Tle Physique-Chimie Exercices Gratuit

Exercices corrigés — Méthodes physiques d'analyse d'un système chimique

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  1. Exercice 1 : Trois lois et leurs limites
  2. Exercice 2 : Quel outil pour quelle question ?
  3. Exercice 3 : Le chapitre en un paragraphe
  4. Exercice 4 : Le rose d'une solution antiseptique
  5. Exercice 5 : Le sel de la piscine
  6. Les trois réflexes à retenir

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Un spectrophotomètre, un conductimètre, un manomètre : avec ces appareils, on détermine la composition d’une solution ou d’un gaz sans faire réagir l’échantillon. Le programme demande d’exploiter la loi qui correspond à chaque mesure, d’en citer le domaine de validité, et de lire un spectre infrarouge ou UV-visible pour identifier un groupe caractéristique ou une espèce. Ces méthodes reviennent ensuite dans les titrages et dans le suivi des réactions au cours du temps. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants sont des situations de contrôle, avec des documents et un corrigé rédigé comme au tableau.

C ou n ce qu’on cherche : une concentration ou une quantité de matière, à partir d’une mesure

Doser : combien y en a-t-il ?

Une espèce colorée

on mesure son absorbance A, sans unité, au spectrophotomètre

A = ε × ℓ × C

ε : coefficient d’absorption molaire, propre à l’espèce et à la longueur d’onde ; ℓ : épaisseur de solution traversée, en cm

Valable si la solution est diluée et limpide

Des ions en solution

on mesure la conductance G, qui donne la conductivité σ

σ = Σ λᵢ × [Xᵢ]

somme sur tous les ions : λᵢ, conductivité molaire ionique de l’ion Xᵢ ; [Xᵢ], sa concentration en mol·m⁻³

Valable si la solution est diluée

Un gaz

on mesure sa pression P, son volume V et sa température T

P × V = n × R × T

P en Pa, V en m³, T en K (T = θ + 273,15, avec θ en °C) ; R = 8,314 J·K⁻¹·mol⁻¹

Valable si le gaz est peu dense (pression modérée)

Doser par étalonnage. On mesure A ou G pour des solutions de concentrations connues, on trace la droite qui passe par l’origine, puis on y lit la concentration de l’échantillon. Pas besoin de connaître ε ni les λi : la droite donne directement la relation dans les conditions de la mesure.

Identifier : de quelle espèce s’agit-il ?

Un spectre infrarouge donne les groupes caractéristiques, table de données à l’appui : une bande forte et fine vers 1 700 cm⁻¹ signale une liaison C=O.

Un spectre UV-visible identifie une espèce par la longueur d’onde de son maximum d’absorption, comparée à une valeur de référence.

La carte du chapitre : trois mesures pour doser, chacune avec sa loi et ses limites, et deux spectres pour identifier. Avant d’appliquer une loi, vérifie qu’on est bien dans son domaine de validité.

Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Pour l’exercice 5, prévois une feuille de papier millimétré. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.

Exercice 1

Trois lois et leurs limites

★★★

Quiz de compréhension du cours

  1. Une solution diluée de permanganate de potassium, violette, a une absorbance de 0,40 à 525 nm. On mesure ensuite, dans la même cuve et à la même longueur d'onde, une solution deux fois moins concentrée. Quelle absorbance attend-on ?
  2. Un jus de pomme trouble donne une absorbance plus grande que celle prévue par la loi de Beer-Lambert. Quelle en est la raison ?
  3. On dissout du sucre (du saccharose, formé de molécules) dans de l'eau distillée. Que peut-on dire de la conductivité de la solution obtenue ?
  4. Un flacon fermé et rigide contient de l'air à 20 °C. On le chauffe jusqu'à 40 °C. Que devient la pression de l'air dans le flacon ?

Exercice 2

Quel outil pour quelle question ?

