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Exercices corrigés — La poussée d'Archimède

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  1. Exercice 1 : Expliquer l'origine de la poussée d'Archimède
  2. Exercice 2 : Prévoir si un objet flotte, coule ou remonte
  3. Exercice 3 : Retenir le cours : la poussée d'Archimède en un paragraphe
  4. Exercice 4 : Mesurer la masse volumique d'un liquide avec un dynamomètre
  5. Exercice 5 : Deuxième loi de Newton et poussée d'Archimède : la chute d'une bille dans l'huile
  6. Les trois réflexes à retenir

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Dans une piscine, porter un camarade demande bien moins d’effort que sur la plage. Un cargo chargé de milliers de tonnes flotte, alors qu’un clou coule. Dans les deux cas, l’eau pousse vers le haut : c’est la poussée d’Archimède. En terminale, la calculer ne suffit plus. Le programme demande d’expliquer d’où elle vient, avec la pression qui augmente avec la profondeur, d’utiliser son expression vectorielle, et de l’exploiter avec un dispositif de mesure. Elle entre alors dans le bilan des forces comme les autres, et dans la deuxième loi de Newton. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants se rédigent : une mesure au dynamomètre pour identifier un liquide, puis, comme en contrôle, la chute d’une bille dans l’huile, avec une courbe de vitesse à exploiter.

Π⃗=−ρfluide Vimm g⃗\vec{\Pi} = -\rho_{\text{fluide}}\,V_{\text{imm}}\,\vec{g}

Une force comme les autres : elle a une origine, une expression vectorielle, et elle entre dans le bilan des forces, à côté du poids.

D’où vient la poussée

surface libre phaut pbas Π

Plus on descend, plus la pression est grande : les flèches du dessous sont plus longues que celles du dessus. Sur les côtés, à une même profondeur, elles se font face et s’annulent.

La pression augmente avec la profondeur

pbas − phaut = ρfluide × g × h

C’est la loi fondamentale de la statique des fluides, vue en première, pour un fluide incompressible au repos : h est l’écart de profondeur entre les deux points. Les forces pressantes, perpendiculaires à chaque face et dirigées vers elle, sont donc plus intenses sous le corps que sur son dessus.

Leur résultante est la poussée d’Archimède, verticale et dirigée vers le haut. Pour un cylindre vertical de hauteur h et de section S, elle vaut (pbas − phaut) × S = ρfluide × g × h × S, soit ρfluide × V × g.

Expliquer l’origine de la poussée, c’est enchaîner trois idées : la pression augmente avec la profondeur, les forces latérales se compensent, la résultante est dirigée vers le haut.

Le vecteur, puis la valeur

Π⃗=−ρfluide×Vimm×g⃗\vec{\Pi} = -\rho_{\text{fluide}} \times V_{\text{imm}} \times \vec{g}

Π, la lettre grecque pi majuscule, désigne la poussée. Le signe moins traduit son sens : le vecteur poussée est opposé au vecteur g, donc vertical et dirigé vers le haut. Il s’applique au centre du volume immergé.

Π = ρfluide × Vimm × g

La valeur s’exprime en newtons, avec ρfluide en kg·m⁻³, Vimm en m³ et g en N·kg⁻¹. C’est le poids du fluide déplacé : ρ est la masse volumique du fluide, jamais celle du corps, et Vimm le seul volume immergé. Pour un corps entièrement immergé dans un liquide, elle ne dépend pas de la profondeur.

Dans le bilan des forces

Π P il descend Π P il reste immobile Π P il monte

Trois corps de même volume, entièrement immergés dans le même liquide et lâchés sans vitesse : la même poussée, mais des poids différents.

Comparer, puis appliquer la deuxième loi de Newton

Lâché sans vitesse, un corps homogène entièrement immergé descend si ρcorps > ρfluide, reste immobile si elles sont égales, et monte si ρcorps < ρfluide. Un corps qui flotte, immobile, subit une poussée égale à son poids.

m×a⃗=P⃗+Π⃗+…m \times \vec{a} = \vec{P} + \vec{\Pi} + \dots

Dans un référentiel galiléen, on ajoute les autres forces : celle d’un fil, le frottement du fluide. Un corps immobile, ou en mouvement rectiligne uniforme, a une accélération nulle : la somme des forces est nulle.

