Exercices corrigés — Vecteurs, droites et plans de l'espace
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- Exercice 1 : Colinéarité et coplanarité : ce qu'on en déduit
- Exercice 2 : Lire un cube : base, décomposition, positions relatives
- Exercice 3 : Droites, plans et bases : le cours en un paragraphe
- Exercice 4 : Représentation paramétrique et position de deux droites
- Exercice 5 : Point d'un plan et intersection droite-plan dans un cube
- Les trois réflexes à retenir
Dans l’espace, les vecteurs gardent toutes les règles de calcul du plan, relation de Chasles comprise. Ce qui change, ce sont les questions qu’on leur pose : trois vecteurs peuvent ne pas être coplanaires, et deux droites peuvent ne jamais se rencontrer sans être parallèles pour autant. Ce chapitre apprend à y répondre de deux façons : en lisant une figure, très souvent un cube, puis en calculant dans un repère. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz, dont un sur la figure d’un cube, et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants se rédigent, avec un corrigé détaillé comme au tableau : une représentation paramétrique et la position de deux droites, puis un plan tracé dans un cube, comme en contrôle.
Vecteurs, droites et plans de l’espace : l’essentiel
Une base, un repère, des coordonnées
Trois vecteurs non coplanaires , , forment une base de l’espace : tout vecteur s’écrit d’une seule façon , et sont ses coordonnées. Avec une origine, on obtient un repère.
Dans le cube muni du repère , une coordonnée compte les arêtes parcourues dans chaque direction. En suivant les flèches :
Or et , donc :
Le point a donc pour coordonnées .
ABCD est la face du dessous ; E, F, G et H sont au-dessus de A, B, C et D. Les arêtes cachées sont en pointillés.
Colinéaires : une même direction de droite
Deux vecteurs non nuls et sont colinéaires s’il existe un réel tel que (le vecteur nul est colinéaire à tout vecteur). C’est le test de l’alignement : , , sont alignés quand et sont colinéaires. C’est aussi celui du parallélisme de deux droites.
Coplanaires : une même direction de plan
Quand et ne sont pas colinéaires, est coplanaire avec eux si, et seulement si, il existe deux réels et tels que . S’il n’en existe pas, les trois vecteurs ne sont pas coplanaires : ils forment une base.
Une droite, un plan : un point et des vecteurs
Droite passant par , de vecteur directeur : lui appartient quand pour un réel . Plan passant par , dirigé par et non colinéaires : lui appartient quand pour deux réels et .
Avec , c’est une représentation paramétrique de la droite : les constantes donnent un point, les coefficients de un vecteur directeur.
Positions relatives
- Deux droites. Vecteurs directeurs colinéaires : elles sont parallèles (confondues ou strictement parallèles). Sinon, on cherche un point commun avec deux paramètres différents : une solution, elles sont sécantes ; aucune, elles sont non coplanaires.
- Une droite et un plan. Si un vecteur directeur de la droite est combinaison linéaire des deux vecteurs qui dirigent le plan, la droite est parallèle au plan : incluse dedans si elle a un point dans le plan, strictement parallèle sinon. Sinon, elle coupe le plan en un seul point.
- Deux plans. Ils sont parallèles (confondus ou strictement parallèles) quand ils ont la même direction, sécants selon une droite sinon.
Dans l’espace, deux droites non parallèles ne sont pas forcément sécantes.
Sur le cube, les droites (AE) et (BC) ne sont pas parallèles et n’ont aucun point commun : aucun plan ne les contient toutes les deux, elles sont non coplanaires.
Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.
Colinéarité et coplanarité : ce qu'on en déduit
★★★Quiz de compréhension du cours
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Juste. La bonne réponse : Les points A, B et C sont alignés. Comme n'est pas nul, il existe un réel k tel que : le point C est sur la droite qui passe par A et qui est dirigée par , c'est-à-dire sur la droite (AB). Les points A, B et C sont donc alignés. Si C est distinct de A, les droites (AB) et (AC) ont le point A en commun et la même direction : elles sont confondues, pas strictement parallèles. Et trois points alignés ne définissent pas un plan : une infinité de plans contiennent la droite (AB).