★★★

Quiz : choisir la méthode, lire un spectre

Données. Extrait d’une table de spectroscopie infrarouge (le nombre d’onde, en cm−1\text{cm}^{-1}, repère la position d’une bande sur le spectre) :

LiaisonNombre d’onde (cm−1\text{cm}^{-1})Aspect de la bande
O-H d’un alcool3 2003\,200 à 3 4003\,400forte et large
O-H d’un acide carboxylique2 5002\,500 à 3 2003\,200forte et très large
C-H2 8002\,800 à 3 1003\,100forte
C=O1 6501\,650 à 1 7501\,750forte et fine

Longueur d’onde du maximum d’absorption de deux colorants jaunes : tartrazine (E102), 427 nm427\ \text{nm} ; jaune orangé S (E110), 482 nm482\ \text{nm}.

  1. On veut déterminer la concentration du colorant d'une boisson bleue. Quelle mesure choisir ?
  2. Une eau incolore contient du chlorure de potassium dissous, à faible concentration. Quelle mesure permet de déterminer cette concentration ?
  3. Le spectre infrarouge d'un liquide présente une bande forte et fine à 1 715 cm−1, des bandes C-H vers 2 950 cm−1, et aucune bande large entre 2 500 cm−1 et 3 400 cm−1. Que peut-on affirmer, d'après la table ?
  4. Une boisson jaune contient un seul colorant. Son spectre d'absorption UV-visible présente un maximum à 482 nm. Que peut-on conclure, d'après les données ?

Exercice 3

Le chapitre en un paragraphe

★★★

Le cours en un texte à trous

Pour doser une espèce colorée, on mesure son au spectrophotomètre, réglé en général sur la longueur d'onde de son . La loi de Beer-Lambert ne s'applique qu'aux solutions . Pour des ions en solution, la loi de Kohlrausch relie la conductivité aux concentrations des ions, exprimées en mol·m⁻³ : une concentration de 1 mmol·L⁻¹ y vaut . Pour un gaz, l'équation d'état du gaz parfait s'utilise avec la température en , et elle décrit bien un gaz . Enfin, un spectre infrarouge sert à les groupes caractéristiques d'une molécule.

Exercice 4

Le rose d'une solution antiseptique

★★★

Loi de Beer-Lambert et domaine de validité

Une solution antiseptique, utilisée pour nettoyer la peau, est limpide et légèrement rose. Sa couleur vient des ions permanganate MnO4−\text{MnO}_4^-, apportés par du permanganate de potassium KMnO4\text{KMnO}_4. L’étiquette indique, dans la composition pour 100 mL100\ \text{mL} : « permanganate de potassium : 0,0010 g ». Les autres espèces de la solution n’absorbent pas la lumière visible.

Un technicien mesure l’absorbance de la solution, sans la diluer, à 525 nm525\ \text{nm}, longueur d’onde du maximum d’absorption des ions permanganate, dans une cuve d’épaisseur ℓ=1,00 cm\ell = 1{,}00\ \text{cm} : A=0,149A = 0{,}149.

Données :

  • coefficient d’absorption molaire des ions permanganate à 525 nm525\ \text{nm} : ε=2,40×103 L⋅mol−1⋅cm−1\varepsilon = 2{,}40 \times 10^{3}\ \text{L}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{cm}^{-1} ;
  • masse molaire du permanganate de potassium : M=158,0 g⋅mol−1M = 158{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • loi de Beer-Lambert : A=ε×ℓ×CA = \varepsilon \times \ell \times C, vérifiée dans ces conditions pour des absorbances inférieures à 1,51{,}5 environ ;
  • on considère que l’étiquette est confirmée si la mesure s’en écarte de moins de 5 %5\ \%.
  1. Citer les conditions de validité de la loi de Beer-Lambert, et vérifier qu’elles sont remplies pour cette mesure.
  2. Calculer la concentration CC des ions permanganate dans la solution.
  3. En déduire la concentration en masse de permanganate de potassium, en mg⋅L−1\text{mg}\cdot\text{L}^{-1}. La mesure confirme-t-elle l’étiquette ?
  4. Le technicien refait la mesure avec une cuve d’épaisseur 2,00 cm2{,}00\ \text{cm}. Quelle absorbance doit-il trouver ? La loi de Beer-Lambert s’applique-t-elle encore ?
Voir le corrigé

1. La loi de Beer-Lambert s’applique à une solution diluée (ici, d’absorbance inférieure à 1,51{,}5 environ) et limpide, éclairée par une lumière d’une seule longueur d’onde, quand l’espèce dosée est la seule à absorber à cette longueur d’onde. Les quatre conditions sont remplies : A=0,149A = 0{,}149 est inférieure à 1,51{,}5, la solution est limpide, le spectrophotomètre est réglé sur 525 nm525\ \text{nm}, et les ions permanganate sont la seule espèce de la solution qui absorbe la lumière visible.