Juste après un lâcher sans vitesse, les frottements sont nuls, mais pas l’accélération.

Et dans l’air ? L’air est un fluide : il exerce lui aussi une poussée d’Archimède, avec une masse volumique voisine de 1,2 kg·m⁻³ au niveau du sol. Elle est négligeable devant le poids d’un solide, bien plus dense que l’air, mais pas devant celui d’un ballon gonflé à l’hélium.

La carte de la poussée d’Archimède : son origine, son expression vectorielle et sa place dans un bilan des forces.

Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Pour l’exercice 5, garde une règle à portée de main : tu liras des valeurs sur une courbe. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.

Exercice 1

Expliquer l'origine de la poussée d'Archimède

★★★

Quiz : forces pressantes et expression vectorielle

  1. Une boîte de conserve fermée est maintenue entièrement immergée, debout, dans un seau d'eau. On compare la force pressante exercée par l'eau sur son couvercle, en haut, et celle exercée sur son fond, en bas. Les deux faces ont la même aire. Que peut-on dire ?
  2. L'eau appuie aussi sur la paroi latérale de la boîte. Pourquoi la poussée d'Archimède est-elle pourtant verticale ?
  3. La poussée d'Archimède s'écrit Π⃗=−ρfluide×Vimm×g⃗\vec{\Pi} = -\rho_{\text{fluide}} \times V_{\text{imm}} \times \vec{g}, où g⃗\vec{g} est le vecteur champ de pesanteur, vertical et dirigé vers le bas. Que traduit le signe moins ?
  4. Un kayak flotte sur un lac, une partie de sa coque au-dessus de l'eau. Quel volume faut-il employer pour calculer la poussée d'Archimède qu'il subit ?

Exercice 2

Prévoir si un objet flotte, coule ou remonte

★★★

Quiz : comparer le poids et la poussée, puis appliquer la deuxième loi de Newton

  1. Un œuf frais, posé dans un verre d'eau du robinet, reste au fond. On y dissout beaucoup de sel, et l'œuf finit par remonter. Qu'est-ce qui a changé ?
  2. Un cargo chargé quitte la mer et remonte un fleuve jusqu'à un port, en eau douce, moins dense que l'eau de mer. Sa cargaison ne change pas. Une fois amarré au port, immobile, que peut-on dire de la poussée d'Archimède qu'il subit ?
  3. Un bouchon de liège est maintenu au fond d'une bassine d'eau, puis lâché. Juste après le lâcher, sa vitesse est encore nulle, donc les frottements de l'eau aussi. Que dit la deuxième loi de Newton à cet instant ?
  4. Une sonde océanographique descend en ligne droite, à la verticale et à vitesse constante, dans l'océan. Que peut-on dire des forces qui s'exercent sur elle ?

Exercice 3

Retenir le cours : la poussée d'Archimède en un paragraphe

★★★

Le cours en un texte à trous

La poussée d'Archimède est la résultante des exercées par un fluide au repos sur un corps immergé. Comme la pression du fluide , ces forces sont plus intenses sur le dessous du corps que sur le dessus, tandis que celles exercées sur les côtés . Dans son expression vectorielle, le vecteur poussée est  : la poussée est verticale et dirigée vers le haut. Sa valeur, Π = ρ × V × g, est égale au poids et s'exprime en  ; dans cette relation, ρ est la masse volumique et V le volume . Lâché sans vitesse, un corps homogène entièrement immergé descend si sa masse volumique est à celle du fluide. Un corps qui flotte, immobile, subit une poussée .

Exercice 4

Mesurer la masse volumique d'un liquide avec un dynamomètre

★★★

Expression vectorielle et équilibre : identifier un liquide au laboratoire

Au laboratoire, un flacon a perdu son étiquette : on sait seulement qu’il contient l’un des quatre liquides du tableau ci-dessous. Pour l’identifier, on suspend un solide en verre plein, de forme quelconque, à un dynamomètre numérique, par un fil fin. On relève l’indication du dynamomètre quand le solide est dans l’air, puis entièrement immergé dans l’eau, puis entièrement immergé dans le liquide du flacon, sans jamais toucher le fond ni les parois du récipient. Le solide est immobile au moment de chaque lecture.

