Exercices corrigés — Méthodes physiques d'analyse d'un système chimique
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Un spectrophotomètre, un conductimètre, un manomètre : avec ces appareils, on détermine la composition d’une solution ou d’un gaz sans faire réagir l’échantillon. Le programme demande d’exploiter la loi qui correspond à chaque mesure, d’en citer le domaine de validité, et de lire un spectre infrarouge ou UV-visible pour identifier un groupe caractéristique ou une espèce. Ces méthodes reviennent ensuite dans les titrages et dans le suivi des réactions au cours du temps. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants sont des situations de contrôle, avec des documents et un corrigé rédigé comme au tableau.
Doser : combien y en a-t-il ?
Une espèce colorée
on mesure son absorbance A, sans unité, au spectrophotomètre
A = ε × ℓ × C
ε : coefficient d’absorption molaire, propre à l’espèce et à la longueur d’onde ; ℓ : épaisseur de solution traversée, en cm
Valable si la solution est diluée et limpide
Des ions en solution
on mesure la conductance G, qui donne la conductivité σ
σ = Σ λᵢ × [Xᵢ]
somme sur tous les ions : λᵢ, conductivité molaire ionique de l’ion Xᵢ ; [Xᵢ], sa concentration en mol·m⁻³
Valable si la solution est diluée
Un gaz
on mesure sa pression P, son volume V et sa température T
P × V = n × R × T
P en Pa, V en m³, T en K (T = θ + 273,15, avec θ en °C) ; R = 8,314 J·K⁻¹·mol⁻¹
Valable si le gaz est peu dense (pression modérée)
Doser par étalonnage. On mesure A ou G pour des solutions de concentrations connues, on trace la droite qui passe par l’origine, puis on y lit la concentration de l’échantillon. Pas besoin de connaître ε ni les λi : la droite donne directement la relation dans les conditions de la mesure.
Identifier : de quelle espèce s’agit-il ?
Un spectre infrarouge donne les groupes caractéristiques, table de données à l’appui : une bande forte et fine vers 1 700 cm⁻¹ signale une liaison C=O.
Un spectre UV-visible identifie une espèce par la longueur d’onde de son maximum d’absorption, comparée à une valeur de référence.
Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Pour l’exercice 5, prévois une feuille de papier millimétré. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.
Trois lois et leurs limites
★★★Quiz de compréhension du cours
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Juste. La bonne réponse : Environ 0,20 : l'absorbance est divisée par deux. D'après la loi de Beer-Lambert, A = ε × ℓ × C. Avec la même espèce, la même longueur d'onde et la même cuve, ε et ℓ ne changent pas : l'absorbance est proportionnelle à la concentration. Une solution deux fois moins concentrée laisse bien passer plus de lumière, justement parce qu'elle en absorbe moins : son absorbance est deux fois plus petite.
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Juste. La bonne réponse : Les particules en suspension dévient une partie de la lumière, qui n'atteint pas le détecteur. Le spectrophotomètre compare la lumière qui entre dans la cuve à celle qui en sort. Des particules en suspension diffusent la lumière, c'est-à-dire qu'elles en renvoient une partie dans toutes les directions : cette lumière manque au détecteur, comme si elle avait été absorbée. La loi de Beer-Lambert suppose une solution limpide ; on filtre donc un échantillon trouble avant la mesure.
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Juste. La bonne réponse : Elle reste très faible : le saccharose ne libère pas d'ions. Dans une solution, ce sont les ions qui transportent le courant : la loi de Kohlrausch, σ = Σ λi × [Xi], ne fait la somme que sur les ions. Le saccharose se dissout sous forme de molécules, sans charge électrique : il ne contribue pas à la conductivité, qui reste proche de celle de l'eau distillée. La conductimétrie dose des ions, pas des molécules.
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Juste. La bonne réponse : Elle augmente un peu, car la température absolue passe d'environ 293 K à environ 313 K. Dans P × V = n × R × T, la température est absolue, en kelvins : T = θ + 273,15. Ici V et n ne changent pas, donc P est proportionnelle à T, qui passe de 293,15 K à 313,15 K : la pression est multipliée par 313,15 K / 293,15 K = 1,068, soit une hausse d'environ 7 %. Doubler une température en degrés Celsius ne double pas la température absolue.
Quel outil pour quelle question ?