2. On isole CC dans la loi de Beer-Lambert :

C=Aε×ℓ=0,1492,40×103 L⋅mol−1⋅cm−1×1,00 cm=6,21×10−5 mol⋅L−1C = \dfrac{A}{\varepsilon \times \ell} = \dfrac{0{,}149}{2{,}40 \times 10^{3}\ \text{L}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{cm}^{-1} \times 1{,}00\ \text{cm}} = 6{,}21 \times 10^{-5}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}

3. Le permanganate de potassium libère, en se dissolvant, un ion permanganate pour un ion potassium :

KMnO4(s)⟶K+(aq)+MnO4−(aq)\text{KMnO}_4(\text{s}) \longrightarrow \text{K}^+(\text{aq}) + \text{MnO}_4^-(\text{aq})

La concentration en permanganate de potassium apporté vaut donc aussi CC. Sa concentration en masse, notée Cm,mesC_{m,\text{mes}} (« mes » pour mesurée), vaut :

Cm,mes=C×M=6,21×10−5 mol⋅L−1×158,0 g⋅mol−1=9,81×10−3 g⋅L−1=9,81 mg⋅L−1C_{m,\text{mes}} = C \times M = 6{,}21 \times 10^{-5}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} \times 158{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} = 9{,}81 \times 10^{-3}\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} = 9{,}81\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}

L’étiquette annonce 0,0010 g=1,0 mg0{,}0010\ \text{g} = 1{,}0\ \text{mg} de permanganate de potassium pour 100 mL100\ \text{mL}, soit Cm=10 mg⋅L−1C_m = 10\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}. L’écart relatif vaut :

∣Cm,mes−Cm∣Cm=∣9,81 mg⋅L−1−10 mg⋅L−1∣10 mg⋅L−1=0,019=1,9 %\dfrac{\left|C_{m,\text{mes}} - C_m\right|}{C_m} = \dfrac{\left|9{,}81\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1} - 10\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}\right|}{10\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}} = 0{,}019 = 1{,}9\ \%

L’écart est inférieur à 5 %5\ \% : la mesure confirme l’indication de l’étiquette.

4. À espèce, longueur d’onde et concentration fixées, l’absorbance est proportionnelle à l’épaisseur ℓ\ell de solution traversée. Avec la cuve d’épaisseur ℓ′=2,00 cm\ell' = 2{,}00\ \text{cm} :

A′=ε×ℓ′×C=2,40×103 L⋅mol−1⋅cm−1×2,00 cm×6,21×10−5 mol⋅L−1=0,298A' = \varepsilon \times \ell' \times C = 2{,}40 \times 10^{3}\ \text{L}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{cm}^{-1} \times 2{,}00\ \text{cm} \times 6{,}21 \times 10^{-5}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} = 0{,}298

C’est deux fois l’absorbance mesurée avec la cuve de 1,00 cm1{,}00\ \text{cm}. Cette valeur reste inférieure à 1,51{,}5 : la loi s’applique encore. La mesure est même plus sensible, puisqu’une même variation de concentration change deux fois plus l’absorbance.

Réflexe à retenir : avant d’appliquer la loi de Beer-Lambert, vérifie ses conditions de validité une par une. Les informations utiles sont dans l’énoncé : valeur de l’absorbance, aspect de la solution, espèces qui absorbent.

