Tle Physique-Chimie Exercices Gratuit

Exercices corrigés — La mécanique des fluides

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  1. Exercice 1 : Pourquoi ça pousse vers le haut
  2. Exercice 2 : Là où ça va vite
  3. Exercice 3 : Le chapitre en un paragraphe
  4. Exercice 4 : Le lâcher d'un ballon-sonde
  5. Exercice 5 : Le jet d'eau de la fontaine
  6. Les trois réflexes à retenir

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Un ballon qui s’élève, un tuyau qui se rétrécit, un jet d’eau qui monte : ce chapitre décrit ce que fait un fluide, au repos puis en mouvement. Le programme demande d’expliquer l’origine de la poussée d’Archimède et d’utiliser son expression vectorielle, d’exploiter la conservation du débit volumique pour déterminer une vitesse, puis d’exploiter la relation de Bernoulli, celle-ci étant fournie, pour étudier un écoulement et l’effet Venturi. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants sont des situations de contrôle, avec un document à exploiter et un corrigé rédigé comme au tableau.

Π = ρ V g DV = S v ½ρv² + ρgz + p = cte

Trois relations pour deux situations : un fluide au repos qui pousse un corps immergé, et un fluide en mouvement dont la vitesse et la pression varient le long de l’écoulement.

Un fluide au repos : la poussée d’Archimède

Π surface libre

La pression augmente avec la profondeur : les forces pressantes sont plus intenses sur le bas du corps que sur le haut. Sur les côtés, elles s’annulent deux à deux.

Le vecteur, puis la valeur

Π = ρfluide × Vimmergé × g

L’expression vectorielle s’écrit avec un signe moins, le vecteur poussée étant opposé au vecteur g : la poussée est donc verticale, dirigée vers le haut, et appliquée au centre du volume de fluide déplacé. Sa valeur se calcule avec la relation ci-dessus, en newtons, avec ρ en kg·m⁻³, V en m³ et g en N·kg⁻¹.

C’est le poids du fluide déplacé : ρ est celle du fluide, jamais celle du corps, et V est le seul volume immergé. La poussée ne dépend donc pas de la profondeur, tant que le corps reste entièrement sous la surface.

Un corps lâché dans un fluide monte si sa masse volumique est plus petite que celle du fluide, et il descend dans le cas contraire.

Un fluide en mouvement : le débit, puis Bernoulli

S₁ · v₁ S₂ · v₂

Le débit volumique garde la même valeur d’un bout à l’autre : là où la section est deux fois plus petite, la vitesse est deux fois plus grande.

Le débit volumique et sa conservation

DV = S × v = V / Δt

En m³·s⁻¹, avec S en m² et v en m·s⁻¹. Conversions utiles : 1 L = 10−3 m³ ; 1 cm² = 10−4 m².

S₁ × v₁ = S₂ × v₂

Pour un fluide incompressible en écoulement permanent, tout ce qui entre par une section sort par l’autre. Pour une conduite cylindrique de diamètre D, la section vaut S = π × (D / 2)², et non π × D² : c’est le rayon qui est élevé au carré.

La relation de Bernoulli, et l’effet Venturi

½ρv² + ρgz + p = constante

Les trois termes s’expriment en pascals, comme la pression. L’énoncé fournit toujours cette relation ; elle n’est valable que pour un fluide :

  • incompressible : sa masse volumique garde la même valeur en tout point.
  • parfait : on néglige les frottements, dans le fluide comme contre les parois.
  • en écoulement permanent : en un point donné, la vitesse ne change pas au cours du temps.
  • le long d’une même ligne de courant : la courbe que suit une particule de fluide.

L’effet Venturi. Dans une conduite horizontale, l’altitude z garde la même valeur : le terme ρgz prend la même valeur des deux côtés et disparaît. Il reste ½ρv² + p = constante, donc là où la vitesse est grande, la pression est faible. C’est ce qui se passe dans un rétrécissement, où la conservation du débit impose une vitesse plus grande.

Un modèle, donc des limites. Le fluide parfait n’existe pas : les frottements dissipent une partie de l’énergie le long d’une conduite, ce qu’on appelle les pertes de charge. La relation de Bernoulli donne donc une valeur idéale, dont la mesure s’écarte d’autant plus que la conduite est longue, étroite ou rugueuse. Comparer la valeur calculée à la valeur mesurée fait partie du raisonnement attendu.

La carte du chapitre : l’origine et l’expression de la poussée d’Archimède, la conservation du débit, et la relation de Bernoulli avec son domaine d’emploi.

Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.

Exercice 1

Pourquoi ça pousse vers le haut

★★★

Quiz : la poussée d'Archimède et son origine

  1. Pourquoi un fluide au repos exerce-t-il sur un corps entièrement immergé une force dirigée vers le haut ?
  2. On immerge complètement un galet, puis on le descend deux fois plus profond, toujours entièrement sous l'eau. La poussée d'Archimède change-t-elle ?
  3. Un objet est lâché sans vitesse sous l'eau, entièrement immergé, et il remonte vers la surface. Que peut-on dire de sa masse volumique ?
  4. Un ballon gonflé à l'hélium s'élève dans l'air. Pourquoi parle-t-on là aussi de poussée d'Archimède ?

Exercice 2

Là où ça va vite

★★★

Quiz : débit, Bernoulli et effet Venturi

  1. Un fluide incompressible s'écoule en régime permanent dans une conduite dont la section diminue de moitié. Que devient le débit volumique ?
  2. Dans une conduite horizontale, pourquoi le terme ρgz disparaît-il de la relation de Bernoulli ?
  3. Pourquoi la pression est-elle plus faible dans le rétrécissement d'une conduite horizontale ?
  4. La relation de Bernoulli est écrite pour un fluide parfait. Que néglige-t-on en faisant cette hypothèse ?

Exercice 3

Le chapitre en un paragraphe

★★★

Le cours en un texte à trous

La poussée d'Archimède exercée sur un corps immergé est , parce que la pression d'un fluide au repos . Sa valeur est égale au poids , et dans l'expression Π = ρ V g, la masse volumique ρ est celle . Le débit volumique vaut le produit , et il s'exprime en . Pour un fluide incompressible en écoulement permanent, ce débit le long de la conduite. La relation de Bernoulli, ½ρv² + ρgz + p = constante, s'écrit entre deux points  ; comme ses trois termes s'additionnent, ils s'expriment tous dans la même unité, le . Dans une conduite horizontale, là où la vitesse est la plus grande, la pression est la plus .

Exercice 4

Le lâcher d'un ballon-sonde

★★★

La poussée d'Archimède dans l'air, du vecteur à la conclusion

Les services de météorologie lâchent des ballons-sondes : une enveloppe souple gonflée à l’hélium emporte une petite sonde, qui transmet pendant la montée la température, la pression et l’humidité de l’air. On étudie ici l’instant du lâcher, au niveau du sol.

Données : volume du ballon gonflé : V=2,00 m3V = 2{,}00\ \text{m}^3 ; masse de l’enveloppe : me=0,600 kgm_{\text{e}} = 0{,}600\ \text{kg} ; masse de la sonde : ms=0,250 kgm_{\text{s}} = 0{,}250\ \text{kg} ; masse volumique de l’hélium dans ces conditions : ρHe=0,166 kg⋅m−3\rho_{\text{He}} = 0{,}166\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} ; masse volumique de l’air au sol : ρair=1,22 kg⋅m−3\rho_{\text{air}} = 1{,}22\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} ; intensité de la pesanteur : g=9,81 N⋅kg−1g = 9{,}81\ \text{N}\cdot\text{kg}^{-1}. La masse d’un corps de masse volumique ρ\rho occupant un volume VV vaut m=ρ×Vm = \rho \times V. Le volume de l’enveloppe et celui de la sonde sont négligeables devant celui du gaz.

  1. Expliquer qualitativement pourquoi l’air exerce sur le ballon une force dirigée vers le haut.
  2. Calculer la masse d’hélium contenue dans le ballon, puis la masse totale de l’ensemble (enveloppe, hélium et sonde).
  3. Donner les caractéristiques du vecteur poussée d’Archimède exercée par l’air sur le ballon, puis calculer sa valeur.
  4. Comparer cette valeur au poids de l’ensemble. Que se passe-t-il au lâcher ?
  5. Quelle masse de sonde laisserait l’ensemble en équilibre, le volume du ballon ne changeant pas ?
Voir le corrigé

1. L’air est un fluide, et sa pression augmente quand on descend. Les forces pressantes exercées par l’air sur la partie basse de l’enveloppe sont donc un peu plus intenses que celles exercées sur la partie haute, tandis que celles exercées de part et d’autre s’annulent. La résultante de toutes ces forces pressantes est verticale et dirigée vers le haut : c’est la poussée d’Archimède exercée par l’air.