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Juste. La bonne réponse : Ils sont coplanaires : D appartient au plan (ABC). Comme et ne sont pas colinéaires, les points A, B et C définissent un plan, qui passe par A et qui est dirigé par ces deux vecteurs. Un point M appartient à ce plan quand s'écrit : c'est le cas de D, avec s = 2 et t = −1. Les quatre points sont donc dans un même plan. Ils ne sont pas alignés, puisque A, B et C ne le sont pas, et ils ne peuvent pas être les sommets d'un tétraèdre, dont les quatre sommets ne sont pas coplanaires.
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Juste. La bonne réponse : Les trois vecteurs ne sont pas coplanaires : ils forment une base de l'espace. Quand et ne sont pas colinéaires, est coplanaire avec eux si, et seulement si, il s'écrit . Aucun couple (a ; b) ne convient : les trois vecteurs ne sont pas coplanaires, et trois vecteurs non coplanaires forment une base de l'espace. Si était colinéaire à , on aurait , et le système aurait au moins une solution.
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Juste. La bonne réponse : La droite d est parallèle au plan P. Le vecteur , qui dirige d, est une combinaison linéaire des deux vecteurs qui dirigent P : la direction de d est celle d'une droite du plan, donc d est parallèle à P. Elle peut être incluse dans P ou strictement parallèle à P : pour trancher, il faut savoir si un point de d appartient à P. C'est pourquoi la troisième proposition ne peut pas être affirmée avec ces seules informations.
Lire un cube : base, décomposition, positions relatives
★★★Quiz sur la figure d'un cube
Les quatre questions portent sur le cube ci-dessous, muni du repère . Réponds en lisant la figure, sans calcul.
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Juste. La bonne réponse : Non : ils sont coplanaires, car A, B, C et D sont dans la face ABCD. Une base demande trois vecteurs non coplanaires. Ici, les trois vecteurs partent de A et leurs extrémités B, C et D sont, comme A, des sommets de la face du dessous : ils sont coplanaires, et la figure montre d'ailleurs que . Ils sont bien deux à deux non colinéaires, mais cela ne suffit pas ; quant à leur origine commune, elle ne dit rien de leur position.
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Juste. La bonne réponse : (−1 ; 1 ; 1). Pour aller de B à H en suivant les arêtes, on peut passer par A puis par D : . Or et , donc : ses coordonnées sont (−1 ; 1 ; 1). Les coordonnées (1 ; 1 ; 1) sont celles de , la diagonale qui part de A.
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Juste. La bonne réponse : Non, et elles ne sont pas parallèles : elles sont non coplanaires. La droite (AB) est dirigée par , la droite (CG) par : ces vecteurs ne sont pas colinéaires, donc les droites ne sont pas parallèles. Mais (AB) est contenue dans le plan de la face du dessous, et (CG) ne rencontre ce plan qu'au point C, qui n'est pas sur (AB) : les deux droites n'ont aucun point commun. Ni parallèles ni sécantes, elles sont non coplanaires, une situation qui n'existe pas en géométrie plane.
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Juste. La bonne réponse : La droite (FG) est strictement parallèle au plan (ABC). La face BCGF est un carré, donc : un vecteur directeur de (FG) est un vecteur du plan (ABC), et la droite (FG) est parallèle à ce plan. Le point F est situé au-dessus de B, sur la face du dessus : il n'appartient pas au plan (ABC), qui est celui de la face du dessous. La droite (FG) est donc strictement parallèle au plan (ABC).