Exercice 5

Le sel de la piscine

★★★

Type contrôle : étalonnage conductimétrique et loi de Kohlrausch, avec trois documents

L’eau d’une piscine de 50 m350\ \text{m}^3 est désinfectée par électrolyse au sel : un appareil, l’électrolyseur, produit le désinfectant à partir du chlorure de sodium dissous dans l’eau. Pour vérifier la teneur en sel de l’eau, on réalise un dosage par étalonnage conductimétrique.

Document 1 - Extrait de la notice de l’électrolyseur. « Teneur en sel de l’eau conseillée : entre 4,0 g/L et 5,0 g/L. »

Document 2 - Le protocole. On prélève à la pipette jaugée 10,0 mL10{,}0\ \text{mL} d’eau de la piscine, qu’on verse dans une fiole jaugée de 100,0 mL100{,}0\ \text{mL} complétée jusqu’au trait de jauge avec de l’eau distillée : on obtient la solution S′S'. Avec la même cellule conductimétrique, toutes les solutions étant à 25 ∘C25\ ^\circ\text{C}, on mesure la conductance GG de solutions étalons de chlorure de sodium, puis celle de S′S' : G′=0,722 mSG' = 0{,}722\ \text{mS}.

Document 3 - Les mesures sur les solutions étalons.

Concentration CC (mmol⋅L−1\text{mmol}\cdot\text{L}^{-1})Conductance GG (mS\text{mS})
1,01{,}00,1210{,}121
2,02{,}00,2390{,}239
4,04{,}00,4820{,}482
6,06{,}00,7180{,}718
8,08{,}00,9620{,}962
10,010{,}01,201{,}20

Données :

  • masse molaire du chlorure de sodium : M(NaCl)=58,5 g⋅mol−1M(\text{NaCl}) = 58{,}5\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • la conductance GG s’exprime en siemens (S\text{S}), avec 1 mS=10−3 S1\ \text{mS} = 10^{-3}\ \text{S} ; elle est proportionnelle à la conductivité σ\sigma de la solution : G=K×σG = K \times \sigma, où KK est une constante propre à la cellule ;
  • loi de Kohlrausch pour une solution de chlorure de sodium : σ=λ(Na+)×[Na+]+λ(Cl−)×[Cl−]\sigma = \lambda(\text{Na}^+) \times [\text{Na}^+] + \lambda(\text{Cl}^-) \times [\text{Cl}^-], où λ(Na+)\lambda(\text{Na}^+) et λ(Cl−)\lambda(\text{Cl}^-) sont les conductivités molaires ioniques des deux ions, et [Na+][\text{Na}^+] et [Cl−][\text{Cl}^-] leurs concentrations ; cette loi est valable pour des solutions diluées, de concentration inférieure à 1×10−2 mol⋅L−11 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} environ ;
  • le sel est vendu en sacs de 25 kg25\ \text{kg}.
  1. Calculer la concentration en quantité de matière d’une eau qui contient 4,0 g⋅L−14{,}0\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} de chlorure de sodium. Expliquer pourquoi on dilue l’eau de la piscine avant la mesure.
  2. Montrer, à l’aide de la loi de Kohlrausch et de la relation G=K×σG = K \times \sigma, que la conductance d’une solution de chlorure de sodium est proportionnelle à sa concentration CC.
  3. Tracer la droite d’étalonnage G=f(C)G = f(C), puis déterminer la concentration C′C' de la solution S′S'.
  4. En déduire la teneur en sel de l’eau de la piscine, en g⋅L−1\text{g}\cdot\text{L}^{-1}. Est-elle conforme à la notice ?
  5. Le propriétaire veut atteindre 4,5 g⋅L−14{,}5\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}, au milieu de la plage conseillée. Combien de sacs de sel doit-il ajouter ?
  6. L’eau du robinet qui a rempli la piscine contient aussi des ions, comme les ions calcium et hydrogénocarbonate, qu’on a négligés. La teneur en sel trouvée est-elle surestimée ou sous-estimée ? La décision de la question 5 change-t-elle ?
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1. Une eau qui contient 4,0 g⋅L−14{,}0\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} de sel a pour concentration en quantité de matière :

C=CmM=4,0 g⋅L−158,5 g⋅mol−1=6,8×10−2 mol⋅L−1C = \dfrac{C_m}{M} = \dfrac{4{,}0\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}}{58{,}5\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1}} = 6{,}8 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}