★★★Quiz : choisir la méthode, lire un spectre
Données. Extrait d’une table de spectroscopie infrarouge (le nombre d’onde, en , repère la position d’une bande sur le spectre) :
| Liaison | Nombre d’onde () | Aspect de la bande |
|---|---|---|
| O-H d’un alcool | à | forte et large |
| O-H d’un acide carboxylique | à | forte et très large |
| C-H | à | forte |
| C=O | à | forte et fine |
Longueur d’onde du maximum d’absorption de deux colorants jaunes : tartrazine (E102), ; jaune orangé S (E110), .
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Juste. La bonne réponse : L'absorbance de la boisson, au spectrophotomètre. Le colorant est une espèce colorée : son absorbance est proportionnelle à sa concentration (loi de Beer-Lambert), et un étalonnage permet de le doser. La conductivité dépend de tous les ions de la boisson : elle ne renseigne pas sur le seul colorant. Le spectre infrarouge, lu avec une table, sert à identifier des groupes caractéristiques ; pour doser le colorant, c'est l'absorbance dans le visible qui convient.
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Juste. La bonne réponse : Sa conductance, comparée à celle de solutions étalons. Une solution incolore n'absorbe pas la lumière visible : un spectrophotomètre réglé dans le visible ne mesurerait rien d'utile. Le chlorure de potassium libère des ions K+ et Cl−, qui conduisent le courant. En solution diluée, la conductance est proportionnelle à la concentration (loi de Kohlrausch) : un étalonnage avec des solutions de concentrations connues donne la concentration cherchée.
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Juste. La bonne réponse : La molécule possède une liaison C=O, et ce n'est ni un alcool ni un acide carboxylique. La bande forte et fine à 1 715 cm−1 se trouve dans la zone de la liaison C=O, qui s'étend de 1 650 cm−1 à 1 750 cm−1. Sans bande large entre 2 500 cm−1 et 3 400 cm−1, la molécule n'a pas de liaison O-H : ce n'est ni un alcool, ni un acide carboxylique, qui porte à la fois une liaison C=O et une liaison O-H. Il peut s'agir d'une cétone ou d'un ester, par exemple : la table seule ne permet pas de trancher.
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Juste. La bonne réponse : Elle contient du jaune orangé S (E110). La position du maximum d'absorption, comparée à des valeurs de référence, permet d'identifier une espèce. Ici, 482 nm correspond au jaune orangé S, et non à la tartrazine, dont le maximum se situe à 427 nm. La couleur perçue ne suffit pas : les deux colorants donnent à une boisson une teinte jaune à orangée.
Le chapitre en un paragraphe
★★★Le cours en un texte à trous
Pour doser une espèce colorée, on mesure son absorbance au spectrophotomètre, réglé en général sur la longueur d'onde de son maximum d'absorption . La loi de Beer-Lambert ne s'applique qu'aux solutions diluées . Pour des ions en solution, la loi de Kohlrausch relie la conductivité aux concentrations des ions, exprimées en mol·m⁻³ : une concentration de 1 mmol·L⁻¹ y vaut 1 mol·m⁻³ . Pour un gaz, l'équation d'état du gaz parfait s'utilise avec la température en kelvins , et elle décrit bien un gaz peu dense . Enfin, un spectre infrarouge sert à identifier les groupes caractéristiques d'une molécule.
Comme 1 L = 10−3 m3, une millimole par litre correspond à 10−3 mol / 10−3 m3 = 1 mol·m−3 : les deux unités donnent la même valeur numérique, ce qui simplifie les calculs. Au maximum d'absorption, une petite variation de concentration produit la plus grande variation d'absorbance : la mesure y est la plus sensible. Le modèle du gaz parfait suppose des molécules éloignées les unes des autres : il convient aux gaz peu denses, à pression modérée, mais pas à un gaz très comprimé ou liquéfié. Enfin, un spectre infrarouge lu avec une table identifie des groupes caractéristiques : pour doser, on utilise l'absorbance UV-visible ou la conductance.
Le rose d'une solution antiseptique
★★★Loi de Beer-Lambert et domaine de validité
Une solution antiseptique, utilisée pour nettoyer la peau, est limpide et légèrement rose. Sa couleur vient des ions permanganate , apportés par du permanganate de potassium . L’étiquette indique, dans la composition pour : « permanganate de potassium : 0,0010 g ». Les autres espèces de la solution n’absorbent pas la lumière visible.
Un technicien mesure l’absorbance de la solution, sans la diluer, à , longueur d’onde du maximum d’absorption des ions permanganate, dans une cuve d’épaisseur : .