Droites, plans et bases : le cours en un paragraphe
★★★Le cours en un texte à trous
Deux vecteurs non nuls sont colinéaires quand l'un s'obtient en multipliant l'autre par un réel . Une droite de l'espace est déterminée par un point et un vecteur directeur non nul ; un plan, par un point et deux vecteurs non colinéaires . Trois vecteurs non coplanaires forment une base de l'espace : tout vecteur s'y décompose de façon unique . Dans une représentation paramétrique d'une droite, les constantes donnent un point de la droite , et les coefficients du paramètre donnent un vecteur directeur . Pour savoir si un point appartient à cette droite, on cherche une valeur du paramètre qui vérifie les trois équations à la fois . Pour chercher un point commun à deux droites, on prend deux paramètres différents . Deux droites qui ne sont pas parallèles sont soit sécantes, soit non coplanaires . Enfin, une droite est parallèle à un plan quand l'un de ses vecteurs directeurs est combinaison linéaire de deux vecteurs qui dirigent le plan .
Trois pièges se glissent dans ce paragraphe. Trois vecteurs deux à deux non colinéaires peuvent être coplanaires, comme trois vecteurs tracés sur une même face d'un cube : ils ne forment pas une base. Pour chercher un point commun à deux droites, prendre le même paramètre revient à exiger que les deux points arrivent au même endroit pour la même valeur du paramètre, ce qui n'a aucune raison de se produire : on risque alors de conclure à tort qu'il n'y a pas de point commun. Enfin, un vecteur peut n'être colinéaire à aucun des deux vecteurs qui dirigent un plan et pourtant être une combinaison des deux : c'est la combinaison linéaire qui décide du parallélisme à un plan, pas la colinéarité.
Représentation paramétrique et position de deux droites
★★★Écrire une droite, tester des points, la comparer à deux autres droites
L’espace est muni d’un repère . On donne les points et , et les droites et définies par les représentations paramétriques suivantes.
- Déterminer une représentation paramétrique de la droite .
- Le point appartient-il à la droite ? Et le point ?
- Les droites et sont-elles parallèles ? Montrer qu’elles sont sécantes, et donner les coordonnées de leur point d’intersection.
- Étudier la position relative des droites et .
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1. Une droite est déterminée par un point et un vecteur directeur. On prend le point et le vecteur , dont les coordonnées s’obtiennent en soustrayant celles de à celles de :
soit . Un point appartient à si, et seulement si, il existe un réel tel que , ce qui s’écrit coordonnée par coordonnée :
Les constantes , et sont les coordonnées de ; les coefficients de , , et , sont celles de .
2. Pour , la première équation donne , soit . On teste cette même valeur dans les deux autres équations : et . Les trois coordonnées de sont retrouvées avec : le point appartient à la droite .
Pour , la première équation donne , soit . Alors , ce qui convient, mais , alors que la cote de vaut . La seule valeur possible de ne vérifie pas les trois équations à la fois : le point n’appartient pas à la droite .
3. Sur la représentation paramétrique de , on lit le point , obtenu pour , et le vecteur directeur , formé des coefficients de : la coordonnée ne dépend pas de , son coefficient vaut . Si était colinéaire à , on aurait : la deuxième coordonnée imposerait , soit , et la première deviendrait , ce qui est impossible. Les vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires : les droites et ne sont pas parallèles.
On cherche un point commun en gardant deux paramètres différents, pour et pour :
La deuxième équation donne , puis la troisième . On vérifie la première : d’un côté, de l’autre, elle est vérifiée. Le système a une solution : les droites sont sécantes. On obtient leur point commun en remplaçant par dans la représentation de : , et . Les droites et se coupent au point de coordonnées . Contrôle avec et : on retrouve bien , et .
4. La droite est dirigée par . Si était colinéaire à , la première coordonnée imposerait , et la deuxième donnerait alors , et non . Les droites ne sont pas parallèles. On cherche un point commun :
La deuxième équation donne . En remplaçant dans la première : , soit , donc et , puis . On teste ces valeurs dans la troisième équation : d’un côté, de l’autre, et . Le système n’a aucune solution : les droites n’ont aucun point commun. Elles ne sont ni parallèles ni sécantes : les droites et sont non coplanaires.
Réflexe à retenir : pour deux droites, compare d’abord les vecteurs directeurs, puis cherche un point commun avec deux paramètres différents. Les valeurs tirées de deux équations ne valent rien tant que la troisième n’est pas vérifiée.