C’est environ sept fois la limite de validité de la loi de Kohlrausch (1×10−2 mol⋅L−11 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}) : à cette concentration, rien ne garantit que la conductance reste proportionnelle à la concentration. Cette valeur sort aussi de la gamme des étalons, qui s’arrête à 10,0 mmol⋅L−110{,}0\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}. Après une dilution par dix, la même eau donnerait 6,8×10−3 mol⋅L−16{,}8 \times 10^{-3}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}, soit 6,8 mmol⋅L−16{,}8\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} : on se trouve dans le domaine de validité et dans la gamme des étalons. Même à 5,0 g⋅L−15{,}0\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}, on obtiendrait 8,5 mmol⋅L−18{,}5\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} après dilution, toujours dans la gamme.

2. Le chlorure de sodium libère, en se dissolvant, autant d’ions sodium que d’ions chlorure :

NaCl(s)⟶Na+(aq)+Cl−(aq)\text{NaCl}(\text{s}) \longrightarrow \text{Na}^+(\text{aq}) + \text{Cl}^-(\text{aq})

Pour une solution de concentration CC en chlorure de sodium apporté, on a donc [Na+]=[Cl−]=C[\text{Na}^+] = [\text{Cl}^-] = C. La loi de Kohlrausch devient :

σ=λ(Na+)×C+λ(Cl−)×C=(λ(Na+)+λ(Cl−))×C\sigma = \lambda(\text{Na}^+) \times C + \lambda(\text{Cl}^-) \times C = \big(\lambda(\text{Na}^+) + \lambda(\text{Cl}^-)\big) \times C

En multipliant par la constante de la cellule :

G=K×σ=K×(λ(Na+)+λ(Cl−))×CG = K \times \sigma = K \times \big(\lambda(\text{Na}^+) + \lambda(\text{Cl}^-)\big) \times C

Avec la même cellule et à température fixée, KK, λ(Na+)\lambda(\text{Na}^+) et λ(Cl−)\lambda(\text{Cl}^-) ne changent pas. En notant k=K×(λ(Na+)+λ(Cl−))k = K \times \big(\lambda(\text{Na}^+) + \lambda(\text{Cl}^-)\big), une constante (à ne pas confondre avec KK), on obtient G=k×CG = k \times C : la conductance est proportionnelle à la concentration, et la droite d’étalonnage doit passer par l’origine.

3. On place les six points dans un repère, CC en abscisse et GG en ordonnée : ils sont alignés sur une droite qui passe par l’origine, comme le prévoit la question 2.

0 2 4 6 8 10 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 G (mS) C (mmol·L⁻¹) G′ = 0,722 mS C′ ≈ 6,0 mmol·L⁻¹
La droite d’étalonnage : les points des solutions étalons s’alignent sur une droite qui passe par l’origine. La conductance de la solution diluée, G′ = 0,722 mS, se reporte sur la droite, et on lit sa concentration sur l’axe horizontal.

Le coefficient directeur se calcule avec un point de la droite éloigné de l’origine. Ici, le point (10,0 mmol⋅L−1 ; 1,20 mS)(10{,}0\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}\ ;\ 1{,}20\ \text{mS}) est sur la droite :

k=1,20 mS10,0 mmol⋅L−1=0,120 mS⋅L⋅mmol−1k = \dfrac{1{,}20\ \text{mS}}{10{,}0\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}} = 0{,}120\ \text{mS}\cdot\text{L}\cdot\text{mmol}^{-1}

Autrement dit, la conductance augmente de 0,120 mS0{,}120\ \text{mS} chaque fois que la concentration augmente de 1 mmol⋅L−11\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}. La lecture graphique donne environ 6,0 mmol⋅L−16{,}0\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} pour S′S'. Le calcul précise cette valeur :

C′=G′k=0,722 mS0,120 mS⋅L⋅mmol−1=6,02 mmol⋅L−1C' = \dfrac{G'}{k} = \dfrac{0{,}722\ \text{mS}}{0{,}120\ \text{mS}\cdot\text{L}\cdot\text{mmol}^{-1}} = 6{,}02\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}

