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Exercices corrigés — Vecteurs, droites et plans de l'espace

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  1. Exercice 1 : Colinéarité et coplanarité : ce qu'on en déduit
  2. Exercice 2 : Lire un cube : base, décomposition, positions relatives
  3. Exercice 3 : Droites, plans et bases : le cours en un paragraphe
  4. Exercice 4 : Représentation paramétrique et position de deux droites
  5. Exercice 5 : Point d'un plan et intersection droite-plan dans un cube
  6. Les trois réflexes à retenir

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Dans l’espace, les vecteurs gardent toutes les règles de calcul du plan, relation de Chasles comprise. Ce qui change, ce sont les questions qu’on leur pose : trois vecteurs peuvent ne pas être coplanaires, et deux droites peuvent ne jamais se rencontrer sans être parallèles pour autant. Ce chapitre apprend à y répondre de deux façons : en lisant une figure, très souvent un cube, puis en calculant dans un repère. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz, dont un sur la figure d’un cube, et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants se rédigent, avec un corrigé détaillé comme au tableau : une représentation paramétrique et la position de deux droites, puis un plan tracé dans un cube, comme en contrôle.

Vecteurs, droites et plans de l’espace : l’essentiel

ABCDEF G (1 ; 1 ; 1)H

Une base, un repère, des coordonnées

Trois vecteurs non coplanaires ı⃗\vec{\imath}, ȷ⃗\vec{\jmath}, k⃗\vec{k} forment une base de l’espace : tout vecteur s’écrit d’une seule façon s⃗=x ı⃗+y ȷ⃗+z k⃗\vec{s} = x\,\vec{\imath} + y\,\vec{\jmath} + z\,\vec{k}, et (x ; y ; z)(x\,;\,y\,;\,z) sont ses coordonnées. Avec une origine, on obtient un repère.

Dans le cube muni du repère (A ; AB→,AD→,AE→)(A\,;\,\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}), une coordonnée compte les arêtes parcourues dans chaque direction. En suivant les flèches :

AG→=AE→+EH→+HG→\overrightarrow{AG} = \overrightarrow{AE} + \overrightarrow{EH} + \overrightarrow{HG}

Or EH→=AD→\overrightarrow{EH} = \overrightarrow{AD} et HG→=AB→\overrightarrow{HG} = \overrightarrow{AB}, donc :

AG→=AB→+AD→+AE→\overrightarrow{AG} = \overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE}

Le point GG a donc pour coordonnées (1 ; 1 ; 1)(1\,;\,1\,;\,1).

ABCD est la face du dessous ; E, F, G et H sont au-dessus de A, B, C et D. Les arêtes cachées sont en pointillés.

Colinéaires : une même direction de droite

Deux vecteurs non nuls u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} sont colinéaires s’il existe un réel kk tel que v⃗=k u⃗\vec{v} = k\,\vec{u} (le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur). C’est le test de l’alignement : AA, BB, CC sont alignés quand AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} sont colinéaires. C’est aussi celui du parallélisme de deux droites.

Coplanaires : une même direction de plan

Quand u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} ne sont pas colinéaires, w⃗\vec{w} est coplanaire avec eux si, et seulement si, il existe deux réels aa et bb tels que w⃗=a u⃗+b v⃗\vec{w} = a\,\vec{u} + b\,\vec{v}. S’il n’en existe pas, les trois vecteurs ne sont pas coplanaires : ils forment une base.

Une droite, un plan : un point et des vecteurs

Droite passant par AA, de vecteur directeur u⃗≠0⃗\vec{u} \neq \vec{0} : MM lui appartient quand AM→=t u⃗\overrightarrow{AM} = t\,\vec{u} pour un réel tt. Plan passant par AA, dirigé par u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} non colinéaires : MM lui appartient quand AM→=s u⃗+t v⃗\overrightarrow{AM} = s\,\vec{u} + t\,\vec{v} pour deux réels ss et tt.

{x=xA+t ay=yA+t bz=zA+t ct∈R\begin{cases} x = x_A + t\,a \\ y = y_A + t\,b \\ z = z_A + t\,c \end{cases} \quad t \in \mathbb{R}

Avec u⃗ (a ; b ; c)\vec{u}\,(a\,;\,b\,;\,c), c’est une représentation paramétrique de la droite : les constantes donnent un point, les coefficients de tt un vecteur directeur.