Document - les trois lectures du dynamomètre.

Position du solideIndication du dynamomètre
Dans l’airFair=4,90 NF_{\text{air}} = 4{,}90\ \text{N}
Entièrement immergé dans l’eauFeau=2,94 NF_{\text{eau}} = 2{,}94\ \text{N}
Entièrement immergé dans le liquide du flaconFliq=2,43 NF_{\text{liq}} = 2{,}43\ \text{N}

Les liquides possibles, à 20 ∘C20\ ^\circ\text{C}.

LiquideMasse volumique
Cyclohexane779 kg⋅m−3779\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}
Huile de tournesol920 kg⋅m−3920\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}
Eau saturée en sel1 200 kg⋅m−31\,200\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}
Glycérol1 260 kg⋅m−31\,260\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}

Données : masse volumique de l’eau : ρeau=1,00×103 kg⋅m−3\rho_{\text{eau}} = 1{,}00 \times 10^{3}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} ; masse volumique de l’air : ρair=1,2 kg⋅m−3\rho_{\text{air}} = 1{,}2\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} ; intensité de la pesanteur : g=9,81 N⋅kg−1g = 9{,}81\ \text{N}\cdot\text{kg}^{-1}. Le dynamomètre affiche, au centième de newton, la valeur FF de la force que le fil exerce sur le solide ; FairF_{\text{air}}, FeauF_{\text{eau}} et FliqF_{\text{liq}} sont ses trois lectures. On note PP le poids du solide, VV son volume et Π\Pi la valeur de la poussée d’Archimède qu’il subit.

  1. Le solide est immobile, entièrement immergé dans un liquide de masse volumique ρ\rho. Faire le bilan des forces qui s’exercent sur lui. Avec un axe vertical orienté vers le haut, de vecteur unitaire u⃗z\vec{u}_z, écrire chaque force sous forme vectorielle, la poussée à l’aide de son expression vectorielle.
  2. Appliquer la deuxième loi de Newton au solide, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, et en déduire une relation entre FF, PP et Π\Pi. En négligeant la poussée exercée par l’air, que vaut FF dans l’air ? En déduire que Π=Fair−F\Pi = F_{\text{air}} - F.
  3. Calculer la poussée exercée par l’eau, puis le volume du solide, en m3\text{m}^{3} puis en cm3\text{cm}^{3}. Vérifier que la poussée exercée par l’air pouvait être négligée.
  4. Calculer la poussée exercée par le liquide du flacon, puis sa masse volumique. Identifier le liquide.
  5. Montrer que la masse volumique du liquide s’écrit ρ=ρeau×Fair−FliqFair−Feau\rho = \rho_{\text{eau}} \times \dfrac{F_{\text{air}} - F_{\text{liq}}}{F_{\text{air}} - F_{\text{eau}}}. Quel avantage présente cette relation ?
Voir le corrigé

1. Le système étudié est le solide. Il est soumis à trois forces, toutes verticales.

  • Son poids P⃗\vec{P}, dirigé vers le bas. Avec l’axe choisi, le vecteur champ de pesanteur s’écrit g⃗=−g u⃗z\vec{g} = -g\,\vec{u}_z, donc P⃗=m g⃗=−P u⃗z\vec{P} = m\,\vec{g} = -P\,\vec{u}_z.
  • La force exercée par le fil F⃗\vec{F}, dirigée vers le haut, dont le dynamomètre affiche la valeur : F⃗=F u⃗z\vec{F} = F\,\vec{u}_z.
  • La poussée d’Archimède exercée par le liquide. Son expression vectorielle est Π⃗=−ρ V g⃗\vec{\Pi} = -\rho\,V\,\vec{g}, avec VV le volume immergé, ici le volume entier du solide :

Π⃗=−ρ V g⃗=−ρ V×(−g u⃗z)=ρ V g u⃗z=Π u⃗z\vec{\Pi} = -\rho\,V\,\vec{g} = -\rho\,V \times \left(-g\,\vec{u}_z\right) = \rho\,V\,g\,\vec{u}_z = \Pi\,\vec{u}_z

Elle est verticale, dirigée vers le haut, et s’applique au centre du volume immergé, ici le centre du volume du solide.

