Résumé — La continuité
Une fonction continue, c’est — en première approche — une fonction dont on trace la courbe sans lever le crayon : pas de saut, pas de trou. Derrière cette image se cache une définition par les limites, et surtout le théorème vedette de terminale : le théorème des valeurs intermédiaires, qui garantit l’existence de solutions pour des équations qu’aucune formule ne sait résoudre.
Continue en un point, sur un intervalle
est continue en lorsque : la limite existe et vaut la valeur de la fonction — la courbe arrive exactement là où elle doit. est continue sur un intervalle lorsqu’elle est continue en chacun de ses points.
En pratique, tu n’auras presque jamais à le vérifier à la main : les fonctions polynômes, la racine carrée, la valeur absolue, l’exponentielle, le logarithme, sinus et cosinus sont continues sur leur ensemble de définition — ainsi que les sommes, produits, quotients (là où le dénominateur ne s’annule pas) et composées de fonctions continues. Au contrôle, une phrase suffit : « est continue sur comme somme (ou produit, ou composée) de fonctions continues ».
Dérivable, donc continue
Toute fonction dérivable sur un intervalle est continue sur cet intervalle. La réciproque est fausse : est continue en mais pas dérivable en — sa courbe a un « pic », pas de tangente. Retiens le sens de l’implication : être dérivable, c’est plus fort qu’être continue.
Le théorème des valeurs intermédiaires (TVI)
Le TVI
Une courbe continue qui va de f(a) à f(b) passe par toutes les valeurs intermédiaires : impossible de sauter par-dessus k sans lever le crayon.
Le TVI est un théorème d’existence : il affirme qu’une solution existe, sans dire combien il y en a, ni où elles sont précisément.
Le corollaire : la version « contrôle »
Si est continue et strictement monotone sur , et si est compris entre et , alors l’équation admet une unique solution dans . C’est cette version qui tombe dans presque tous les sujets.
La rédaction en trois points
Pour montrer que a une unique solution sur , vérifie et cite : 1. continue sur ; 2. strictement monotone sur (en général via le signe de ) ; 3. compris entre et . Conclusion : existence et unicité. Sur un intervalle ouvert ou illimité, remplace ou par la limite correspondante. Et si n’est pas monotone partout : découpe selon le tableau de variations et applique le corollaire morceau par morceau.
Encadrer la solution : balayage et dichotomie
Le corollaire donne l’existence de , mais aucune formule pour le calculer. On l’encadre :
- Balayage : on calcule , , … jusqu’au changement de signe. Si et , alors : encadrement d’amplitude .
- Dichotomie : on coupe l’intervalle en deux en son milieu , on garde la moitié où change de signe, et on recommence. Chaque étape divise l’amplitude par 2 : après étapes, elle vaut . C’est l’algorithme classique à savoir reconnaître (et compléter) en Python.
Suites : le réflexe du point fixe
Si la suite définie par converge vers un réel et si est continue en , alors en passant à la limite dans la relation de récurrence : d’un côté, de l’autre (image d’une suite convergente par une fonction continue). D’où :
La limite est un point fixe de : on la trouve en résolvant l’équation , puis en éliminant les solutions incompatibles (par exemple hors de l’intervalle où vit la suite).
Les pièges classiques
Existence n’est pas unicité
Le TVI seul ne donne jamais l’unicité : sans stricte monotonie, l’équation peut avoir plusieurs solutions — compte-les intervalle par intervalle sur le tableau de variations. Vérifie aussi que est bien entre et avant de citer le théorème. Enfin, l’égalité suppose la convergence de la suite : il faut l’avoir démontrée (souvent : croissante et majorée) ou que l’énoncé te la donne — sinon le raisonnement ne vaut rien.
Le cours en vidéo
- La continuité (Tle)