Exercices corrigés — La poussée d'Archimède
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- Exercice 1 : Expliquer l'origine de la poussée d'Archimède
- Exercice 2 : Prévoir si un objet flotte, coule ou remonte
- Exercice 3 : Retenir le cours : la poussée d'Archimède en un paragraphe
- Exercice 4 : Mesurer la masse volumique d'un liquide avec un dynamomètre
- Exercice 5 : Deuxième loi de Newton et poussée d'Archimède : la chute d'une bille dans l'huile
- Les trois réflexes à retenir
Dans une piscine, porter un camarade demande bien moins d’effort que sur la plage. Un cargo chargé de milliers de tonnes flotte, alors qu’un clou coule. Dans les deux cas, l’eau pousse vers le haut : c’est la poussée d’Archimède. En terminale, la calculer ne suffit plus. Le programme demande d’expliquer d’où elle vient, avec la pression qui augmente avec la profondeur, d’utiliser son expression vectorielle, et de l’exploiter avec un dispositif de mesure. Elle entre alors dans le bilan des forces comme les autres, et dans la deuxième loi de Newton. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants se rédigent : une mesure au dynamomètre pour identifier un liquide, puis, comme en contrôle, la chute d’une bille dans l’huile, avec une courbe de vitesse à exploiter.
Une force comme les autres : elle a une origine, une expression vectorielle, et elle entre dans le bilan des forces, à côté du poids.
D’où vient la poussée
Plus on descend, plus la pression est grande : les flèches du dessous sont plus longues que celles du dessus. Sur les côtés, à une même profondeur, elles se font face et s’annulent.
La pression augmente avec la profondeur
pbas − phaut = ρfluide × g × h
C’est la loi fondamentale de la statique des fluides, vue en première, pour un fluide incompressible au repos : h est l’écart de profondeur entre les deux points. Les forces pressantes, perpendiculaires à chaque face et dirigées vers elle, sont donc plus intenses sous le corps que sur son dessus.
Leur résultante est la poussée d’Archimède, verticale et dirigée vers le haut. Pour un cylindre vertical de hauteur h et de section S, elle vaut (pbas − phaut) × S = ρfluide × g × h × S, soit ρfluide × V × g.
Expliquer l’origine de la poussée, c’est enchaîner trois idées : la pression augmente avec la profondeur, les forces latérales se compensent, la résultante est dirigée vers le haut.
Le vecteur, puis la valeur
Π, la lettre grecque pi majuscule, désigne la poussée. Le signe moins traduit son sens : le vecteur poussée est opposé au vecteur g, donc vertical et dirigé vers le haut. Il s’applique au centre du volume immergé.
Π = ρfluide × Vimm × g
La valeur s’exprime en newtons, avec ρfluide en kg·m⁻³, Vimm en m³ et g en N·kg⁻¹. C’est le poids du fluide déplacé : ρ est la masse volumique du fluide, jamais celle du corps, et Vimm le seul volume immergé. Pour un corps entièrement immergé dans un liquide, elle ne dépend pas de la profondeur.
Dans le bilan des forces
Trois corps de même volume, entièrement immergés dans le même liquide et lâchés sans vitesse : la même poussée, mais des poids différents.
Comparer, puis appliquer la deuxième loi de Newton
Lâché sans vitesse, un corps homogène entièrement immergé descend si ρcorps > ρfluide, reste immobile si elles sont égales, et monte si ρcorps < ρfluide. Un corps qui flotte, immobile, subit une poussée égale à son poids.
Dans un référentiel galiléen, on ajoute les autres forces : celle d’un fil, le frottement du fluide. Un corps immobile, ou en mouvement rectiligne uniforme, a une accélération nulle : la somme des forces est nulle.
Juste après un lâcher sans vitesse, les frottements sont nuls, mais pas l’accélération.
Et dans l’air ? L’air est un fluide : il exerce lui aussi une poussée d’Archimède, avec une masse volumique voisine de 1,2 kg·m⁻³ au niveau du sol. Elle est négligeable devant le poids d’un solide, bien plus dense que l’air, mais pas devant celui d’un ballon gonflé à l’hélium.
Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Pour l’exercice 5, garde une règle à portée de main : tu liras des valeurs sur une courbe. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.