2. Le solide est immobile : son vecteur vitesse ne change pas, donc son vecteur accélération est nul. La deuxième loi de Newton donne alors une somme des forces nulle :

P⃗+F⃗+Π⃗=0⃗\vec{P} + \vec{F} + \vec{\Pi} = \vec{0}

En projetant sur l’axe vertical : −P+F+Π=0-P + F + \Pi = 0, soit

F=P−ΠF = P - \Pi

Le dynamomètre indique donc moins que le poids : c’est ce qu’on appelle le poids apparent. Dans l’air, la poussée étant négligée, il reste Fair=PF_{\text{air}} = P. En remplaçant PP par FairF_{\text{air}}, on obtient Π=Fair−F\Pi = F_{\text{air}} - F : une poussée se mesure par la différence de deux lectures.

3. Dans l’eau :

Πeau=Fair−Feau=4,90 N−2,94 N=1,96 N\Pi_{\text{eau}} = F_{\text{air}} - F_{\text{eau}} = 4{,}90\ \text{N} - 2{,}94\ \text{N} = 1{,}96\ \text{N}

Comme Πeau=ρeau×V×g\Pi_{\text{eau}} = \rho_{\text{eau}} \times V \times g, on isole le volume :

V=Πeauρeau×g=1,96 N1,00×103 kg⋅m−3×9,81 N⋅kg−1=2,00×10−4 m3V = \dfrac{\Pi_{\text{eau}}}{\rho_{\text{eau}} \times g} = \dfrac{1{,}96\ \text{N}}{1{,}00 \times 10^{3}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times 9{,}81\ \text{N}\cdot\text{kg}^{-1}} = 2{,}00 \times 10^{-4}\ \text{m}^{3}

Vérification des unités : des newtons divisés par des kg⋅m−3\text{kg}\cdot\text{m}^{-3} et par des N⋅kg−1\text{N}\cdot\text{kg}^{-1} donnent des m3\text{m}^{3}. Comme 1 m3=106 cm31\ \text{m}^{3} = 10^{6}\ \text{cm}^{3}, le solide a un volume de 200 cm3200\ \text{cm}^{3}.

Dans l’air, la poussée vaut :

Πair=ρair×V×g=1,2 kg⋅m−3×2,00×10−4 m3×9,81 N⋅kg−1=2,4×10−3 N\Pi_{\text{air}} = \rho_{\text{air}} \times V \times g = 1{,}2\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times 2{,}00 \times 10^{-4}\ \text{m}^{3} \times 9{,}81\ \text{N}\cdot\text{kg}^{-1} = 2{,}4 \times 10^{-3}\ \text{N}

C’est moins que le centième de newton affiché par le dynamomètre : la négliger ne change aucune lecture.

4. Dans le liquide du flacon :

Πliq=Fair−Fliq=4,90 N−2,43 N=2,47 N\Pi_{\text{liq}} = F_{\text{air}} - F_{\text{liq}} = 4{,}90\ \text{N} - 2{,}43\ \text{N} = 2{,}47\ \text{N}

ρ=ΠliqV×g=2,47 N2,00×10−4 m3×9,81 N⋅kg−1=1,26×103 kg⋅m−3\rho = \dfrac{\Pi_{\text{liq}}}{V \times g} = \dfrac{2{,}47\ \text{N}}{2{,}00 \times 10^{-4}\ \text{m}^{3} \times 9{,}81\ \text{N}\cdot\text{kg}^{-1}} = 1{,}26 \times 10^{3}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}

Cette valeur est celle du glycérol. Le liquide le plus proche du tableau, l’eau saturée en sel, aurait donné une poussée de 1 200 kg⋅m−3×2,00×10−4 m3×9,81 N⋅kg−1=2,35 N1\,200\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times 2{,}00 \times 10^{-4}\ \text{m}^{3} \times 9{,}81\ \text{N}\cdot\text{kg}^{-1} = 2{,}35\ \text{N}, donc une lecture de 4,90 N−2,35 N=2,55 N4{,}90\ \text{N} - 2{,}35\ \text{N} = 2{,}55\ \text{N} : l’écart avec la lecture faite, 2,43 N2{,}43\ \text{N}, est bien plus grand que le centième de newton affiché. Il n’y a donc pas d’hésitation possible.

