Tle Physique-Chimie Exercices Gratuit

Exercices corrigés — Le modèle du gaz parfait

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  1. Exercice 1 : Le gaz vu de l'intérieur
  2. Exercice 2 : Ce que l'équation d'état permet de prévoir
  3. Exercice 3 : Le chapitre en un paragraphe
  4. Exercice 4 : L'air d'une salle de classe
  5. Exercice 5 : Le réservoir d'une voiture à hydrogène
  6. Les trois réflexes à retenir

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Un réservoir d’hydrogène, un sachet de chips qui gonfle en montagne, l’air d’une salle de classe : dans chaque cas, trois grandeurs se mesurent - une pression, un volume, une température - et une seule relation les relie à la quantité de matière de gaz, PV=nRTPV = nRT. Le programme demande de relier ces grandeurs macroscopiques à ce qui se passe à l’échelle des entités, d’exploiter l’équation d’état pour décrire le comportement d’un gaz, et de repérer les situations où ce modèle cesse de convenir. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants sont des situations de contrôle, avec des documents et un corrigé rédigé comme au tableau.

P V = n R T une seule relation entre la pression, le volume, la quantité de matière et la température d’un gaz

Du microscopique au macroscopique

Les entités sont assimilées à des points matériels sans interaction à distance : elles ne font que se déplacer et rebondir.

P

La pression, en pascals (Pa) les entités heurtent sans cesse les parois : plus ces chocs sont fréquents et violents, plus la pression est grande.

V

Le volume, en mètres cubes (m³) l’espace dans lequel les entités se déplacent. À quantité fixée, un volume plus petit rapproche les entités.

T

La température, en kelvins (K) elle mesure l’agitation des entités : à la même température, leur énergie cinétique moyenne est la même d’un gaz à l’autre.

n

La quantité de matière, en moles (mol) compte les entités présentes, par paquets de 6,02 × 1023.

L’équation d’état, et ce qu’on en tire

Les unités, sous peine de tout fausser

P × V = n × R × T

P en Pa, V en m³, n en mol, T en K, avec R = 8,314 J·mol⁻¹·K⁻¹.

T = θ + 273,15 (θ en °C) ; 1 bar = 105 Pa ; 1 hPa = 100 Pa ; 1 L = 10−3 m³.

Aucune de ces grandeurs ne dépend de la nature du gaz : deux gaz différents, dans le même volume aux mêmes P et T, contiennent la même quantité de matière.

Un gaz enfermé qui change d’état

P × V / T = n × R

La quantité de matière ne change pas : le quotient garde la même valeur, d’où P1V1 / T1 = P2V2 / T2.

ρ = P × M / (R × T)

La masse volumique, en kg·m⁻³, avec la masse molaire M en kg·mol⁻¹ : à pression fixée, un gaz chaud est moins dense qu’un gaz froid.

Un modèle, donc des limites. Le modèle néglige le volume propre des entités et leurs interactions à distance. Ces deux approximations tiennent quand les entités sont très éloignées les unes des autres, c’est-à-dire pour un gaz peu dense. L’écart avec le comportement réel grandit à forte pression, et quand la température se rapproche de celle de la liquéfaction.

La carte du chapitre : trois grandeurs mesurables, leur lecture à l’échelle des entités, une équation d’état et son domaine d’emploi. Avant tout calcul, convertis en pascals, mètres cubes et kelvins.

Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Pour l’exercice 5, prévois une feuille de papier millimétré. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.

Exercice 1

Le gaz vu de l'intérieur

★★★

Quiz : du microscopique au macroscopique

  1. Une bouteille fermée contient un gaz. D'où vient la pression qu'il exerce sur les parois ?
  2. Deux récipients identiques contiennent l'un de l'hélium, l'autre du diazote, tous deux à 300 K. Que peut-on dire de l'agitation des entités ?
  3. On enfonce le piston d'une seringue dont l'embout est bouché, sans changer la température de l'air qu'elle contient. Pourquoi la pression augmente-t-elle ?
  4. Pourquoi la température se met-elle en kelvins, et non en degrés Celsius, dans l'équation d'état du gaz parfait ?