Positions relatives

  • Deux droites. Vecteurs directeurs colinéaires : elles sont parallèles (confondues ou strictement parallèles). Sinon, on cherche un point commun avec deux paramètres différents : une solution, elles sont sécantes ; aucune, elles sont non coplanaires.
  • Une droite et un plan. Si un vecteur directeur de la droite est combinaison linéaire des deux vecteurs qui dirigent le plan, la droite est parallèle au plan : incluse dedans si elle a un point dans le plan, strictement parallèle sinon. Sinon, elle coupe le plan en un seul point.
  • Deux plans. Ils sont parallèles (confondus ou strictement parallèles) quand ils ont la même direction, sécants selon une droite sinon.

Dans l’espace, deux droites non parallèles ne sont pas forcément sécantes.

Sur le cube, les droites (AE) et (BC) ne sont pas parallèles et n’ont aucun point commun : aucun plan ne les contient toutes les deux, elles sont non coplanaires.

La carte du chapitre. Chaque question de position se ramène à une égalité de vecteurs : une colinéarité pour une droite, une combinaison de deux vecteurs pour un plan.

Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.

Exercice 1

Colinéarité et coplanarité : ce qu'on en déduit

★★★

Quiz de compréhension du cours

  1. Les vecteurs AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} sont colinéaires, et les points A et B sont distincts. Que peut-on en conclure ?
  2. Les vecteurs AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} ne sont pas colinéaires, et AD→=2 AB→−AC→\overrightarrow{AD} = 2\,\overrightarrow{AB} - \overrightarrow{AC}. Que peut-on dire des quatre points A, B, C et D ?
  3. Les vecteurs u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} ne sont pas colinéaires. Pour savoir si w⃗\vec{w} est coplanaire avec eux, on cherche deux réels a et b tels que w⃗=a u⃗+b v⃗\vec{w} = a\,\vec{u} + b\,\vec{v}, et le système obtenu n'a aucune solution. Que peut-on conclure ?
  4. Une droite d a pour vecteur directeur w⃗\vec{w}. Un plan P est dirigé par deux vecteurs non colinéaires u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}, et w⃗=u⃗+2 v⃗\vec{w} = \vec{u} + 2\,\vec{v}. Que peut-on en déduire ?

Exercice 2

Lire un cube : base, décomposition, positions relatives

★★★

Quiz sur la figure d'un cube

Les quatre questions portent sur le cube ABCDEFGHABCDEFGH ci-dessous, muni du repère (A ; AB→,AD→,AE→)(A\,;\,\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}). Réponds en lisant la figure, sans calcul.

ABCDEFGH
Le cube ABCDEFGH : ABCD est la face du dessous, E, F, G et H sont au-dessus de A, B, C et D. Les arêtes cachées sont en pointillés.
  1. Les vecteurs AB→\overrightarrow{AB}, AC→\overrightarrow{AC} et AD→\overrightarrow{AD} forment-ils une base de l'espace ?
  2. Dans le repère (A ; AB→,AD→,AE→)(A\,;\,\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}), quelles sont les coordonnées du vecteur BH→\overrightarrow{BH} ?
  3. Les droites (AB) et (CG) sont-elles sécantes ?
  4. Quelle est la position relative de la droite (FG) et du plan (ABC) ?

Exercice 3

Droites, plans et bases : le cours en un paragraphe

★★★

Le cours en un texte à trous

Deux vecteurs non nuls sont colinéaires quand l'un s'obtient en multipliant l'autre par . Une droite de l'espace est déterminée par un point et  ; un plan, par un point et . Trois vecteurs forment une base de l'espace : tout vecteur s'y décompose de façon . Dans une représentation paramétrique d'une droite, les constantes donnent , et les coefficients du paramètre donnent . Pour savoir si un point appartient à cette droite, on cherche une valeur du paramètre qui vérifie . Pour chercher un point commun à deux droites, on prend . Deux droites qui ne sont pas parallèles sont soit sécantes, soit . Enfin, une droite est parallèle à un plan quand l'un de ses vecteurs directeurs est .

