y = x - 1, la tangente en 11 : ln⁡x≤x−1\ln x \leq x - 1 pour tout x>0x > 0.

D’où sort la dérivée ? (démonstration éclair)

La dérivabilité de ln⁡\ln étant admise, dérive les deux membres de eln⁡x=xe^{\ln x} = x. À gauche, dérivée d’une composée : (ln⁡x)′×eln⁡x=(ln⁡x)′×x(\ln x)' \times e^{\ln x} = (\ln x)' \times x. À droite : 11. Donc (ln⁡x)′×x=1(\ln x)' \times x = 1, c’est-à-dire (ln⁡x)′=1x(\ln x)' = \dfrac{1}{x}. C’est une démonstration exigible.

Limites et courbe

  • lim⁡x→0+ln⁡x=−∞\lim\limits_{x \to 0^+} \ln x = -\infty : l’axe des ordonnées est asymptote verticale à la courbe.
  • lim⁡x→+∞ln⁡x=+∞\lim\limits_{x \to +\infty} \ln x = +\infty — mais très lentement (ln⁡1000≈6,9\ln 1000 \approx 6{,}9), et sans asymptote horizontale.

La courbe est strictement croissante, concave, passe par (1 ; 0)(1\,;\,0) et (e ; 1)(e\,;\,1), et se déduit de celle de exp⁡\exp par symétrie par rapport à la droite y=xy = x. Conséquence de la croissance : ln⁡x<0\ln x < 0 pour 0<x<10 < x < 1 et ln⁡x>0\ln x > 0 pour x>1x > 1.

Les croissances comparées

Face à une puissance, le logarithme perd toujours

lim⁡x→+∞ln⁡xxn=0etlim⁡x→0+xnln⁡x=0(n≥1 entier)\lim_{x \to +\infty} \frac{\ln x}{x^n} = 0 \qquad \text{et} \qquad \lim_{x \to 0^+} x^n \ln x = 0 \qquad (n \geq 1 \text{ entier})

En +∞ comme en 0, c’est la puissance de x qui impose sa limite. Hiérarchie à retenir : exponentielle ≫ puissances de x ≫ logarithme. Le cas n = 1 en 0 (limite de x ln x) est une démonstration exigible.

Ces limites lèvent les formes indéterminées du type « ∞∞\dfrac{\infty}{\infty} » ou « 0×∞0 \times \infty » qui mélangent ln⁡\ln et puissances de xx — inutile de chercher plus compliqué : cite la croissance comparée.

Les pièges classiques

Ce que ln ne fait pas

ln⁡(a+b)\ln(a + b) ne vaut pas ln⁡a+ln⁡b\ln a + \ln b : le logarithme transforme les produits en sommes, pas les sommes en quoi que ce soit (contre-exemple : ln⁡2≠ln⁡1+ln⁡1=0\ln 2 \neq \ln 1 + \ln 1 = 0). N’oublie pas que ln⁡x\ln x est négatif sur ]0 ; 1[]0\,;\,1[. Avant toute équation, pose les conditions d’existence et rejette à la fin les solutions qui les violent. Et la dérivée d’une composée est (ln⁡u)′=u′u(\ln u)' = \dfrac{u'}{u} — le u′u' au numérateur s’oublie une fois sur deux.

Exercices corrigés