Exercice 2

Ce que l'équation d'état permet de prévoir

★★★

Quiz : exploiter PV = nRT et ses limites

  1. Un sachet de chips scellé est emporté en téléphérique, d'une station jusqu'à un col bien plus haut. Il arrive nettement gonflé. Pourquoi ?
  2. Deux récipients de même volume contiennent, à la même température et à la même pression, l'un du dihydrogène, l'autre du dioxyde de carbone. Que peut-on affirmer ?
  3. On enferme du dioxyde de carbone dans un récipient rigide, puis on compare la pression mesurée à celle que prévoit l'équation d'état du gaz parfait. Dans quel cas l'écart entre les deux est-il le plus grand ?
  4. Deux pièces communiquent par une porte ouverte : l'air y est à la même pression, mais l'une est à 15 °C et l'autre à 25 °C. Dans laquelle y a-t-il le plus de matière par mètre cube ?

Exercice 3

Le chapitre en un paragraphe

★★★

Le cours en un texte à trous

À l'échelle microscopique, la pression qu'un gaz exerce sur une paroi vient des , et la température thermodynamique mesure . Cette température s'exprime en kelvins : une température de −10 °C vaut . Dans l'équation d'état P × V = n × R × T, la pression se met en pascals et le volume en  ; une pression de 2,0 bar vaut donc . Pour une quantité de gaz enfermée dans un récipient, c'est le quotient qui garde la même valeur quand l'état du gaz change. Enfin, le modèle néglige le volume propre des entités et  : il décrit d'autant mieux un gaz réel que celui-ci est .

Exercice 4

L'air d'une salle de classe

★★★

Exploiter l'équation d'état, puis interpréter le résultat

Une salle de classe a pour dimensions 8,0 m8{,}0\ \text{m} de long, 6,0 m6{,}0\ \text{m} de large et 2,5 m2{,}5\ \text{m} de haut. L’air qu’elle contient est à la pression P=1,013×105 PaP = 1{,}013 \times 10^{5}\ \text{Pa} et à la température θ1=19 ∘C\theta_1 = 19\ ^\circ\text{C}. On assimile cet air à un gaz parfait, et on néglige le volume occupé par le mobilier.

Données :

  • constante des gaz parfaits : R=8,314 J⋅mol−1⋅K−1R = 8{,}314\ \text{J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} ;
  • masse molaire de l’air : M=29,0 g⋅mol−1M = 29{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • température absolue : T=θ+273,15T = \theta + 273{,}15, où θ\theta est la valeur de la température en degrés Celsius et TT celle de la température absolue en kelvins.
  1. Calculer le volume de la salle et la température absolue de l’air qu’elle contient.
  2. Calculer la quantité de matière d’air présente dans la salle.
  3. En déduire la masse de cet air, en kilogrammes.
  4. Le chauffage porte l’air de la salle à θ2=22 ∘C\theta_2 = 22\ ^\circ\text{C}. La salle n’est pas hermétique : la pression de l’air y reste égale à la pression atmosphérique, et une partie de l’air sort. Déterminer le pourcentage de la quantité de matière d’air initiale qui a quitté la salle, puis la masse d’air correspondante.
  5. Interpréter ce départ d’air à l’échelle microscopique.
Voir le corrigé

1. La salle est un pavé droit : son volume est le produit de ses trois dimensions.

V=8,0 m×6,0 m×2,5 m=1,2×102 m3V = 8{,}0\ \text{m} \times 6{,}0\ \text{m} \times 2{,}5\ \text{m} = 1{,}2 \times 10^{2}\ \text{m}^{3}

C’est déjà l’unité du système international : aucune conversion n’est nécessaire. La température absolue vaut :

T1=θ1+273,15=19+273,15=292,15 KT_1 = \theta_1 + 273{,}15 = 19 + 273{,}15 = 292{,}15\ \text{K}