4. L’eau de la piscine a été diluée dix fois : elle est dix fois plus concentrée que S′S'.

C=10×C′=10×6,02 mmol⋅L−1=60,2 mmol⋅L−1=6,02×10−2 mol⋅L−1C = 10 \times C' = 10 \times 6{,}02\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} = 60{,}2\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} = 6{,}02 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}

Cm=C×M=6,02×10−2 mol⋅L−1×58,5 g⋅mol−1=3,52 g⋅L−1C_m = C \times M = 6{,}02 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} \times 58{,}5\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} = 3{,}52\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}

La teneur en sel, 3,52 g⋅L−13{,}52\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}, est inférieure à 4,0 g⋅L−14{,}0\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} : elle n’est pas conforme à la notice, il manque du sel.

5. Pour passer de 3,52 g⋅L−13{,}52\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} à 4,5 g⋅L−14{,}5\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}, il faut ajouter 4,5 g⋅L−1−3,52 g⋅L−1=0,98 g⋅L−14{,}5\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} - 3{,}52\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} = 0{,}98\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}, c’est-à-dire 0,98 g0{,}98\ \text{g} de sel par litre d’eau. La piscine contient V=50 m3=5,0×104 LV = 50\ \text{m}^3 = 5{,}0 \times 10^{4}\ \text{L} :

m=0,98 g⋅L−1×5,0×104 L=4,9×104 g=49 kgm = 0{,}98\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} \times 5{,}0 \times 10^{4}\ \text{L} = 4{,}9 \times 10^{4}\ \text{g} = 49\ \text{kg}

Un sac contient 25 kg25\ \text{kg} de sel : un seul ne suffit pas, il faut donc deux sacs, soit 50 kg50\ \text{kg}. Ils ajoutent 5,0×104 g5,0×104 L=1,0 g⋅L−1\dfrac{5{,}0 \times 10^{4}\ \text{g}}{5{,}0 \times 10^{4}\ \text{L}} = 1{,}0\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}, et la teneur atteint environ 4,5 g⋅L−14{,}5\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}, au milieu de la plage conseillée.

6. Les ions apportés par l’eau du robinet conduisent eux aussi le courant : ils augmentent la conductance mesurée. Or le calcul attribue toute la conductance au chlorure de sodium : la teneur en sel trouvée est donc surestimée. La teneur réelle est encore plus faible que 3,52 g⋅L−13{,}52\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} : il faut bien ajouter du sel, la décision ne change pas. Une nouvelle mesure, une fois le sel dissous et l’eau brassée, permet de vérifier que la teneur se trouve dans la plage conseillée.

Réflexe à retenir : dans un dosage par étalonnage, vérifie que la mesure de l’échantillon tombe dans la gamme des étalons, que la solution est dans le domaine de validité de la loi, et n’oublie pas de multiplier par le facteur de dilution à la fin.

Les trois réflexes à retenir

  1. Vérifie le domaine de validité avant d’appliquer une loi. Les lois de Beer-Lambert et de Kohlrausch valent pour des solutions diluées, le modèle du gaz parfait pour des gaz peu denses. Une solution trop concentrée se dilue d’un facteur connu, par lequel on multiplie le résultat à la fin.
  2. Convertis avant de calculer. Dans la loi de Kohlrausch, les concentrations sont en mol⋅m−3\text{mol}\cdot\text{m}^{-3}, et 1 mmol⋅L−1=1 mol⋅m−31\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} = 1\ \text{mol}\cdot\text{m}^{-3}. Dans l’équation d’état du gaz parfait, la pression est en pascals, le volume en mètres cubes et la température en kelvins.
  3. Choisis l’outil d’après la question. Pour savoir combien, on dose : absorbance, conductance, ou pression, volume et température d’un gaz. Pour savoir quoi, on identifie : un spectre infrarouge donne les groupes caractéristiques, un spectre UV-visible identifie une espèce par son maximum d’absorption. La carte en haut de page rassemble ces outils.

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