Expliquer l'origine de la poussée d'Archimède
★★★Quiz : forces pressantes et expression vectorielle
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Juste. La bonne réponse : La force exercée sur le fond est la plus intense, car la pression de l'eau y est plus grande. Une force pressante vaut F = p × S : elle est perpendiculaire à la face et dirigée vers elle. Les deux faces ont la même aire S, mais pas la même pression : dans un liquide au repos, la pression augmente avec la profondeur, et pbas − phaut = ρ × g × h, où h est la hauteur de la boîte. La force exercée sur le fond, dirigée vers le haut, l'emporte donc sur celle exercée sur le couvercle, dirigée vers le bas. Leur différence vaut (pbas − phaut) × S = ρ × g × h × S = ρ × V × g : c'est exactement la valeur de la poussée d'Archimède.
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Juste. La bonne réponse : Parce qu'à une même profondeur, les forces pressantes exercées sur deux côtés opposés ont la même valeur et des sens contraires : elles se compensent deux à deux. La pression d'un liquide au repos ne dépend que de la profondeur : en deux points situés à la même profondeur, de part et d'autre de la boîte, elle a la même valeur. Les forces pressantes correspondantes, perpendiculaires à la paroi, sont horizontales et de sens contraires : elles s'annulent deux à deux. Elles ne sont pas faibles pour autant, et un liquide appuie bien dans toutes les directions : c'est leur somme qui est nulle. Il ne reste que l'écart entre la force exercée sur le fond et celle exercée sur le couvercle, vertical et dirigé vers le haut.
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Juste. La bonne réponse : Que le vecteur poussée a la même direction que mais le sens opposé : il est vertical et dirigé vers le haut. La masse volumique ρfluide et le volume immergé Vimm sont des nombres positifs : le vecteur poussée est donc le vecteur multiplié par un nombre négatif. Il a la même direction que , verticale, et le sens opposé, vers le haut. Sa valeur, Π = ρfluide × Vimm × g, est positive, comme celle de toute force. Et le poids du corps ne change pas, puisque P = m × g : le corps paraît plus léger parce qu'une seconde force, la poussée, s'ajoute au poids dans le bilan des forces.
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Juste. La bonne réponse : Le volume de la partie de la coque située sous la surface de l'eau. La poussée est égale au poids du fluide déplacé, et seule la partie immergée déplace de l'eau : c'est son volume, le volume immergé, qui entre dans Π = ρeau × Vimm × g. Pour un corps entièrement immergé, il est égal au volume total, ce qui entretient la confusion. Quant à l'eau située sous le kayak, elle n'intervient pas : la poussée est la résultante des forces pressantes exercées sur la partie immergée de la coque, et la profondeur du lac n'y change rien.
Prévoir si un objet flotte, coule ou remonte
★★★Quiz : comparer le poids et la poussée, puis appliquer la deuxième loi de Newton
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Juste. La bonne réponse : La masse volumique du liquide : la poussée d'Archimède a augmenté, alors que le poids de l'œuf n'a pas changé. La poussée vaut Π = ρliquide × Vimm × g. Le volume immergé, celui de l'œuf entier, ne change pas, et le poids de l'œuf non plus. En dissolvant du sel, on augmente la masse volumique du liquide, donc la poussée. Tant que l'eau salée reste moins dense que l'œuf, la poussée reste plus petite que le poids et l'œuf reste au fond ; dès que l'eau salée devient plus dense que lui, la poussée l'emporte et l'œuf remonte.
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Juste. La bonne réponse : Elle a la même valeur qu'en mer, égale à son poids, et c'est le volume immergé qui augmente : le cargo s'enfonce un peu plus. Le cargo flotte, immobile : la poussée compense exactement son poids, en mer comme dans le fleuve. Son poids n'ayant pas changé, la poussée a la même valeur. Comme la masse volumique de l'eau douce est plus petite, il faut un volume immergé plus grand pour obtenir le même produit ρ × Vimm × g : le cargo s'enfonce un peu. C'est pourquoi la coque d'un navire de commerce porte plusieurs marques de chargement, dont une pour l'eau douce, placée plus haut que celle de l'eau de mer.
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Juste. La bonne réponse : Le vecteur accélération est vertical et dirigé vers le haut, car la poussée l'emporte sur le poids. La deuxième loi de Newton relie l'accélération à la somme des forces : juste après le lâcher, puisque les frottements sont encore nuls. Le liège étant bien moins dense que l'eau, la poussée l'emporte sur le poids : leur somme est dirigée vers le haut, et le vecteur accélération aussi. Une vitesse nulle ne veut pas dire une accélération nulle : c'est justement parce que l'accélération n'est pas nulle que la vitesse va se mettre à augmenter.