2. On isole la quantité de matière dans l’équation d’état P×V=n×R×TP \times V = n \times R \times T :

n1=P×VR×T1=1,013×105 Pa×1,2×102 m38,314 J⋅mol−1⋅K−1×292,15 K=5,0×103 moln_1 = \dfrac{P \times V}{R \times T_1} = \dfrac{1{,}013 \times 10^{5}\ \text{Pa} \times 1{,}2 \times 10^{2}\ \text{m}^{3}}{8{,}314\ \text{J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \times 292{,}15\ \text{K}} = 5{,}0 \times 10^{3}\ \text{mol}

Vérification des unités : un pascal mètre cube est un joule, et des joules divisés par des J⋅mol−1\text{J}\cdot\text{mol}^{-1} donnent bien des moles.

3. On passe de la quantité de matière à la masse avec la masse molaire :

m1=n1×M=5,0×103 mol×29,0 g⋅mol−1=1,5×105 g=1,5×102 kgm_1 = n_1 \times M = 5{,}0 \times 10^{3}\ \text{mol} \times 29{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} = 1{,}5 \times 10^{5}\ \text{g} = 1{,}5 \times 10^{2}\ \text{kg}

L’air d’une salle de classe a donc une masse de l’ordre de 150 kg150\ \text{kg}, comparable à celle de deux personnes. On ne la remarque pas, parce que cet air nous entoure de toutes parts.

4. La pression et le volume ne changent pas. En écrivant l’équation d’état sous la forme n=P×VR×Tn = \dfrac{P \times V}{R \times T}, on voit que la quantité de matière est inversement proportionnelle à la température absolue. Avec T2=22+273,15=295,15 KT_2 = 22 + 273{,}15 = 295{,}15\ \text{K} :

n2n1=T1T2=292,15 K295,15 K=0,9898\dfrac{n_2}{n_1} = \dfrac{T_1}{T_2} = \dfrac{292{,}15\ \text{K}}{295{,}15\ \text{K}} = 0{,}9898

La fraction de la quantité de matière initiale qui a quitté la salle vaut donc :

n1−n2n1=1−0,9898=0,0102=1,0 %\dfrac{n_1 - n_2}{n_1} = 1 - 0{,}9898 = 0{,}0102 = 1{,}0\ \%

La masse d’air sortie est la même fraction de la masse initiale :

m1−m2=0,0102×1,5×102 kg=1,5 kgm_1 - m_2 = 0{,}0102 \times 1{,}5 \times 10^{2}\ \text{kg} = 1{,}5\ \text{kg}

5. La pression résulte des chocs des entités sur les parois : elle est d’autant plus grande que ces chocs sont fréquents et violents. En chauffant, on augmente l’agitation des entités, donc la violence de chaque choc. Si toutes les entités restaient dans la salle, la pression dépasserait la pression atmosphérique. Comme la salle n’est pas hermétique, un peu d’air sort jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli : il reste alors moins d’entités par mètre cube, ce qui compense la plus grande violence des chocs. C’est la raison pour laquelle l’air chaud est moins dense que l’air froid, à la même pression.

Réflexe à retenir : quand une grandeur ne change pas, dis-le avant de calculer. Ici, PP et VV sont fixés, donc nn varie comme 1/T1 / T : un simple quotient de températures suffit, sans reprendre le calcul complet.

Exercice 5

Le réservoir d'une voiture à hydrogène

★★★

Type contrôle : juger un modèle sur des mesures, avec deux documents

Certaines voitures électriques produisent leur électricité à bord, dans une pile à combustible alimentée en dihydrogène. Ce gaz est stocké fortement comprimé dans un réservoir renforcé. On cherche à savoir ce que le modèle du gaz parfait permet de prévoir pour ce réservoir, et où il cesse de convenir.

Document 1 - Extrait de la fiche technique du réservoir. « Volume intérieur : 125 L125\ \text{L}. Pression de service : 7,00×107 Pa7{,}00 \times 10^{7}\ \text{Pa}, soit 700 bar700\ \text{bar}, à 15 ∘C15\ ^\circ\text{C}. Pression maximale admissible : 8,75×107 Pa8{,}75 \times 10^{7}\ \text{Pa}. Masse de dihydrogène embarquée, réservoir plein : environ 5,0 kg5{,}0\ \text{kg}. »

Document 2 - Masse volumique du dihydrogène à 15 ∘C15\ ^\circ\text{C}. Mesures réalisées dans un laboratoire d’essais, pour sept pressions, et arrondies au dernier chiffre indiqué.