5. Le même solide, de volume VV, est plongé dans les deux liquides : Πliq=ρ×V×g\Pi_{\text{liq}} = \rho \times V \times g et Πeau=ρeau×V×g\Pi_{\text{eau}} = \rho_{\text{eau}} \times V \times g. En faisant le quotient, VV et gg se simplifient :

ΠliqΠeau=ρρeaudoncρ=ρeau×Fair−FliqFair−Feau\dfrac{\Pi_{\text{liq}}}{\Pi_{\text{eau}}} = \dfrac{\rho}{\rho_{\text{eau}}} \quad \text{donc} \quad \rho = \rho_{\text{eau}} \times \dfrac{F_{\text{air}} - F_{\text{liq}}}{F_{\text{air}} - F_{\text{eau}}}

ρ=1,00×103 kg⋅m−3×2,47 N1,96 N=1,26×103 kg⋅m−3\rho = 1{,}00 \times 10^{3}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times \dfrac{2{,}47\ \text{N}}{1{,}96\ \text{N}} = 1{,}26 \times 10^{3}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}

L’avantage : il n’est besoin ni du volume du solide, ni de l’intensité de la pesanteur. Trois lectures du même dynamomètre suffisent, et le solide peut avoir une forme quelconque, dont le volume serait difficile à mesurer directement.

Réflexe à retenir : la différence de deux lectures du dynamomètre donne une poussée, et le quotient de deux poussées, mesurées avec le même solide, donne un rapport de masses volumiques.

Exercice 5

Deuxième loi de Newton et poussée d'Archimède : la chute d'une bille dans l'huile

★★★

Type contrôle : une courbe de vitesse à exploiter

Un groupe d’élèves étudie la chute d’une bille d’acier dans de l’huile d’olive. La bille est lâchée sans vitesse initiale, juste sous la surface de l’huile contenue dans une grande éprouvette, et sa chute est filmée au ralenti, à 240240 images par seconde. Un logiciel de pointage fournit ensuite la vitesse de la bille au cours du temps : c’est le document ci-dessous, sur lequel la tangente à la courbe à l’instant du lâcher a été tracée.

0 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25 0 0,10 0,20 0,30 0,40 v (m·s⁻¹) t (s) tangente à l’origine
Document - la vitesse de la bille au cours du temps, obtenue par pointage de la vidéo (un point toutes les deux images). La droite en tirets est la tangente à la courbe à l’instant du lâcher, t = 0 s.

Données :

  • diamètre de la bille : d=4,00 mmd = 4{,}00\ \text{mm} ; volume d’une boule de rayon rr : V=43×π×r3V = \dfrac{4}{3} \times \pi \times r^{3} ;
  • masses volumiques : acier, ρacier=7 850 kg⋅m−3\rho_{\text{acier}} = 7\,850\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} ; huile d’olive, ρhuile=910 kg⋅m−3\rho_{\text{huile}} = 910\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} ; air, ρair=1,2 kg⋅m−3\rho_{\text{air}} = 1{,}2\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • intensité de la pesanteur : g=9,81 m⋅s−2g = 9{,}81\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2} ;
  • l’huile exerce sur la bille en mouvement une force de frottement opposée au vecteur vitesse, dont la valeur augmente avec la vitesse et qui est nulle quand la bille est immobile ;
  • l’étude se fait dans le référentiel terrestre, supposé galiléen.
  1. Faire le bilan des forces qui s’exercent sur la bille pendant sa chute, en précisant la direction et le sens de chacune. Laquelle de ces forces est nulle à l’instant du lâcher ?
  2. Calculer le volume de la bille, sa masse, puis la valeur de son poids et celle de la poussée d’Archimède exercée par l’huile. Exprimer la poussée en pourcentage du poids.
  3. On choisit un axe vertical orienté vers le bas, de vecteur unitaire u⃗z\vec{u}_z. Écrire le poids et la poussée d’Archimède sous forme vectorielle, puis appliquer la deuxième loi de Newton à l’instant du lâcher. Montrer que la coordonnée de l’accélération vaut alors a0=g×(1−ρhuileρacier)a_0 = g \times \left(1 - \dfrac{\rho_{\text{huile}}}{\rho_{\text{acier}}}\right), puis calculer sa valeur.
  4. À l’aide de la tangente tracée sur le document, déterminer l’accélération de la bille à l’instant du lâcher. Comparer cette mesure à la valeur de la question 3, puis à celle qu’on prévoirait en négligeant la poussée d’Archimède, en calculant chaque fois un écart relatif. Conclure.
  5. Lire sur le document la vitesse limite atteinte par la bille. Que vaut alors son accélération ? En déduire la valeur de la force de frottement exercée par l’huile une fois cette vitesse atteinte.
  6. Lâchée dans l’air, la même bille subirait aussi une poussée d’Archimède. Exprimer cette poussée en fraction du poids de la bille, et expliquer pourquoi on la néglige dans l’air alors qu’on ne peut pas le faire dans l’huile.
Voir le corrigé