Exercice 4

Représentation paramétrique et position de deux droites

★★★

Écrire une droite, tester des points, la comparer à deux autres droites

L’espace est muni d’un repère (O ; ı⃗,ȷ⃗,k⃗)(O\,;\,\vec{\imath}, \vec{\jmath}, \vec{k}). On donne les points A(1 ; 2 ; −1)A(1\,;\,2\,;\,-1) et B(3 ; 1 ; 0)B(3\,;\,1\,;\,0), et les droites d1d_1 et d2d_2 définies par les représentations paramétriques suivantes.

d1:{x=1+sy=3z=ss∈Rd_1 : \begin{cases} x = 1 + s \\ y = 3 \\ z = s \end{cases} \qquad s \in \mathbb{R}

d2:{x=−1−ry=2rz=1−rr∈Rd_2 : \begin{cases} x = -1 - r \\ y = 2r \\ z = 1 - r \end{cases} \qquad r \in \mathbb{R}

  1. Déterminer une représentation paramétrique de la droite (AB)(AB).
  2. Le point C(7 ; −1 ; 2)C(7\,;\,-1\,;\,2) appartient-il à la droite (AB)(AB) ? Et le point D(5 ; 0 ; 2)D(5\,;\,0\,;\,2) ?
  3. Les droites (AB)(AB) et d1d_1 sont-elles parallèles ? Montrer qu’elles sont sécantes, et donner les coordonnées de leur point d’intersection.
  4. Étudier la position relative des droites (AB)(AB) et d2d_2.
Voir le corrigé

1. Une droite est déterminée par un point et un vecteur directeur. On prend le point AA et le vecteur AB→\overrightarrow{AB}, dont les coordonnées s’obtiennent en soustrayant celles de AA à celles de BB :

AB→ (3−1 ; 1−2 ; 0−(−1))\overrightarrow{AB}\,\big(3 - 1\,;\,1 - 2\,;\,0 - (-1)\big)

soit AB→ (2 ; −1 ; 1)\overrightarrow{AB}\,(2\,;\,-1\,;\,1). Un point M(x ; y ; z)M(x\,;\,y\,;\,z) appartient à (AB)(AB) si, et seulement si, il existe un réel tt tel que AM→=t AB→\overrightarrow{AM} = t\,\overrightarrow{AB}, ce qui s’écrit coordonnée par coordonnée :

{x=1+2ty=2−tz=−1+tt∈R\begin{cases} x = 1 + 2t \\ y = 2 - t \\ z = -1 + t \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}

Les constantes 11, 22 et −1-1 sont les coordonnées de AA ; les coefficients de tt, 22, −1-1 et 11, sont celles de AB→\overrightarrow{AB}.

2. Pour C(7 ; −1 ; 2)C(7\,;\,-1\,;\,2), la première équation donne 1+2t=71 + 2t = 7, soit t=3t = 3. On teste cette même valeur dans les deux autres équations : y=2−3=−1y = 2 - 3 = -1 et z=−1+3=2z = -1 + 3 = 2. Les trois coordonnées de CC sont retrouvées avec t=3t = 3 : le point CC appartient à la droite (AB)(AB).

Pour D(5 ; 0 ; 2)D(5\,;\,0\,;\,2), la première équation donne 1+2t=51 + 2t = 5, soit t=2t = 2. Alors y=2−2=0y = 2 - 2 = 0, ce qui convient, mais z=−1+2=1z = -1 + 2 = 1, alors que la cote de DD vaut 22. La seule valeur possible de tt ne vérifie pas les trois équations à la fois : le point DD n’appartient pas à la droite (AB)(AB).

3. Sur la représentation paramétrique de d1d_1, on lit le point (1 ; 3 ; 0)(1\,;\,3\,;\,0), obtenu pour s=0s = 0, et le vecteur directeur u1⃗ (1 ; 0 ; 1)\vec{u_1}\,(1\,;\,0\,;\,1), formé des coefficients de ss : la coordonnée yy ne dépend pas de ss, son coefficient vaut 00. Si u1⃗\vec{u_1} était colinéaire à AB→ (2 ; −1 ; 1)\overrightarrow{AB}\,(2\,;\,-1\,;\,1), on aurait u1⃗=k AB→\vec{u_1} = k\,\overrightarrow{AB} : la deuxième coordonnée imposerait 0=−k0 = -k, soit k=0k = 0, et la première deviendrait 1=01 = 0, ce qui est impossible. Les vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires : les droites (AB)(AB) et d1d_1 ne sont pas parallèles.