Pression PP (bar\text{bar})Masse volumique ρ\rho (kg⋅m−3\text{kg}\cdot\text{m}^{-3})
1,001{,}000,08420{,}0842
50,050{,}04,074{,}07
1001007,887{,}88
20020014,814{,}8
35035023,723{,}7
50050031,231{,}2
70070039,639{,}6

Données :

  • constante des gaz parfaits : R=8,314 J⋅mol−1⋅K−1R = 8{,}314\ \text{J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} ;
  • masse molaire du dihydrogène : M=2,02 g⋅mol−1M = 2{,}02\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • 1 bar=105 Pa1\ \text{bar} = 10^{5}\ \text{Pa} ; 1 L=10−3 m31\ \text{L} = 10^{-3}\ \text{m}^{3} ; T=θ+273,15T = \theta + 273{,}15 ;
  • la masse volumique d’un corps de masse mm occupant un volume VV vaut ρ=mV\rho = \dfrac{m}{V} ;
  • la température du dihydrogène et son volume sont supposés uniformes dans tout le réservoir.
  1. Décrire, à l’échelle microscopique, ce que représentent la pression et la température du dihydrogène dans le réservoir, puis ce que la compression à 7,00×107 Pa7{,}00 \times 10^{7}\ \text{Pa} change pour ses molécules.
  2. Montrer que, pour un gaz parfait de masse molaire MM, la masse volumique s’écrit ρ=P×MR×T\rho = \dfrac{P \times M}{R \times T}. Calculer la valeur que ce modèle prévoit à 15 ∘C15\ ^\circ\text{C}, sous 1,00 bar1{,}00\ \text{bar} puis sous 700 bar700\ \text{bar}.
  3. Comparer ces deux valeurs aux mesures du document 2, en calculant l’écart relatif dans chaque cas. À l’aide du document 2, déterminer jusqu’à quelle pression le modèle prévoit la masse volumique avec un écart inférieur à 5 %5\ \%.
  4. Tracer, dans un même repère, les sept points du document 2 et la droite prévue par le modèle du gaz parfait. Décrire ce que montre ce graphique, puis expliquer l’origine microscopique de l’écart observé.
  5. Déterminer la masse de dihydrogène réellement contenue dans le réservoir plein, puis celle que prévoirait le modèle du gaz parfait. Le document 1 est-il cohérent avec les mesures ?
  6. Le réservoir plein est laissé au soleil : le dihydrogène atteint 55 ∘C55\ ^\circ\text{C}, le volume du réservoir ne variant pas. En modélisant le gaz par un gaz parfait, estimer sa pression. La pression maximale admissible est-elle respectée ? Quelle confiance accorder à cette estimation ?
Voir le corrigé

1. La pression du dihydrogène sur les parois du réservoir vient des chocs de ses molécules sur ces parois : chaque molécule qui rebondit exerce une force très brève, et la pression est le résultat de ces chocs innombrables, rapporté à la surface. La température thermodynamique, elle, mesure l’agitation de ces molécules : plus elle est grande, plus leur énergie cinétique moyenne est grande.

Comprimer le gaz jusqu’à 7,00×107 Pa7{,}00 \times 10^{7}\ \text{Pa}, soit 700700 fois la pression atmosphérique, c’est enfermer une grande quantité de matière dans un petit volume. Le nombre de molécules par mètre cube devient très grand : les chocs sur les parois sont beaucoup plus fréquents, et les molécules se trouvent en moyenne bien plus proches les unes des autres. C’est cette proximité qui met le modèle du gaz parfait en difficulté, comme le montrent les questions suivantes.