1. Le système étudié est la bille, dans le référentiel terrestre supposé galiléen. Elle est soumise à trois forces :

  • son poids P⃗\vec{P}, vertical et dirigé vers le bas ;
  • la poussée d’Archimède Π⃗\vec{\Pi} exercée par l’huile, verticale et dirigée vers le haut, puisqu’elle est opposée au vecteur g⃗\vec{g} ;
  • la force de frottement f⃗\vec{f} exercée par l’huile, opposée au vecteur vitesse : la bille descendant à la verticale, cette force est verticale et dirigée vers le haut.

À l’instant du lâcher, la vitesse de la bille est nulle, donc la force de frottement aussi : seuls le poids et la poussée s’exercent sur la bille à cet instant.

2. Le rayon vaut la moitié du diamètre, converti en mètres : r=2,00 mm=2,00×10−3 mr = 2{,}00\ \text{mm} = 2{,}00 \times 10^{-3}\ \text{m}.

V=43×π×(2,00×10−3 m)3=3,35×10−8 m3V = \dfrac{4}{3} \times \pi \times \left(2{,}00 \times 10^{-3}\ \text{m}\right)^{3} = 3{,}35 \times 10^{-8}\ \text{m}^{3}

On garde pour la suite la valeur non arrondie, 3,351×10−8 m33{,}351 \times 10^{-8}\ \text{m}^{3}. La masse de la bille se déduit de la masse volumique de l’acier :

m=ρacier×V=7 850 kg⋅m−3×3,351×10−8 m3=2,63×10−4 kgm = \rho_{\text{acier}} \times V = 7\,850\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times 3{,}351 \times 10^{-8}\ \text{m}^{3} = 2{,}63 \times 10^{-4}\ \text{kg}

La bille a donc une masse de 0,263 g0{,}263\ \text{g}. Son poids et la poussée valent :

P=m×g=2,631×10−4 kg×9,81 m⋅s−2=2,58×10−3 NP = m \times g = 2{,}631 \times 10^{-4}\ \text{kg} \times 9{,}81\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2} = 2{,}58 \times 10^{-3}\ \text{N}

Π=ρhuile×V×g=910 kg⋅m−3×3,351×10−8 m3×9,81 m⋅s−2=2,99×10−4 N\Pi = \rho_{\text{huile}} \times V \times g = 910\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times 3{,}351 \times 10^{-8}\ \text{m}^{3} \times 9{,}81\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2} = 2{,}99 \times 10^{-4}\ \text{N}

ΠP=2,99×10−4 N2,58×10−3 N=0,116=11,6 %\dfrac{\Pi}{P} = \dfrac{2{,}99 \times 10^{-4}\ \text{N}}{2{,}58 \times 10^{-3}\ \text{N}} = 0{,}116 = 11{,}6\ \%

La poussée représente donc un peu plus du dixième du poids. Ce quotient est d’ailleurs celui des masses volumiques, 910 kg⋅m−3/7 850 kg⋅m−3=0,116910\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} / 7\,850\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} = 0{,}116, puisque VV et gg se simplifient.