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Juste. La bonne réponse : Elles se compensent : le poids est équilibré par la poussée d'Archimède et la force de frottement de l'eau réunies. Un mouvement rectiligne à vitesse constante est un mouvement rectiligne uniforme : le vecteur vitesse ne change pas, donc le vecteur accélération est nul. D'après la deuxième loi de Newton, la somme des forces est alors nulle : le poids, vers le bas, est compensé par la poussée et la force de frottement de l'eau, toutes deux dirigées vers le haut. Pour descendre, la sonde n'a pas besoin que le poids l'emporte : il suffit qu'elle soit déjà en mouvement. Et la poussée ne disparaît pas parce que le corps descend : elle s'exerce sur tout corps immergé, qu'il monte, qu'il descende ou qu'il reste immobile.
Retenir le cours : la poussée d'Archimède en un paragraphe
★★★Le cours en un texte à trous
La poussée d'Archimède est la résultante des forces pressantes exercées par un fluide au repos sur un corps immergé. Comme la pression du fluide augmente avec la profondeur , ces forces sont plus intenses sur le dessous du corps que sur le dessus, tandis que celles exercées sur les côtés se compensent deux à deux . Dans son expression vectorielle, le vecteur poussée est opposé au vecteur g : la poussée est verticale et dirigée vers le haut. Sa valeur, Π = ρ × V × g, est égale au poids du fluide déplacé et s'exprime en newtons ; dans cette relation, ρ est la masse volumique du fluide et V le volume immergé du corps . Lâché sans vitesse, un corps homogène entièrement immergé descend si sa masse volumique est supérieure à celle du fluide. Un corps qui flotte, immobile, subit une poussée égale à son poids .
Les mots attendus pour expliquer l'origine de la poussée sont ceux du début du texte : des forces pressantes, une pression qui augmente avec la profondeur, des forces latérales qui se compensent, et une résultante verticale vers le haut. Côté calcul, ρ est la masse volumique du fluide et V le volume immergé : celle du corps ne sert qu'à calculer son poids, et à la comparaison qui dit s'il monte ou s'il descend. Une poussée est une force, donc elle s'exprime en newtons : des kg·m⁻³ multipliés par des m³ et par des N·kg⁻¹ donnent bien des N. Enfin, un corps qui flotte immobile est en équilibre : la poussée compense exactement son poids, ni plus, ni moins.
Mesurer la masse volumique d'un liquide avec un dynamomètre
★★★Expression vectorielle et équilibre : identifier un liquide au laboratoire
Au laboratoire, un flacon a perdu son étiquette : on sait seulement qu’il contient l’un des quatre liquides du tableau ci-dessous. Pour l’identifier, on suspend un solide en verre plein, de forme quelconque, à un dynamomètre numérique, par un fil fin. On relève l’indication du dynamomètre quand le solide est dans l’air, puis entièrement immergé dans l’eau, puis entièrement immergé dans le liquide du flacon, sans jamais toucher le fond ni les parois du récipient. Le solide est immobile au moment de chaque lecture.
Document - les trois lectures du dynamomètre.
| Position du solide | Indication du dynamomètre |
|---|---|
| Dans l’air | |
| Entièrement immergé dans l’eau | |
| Entièrement immergé dans le liquide du flacon |
Les liquides possibles, à .
| Liquide | Masse volumique |
|---|---|
| Cyclohexane | |
| Huile de tournesol | |
| Eau saturée en sel | |
| Glycérol |
Données : masse volumique de l’eau : ; masse volumique de l’air : ; intensité de la pesanteur : . Le dynamomètre affiche, au centième de newton, la valeur de la force que le fil exerce sur le solide ; , et sont ses trois lectures. On note le poids du solide, son volume et la valeur de la poussée d’Archimède qu’il subit.
- Le solide est immobile, entièrement immergé dans un liquide de masse volumique . Faire le bilan des forces qui s’exercent sur lui. Avec un axe vertical orienté vers le haut, de vecteur unitaire , écrire chaque force sous forme vectorielle, la poussée à l’aide de son expression vectorielle.
- Appliquer la deuxième loi de Newton au solide, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, et en déduire une relation entre , et . En négligeant la poussée exercée par l’air, que vaut dans l’air ? En déduire que .
- Calculer la poussée exercée par l’eau, puis le volume du solide, en puis en . Vérifier que la poussée exercée par l’air pouvait être négligée.
- Calculer la poussée exercée par le liquide du flacon, puis sa masse volumique. Identifier le liquide.
- Montrer que la masse volumique du liquide s’écrit . Quel avantage présente cette relation ?
Voir le corrigé
1. Le système étudié est le solide. Il est soumis à trois forces, toutes verticales.
- Son poids , dirigé vers le bas. Avec l’axe choisi, le vecteur champ de pesanteur s’écrit , donc .
- La force exercée par le fil , dirigée vers le haut, dont le dynamomètre affiche la valeur : .
