1re Mathématiques Spécialité maths BO n°14 du 2 avril 2026

Le second degré

Résumé de cours

Le second degré Mathématiques · 1re · Les Génies des Sciences · geniesdessciences.com

La trajectoire d’un ballon, le profil d’une antenne parabolique, la recherche d’une aire maximale : derrière tout ça, une fonction polynôme du second degré f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax^2 + bx + c (avec a0a \neq 0) et sa courbe, la parabole. En première, ce chapitre passe à la vitesse supérieure : trois écritures de la même fonction, et un nouvel outil décisif — le discriminant — pour résoudre toutes les équations ax2+bx+c=0ax^2 + bx + c = 0.

Une fonction, trois costumes

  • Forme développée ax2+bx+cax^2 + bx + c : on y lit c=f(0)c = f(0), l’ordonnée à l’origine — et elle sert à calculer le discriminant.
  • Forme canonique a(xα)2+βa(x - \alpha)^2 + \beta : on y lit le sommet S(α;β)S(\alpha\,;\,\beta) de la parabole, donc l’extremum et les variations.
  • Forme factorisée a(xx1)(xx2)a(x - x_1)(x - x_2) : on y lit les racines x1x_1 et x2x_2 et le signe. Elle n’existe pas toujours !

La forme factorisée : racines, signe, somme et produit

Si f(x)=a(xx1)(xx2)f(x) = a(x - x_1)(x - x_2), la fonction s’annule exactement en x1x_1 et x2x_2 : ce sont ses racines. Et les fonctions du second degré qui s’annulent en deux réels distincts x1x_1 et x2x_2 sont exactement les a(xx1)(xx2)a(x - x_1)(x - x_2) avec a0a \neq 0.

  • Signe : f(x)f(x) est du signe de aa à l’extérieur des racines, du signe contraire entre elles (un tableau de signes du produit le redémontre en deux lignes).
  • Somme et produit : en développant, f(x)=a(x2sx+p)f(x) = a\left(x^2 - sx + p\right)s=x1+x2s = x_1 + x_2 et p=x1x2p = x_1 x_2. En comparant avec ax2+bx+cax^2 + bx + c : s=bas = -\dfrac{b}{a} et p=cap = \dfrac{c}{a}.

Somme-produit : le radar à racines entières

Pour factoriser x27x+10x^2 - 7x + 10, cherche de tête deux nombres de somme 77 et de produit 1010 : c’est 22 et 55, donc (x2)(x5)(x - 2)(x - 5). Autres racines « apparentes » : si a+b+c=0a + b + c = 0, alors 11 est racine ; si ab+c=0a - b + c = 0, alors 1-1 est racine — et l’autre racine se récupère avec le produit p=cap = \dfrac{c}{a}.

La forme canonique

Le passage à la forme canonique s’appuie sur l’identité x2+2ax=(x+a)2a2x^2 + 2ax = (x + a)^2 - a^2 (méthode de complétion du carré). Exemple : x2+6x+1=(x+3)29+1=(x+3)28x^2 + 6x + 1 = (x + 3)^2 - 9 + 1 = (x + 3)^2 - 8.

  • En général : f(x)=a(xα)2+βf(x) = a(x - \alpha)^2 + \beta avec α=b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a} et β=f(α)\beta = f(\alpha). (Le calcul dans le cas général n’est pas un attendu : en pratique, on complète le carré sur des cas simples.)
  • Extremum : si a>0a > 0, la parabole est tournée vers le haut et ff admet un minimum β\beta atteint en x=αx = \alpha (décroissante avant, croissante après) ; si a<0a < 0, c’est un maximum.

Le discriminant et la résolution de l’équation

Le discriminant

Δ=b24acet si Δ>0:x1=bΔ2ax2=b+Δ2a\Delta = b^2 - 4ac \qquad \text{et si } \Delta > 0 : \quad x_1 = \frac{-b - \sqrt{\Delta}}{2a} \qquad x_2 = \frac{-b + \sqrt{\Delta}}{2a}

Δ > 0 : deux racines distinctes. Δ = 0 : une racine double égale à −b/(2a). Δ < 0 : aucune racine réelle — la parabole ne traverse pas l’axe des abscisses.

D’où sortent ces formules ? (démonstration éclair)

De la forme canonique : ax2+bx+c=a(x+b2a)2Δ4aax^2 + bx + c = a\left(x + \dfrac{b}{2a}\right)^2 - \dfrac{\Delta}{4a}. L’équation f(x)=0f(x) = 0 équivaut donc à (x+b2a)2=Δ4a2\left(x + \dfrac{b}{2a}\right)^2 = \dfrac{\Delta}{4a^2} : impossible si Δ<0\Delta < 0 (un carré n’est jamais strictement négatif), une solution si Δ=0\Delta = 0, et si Δ>0\Delta > 0, les deux racines carrées donnent exactement x=b±Δ2ax = \dfrac{-b \pm \sqrt{\Delta}}{2a}.

La factorisation éventuelle suit le même classement :

  • Δ>0\Delta > 0 : f(x)=a(xx1)(xx2)f(x) = a(x - x_1)(x - x_2) ;
  • Δ=0\Delta = 0 : f(x)=a(xx0)2f(x) = a(x - x_0)^2 avec x0=b2ax_0 = -\dfrac{b}{2a} ;
  • Δ<0\Delta < 0 : pas de factorisation en facteurs du premier degré.

Le signe du trinôme

La règle tient en une phrase : ax2+bx+cax^2 + bx + c est du signe de aa à l’extérieur des racines, du signe contraire entre les racines. S’il n’y a pas de racine (Δ<0\Delta < 0), le trinôme garde le signe de aa pour tout xx ; si Δ=0\Delta = 0, il garde le signe de aa et ne s’annule qu’une fois, en x0x_0. C’est l’outil qui résout toutes les inéquations du second degré.

Choisir la forme adaptée

  • Équation ou inéquation (f(x)=0f(x) = 0, f(x)kf(x) \geq k…) : forme factorisée — ou discriminant si aucune factorisation rapide ne saute aux yeux.
  • Optimisation, extremum, variations : forme canonique.
  • Valeur en 00, calcul du discriminant : forme développée.

Avant de dégainer le discriminant, prends dix secondes : facteur commun xx (si c=0c = 0), identité remarquable, racine évidente, somme-produit. Δ\Delta marche toujours — mais c’est souvent le chemin le plus long.

Les pièges classiques

Les signes, encore les signes

Dans Δ=b24ac\Delta = b^2 - 4ac, pose des parenthèses : avec b=3b = -3, b2=(3)2=9b^2 = (-3)^2 = 9, et 4ac-4ac devient positif dès que aa et cc sont de signes contraires. Dans la factorisation, n’oublie jamais le facteur aa : 2x26x+4=2(x1)(x2)2x^2 - 6x + 4 = 2(x - 1)(x - 2), pas (x1)(x2)(x - 1)(x - 2). Dans la forme canonique, α=b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a} : le signe moins se perd une fois sur deux. Enfin, Δ<0\Delta < 0 signifie « aucune racine réelle », pas « la fonction n’existe pas » : la parabole est simplement tout entière du même côté de l’axe des abscisses.

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