3. L’axe étant orienté vers le bas, le vecteur champ de pesanteur s’écrit g⃗=g u⃗z\vec{g} = g\,\vec{u}_z. Les deux forces s’écrivent alors :

P⃗=m g⃗=m g u⃗zΠ⃗=−ρhuile V g⃗=−ρhuile V g u⃗z\vec{P} = m\,\vec{g} = m\,g\,\vec{u}_z \qquad \vec{\Pi} = -\rho_{\text{huile}}\,V\,\vec{g} = -\rho_{\text{huile}}\,V\,g\,\vec{u}_z

À l’instant du lâcher, la force de frottement est nulle, et la deuxième loi de Newton s’écrit m a⃗=P⃗+Π⃗m\,\vec{a} = \vec{P} + \vec{\Pi}. En projetant sur l’axe :

m×a0=m×g−ρhuile×V×gm \times a_0 = m \times g - \rho_{\text{huile}} \times V \times g

La masse de la bille vaut m=ρacier×Vm = \rho_{\text{acier}} \times V. En remplaçant, puis en divisant les deux membres par ρacier×V\rho_{\text{acier}} \times V :

a0=g−ρhuile×V×gρacier×V=g×(1−ρhuileρacier)a_0 = g - \dfrac{\rho_{\text{huile}} \times V \times g}{\rho_{\text{acier}} \times V} = g \times \left(1 - \dfrac{\rho_{\text{huile}}}{\rho_{\text{acier}}}\right)

a0=9,81 m⋅s−2×(1−910 kg⋅m−37 850 kg⋅m−3)=8,67 m⋅s−2a_0 = 9{,}81\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2} \times \left(1 - \dfrac{910\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}}{7\,850\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}}\right) = 8{,}67\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}

La coordonnée est positive : au lâcher, le vecteur accélération est dirigé vers le bas, comme le mouvement qui commence, mais sa valeur est plus petite que gg. C’est la poussée qui fait cette différence.

4. L’accélération à l’instant du lâcher est la dérivée de la vitesse à cet instant, c’est-à-dire le coefficient directeur de la tangente à l’origine. Cette tangente passe par l’origine et, par exemple, par le point de coordonnées t=0,040 st = 0{,}040\ \text{s} et v=0,34 m⋅s−1v = 0{,}34\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1} (lecture graphique) :

0 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25 0 0,10 0,20 0,30 0,40 v (m·s⁻¹) t (s) tangente à l’origine point lu : 0,040 s et 0,34 m·s⁻¹ vlim ≈ 0,36 m·s⁻¹
Lecture graphique : la tangente à l’origine passe par le point (0,040 s ; 0,34 m·s⁻¹), et la vitesse se stabilise vers 0,36 m·s⁻¹.

On note a0,mesa_{0,\text{mes}} cette valeur mesurée :

a0,mes=0,34 m⋅s−1−0 m⋅s−10,040 s−0 s=8,5 m⋅s−2a_{0,\text{mes}} = \dfrac{0{,}34\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1} - 0\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}}{0{,}040\ \text{s} - 0\ \text{s}} = 8{,}5\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}

L’écart relatif se calcule entre chaque valeur prévue et la valeur mesurée, prise comme référence. Avec la poussée d’Archimède :

a0−a0,mesa0,mes=8,67 m⋅s−2−8,5 m⋅s−28,5 m⋅s−2=0,02=2 %\dfrac{a_0 - a_{0,\text{mes}}}{a_{0,\text{mes}}} = \dfrac{8{,}67\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2} - 8{,}5\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}}{8{,}5\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}} = 0{,}02 = 2\ \%

Sans la poussée, la bille ne serait soumise qu’à son poids au lâcher, et la deuxième loi de Newton prévoirait a0=ga_0 = g :

g−a0,mesa0,mes=9,81 m⋅s−2−8,5 m⋅s−28,5 m⋅s−2=0,15=15 %\dfrac{g - a_{0,\text{mes}}}{a_{0,\text{mes}}} = \dfrac{9{,}81\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2} - 8{,}5\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}}{8{,}5\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}} = 0{,}15 = 15\ \%

La mesure s’accorde avec le modèle qui tient compte de la poussée d’Archimède : l’écart de 2 %2\ \% est de l’ordre de la précision d’une lecture graphique. Le modèle qui la néglige surestime l’accélération de 15 %15\ \%. Dans l’huile, la poussée d’Archimède ne peut donc pas être négligée.