On cherche un point commun en gardant deux paramètres différents, tt pour (AB)(AB) et ss pour d1d_1 :

{1+2t=1+s2−t=3−1+t=s\begin{cases} 1 + 2t = 1 + s \\ 2 - t = 3 \\ -1 + t = s \end{cases}

La deuxième équation donne t=−1t = -1, puis la troisième s=−1+(−1)=−2s = -1 + (-1) = -2. On vérifie la première : 1+2×(−1)=−11 + 2 \times (-1) = -1 d’un côté, 1+(−2)=−11 + (-2) = -1 de l’autre, elle est vérifiée. Le système a une solution : les droites sont sécantes. On obtient leur point commun en remplaçant tt par −1-1 dans la représentation de (AB)(AB) : x=1−2=−1x = 1 - 2 = -1, y=2+1=3y = 2 + 1 = 3 et z=−1−1=−2z = -1 - 1 = -2. Les droites (AB)(AB) et d1d_1 se coupent au point de coordonnées (−1 ; 3 ; −2)(-1\,;\,3\,;\,-2). Contrôle avec d1d_1 et s=−2s = -2 : on retrouve bien x=1−2=−1x = 1 - 2 = -1, y=3y = 3 et z=−2z = -2.

4. La droite d2d_2 est dirigée par u2⃗ (−1 ; 2 ; −1)\vec{u_2}\,(-1\,;\,2\,;\,-1). Si u2⃗\vec{u_2} était colinéaire à AB→ (2 ; −1 ; 1)\overrightarrow{AB}\,(2\,;\,-1\,;\,1), la première coordonnée imposerait k=−12k = -\dfrac{1}{2}, et la deuxième donnerait alors −12×(−1)=12-\dfrac{1}{2} \times (-1) = \dfrac{1}{2}, et non 22. Les droites ne sont pas parallèles. On cherche un point commun :

{1+2t=−1−r2−t=2r−1+t=1−r\begin{cases} 1 + 2t = -1 - r \\ 2 - t = 2r \\ -1 + t = 1 - r \end{cases}

La deuxième équation donne t=2−2rt = 2 - 2r. En remplaçant dans la première : 1+2(2−2r)=−1−r1 + 2(2 - 2r) = -1 - r, soit 5−4r=−1−r5 - 4r = -1 - r, donc 3r=63r = 6 et r=2r = 2, puis t=2−2×2=−2t = 2 - 2 \times 2 = -2. On teste ces valeurs dans la troisième équation : −1+(−2)=−3-1 + (-2) = -3 d’un côté, 1−2=−11 - 2 = -1 de l’autre, et −3≠−1-3 \neq -1. Le système n’a aucune solution : les droites n’ont aucun point commun. Elles ne sont ni parallèles ni sécantes : les droites (AB)(AB) et d2d_2 sont non coplanaires.

Réflexe à retenir : pour deux droites, compare d’abord les vecteurs directeurs, puis cherche un point commun avec deux paramètres différents. Les valeurs tirées de deux équations ne valent rien tant que la troisième n’est pas vérifiée.

Exercice 5

Point d'un plan et intersection droite-plan dans un cube

★★★

Type contrôle, avec une figure à exploiter

ABCDEFGHABCDEFGH est un cube : ABCDABCD est la face du dessous, et EE, FF, GG, HH sont situés au-dessus de AA, BB, CC, DD. On munit l’espace du repère (A ; AB→,AD→,AE→)(A\,;\,\overrightarrow{AB}, \overrightarrow{AD}, \overrightarrow{AE}) et on s’intéresse au plan (BDE)(BDE), grisé sur la figure.

ABCDEFGH
Document. Le cube ABCDEFGH et le triangle BDE, en violet. Les traits cachés sont en pointillés.

Donnée : le point PP est défini par AP→=12 AB→+14 AD→+14 AE→\overrightarrow{AP} = \dfrac{1}{2}\,\overrightarrow{AB} + \dfrac{1}{4}\,\overrightarrow{AD} + \dfrac{1}{4}\,\overrightarrow{AE}.

  1. Lire sur la figure les coordonnées des points BB, DD, EE, FF, GG et HH.
  2. Exprimer les vecteurs BD→\overrightarrow{BD} et BE→\overrightarrow{BE} en fonction de AB→\overrightarrow{AB}, AD→\overrightarrow{AD} et AE→\overrightarrow{AE}. En déduire que les points BB, DD et EE définissent un plan.
  3. Le point PP appartient-il au plan (BDE)(BDE) ?
  4. Montrer que la droite (FH)(FH) est strictement parallèle au plan (BDE)(BDE).
  5. Donner une représentation paramétrique de la droite (AG)(AG). Montrer que cette droite coupe le plan (BDE)(BDE) en un seul point KK, dont on donnera les coordonnées, puis exprimer AK→\overrightarrow{AK} en fonction de AG→\overrightarrow{AG}.
Voir le corrigé