Point d'un plan et intersection droite-plan dans un cube
★★★Type contrôle, avec une figure à exploiter
est un cube : est la face du dessous, et , , , sont situés au-dessus de , , , . On munit l’espace du repère et on s’intéresse au plan , grisé sur la figure.
Donnée : le point est défini par .
- Lire sur la figure les coordonnées des points , , , , et .
- Exprimer les vecteurs et en fonction de , et . En déduire que les points , et définissent un plan.
- Le point appartient-il au plan ?
- Montrer que la droite est strictement parallèle au plan .
- Donner une représentation paramétrique de la droite . Montrer que cette droite coupe le plan en un seul point , dont on donnera les coordonnées, puis exprimer en fonction de .
Voir le corrigé
1. Dans ce repère, une coordonnée compte les arêtes parcourues depuis dans la direction de , puis de , puis de . Par exemple, pour aller de à , on suit puis : , donc . De même : , , , et .
2. Avec la relation de Chasles, en passant par :
Leurs coordonnées sont donc et . S’ils étaient colinéaires, on aurait : la deuxième coordonnée imposerait , et la troisième deviendrait , ce qui est impossible. Les vecteurs et ne sont pas colinéaires : les points , et ne sont pas alignés, ils définissent un plan. Le plan passe par et il est dirigé par et .
3. Les coordonnées de sont les coefficients de , et dans l’expression de , puisque est l’origine du repère : a pour coordonnées , donc :
soit . Le point appartient au plan si, et seulement si, il existe deux réels et tels que , c’est-à-dire :
Les deux dernières équations donnent et . On vérifie la première : , elle est vérifiée. Ainsi : le point appartient au plan .
4. Les coordonnées de sont : ce sont celles de . Ainsi : un vecteur directeur de s’écrit , c’est un vecteur du plan , donc la droite est parallèle au plan .
Reste à savoir si elle est incluse dans ce plan : on teste l’un de ses points, . On a , et l’égalité impose (deuxième coordonnée) et (troisième coordonnée). La première coordonnée vaudrait alors , alors que celle de vaut : aucun couple ne convient, et n’appartient pas au plan . La droite est donc strictement parallèle au plan . La figure le confirme : est un rectangle, et est parallèle à son côté .
5. Le vecteur a pour coordonnées , et est l’origine du repère. Une représentation paramétrique de la droite est donc :
Un point de la droite appartient au plan si, et seulement si, il existe deux réels et tels que . Avec , cela s’écrit :
Les deux dernières équations donnent et ; la première devient , soit , donc . Le système a une seule solution : la droite et le plan ont un seul point commun, ils sont sécants en
Le point correspond à dans la représentation de , construite avec le point et le vecteur : . Le plan coupe la diagonale du cube au tiers de sa longueur, en partant de .
Réflexe à retenir : un plan se décrit par un point et deux vecteurs non colinéaires. Pour savoir si un point est dans ce plan, écris le vecteur qui le relie au point de départ comme combinaison des deux vecteurs : une solution, il y est ; aucune, il n’y est pas. Et quand le point parcourt une droite, la même équation donne le point d’intersection.
Les trois réflexes à retenir
- Traduis chaque mot en égalité de vecteurs. Alignés, parallèles, coplanaires, parallèle à un plan : chacun de ces mots se démontre par une colinéarité, , ou par une combinaison linéaire, . La figure aide à deviner, le calcul démontre.
- Deux équations pour trouver, la troisième pour vérifier. Qu’il s’agisse d’un point sur une droite (un paramètre) ou dans un plan (deux coefficients), les valeurs tirées de deux équations doivent aussi vérifier la troisième. Si elle échoue, le point n’y est pas.
- Pour deux droites, les vecteurs directeurs d’abord. Colinéaires : les droites sont parallèles, confondues ou strictement parallèles. Sinon, cherche un point commun avec deux paramètres différents : une solution, elles sont sécantes ; aucune, elles sont non coplanaires.
La suite du programme, avec les exercices sur le produit scalaire dans l’espace, ajoute l’orthogonalité et l’équation cartésienne d’un plan.