1re Mathématiques Fiche méthode

Résumé — Suites arithmétiques et suites géométriques

Gagner 500 abonnés chaque mois, ou augmenter de 5 % chaque mois : deux façons de grandir qui n’ont rien à voir. La première ajoute toujours le même nombre, la seconde multiplie toujours par le même facteur. Ce sont les deux familles de suites à connaitre par cœur : les suites arithmétiques (croissance linéaire) et les suites géométriques (croissance exponentielle) — les modèles de base de l’épargne, des populations, des audiences…

Suites arithmétiques : on ajoute toujours le même nombre

La suite (un)(u_n) est arithmétique de raison rr lorsque, pour tout nn, un+1=un+ru_{n+1} = u_n + r. Test pratique : la différence un+1unu_{n+1} - u_n est constante.

Terme général d’une suite arithmétique

un=u0+nret plus geˊneˊralementun=up+(np)ru_n = u_0 + nr \qquad \text{et plus généralement} \qquad u_n = u_p + (n - p)r

Pour aller du terme d’indice 0 au terme d’indice n, on ajoute la raison r exactement n fois. Démonstration guidée : u1 = u0 + r, puis u2 = u0 + 2r… chaque étape empile un r de plus — au bout de n étapes, on en a ajouté n.

  • Lien avec les fonctions affines : un=rn+u0u_n = rn + u_0, c’est la fonction affine xrx+u0x \mapsto rx + u_0 calculée aux entiers. Les points (n;un)(n\,;\,u_n) sont alignés : accroissement constant = croissance linéaire.
  • Sens de variation : croissante si r>0r > 0, décroissante si r<0r < 0, constante si r=0r = 0. Tout se lit sur la raison.

Suites géométriques : on multiplie toujours par le même nombre

La suite (vn)(v_n) est géométrique de raison qq lorsque, pour tout nn, vn+1=q×vnv_{n+1} = q \times v_n. C’est le modèle des évolutions à taux constant : augmenter de 5 % à chaque étape, c’est multiplier à chaque étape par 1,051{,}05.

Terme général d’une suite géométrique

vn=v0×qnet plus geˊneˊralementvn=vp×qnpv_n = v_0 \times q^n \qquad \text{et plus généralement} \qquad v_n = v_p \times q^{n-p}

Pour aller du terme d’indice 0 au terme d’indice n, on multiplie par q exactement n fois. Même démonstration guidée que pour les arithmétiques : v1 = v0 × q, puis v2 = v0 × q²… chaque étape apporte un facteur q de plus.

  • Lien avec la fonction exponentielle : pour q>0q > 0, les points (n;vn)(n\,;\,v_n) se placent sur la courbe de xv0×qxx \mapsto v_0 \times q^x, une courbe de type exponentiel : c’est la croissance (ou la décroissance) exponentielle.
  • Sens de variation (pour v0>0v_0 > 0) : croissante si q>1q > 1, décroissante si 0<q<10 < q < 1, constante si q=1q = 1. Si q<0q < 0, les termes changent de signe à chaque étape : ni croissante ni décroissante.

Les deux sommes à connaitre

Les sommes de référence

1+2++n=n(n+1)21+q++qn=1qn+11q(q1)1 + 2 + \dots + n = \frac{n(n+1)}{2} \qquad\qquad 1 + q + \dots + q^n = \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q} \quad (q \neq 1)

Deux démonstrations classiques à connaitre : la première en écrivant la somme à l’endroit puis à l’envers, la seconde en calculant S − qS.

  • Démonstration (méthode de Gauss) : note S=1+2++nS = 1 + 2 + \dots + n et écris la même somme à l’envers, S=n+(n1)++1S = n + (n-1) + \dots + 1. En additionnant colonne par colonne, chaque paire vaut n+1n + 1, et il y a nn colonnes : 2S=n(n+1)2S = n(n+1).
  • Démonstration (télescopage) : note S=1+q++qnS = 1 + q + \dots + q^n. Alors qS=q+q2++qn+1qS = q + q^2 + \dots + q^{n+1}, et dans SqSS - qS presque tout s’annule : SqS=1qn+1S - qS = 1 - q^{n+1}, soit (1q)S=1qn+1(1-q)S = 1 - q^{n+1} ; on divise par 1q1 - q, ce qui est possible car q1q \neq 1.
  • Sommes de termes consécutifs : arithmétique → somme=nombre de termes×premier+dernier2\text{somme} = \text{nombre de termes} \times \dfrac{\text{premier} + \text{dernier}}{2} ; géométrique → somme=premier terme×1qnombre de termes1q\text{somme} = \text{premier terme} \times \dfrac{1 - q^{\,\text{nombre de termes}}}{1 - q}.

Compte les termes avant de sommer

De u0u_0 à unu_n, il y a n+1n + 1 termes (pas nn !) ; de u3u_3 à u10u_{10}, il y en a 88. Dans 1+q++qn1 + q + \dots + q^n, l’exposant n+1n + 1 de la formule est exactement le nombre de termes de la somme. Compter les termes en premier, c’est éviter la grande majorité des erreurs de sommes.

Linéaire ou exponentiel ? Bien choisir son modèle

  • Un phénomène qui gagne (ou perd) le même nombre à chaque étape se modélise par une suite arithmétique : croissance linéaire, points alignés.
  • Un phénomène qui évolue du même pourcentage à chaque étape se modélise par une suite géométrique de raison 1+t1001 + \dfrac{t}{100} : croissance exponentielle.
  • À long terme, une croissance exponentielle de raison q>1q > 1 finit toujours par dépasser n’importe quelle croissance linéaire — même si celle-ci part beaucoup plus vite.

Les pièges classiques

Raison, pourcentages et comptage de pas

Augmenter de 5 %, c’est multiplier par 1,051{,}05 — pas par 0,050{,}05 (et diminuer de 5 %, c’est multiplier par 0,950{,}95). Si la suite commence à u1u_1, le terme général devient un=u1+(n1)ru_n = u_1 + (n-1)r ou vn=v1×qn1v_n = v_1 \times q^{n-1} : compte les pas, pas les termes. Enfin, une suite peut n’être ni arithmétique ni géométrique (comme un=n2u_n = n^2) : vérifie la différence ou le quotient sur plusieurs paires de termes consécutifs avant de conclure.

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