2. La masse d’hélium se déduit de sa masse volumique et du volume qu’il occupe :

mHe=ρHe×V=0,166 kg⋅m−3×2,00 m3=0,332 kgm_{\text{He}} = \rho_{\text{He}} \times V = 0{,}166\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times 2{,}00\ \text{m}^{3} = 0{,}332\ \text{kg}

On ajoute les trois masses pour obtenir celle de l’ensemble :

m=me+mHe+ms=0,600 kg+0,332 kg+0,250 kg=1,182 kgm = m_{\text{e}} + m_{\text{He}} + m_{\text{s}} = 0{,}600\ \text{kg} + 0{,}332\ \text{kg} + 0{,}250\ \text{kg} = 1{,}182\ \text{kg}

3. Le vecteur poussée d’Archimède s’écrit Π⃗=−ρair V g⃗\vec{\Pi} = -\rho_{\text{air}}\,V\,\vec{g}. Le signe moins indique qu’il est opposé au vecteur g⃗\vec{g} : sa direction est verticale, son sens est vers le haut, et il s’applique au centre du volume d’air déplacé, c’est-à-dire au centre du ballon. Sa valeur vaut :

Π=ρair×V×g=1,22 kg⋅m−3×2,00 m3×9,81 N⋅kg−1=23,9 N\Pi = \rho_{\text{air}} \times V \times g = 1{,}22\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times 2{,}00\ \text{m}^{3} \times 9{,}81\ \text{N}\cdot\text{kg}^{-1} = 23{,}9\ \text{N}

Vérification des unités : des kg⋅m−3\text{kg}\cdot\text{m}^{-3} multipliés par des m3\text{m}^{3} donnent des kg\text{kg}, et des kg\text{kg} multipliés par des N⋅kg−1\text{N}\cdot\text{kg}^{-1} donnent bien des newtons.

4. Le poids de l’ensemble vaut :

P=m×g=1,182 kg×9,81 N⋅kg−1=11,6 NP = m \times g = 1{,}182\ \text{kg} \times 9{,}81\ \text{N}\cdot\text{kg}^{-1} = 11{,}6\ \text{N}

La poussée d’Archimède, 23,9 N23{,}9\ \text{N}, est plus grande que le poids, 11,6 N11{,}6\ \text{N} : les deux forces étant verticales et de sens contraires, leur résultante est dirigée vers le haut et vaut 23,9 N−11,6 N=12,3 N23{,}9\ \text{N} - 11{,}6\ \text{N} = 12{,}3\ \text{N}. Dès qu’on le lâche, le ballon s’élève.

5. L’ensemble est en équilibre quand la poussée d’Archimède et le poids ont la même valeur, soit ρair×V×g=m×g\rho_{\text{air}} \times V \times g = m \times g. L’intensité de la pesanteur se simplifie de part et d’autre, et il reste une condition sur les masses seules : l’ensemble est en équilibre quand sa masse est égale à celle de l’air déplacé.

mmax=ρair×V=1,22 kg⋅m−3×2,00 m3=2,44 kgm_{\text{max}} = \rho_{\text{air}} \times V = 1{,}22\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times 2{,}00\ \text{m}^{3} = 2{,}44\ \text{kg}

La sonde pourrait donc avoir pour masse :

ms,max=mmax−me−mHe=2,44 kg−0,600 kg−0,332 kg=1,51 kgm_{\text{s,max}} = m_{\text{max}} - m_{\text{e}} - m_{\text{He}} = 2{,}44\ \text{kg} - 0{,}600\ \text{kg} - 0{,}332\ \text{kg} = 1{,}51\ \text{kg}

Avec une sonde de 1,51 kg1{,}51\ \text{kg}, le ballon resterait immobile ; au-delà, le poids l’emporterait et il ne s’élèverait pas.

Réflexe à retenir : quand une question demande une condition d’équilibre dans un fluide, l’intensité de la pesanteur se simplifie presque toujours. La comparaison se ramène alors à deux masses, ou à deux masses volumiques, ce qui évite un calcul de force inutile.

Exercice 5

Le jet d'eau de la fontaine

★★★

Type contrôle : un relevé d'entretien à exploiter

Le technicien d’une commune vérifie le jet d’eau d’une fontaine. L’eau arrive par une conduite horizontale, passe par une buse qui se rétrécit, puis monte verticalement avant de retomber dans le bassin. Le relevé ci-dessous a été fait un jour sans vent.

h 1 2 conduite d’alimentation buse sommet du jet sortie de buse
Le document de l’exercice : le point 1 est pris dans la conduite d’alimentation, le point 2 à la sortie de la buse. La hauteur h est celle du jet au-dessus de la buse. Les valeurs relevées par le technicien figurent dans le tableau de l’énoncé.