2. Par définition, ρ=mV\rho = \dfrac{m}{V}. La masse de gaz se déduit de sa quantité de matière, m=n×Mm = n \times M, donc :

ρ=n×MV\rho = \dfrac{n \times M}{V}

L’équation d’état du gaz parfait, P×V=n×R×TP \times V = n \times R \times T, donne nV=PR×T\dfrac{n}{V} = \dfrac{P}{R \times T}, d’où :

ρ=P×MR×T\rho = \dfrac{P \times M}{R \times T}

La masse molaire doit être en kg⋅mol−1\text{kg}\cdot\text{mol}^{-1} pour obtenir des kg⋅m−3\text{kg}\cdot\text{m}^{-3} : M=2,02×10−3 kg⋅mol−1M = 2{,}02 \times 10^{-3}\ \text{kg}\cdot\text{mol}^{-1}. La température absolue vaut T=15+273,15=288,15 KT = 15 + 273{,}15 = 288{,}15\ \text{K}. Sous 1,00 bar=1,00×105 Pa1{,}00\ \text{bar} = 1{,}00 \times 10^{5}\ \text{Pa} :

ρmod=1,00×105 Pa×2,02×10−3 kg⋅mol−18,314 J⋅mol−1⋅K−1×288,15 K=8,43×10−2 kg⋅m−3\rho_{\text{mod}} = \dfrac{1{,}00 \times 10^{5}\ \text{Pa} \times 2{,}02 \times 10^{-3}\ \text{kg}\cdot\text{mol}^{-1}}{8{,}314\ \text{J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \times 288{,}15\ \text{K}} = 8{,}43 \times 10^{-2}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}

Sous 700 bar=7,00×107 Pa700\ \text{bar} = 7{,}00 \times 10^{7}\ \text{Pa}, la pression est 700700 fois plus grande, donc la masse volumique aussi :

ρmod=7,00×107 Pa×2,02×10−3 kg⋅mol−18,314 J⋅mol−1⋅K−1×288,15 K=59,0 kg⋅m−3\rho_{\text{mod}} = \dfrac{7{,}00 \times 10^{7}\ \text{Pa} \times 2{,}02 \times 10^{-3}\ \text{kg}\cdot\text{mol}^{-1}}{8{,}314\ \text{J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \times 288{,}15\ \text{K}} = 59{,}0\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}

Vérification des unités : un pascal est un newton par mètre carré et un joule un newton mètre, donc Pa×kg⋅mol−1J⋅mol−1\dfrac{\text{Pa} \times \text{kg}\cdot\text{mol}^{-1}}{\text{J}\cdot\text{mol}^{-1}} se réduit à des kg⋅m−3\text{kg}\cdot\text{m}^{-3}.

3. L’écart relatif se calcule entre la valeur du modèle et la valeur mesurée, prise comme référence. Sous 1,00 bar1{,}00\ \text{bar} :

ρmod−ρmesρmes=8,43×10−2 kg⋅m−3−8,42×10−2 kg⋅m−38,42×10−2 kg⋅m−3=0,001=0,1 %\dfrac{\rho_{\text{mod}} - \rho_{\text{mes}}}{\rho_{\text{mes}}} = \dfrac{8{,}43 \times 10^{-2}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} - 8{,}42 \times 10^{-2}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}}{8{,}42 \times 10^{-2}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}} = 0{,}001 = 0{,}1\ \%

Sous 700 bar700\ \text{bar} :

59,0 kg⋅m−3−39,6 kg⋅m−339,6 kg⋅m−3=0,49=49 %\dfrac{59{,}0\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} - 39{,}6\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}}{39{,}6\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}} = 0{,}49 = 49\ \%

À la pression atmosphérique, le modèle est donc excellent ; à 700 bar700\ \text{bar}, il surestime la masse volumique de près de la moitié.