Données :
- coefficient d’absorption molaire des ions permanganate à : ;
- masse molaire du permanganate de potassium : ;
- loi de Beer-Lambert : , vérifiée dans ces conditions pour des absorbances inférieures à environ ;
- on considère que l’étiquette est confirmée si la mesure s’en écarte de moins de .
- Citer les conditions de validité de la loi de Beer-Lambert, et vérifier qu’elles sont remplies pour cette mesure.
- Calculer la concentration des ions permanganate dans la solution.
- En déduire la concentration en masse de permanganate de potassium, en . La mesure confirme-t-elle l’étiquette ?
- Le technicien refait la mesure avec une cuve d’épaisseur . Quelle absorbance doit-il trouver ? La loi de Beer-Lambert s’applique-t-elle encore ?
Voir le corrigé
1. La loi de Beer-Lambert s’applique à une solution diluée (ici, d’absorbance inférieure à environ) et limpide, éclairée par une lumière d’une seule longueur d’onde, quand l’espèce dosée est la seule à absorber à cette longueur d’onde. Les quatre conditions sont remplies : est inférieure à , la solution est limpide, le spectrophotomètre est réglé sur , et les ions permanganate sont la seule espèce de la solution qui absorbe la lumière visible.
2. On isole dans la loi de Beer-Lambert :
3. Le permanganate de potassium libère, en se dissolvant, un ion permanganate pour un ion potassium :
La concentration en permanganate de potassium apporté vaut donc aussi . Sa concentration en masse, notée (« mes » pour mesurée), vaut :
L’étiquette annonce de permanganate de potassium pour , soit . L’écart relatif vaut :
L’écart est inférieur à : la mesure confirme l’indication de l’étiquette.
4. À espèce, longueur d’onde et concentration fixées, l’absorbance est proportionnelle à l’épaisseur de solution traversée. Avec la cuve d’épaisseur :
C’est deux fois l’absorbance mesurée avec la cuve de . Cette valeur reste inférieure à : la loi s’applique encore. La mesure est même plus sensible, puisqu’une même variation de concentration change deux fois plus l’absorbance.
Réflexe à retenir : avant d’appliquer la loi de Beer-Lambert, vérifie ses conditions de validité une par une. Les informations utiles sont dans l’énoncé : valeur de l’absorbance, aspect de la solution, espèces qui absorbent.
Le sel de la piscine
★★★Type contrôle : étalonnage conductimétrique et loi de Kohlrausch, avec trois documents
L’eau d’une piscine de est désinfectée par électrolyse au sel : un appareil, l’électrolyseur, produit le désinfectant à partir du chlorure de sodium dissous dans l’eau. Pour vérifier la teneur en sel de l’eau, on réalise un dosage par étalonnage conductimétrique.
Document 1 - Extrait de la notice de l’électrolyseur. « Teneur en sel de l’eau conseillée : entre 4,0 g/L et 5,0 g/L. »
Document 2 - Le protocole. On prélève à la pipette jaugée d’eau de la piscine, qu’on verse dans une fiole jaugée de complétée jusqu’au trait de jauge avec de l’eau distillée : on obtient la solution . Avec la même cellule conductimétrique, toutes les solutions étant à , on mesure la conductance de solutions étalons de chlorure de sodium, puis celle de : .
Document 3 - Les mesures sur les solutions étalons.
| Concentration () | Conductance () |
|---|---|
Données :
- masse molaire du chlorure de sodium : ;
- la conductance s’exprime en siemens (), avec ; elle est proportionnelle à la conductivité de la solution : , où est une constante propre à la cellule ;
- loi de Kohlrausch pour une solution de chlorure de sodium : , où et sont les conductivités molaires ioniques des deux ions, et et leurs concentrations ; cette loi est valable pour des solutions diluées, de concentration inférieure à environ ;
- le sel est vendu en sacs de .
- Calculer la concentration en quantité de matière d’une eau qui contient de chlorure de sodium. Expliquer pourquoi on dilue l’eau de la piscine avant la mesure.
- Montrer, à l’aide de la loi de Kohlrausch et de la relation , que la conductance d’une solution de chlorure de sodium est proportionnelle à sa concentration .
- Tracer la droite d’étalonnage , puis déterminer la concentration de la solution .
- En déduire la teneur en sel de l’eau de la piscine, en . Est-elle conforme à la notice ?