Document - le relevé du technicien.

Grandeur relevéeValeur
Diamètre intérieur de la conduite d’alimentation50,0 mm50{,}0\ \text{mm}
Diamètre de la sortie de buse12,0 mm12{,}0\ \text{mm}
Volume d’eau recueilli à la sortie de la buse44,0 L44{,}0\ \text{L}
Durée du recueil40,0 s40{,}0\ \text{s}
Pression absolue lue au manomètre de la conduite1,53×105 Pa1{,}53 \times 10^{5}\ \text{Pa}
Hauteur du jet mesurée à la perche4,4 m4{,}4\ \text{m}

Données : masse volumique de l’eau : ρ=1,00×103 kg⋅m−3\rho = 1{,}00 \times 10^{3}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} ; pression atmosphérique : patm=1,013×105 Pap_{\text{atm}} = 1{,}013 \times 10^{5}\ \text{Pa} ; intensité de la pesanteur : g=9,81 m⋅s−2g = 9{,}81\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2} ; 1 L=10−3 m31\ \text{L} = 10^{-3}\ \text{m}^{3}. La conduite d’alimentation et la sortie de buse sont à la même altitude. Pour une conduite cylindrique de diamètre DD, la section vaut S=π×(D/2)2S = \pi \times (D/2)^2. Relation fournie : 12ρv2+ρgz+p=constante\tfrac{1}{2}\rho v^{2} + \rho g z + p = \text{constante} le long d’une même ligne de courant, pour un fluide incompressible et parfait en écoulement permanent.

  1. Calculer le débit volumique de la fontaine, en m3⋅s−1\text{m}^{3}\cdot\text{s}^{-1}.
  2. Calculer la section de la conduite d’alimentation, puis celle de la sortie de buse. En déduire la vitesse v1v_1 de l’eau dans la conduite et la vitesse v2v_2 à la sortie de la buse.
  3. Écrire la relation de Bernoulli entre le point 1, dans la conduite, et le point 2, à la sortie de la buse, où la pression vaut patmp_{\text{atm}}. En déduire l’expression littérale de la pression p1p_1 dans la conduite, puis sa valeur.
  4. Comparer cette valeur à la pression lue au manomètre, en calculant l’écart relatif, et commenter.
  5. Au-dessus de la buse, le jet monte verticalement. À son sommet, la vitesse de l’eau est nulle et la pression vaut patmp_{\text{atm}}. Écrire la relation de Bernoulli entre la sortie de la buse et le sommet du jet, établir l’expression littérale de la hauteur hh, puis calculer sa valeur.
  6. Comparer cette hauteur à celle qu’a mesurée le technicien. Citer deux causes possibles de l’écart, en précisant chaque fois l’hypothèse du modèle qui est mise en défaut.
Voir le corrigé

1. Le débit volumique est le volume qui traverse une section par unité de temps. On convertit d’abord le volume en mètres cubes : 44,0 L=44,0×10−3 m3=4,40×10−2 m344{,}0\ \text{L} = 44{,}0 \times 10^{-3}\ \text{m}^{3} = 4{,}40 \times 10^{-2}\ \text{m}^{3}.

DV=VΔt=4,40×10−2 m340,0 s=1,10×10−3 m3⋅s−1D_V = \dfrac{V}{\Delta t} = \dfrac{4{,}40 \times 10^{-2}\ \text{m}^{3}}{40{,}0\ \text{s}} = 1{,}10 \times 10^{-3}\ \text{m}^{3}\cdot\text{s}^{-1}

Les données comportent trois chiffres significatifs, le résultat aussi.

2. Les deux sections sont des disques. On convertit les diamètres en mètres, et c’est le rayon, moitié du diamètre, qui est élevé au carré.

S1=π×(50,0×10−3 m2)2=π×(2,50×10−2 m)2=1,96×10−3 m2S_1 = \pi \times \left(\dfrac{50{,}0 \times 10^{-3}\ \text{m}}{2}\right)^{2} = \pi \times \left(2{,}50 \times 10^{-2}\ \text{m}\right)^{2} = 1{,}96 \times 10^{-3}\ \text{m}^{2}

S2=π×(12,0×10−3 m2)2=π×(6,00×10−3 m)2=1,13×10−4 m2S_2 = \pi \times \left(\dfrac{12{,}0 \times 10^{-3}\ \text{m}}{2}\right)^{2} = \pi \times \left(6{,}00 \times 10^{-3}\ \text{m}\right)^{2} = 1{,}13 \times 10^{-4}\ \text{m}^{2}

Ici encore, on garde pour la suite les valeurs non arrondies, 1,963×10−3 m21{,}963 \times 10^{-3}\ \text{m}^{2} et 1,131×10−4 m21{,}131 \times 10^{-4}\ \text{m}^{2}.