1. Dans ce repère, une coordonnée compte les arêtes parcourues depuis AA dans la direction de AB→\overrightarrow{AB}, puis de AD→\overrightarrow{AD}, puis de AE→\overrightarrow{AE}. Par exemple, pour aller de AA à HH, on suit AD→\overrightarrow{AD} puis DH→=AE→\overrightarrow{DH} = \overrightarrow{AE} : AH→=AD→+AE→\overrightarrow{AH} = \overrightarrow{AD} + \overrightarrow{AE}, donc H(0 ; 1 ; 1)H(0\,;\,1\,;\,1). De même : B(1 ; 0 ; 0)B(1\,;\,0\,;\,0), D(0 ; 1 ; 0)D(0\,;\,1\,;\,0), E(0 ; 0 ; 1)E(0\,;\,0\,;\,1), F(1 ; 0 ; 1)F(1\,;\,0\,;\,1) et G(1 ; 1 ; 1)G(1\,;\,1\,;\,1).

2. Avec la relation de Chasles, en passant par AA :

BD→=BA→+AD→=−AB→+AD→\overrightarrow{BD} = \overrightarrow{BA} + \overrightarrow{AD} = -\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AD}

BE→=BA→+AE→=−AB→+AE→\overrightarrow{BE} = \overrightarrow{BA} + \overrightarrow{AE} = -\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{AE}

Leurs coordonnées sont donc BD→ (−1 ; 1 ; 0)\overrightarrow{BD}\,(-1\,;\,1\,;\,0) et BE→ (−1 ; 0 ; 1)\overrightarrow{BE}\,(-1\,;\,0\,;\,1). S’ils étaient colinéaires, on aurait BE→=k BD→\overrightarrow{BE} = k\,\overrightarrow{BD} : la deuxième coordonnée imposerait 0=k0 = k, et la troisième deviendrait 1=01 = 0, ce qui est impossible. Les vecteurs BD→\overrightarrow{BD} et BE→\overrightarrow{BE} ne sont pas colinéaires : les points BB, DD et EE ne sont pas alignés, ils définissent un plan. Le plan (BDE)(BDE) passe par BB et il est dirigé par BD→\overrightarrow{BD} et BE→\overrightarrow{BE}.

3. Les coordonnées de PP sont les coefficients de AB→\overrightarrow{AB}, AD→\overrightarrow{AD} et AE→\overrightarrow{AE} dans l’expression de AP→\overrightarrow{AP}, puisque AA est l’origine du repère : PP a pour coordonnées (12 ; 14 ; 14)\left(\dfrac{1}{2}\,;\,\dfrac{1}{4}\,;\,\dfrac{1}{4}\right), donc :

BP→(12−1 ; 14 ; 14)\overrightarrow{BP}\left(\dfrac{1}{2} - 1\,;\,\dfrac{1}{4}\,;\,\dfrac{1}{4}\right)

soit BP→(−12 ; 14 ; 14)\overrightarrow{BP}\left(-\dfrac{1}{2}\,;\,\dfrac{1}{4}\,;\,\dfrac{1}{4}\right). Le point PP appartient au plan (BDE)(BDE) si, et seulement si, il existe deux réels aa et bb tels que BP→=a BD→+b BE→\overrightarrow{BP} = a\,\overrightarrow{BD} + b\,\overrightarrow{BE}, c’est-à-dire :

{−a−b=−12a=14b=14\begin{cases} -a - b = -\dfrac{1}{2} \\[4pt] a = \dfrac{1}{4} \\[4pt] b = \dfrac{1}{4} \end{cases}

Les deux dernières équations donnent aa et bb. On vérifie la première : −14−14=−12-\dfrac{1}{4} - \dfrac{1}{4} = -\dfrac{1}{2}, elle est vérifiée. Ainsi BP→=14 BD→+14 BE→\overrightarrow{BP} = \dfrac{1}{4}\,\overrightarrow{BD} + \dfrac{1}{4}\,\overrightarrow{BE} : le point PP appartient au plan (BDE)(BDE).

4. Les coordonnées de FH→\overrightarrow{FH} sont (0−1 ; 1−0 ; 1−1)=(−1 ; 1 ; 0)(0 - 1\,;\,1 - 0\,;\,1 - 1) = (-1\,;\,1\,;\,0) : ce sont celles de BD→\overrightarrow{BD}. Ainsi FH→=BD→\overrightarrow{FH} = \overrightarrow{BD} : un vecteur directeur de (FH)(FH) s’écrit 1×BD→+0×BE→1 \times \overrightarrow{BD} + 0 \times \overrightarrow{BE}, c’est un vecteur du plan (BDE)(BDE), donc la droite (FH)(FH) est parallèle au plan (BDE)(BDE).