- La poussée d’Archimède exercée par le liquide. Son expression vectorielle est , avec le volume immergé, ici le volume entier du solide :
Elle est verticale, dirigée vers le haut, et s’applique au centre du volume immergé, ici le centre du volume du solide.
2. Le solide est immobile : son vecteur vitesse ne change pas, donc son vecteur accélération est nul. La deuxième loi de Newton donne alors une somme des forces nulle :
En projetant sur l’axe vertical : , soit
Le dynamomètre indique donc moins que le poids : c’est ce qu’on appelle le poids apparent. Dans l’air, la poussée étant négligée, il reste . En remplaçant par , on obtient : une poussée se mesure par la différence de deux lectures.
3. Dans l’eau :
Comme , on isole le volume :
Vérification des unités : des newtons divisés par des et par des donnent des . Comme , le solide a un volume de .
Dans l’air, la poussée vaut :
C’est moins que le centième de newton affiché par le dynamomètre : la négliger ne change aucune lecture.
4. Dans le liquide du flacon :
Cette valeur est celle du glycérol. Le liquide le plus proche du tableau, l’eau saturée en sel, aurait donné une poussée de , donc une lecture de : l’écart avec la lecture faite, , est bien plus grand que le centième de newton affiché. Il n’y a donc pas d’hésitation possible.
5. Le même solide, de volume , est plongé dans les deux liquides : et . En faisant le quotient, et se simplifient :
L’avantage : il n’est besoin ni du volume du solide, ni de l’intensité de la pesanteur. Trois lectures du même dynamomètre suffisent, et le solide peut avoir une forme quelconque, dont le volume serait difficile à mesurer directement.
Réflexe à retenir : la différence de deux lectures du dynamomètre donne une poussée, et le quotient de deux poussées, mesurées avec le même solide, donne un rapport de masses volumiques.
Deuxième loi de Newton et poussée d'Archimède : la chute d'une bille dans l'huile
★★★Type contrôle : une courbe de vitesse à exploiter
Un groupe d’élèves étudie la chute d’une bille d’acier dans de l’huile d’olive. La bille est lâchée sans vitesse initiale, juste sous la surface de l’huile contenue dans une grande éprouvette, et sa chute est filmée au ralenti, à images par seconde. Un logiciel de pointage fournit ensuite la vitesse de la bille au cours du temps : c’est le document ci-dessous, sur lequel la tangente à la courbe à l’instant du lâcher a été tracée.
Données :
- diamètre de la bille : ; volume d’une boule de rayon : ;
- masses volumiques : acier, ; huile d’olive, ; air, ;
- intensité de la pesanteur : ;
- l’huile exerce sur la bille en mouvement une force de frottement opposée au vecteur vitesse, dont la valeur augmente avec la vitesse et qui est nulle quand la bille est immobile ;
- l’étude se fait dans le référentiel terrestre, supposé galiléen.
- Faire le bilan des forces qui s’exercent sur la bille pendant sa chute, en précisant la direction et le sens de chacune. Laquelle de ces forces est nulle à l’instant du lâcher ?
- Calculer le volume de la bille, sa masse, puis la valeur de son poids et celle de la poussée d’Archimède exercée par l’huile. Exprimer la poussée en pourcentage du poids.
- On choisit un axe vertical orienté vers le bas, de vecteur unitaire . Écrire le poids et la poussée d’Archimède sous forme vectorielle, puis appliquer la deuxième loi de Newton à l’instant du lâcher. Montrer que la coordonnée de l’accélération vaut alors , puis calculer sa valeur.
- À l’aide de la tangente tracée sur le document, déterminer l’accélération de la bille à l’instant du lâcher. Comparer cette mesure à la valeur de la question 3, puis à celle qu’on prévoirait en négligeant la poussée d’Archimède, en calculant chaque fois un écart relatif. Conclure.
- Lire sur le document la vitesse limite atteinte par la bille. Que vaut alors son accélération ? En déduire la valeur de la force de frottement exercée par l’huile une fois cette vitesse atteinte.
- Lâchée dans l’air, la même bille subirait aussi une poussée d’Archimède. Exprimer cette poussée en fraction du poids de la bille, et expliquer pourquoi on la néglige dans l’air alors qu’on ne peut pas le faire dans l’huile.
Voir le corrigé
1. Le système étudié est la bille, dans le référentiel terrestre supposé galiléen. Elle est soumise à trois forces :
- son poids , vertical et dirigé vers le bas ;
- la poussée d’Archimède exercée par l’huile, verticale et dirigée vers le haut, puisqu’elle est opposée au vecteur ;
- la force de frottement exercée par l’huile, opposée au vecteur vitesse : la bille descendant à la verticale, cette force est verticale et dirigée vers le haut.