Le débit volumique est le même dans toute l’installation, puisque l’eau est incompressible et l’écoulement permanent. On en déduit chaque vitesse par v=DV/Sv = D_V / S :

v1=DVS1=1,10×10−3 m3⋅s−11,963×10−3 m2=0,560 m⋅s−1v_1 = \dfrac{D_V}{S_1} = \dfrac{1{,}10 \times 10^{-3}\ \text{m}^{3}\cdot\text{s}^{-1}}{1{,}963 \times 10^{-3}\ \text{m}^{2}} = 0{,}560\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}

v2=DVS2=1,10×10−3 m3⋅s−11,131×10−4 m2=9,73 m⋅s−1v_2 = \dfrac{D_V}{S_2} = \dfrac{1{,}10 \times 10^{-3}\ \text{m}^{3}\cdot\text{s}^{-1}}{1{,}131 \times 10^{-4}\ \text{m}^{2}} = 9{,}73\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}

Contrôle de cohérence : le rapport des sections vaut (50,0 mm/12,0 mm)2=17,4(50{,}0\ \text{mm} / 12{,}0\ \text{mm})^{2} = 17{,}4, et le rapport des vitesses aussi, 9,73 m⋅s−1/0,560 m⋅s−1=17,49{,}73\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1} / 0{,}560\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1} = 17{,}4.

3. Les deux points sont à la même altitude, donc z1=z2z_1 = z_2 : le terme ρgz\rho g z prend la même valeur des deux côtés et se simplifie. La relation de Bernoulli entre les points 1 et 2 s’écrit alors :

12ρv12+p1=12ρv22+patm\tfrac{1}{2}\rho v_1^{2} + p_1 = \tfrac{1}{2}\rho v_2^{2} + p_{\text{atm}}

On isole la pression cherchée :

p1=patm+12ρ(v22−v12)p_1 = p_{\text{atm}} + \tfrac{1}{2}\rho\left(v_2^{2} - v_1^{2}\right)

12ρ(v22−v12)=0,500×1,00×103 kg⋅m−3×(94,6 m2⋅s−2−0,314 m2⋅s−2)=4,71×104 Pa\tfrac{1}{2}\rho\left(v_2^{2} - v_1^{2}\right) = 0{,}500 \times 1{,}00 \times 10^{3}\ \text{kg}\cdot\text{m}^{-3} \times \left(94{,}6\ \text{m}^{2}\cdot\text{s}^{-2} - 0{,}314\ \text{m}^{2}\cdot\text{s}^{-2}\right) = 4{,}71 \times 10^{4}\ \text{Pa}

p1=1,013×105 Pa+4,71×104 Pa=1,48×105 Pap_1 = 1{,}013 \times 10^{5}\ \text{Pa} + 4{,}71 \times 10^{4}\ \text{Pa} = 1{,}48 \times 10^{5}\ \text{Pa}

Vérification des unités : des kg⋅m−3\text{kg}\cdot\text{m}^{-3} multipliés par des m2⋅s−2\text{m}^{2}\cdot\text{s}^{-2} donnent des kg⋅m−1⋅s−2\text{kg}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{s}^{-2}, c’est-à-dire des pascals. On remarque aussi que le terme de vitesse dans la conduite, 12ρv12=157 Pa\tfrac{1}{2}\rho v_1^{2} = 157\ \text{Pa}, est très petit devant celui de la buse : presque tout l’écart de pression sert à accélérer l’eau dans le rétrécissement.

4. L’écart relatif se calcule entre la valeur du modèle et la valeur mesurée, prise comme référence. En gardant la valeur non arrondie p1=1,484×105 Pap_1 = 1{,}484 \times 10^{5}\ \text{Pa} :

p1−plueplue=1,484×105 Pa−1,53×105 Pa1,53×105 Pa=−0,030=−3,0 %\dfrac{p_1 - p_{\text{lue}}}{p_{\text{lue}}} = \dfrac{1{,}484 \times 10^{5}\ \text{Pa} - 1{,}53 \times 10^{5}\ \text{Pa}}{1{,}53 \times 10^{5}\ \text{Pa}} = -0{,}030 = -3{,}0\ \%

La pression calculée est donc un peu plus faible que celle qui est lue. C’est le sens attendu : la relation de Bernoulli suppose un fluide parfait, sans frottements, alors que l’eau en frotte contre les parois de la conduite et de la buse. Il faut donc, en réalité, une pression un peu plus grande à l’entrée pour obtenir le même débit. Un écart de quelques pour cent montre que le modèle décrit bien cette installation.