Pour situer la limite des 5 %5\ \%, on reprend le calcul aux deux pressions voisines du document 2. Sous 50,0 bar50{,}0\ \text{bar}, le modèle donne ρmod=4,22 kg⋅m−3\rho_{\text{mod}} = 4{,}22\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} :

4,22 kg⋅m−3−4,07 kg⋅m−34,07 kg⋅m−3=0,037=3,7 %\dfrac{4{,}22\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} - 4{,}07\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}}{4{,}07\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}} = 0{,}037 = 3{,}7\ \%

Sous 100 bar100\ \text{bar}, il donne ρmod=8,43 kg⋅m−3\rho_{\text{mod}} = 8{,}43\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} :

8,43 kg⋅m−3−7,88 kg⋅m−37,88 kg⋅m−3=0,070=7,0 %\dfrac{8{,}43\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} - 7{,}88\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}}{7{,}88\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}} = 0{,}070 = 7{,}0\ \%

D’après ces mesures, l’écart reste donc inférieur à 5 %5\ \% jusqu’à 50 bar50\ \text{bar} environ, et il dépasse ce seuil avant 100 bar100\ \text{bar}.

4. On place la pression en abscisse et la masse volumique en ordonnée. La droite du modèle passe par l’origine, puisque ρ\rho est proportionnelle à PP ; son coefficient directeur vaut MR×T=8,43×10−7 kg⋅m−3⋅Pa−1\dfrac{M}{R \times T} = 8{,}43 \times 10^{-7}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}\cdot\text{Pa}^{-1}, soit 8,43×10−2 kg⋅m−38{,}43 \times 10^{-2}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} par bar. Un seul point suffit à la tracer : 700 bar700\ \text{bar} et 59,0 kg⋅m−359{,}0\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3}.

0 200 400 600 0 10 20 30 40 50 60 ρ (kg·m⁻³) P (bar) modèle du gaz parfait 49 % mesures
Les mesures suivent la droite du modèle tant que la pression reste faible, puis s’en écartent de plus en plus : à 700 bar, la masse volumique réelle est bien plus petite que celle que prévoit l’équation d’état du gaz parfait.

Jusqu’à quelques dizaines de bars, les points mesurés sont sur la droite. Au-delà, ils s’en écartent de plus en plus, et toujours du même côté : en dessous. À pression donnée, le dihydrogène réel est moins dense que ne le prévoit le modèle ; autrement dit, il faut une pression plus grande que la pression calculée pour enfermer une masse donnée de gaz dans un volume donné.

À l’échelle microscopique, deux effets négligés par le modèle apparaissent quand les molécules se rapprochent. D’une part, le volume propre des molécules n’est plus négligeable devant celui du réservoir : l’espace réellement disponible pour se déplacer est plus petit que le volume intérieur. D’autre part, les molécules se repoussent à courte distance. Le gaz résiste donc davantage à la compression qu’un gaz parfait, dont les entités sont des points sans interaction à distance.

5. Le réservoir plein contient du dihydrogène à 700 bar700\ \text{bar} et 15 ∘C15\ ^\circ\text{C} : le document 2 donne ρmes=39,6 kg⋅m−3\rho_{\text{mes}} = 39{,}6\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} dans ces conditions. Avec V=125 L=0,125 m3V = 125\ \text{L} = 0{,}125\ \text{m}^{3} :

m=ρmes×V=39,6 kg⋅m−3×0,125 m3=4,95 kgm = \rho_{\text{mes}} \times V = 39{,}6\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times 0{,}125\ \text{m}^{3} = 4{,}95\ \text{kg}

Le document 1 annonce environ 5,0 kg5{,}0\ \text{kg} : les deux valeurs concordent, la fiche technique est cohérente avec les mesures.

Le modèle du gaz parfait, lui, prévoirait une quantité de matière de :

n=P×VR×T=7,00×107 Pa×0,125 m38,314 J⋅mol−1⋅K−1×288,15 K=3,65×103 moln = \dfrac{P \times V}{R \times T} = \dfrac{7{,}00 \times 10^{7}\ \text{Pa} \times 0{,}125\ \text{m}^{3}}{8{,}314\ \text{J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \times 288{,}15\ \text{K}} = 3{,}65 \times 10^{3}\ \text{mol}

mmod=n×M=3,65×103 mol×2,02 g⋅mol−1=7,37×103 g=7,37 kgm_{\text{mod}} = n \times M = 3{,}65 \times 10^{3}\ \text{mol} \times 2{,}02\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} = 7{,}37 \times 10^{3}\ \text{g} = 7{,}37\ \text{kg}