- Le propriétaire veut atteindre , au milieu de la plage conseillée. Combien de sacs de sel doit-il ajouter ?
- L’eau du robinet qui a rempli la piscine contient aussi des ions, comme les ions calcium et hydrogénocarbonate, qu’on a négligés. La teneur en sel trouvée est-elle surestimée ou sous-estimée ? La décision de la question 5 change-t-elle ?
Voir le corrigé
1. Une eau qui contient de sel a pour concentration en quantité de matière :
C’est environ sept fois la limite de validité de la loi de Kohlrausch () : à cette concentration, rien ne garantit que la conductance reste proportionnelle à la concentration. Cette valeur sort aussi de la gamme des étalons, qui s’arrête à . Après une dilution par dix, la même eau donnerait , soit : on se trouve dans le domaine de validité et dans la gamme des étalons. Même à , on obtiendrait après dilution, toujours dans la gamme.
2. Le chlorure de sodium libère, en se dissolvant, autant d’ions sodium que d’ions chlorure :
Pour une solution de concentration en chlorure de sodium apporté, on a donc . La loi de Kohlrausch devient :
En multipliant par la constante de la cellule :
Avec la même cellule et à température fixée, , et ne changent pas. En notant , une constante (à ne pas confondre avec ), on obtient : la conductance est proportionnelle à la concentration, et la droite d’étalonnage doit passer par l’origine.
3. On place les six points dans un repère, en abscisse et en ordonnée : ils sont alignés sur une droite qui passe par l’origine, comme le prévoit la question 2.
Le coefficient directeur se calcule avec un point de la droite éloigné de l’origine. Ici, le point est sur la droite :
Autrement dit, la conductance augmente de chaque fois que la concentration augmente de . La lecture graphique donne environ pour . Le calcul précise cette valeur :
4. L’eau de la piscine a été diluée dix fois : elle est dix fois plus concentrée que .
La teneur en sel, , est inférieure à : elle n’est pas conforme à la notice, il manque du sel.
5. Pour passer de à , il faut ajouter , c’est-à-dire de sel par litre d’eau. La piscine contient :
Un sac contient de sel : un seul ne suffit pas, il faut donc deux sacs, soit . Ils ajoutent , et la teneur atteint environ , au milieu de la plage conseillée.
6. Les ions apportés par l’eau du robinet conduisent eux aussi le courant : ils augmentent la conductance mesurée. Or le calcul attribue toute la conductance au chlorure de sodium : la teneur en sel trouvée est donc surestimée. La teneur réelle est encore plus faible que : il faut bien ajouter du sel, la décision ne change pas. Une nouvelle mesure, une fois le sel dissous et l’eau brassée, permet de vérifier que la teneur se trouve dans la plage conseillée.
Réflexe à retenir : dans un dosage par étalonnage, vérifie que la mesure de l’échantillon tombe dans la gamme des étalons, que la solution est dans le domaine de validité de la loi, et n’oublie pas de multiplier par le facteur de dilution à la fin.
Les trois réflexes à retenir
- Vérifie le domaine de validité avant d’appliquer une loi. Les lois de Beer-Lambert et de Kohlrausch valent pour des solutions diluées, le modèle du gaz parfait pour des gaz peu denses. Une solution trop concentrée se dilue d’un facteur connu, par lequel on multiplie le résultat à la fin.
- Convertis avant de calculer. Dans la loi de Kohlrausch, les concentrations sont en , et . Dans l’équation d’état du gaz parfait, la pression est en pascals, le volume en mètres cubes et la température en kelvins.
- Choisis l’outil d’après la question. Pour savoir combien, on dose : absorbance, conductance, ou pression, volume et température d’un gaz. Pour savoir quoi, on identifie : un spectre infrarouge donne les groupes caractéristiques, un spectre UV-visible identifie une espèce par son maximum d’absorption. La carte en haut de page rassemble ces outils.
Revoir le cours
Ce chapitre au bac 2026
Il est tombé dans ces exercices de la session 2026, corrigés en ligne question par question :
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- Bac 2026 Antilles-Guyane — Jour 1 : exercice 1, Les 200 ans de la pastille de Vichy (9 points)
- Bac 2026 Centres étrangers — Jour 1 : exercice 3, Analyse d’un comprimé (4 points)
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- Bac 2026 Métropole — Sujet de secours (Jour 2) : exercice 1, La tomate, un fruit plein de ressources (9 points)