Résumé — Les modèles démographiques
Ce résumé condense l’exigible du chapitre. L’idée directrice : pour prédire l’évolution d’une population, on choisit un modèle mathématique d’après les données (linéaire ou exponentiel), puis on confronte ses prédictions à la réalité pour en fixer le domaine de validité.
Choisir le bon modèle
- Modèle linéaire : la variation absolue par unité de temps est presque constante (chaque année, +r individus). Le nuage de points évoque une droite ; on modélise par une suite arithmétique.
- Modèle exponentiel : la variation relative (taux d’évolution) par unité de temps est presque constante (chaque année, +x %). Le nuage de points évoque une exponentielle ; on modélise par une suite géométrique.
- La méthode : calculer sur les données les variations absolues puis relatives — la plus stable des deux désigne le modèle.
Suite arithmétique (modèle linéaire)
r est la raison : la variation absolue, constante, entre deux dates. L’effectif gagne (ou perd) la même quantité à chaque unité de temps.
Suite géométrique (modèle exponentiel)
q est la raison : pour un taux d’évolution t, on a q = 1 + t. Exemple : +2 % par an donne q = 1,02. Le temps de doublement se lit sur tableur ou graphique en cherchant le premier n tel que qⁿ dépasse 2.
Le modèle de Malthus
- Le modèle de Malthus est un modèle exponentiel : la population évolue avec un taux constant égal au taux de natalité moins le taux de mortalité.
Prédiction de Malthus
tₙ est le taux de natalité, tₘ le taux de mortalité. Si tₙ est supérieur à tₘ, l’effectif croît vers l’infini ; si tₙ est inférieur à tₘ, il décroît vers 0.
- Limites : correct sur un temps court, le modèle est irréaliste sur un temps long, notamment parce que les ressources sont insuffisantes pour soutenir une croissance infinie.
- Des modèles plus élaborés (croissance freinée) prévoient environ 10 milliards d’humains en 2050.
La démarche de modélisation
1. Choisir le type de modèle adapté aux données (variations absolues ou relatives constantes ?). 2. Déterminer ses paramètres (u₀ et la raison). 3. Confronter les prédictions aux observations réelles. 4. Limiter son domaine de validité ou le modifier si l’écart devient trop grand. Un modèle n’est jamais « vrai » : il est valable sur un domaine.
Les pièges classiques
Ne pas confondre variation absolue (une différence, en individus) et variation relative (un quotient, en pourcentage). Pour un taux de +2 %, la raison est 1,02, pas 0,02 ni 2. Et une croissance exponentielle ne signifie pas « très rapide » au départ : elle peut sembler lente avant d’exploser — c’est le cumul multiplicatif qui la définit.