On retrouve la même valeur en multipliant la masse volumique du modèle par le volume, 59,0 kg⋅m−3×0,125 m3=7,38 kg59{,}0\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times 0{,}125\ \text{m}^{3} = 7{,}38\ \text{kg}, la différence de 0,01 kg0{,}01\ \text{kg} venant des arrondis. Le modèle promet donc près de 2,4 kg2{,}4\ \text{kg} de dihydrogène de plus que ce que le réservoir contient : employé sans précaution à cette pression, il conduirait à surestimer l’autonomie de la voiture de moitié.

6. La quantité de matière et le volume ne changent pas : le quotient P×VT\dfrac{P \times V}{T} garde la même valeur, donc P1T1=P2T2\dfrac{P_1}{T_1} = \dfrac{P_2}{T_2}. Avec T2=55+273,15=328,15 KT_2 = 55 + 273{,}15 = 328{,}15\ \text{K} :

P2=P1×T2T1=7,00×107 Pa×328,15 K288,15 K=7,97×107 PaP_2 = P_1 \times \dfrac{T_2}{T_1} = 7{,}00 \times 10^{7}\ \text{Pa} \times \dfrac{328{,}15\ \text{K}}{288{,}15\ \text{K}} = 7{,}97 \times 10^{7}\ \text{Pa}

Cette valeur reste inférieure à la pression maximale admissible, 8,75×107 Pa8{,}75 \times 10^{7}\ \text{Pa} : d’après cette estimation, la limite du constructeur est respectée.

Il s’agit bien d’une estimation, et non d’une valeur exacte. La question 3 a montré que l’équation d’état du gaz parfait décrit mal le dihydrogène à 700 bar700\ \text{bar} : le calcul donne l’ordre de grandeur de la hausse de pression, environ 14 %14\ \%, soit une centaine de bars, sans garantir le dernier chiffre. On remarque d’ailleurs que la pression maximale admissible dépasse de 25 %25\ \% la pression de service, une marge qui laisse de la place à l’échauffement au soleil comme à l’imprécision du modèle. Pour conclure sans réserve, il faudrait des mesures de la masse volumique du dihydrogène à 55 ∘C55\ ^\circ\text{C}, semblables à celles du document 2 à 15 ∘C15\ ^\circ\text{C}.

Réflexe à retenir : un modèle se juge sur des mesures. Compare toujours la valeur calculée à la valeur mesurée, calcule l’écart relatif, et conclus sur le domaine où le modèle convient plutôt que sur un simple « ça marche » ou « ça ne marche pas ».

Les trois réflexes à retenir

  1. Convertis avant d’écrire PV=nRTPV = nRT. La pression en pascals (1 bar=105 Pa1\ \text{bar} = 10^{5}\ \text{Pa}, 1 hPa=100 Pa1\ \text{hPa} = 100\ \text{Pa}), le volume en mètres cubes (1 L=10−3 m31\ \text{L} = 10^{-3}\ \text{m}^{3}) et la température en kelvins (T=θ+273,15T = \theta + 273{,}15). Une seule de ces trois conversions oubliée, et le résultat est faux d’un facteur 1 0001\,000 ou plus.
  2. Repère ce qui ne change pas. Pour un gaz enfermé, nn est constante, donc P1V1T1=P2V2T2\dfrac{P_1 V_1}{T_1} = \dfrac{P_2 V_2}{T_2} : un quotient suffit, sans recalculer la quantité de matière. Et pour comparer deux gaz dans les mêmes conditions de pression, de volume et de température, souviens-toi qu’ils contiennent la même quantité de matière.
  3. Demande-toi si le gaz est peu dense. Le modèle néglige le volume propre des entités et leurs interactions à distance : il décrit très bien l’air d’une pièce, beaucoup moins bien un gaz comprimé à plusieurs centaines de bars. La carte en haut de page rassemble la relation, ses unités et ses limites.

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