À l’instant du lâcher, la vitesse de la bille est nulle, donc la force de frottement aussi : seuls le poids et la poussée s’exercent sur la bille à cet instant.
2. Le rayon vaut la moitié du diamètre, converti en mètres : .
On garde pour la suite la valeur non arrondie, . La masse de la bille se déduit de la masse volumique de l’acier :
La bille a donc une masse de . Son poids et la poussée valent :
La poussée représente donc un peu plus du dixième du poids. Ce quotient est d’ailleurs celui des masses volumiques, , puisque et se simplifient.
3. L’axe étant orienté vers le bas, le vecteur champ de pesanteur s’écrit . Les deux forces s’écrivent alors :
À l’instant du lâcher, la force de frottement est nulle, et la deuxième loi de Newton s’écrit . En projetant sur l’axe :
La masse de la bille vaut . En remplaçant, puis en divisant les deux membres par :
La coordonnée est positive : au lâcher, le vecteur accélération est dirigé vers le bas, comme le mouvement qui commence, mais sa valeur est plus petite que . C’est la poussée qui fait cette différence.
4. L’accélération à l’instant du lâcher est la dérivée de la vitesse à cet instant, c’est-à-dire le coefficient directeur de la tangente à l’origine. Cette tangente passe par l’origine et, par exemple, par le point de coordonnées et (lecture graphique) :
On note cette valeur mesurée :
L’écart relatif se calcule entre chaque valeur prévue et la valeur mesurée, prise comme référence. Avec la poussée d’Archimède :
Sans la poussée, la bille ne serait soumise qu’à son poids au lâcher, et la deuxième loi de Newton prévoirait :
La mesure s’accorde avec le modèle qui tient compte de la poussée d’Archimède : l’écart de est de l’ordre de la précision d’une lecture graphique. Le modèle qui la néglige surestime l’accélération de . Dans l’huile, la poussée d’Archimède ne peut donc pas être négligée.
5. La vitesse cesse d’augmenter et tend vers une valeur limite, que l’on lit sur le palier de la courbe : . La bille a alors un mouvement rectiligne uniforme : son vecteur vitesse ne change plus, donc son accélération est nulle. La deuxième loi de Newton donne une somme des forces nulle, frottement compris :
En projetant sur l’axe orienté vers le bas, le frottement étant dirigé vers le haut : , d’où
En négligeant la poussée, on aurait trouvé , une valeur trop grande de .
6. La poussée exercée par l’air vaut , le poids : leur quotient ne dépend que des masses volumiques.
Dans l’air, la poussée vaut donc du poids de la bille, bien en dessous de la précision des mesures de cette expérience : on la néglige à juste titre. Dans l’huile, elle en vaut , parce que l’huile est environ fois plus dense que l’air. Ce qui décide si la poussée est négligeable, ce n’est pas le corps seul, mais le quotient des deux masses volumiques.
Réflexe à retenir : avant de négliger une poussée d’Archimède, compare la masse volumique du fluide à celle du corps. Leur quotient donne directement la fraction du poids que représente la poussée, pour un corps plein entièrement immergé.
Les trois réflexes à retenir
- Dans , est la masse volumique du fluide et le volume immergé. Celle du corps ne sert qu’à calculer son poids. Convertis avant de calculer : , , et un diamètre en millimètres passe en mètres avant d’être élevé au cube.
- Écris les forces en vecteurs, sur un axe orienté. Le vecteur poussée est opposé au vecteur : sur un axe orienté vers le haut, sa coordonnée vaut et celle du poids ; sur un axe orienté vers le bas, les signes s’inversent. Choisis l’axe, écris-le, puis projette.
- Une vitesse nulle ne veut pas dire une accélération nulle. Juste après un lâcher, les frottements sont nuls, et la deuxième loi de Newton donne l’accélération à partir du poids et de la poussée. Quand la vitesse ne change plus, c’est la somme des forces qui est nulle. La carte en haut de page rassemble l’origine de la poussée, son expression et son usage dans un bilan des forces.
La suite du chapitre, le débit d’un fluide en mouvement et la relation de Bernoulli, se travaille dans les exercices sur la mécanique des fluides.
Revoir le cours
- La mécanique des fluides (Tle)
Ce chapitre au bac 2026
Il est tombé dans ces exercices de la session 2026, corrigés en ligne question par question :
- Bac 2026 Antilles-Guyane — Jour 2 : exercice 1, Sécurité incendie (11 points)