5. On applique la relation entre le point 2, à la sortie de la buse, et le sommet du jet. En prenant l’origine des altitudes à la sortie de la buse, on a z2=0z_2 = 0 et z=hz = h au sommet ; la pression vaut patmp_{\text{atm}} aux deux points, et la vitesse est nulle au sommet.

12ρv22+0+patm=0+ρgh+patm\tfrac{1}{2}\rho v_2^{2} + 0 + p_{\text{atm}} = 0 + \rho g h + p_{\text{atm}}

La pression atmosphérique se simplifie de part et d’autre, puis la masse volumique :

h=v222 g=94,6 m2⋅s−22×9,81 m⋅s−2=4,82 mh = \dfrac{v_2^{2}}{2\,g} = \dfrac{94{,}6\ \text{m}^{2}\cdot\text{s}^{-2}}{2 \times 9{,}81\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}} = 4{,}82\ \text{m}

Le résultat ne dépend donc ni de la masse volumique du liquide, ni de la pression atmosphérique : dans ce modèle, un jet d’huile sortant à la même vitesse monterait à la même hauteur.

6. Le technicien a mesuré 4,4 m4{,}4\ \text{m}, pour une hauteur prévue de 4,82 m4{,}82\ \text{m} :

hmesureˊe−hh=4,4 m−4,82 m4,82 m=−0,087=−8,7 %\dfrac{h_{\text{mesurée}} - h}{h} = \dfrac{4{,}4\ \text{m} - 4{,}82\ \text{m}}{4{,}82\ \text{m}} = -0{,}087 = -8{,}7\ \%

Le jet monte donc un peu moins haut que ce que prévoit le calcul. Deux causes peuvent l’expliquer.

  • Les frottements de l’air sur le jet, qui freinent l’eau pendant la montée : l’hypothèse du fluide parfait, qui néglige les frottements, est mise en défaut.
  • La fragmentation du jet en gouttes au-dessus de la buse : la relation de Bernoulli s’écrit le long d’une même ligne de courant d’un écoulement permanent, et cette description ne tient plus dès que le jet se disperse. La mesure du sommet devient d’ailleurs elle-même délicate.

On peut ajouter que la vitesse n’est pas tout à fait la même partout dans la section de sortie : elle est plus faible près des parois de la buse. La vitesse v2v_2 calculée est une vitesse moyenne, qui surestime la hauteur atteinte par la plus grande partie du jet.

Réflexe à retenir : avant d’écrire la relation de Bernoulli, choisis tes deux points et écris ce que tu connais en chacun. Une pression égale à patmp_{\text{atm}} à l’air libre, une vitesse nulle au sommet d’un jet, une même altitude dans une conduite horizontale : c’est cette liste qui fait disparaître des termes et laisse l’inconnue seule.

Les trois réflexes à retenir

  1. Convertis avant de poser le calcul. Les diamètres en mètres, les litres en mètres cubes (1 L=10−3 m31\ \text{L} = 10^{-3}\ \text{m}^{3}), les centimètres carrés en mètres carrés (1 cm2=10−4 m21\ \text{cm}^{2} = 10^{-4}\ \text{m}^{2}). Et dans S=π×(D/2)2S = \pi \times (D/2)^2, c’est le rayon qui est élevé au carré : employer le diamètre multiplie la section par quatre.
  2. Dans Π=ρ V g\Pi = \rho\,V\,g, la masse volumique est celle du fluide et le volume est le volume immergé. Celle du corps ne sert qu’à calculer son poids. Pour savoir si un corps monte ou descend, compare simplement les deux masses volumiques.
  3. Avant d’écrire Bernoulli, choisis deux points et dis ce que tu connais en chacun. La pression y vaut souvent patmp_{\text{atm}}, la vitesse y est parfois nulle, l’altitude y est parfois la même : ce sont ces informations qui simplifient la relation. La carte en haut de page rappelle ses quatre conditions d’emploi.

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Ce chapitre au bac 2026

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