5. La vitesse cesse d’augmenter et tend vers une valeur limite, que l’on lit sur le palier de la courbe : vlim=0,36 m⋅s−1v_{\text{lim}} = 0{,}36\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}. La bille a alors un mouvement rectiligne uniforme : son vecteur vitesse ne change plus, donc son accélération est nulle. La deuxième loi de Newton donne une somme des forces nulle, frottement compris :

P⃗+Π⃗+f⃗=0⃗\vec{P} + \vec{\Pi} + \vec{f} = \vec{0}

En projetant sur l’axe orienté vers le bas, le frottement étant dirigé vers le haut : P−Π−f=0P - \Pi - f = 0, d’où

f=P−Π=2,58×10−3 N−2,99×10−4 N=2,28×10−3 Nf = P - \Pi = 2{,}58 \times 10^{-3}\ \text{N} - 2{,}99 \times 10^{-4}\ \text{N} = 2{,}28 \times 10^{-3}\ \text{N}

En négligeant la poussée, on aurait trouvé f=P=2,58×10−3 Nf = P = 2{,}58 \times 10^{-3}\ \text{N}, une valeur trop grande de 13 %13\ \%.

6. La poussée exercée par l’air vaut ρair×V×g\rho_{\text{air}} \times V \times g, le poids ρacier×V×g\rho_{\text{acier}} \times V \times g : leur quotient ne dépend que des masses volumiques.

ΠairP=ρairρacier=1,2 kg⋅m−37 850 kg⋅m−3=1,5×10−4\dfrac{\Pi_{\text{air}}}{P} = \dfrac{\rho_{\text{air}}}{\rho_{\text{acier}}} = \dfrac{1{,}2\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}}{7\,850\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}} = 1{,}5 \times 10^{-4}

Dans l’air, la poussée vaut donc 0,015 %0{,}015\ \% du poids de la bille, bien en dessous de la précision des mesures de cette expérience : on la néglige à juste titre. Dans l’huile, elle en vaut 11,6 %11{,}6\ \%, parce que l’huile est environ 760760 fois plus dense que l’air. Ce qui décide si la poussée est négligeable, ce n’est pas le corps seul, mais le quotient des deux masses volumiques.

Réflexe à retenir : avant de négliger une poussée d’Archimède, compare la masse volumique du fluide à celle du corps. Leur quotient donne directement la fraction du poids que représente la poussée, pour un corps plein entièrement immergé.

Les trois réflexes à retenir

  1. Dans Π=ρ V g\Pi = \rho\,V\,g, ρ\rho est la masse volumique du fluide et VV le volume immergé. Celle du corps ne sert qu’à calculer son poids. Convertis avant de calculer : 1 cm3=10−6 m31\ \text{cm}^{3} = 10^{-6}\ \text{m}^{3}, 1 L=10−3 m31\ \text{L} = 10^{-3}\ \text{m}^{3}, et un diamètre en millimètres passe en mètres avant d’être élevé au cube.
  2. Écris les forces en vecteurs, sur un axe orienté. Le vecteur poussée est opposé au vecteur g⃗\vec{g} : sur un axe orienté vers le haut, sa coordonnée vaut +ρ V g+\rho\,V\,g et celle du poids −m g-m\,g ; sur un axe orienté vers le bas, les signes s’inversent. Choisis l’axe, écris-le, puis projette.
  3. Une vitesse nulle ne veut pas dire une accélération nulle. Juste après un lâcher, les frottements sont nuls, et la deuxième loi de Newton donne l’accélération à partir du poids et de la poussée. Quand la vitesse ne change plus, c’est la somme des forces qui est nulle. La carte en haut de page rassemble l’origine de la poussée, son expression et son usage dans un bilan des forces.

La suite du chapitre, le débit d’un fluide en mouvement et la relation de Bernoulli, se travaille dans les exercices sur la mécanique des fluides.

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