Reste à savoir si elle est incluse dans ce plan : on teste l’un de ses points, FF. On a BF→ (0 ; 0 ; 1)\overrightarrow{BF}\,(0\,;\,0\,;\,1), et l’égalité BF→=a BD→+b BE→\overrightarrow{BF} = a\,\overrightarrow{BD} + b\,\overrightarrow{BE} impose a=0a = 0 (deuxième coordonnée) et b=1b = 1 (troisième coordonnée). La première coordonnée vaudrait alors −a−b=−1-a - b = -1, alors que celle de BF→\overrightarrow{BF} vaut 00 : aucun couple ne convient, et FF n’appartient pas au plan (BDE)(BDE). La droite (FH)(FH) est donc strictement parallèle au plan (BDE)(BDE). La figure le confirme : BDHFBDHF est un rectangle, et (FH)(FH) est parallèle à son côté (BD)(BD).

5. Le vecteur AG→\overrightarrow{AG} a pour coordonnées (1 ; 1 ; 1)(1\,;\,1\,;\,1), et AA est l’origine du repère. Une représentation paramétrique de la droite (AG)(AG) est donc :

{x=ty=tz=tt∈R\begin{cases} x = t \\ y = t \\ z = t \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}

Un point M(t ; t ; t)M(t\,;\,t\,;\,t) de la droite (AG)(AG) appartient au plan (BDE)(BDE) si, et seulement si, il existe deux réels aa et bb tels que BM→=a BD→+b BE→\overrightarrow{BM} = a\,\overrightarrow{BD} + b\,\overrightarrow{BE}. Avec BM→ (t−1 ; t ; t)\overrightarrow{BM}\,(t - 1\,;\,t\,;\,t), cela s’écrit :

{t−1=−a−bt=at=b\begin{cases} t - 1 = -a - b \\ t = a \\ t = b \end{cases}

Les deux dernières équations donnent a=ta = t et b=tb = t ; la première devient t−1=−2tt - 1 = -2t, soit 3t=13t = 1, donc t=13t = \dfrac{1}{3}. Le système a une seule solution : la droite (AG)(AG) et le plan (BDE)(BDE) ont un seul point commun, ils sont sécants en

K(13 ; 13 ; 13)K\left(\dfrac{1}{3}\,;\,\dfrac{1}{3}\,;\,\dfrac{1}{3}\right)

Le point KK correspond à t=13t = \dfrac{1}{3} dans la représentation de (AG)(AG), construite avec le point AA et le vecteur AG→\overrightarrow{AG} : AK→=13 AG→\overrightarrow{AK} = \dfrac{1}{3}\,\overrightarrow{AG}. Le plan (BDE)(BDE) coupe la diagonale [AG][AG] du cube au tiers de sa longueur, en partant de AA.

K ABCDEFGH
La droite (FH), en vert, est parallèle au plan (BDE) ; la diagonale [AG], en pointillés, le traverse au point K.

Réflexe à retenir : un plan se décrit par un point et deux vecteurs non colinéaires. Pour savoir si un point est dans ce plan, écris le vecteur qui le relie au point de départ comme combinaison des deux vecteurs : une solution, il y est ; aucune, il n’y est pas. Et quand le point parcourt une droite, la même équation donne le point d’intersection.

Les trois réflexes à retenir

  1. Traduis chaque mot en égalité de vecteurs. Alignés, parallèles, coplanaires, parallèle à un plan : chacun de ces mots se démontre par une colinéarité, v⃗=k u⃗\vec{v} = k\,\vec{u}, ou par une combinaison linéaire, w⃗=a u⃗+b v⃗\vec{w} = a\,\vec{u} + b\,\vec{v}. La figure aide à deviner, le calcul démontre.
  2. Deux équations pour trouver, la troisième pour vérifier. Qu’il s’agisse d’un point sur une droite (un paramètre) ou dans un plan (deux coefficients), les valeurs tirées de deux équations doivent aussi vérifier la troisième. Si elle échoue, le point n’y est pas.
  3. Pour deux droites, les vecteurs directeurs d’abord. Colinéaires : les droites sont parallèles, confondues ou strictement parallèles. Sinon, cherche un point commun avec deux paramètres différents : une solution, elles sont sécantes ; aucune, elles sont non coplanaires.

La suite du programme, avec les exercices sur le produit scalaire dans l’espace, ajoute l’orthogonalité et l’équation cartésienne d’un plan.

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