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Exercices — La complexité du système climatique

💡 Conseil : fais chaque exercice au brouillon avant d’ouvrir le corrigé — c’est en te trompant que tu progresses.

Exercice 1 — Climat ou météo ?

  1. Rappeler ce qui distingue la climatologie de la météorologie (objet d’étude et échelle de temps).
  2. Classer chacune des affirmations suivantes dans la bonne catégorie (climat ou météo) :
    • « Il fera 34 °C jeudi à Marseille avec un fort mistral. »
    • « La température moyenne mondiale a augmenté d’environ 1 °C depuis 150 ans. »
    • « L’hiver 2012 a été particulièrement froid en Europe. »
    • « Les glaciers alpins ont perdu la moitié de leur volume depuis 1900. »
  3. Un hiver très froid contredit-il le réchauffement climatique ? Justifier.
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1. La météorologie étudie et prévoit les phénomènes atmosphériques à court terme (jours, semaines) : température du jour, vent, pluie… La climatologie étudie les variations du climat local ou global à moyen ou long terme (années, siècles, millénaires) : moyennes, tendances, indicateurs globaux.

2.

  • « 34 °C jeudi à Marseille » : météo (prévision à quelques jours) ;
  • « +1 °C en 150 ans » : climat (tendance de long terme sur une moyenne globale) ;
  • « L’hiver 2012 très froid » : météo (un événement ponctuel, même à l’échelle d’une saison) ;
  • « Les glaciers alpins depuis 1900 » : climat (évolution d’un indicateur sur plus d’un siècle).

3. Non. Le réchauffement climatique est une tendance sur des moyennes de long terme ; il n’empêche pas la variabilité naturelle du temps qu’il fait. Un hiver froid isolé est un événement météorologique : il ne dit rien de la tendance climatique, exactement comme une bonne note isolée ne dit rien d’une moyenne annuelle en baisse.

Réflexe à retenir : pour trancher, regarde l’échelle de temps (jours/semaines contre décennies/siècles) et demande-toi si on parle d’un événement ou d’une moyenne.

Exercice 2 — L’envolée du CO₂ atmosphérique

La concentration de CO₂ dans l’atmosphère valait environ 280 ppm en 1850 (ère préindustrielle) et environ 420 ppm en 2023.

  1. Calculer la variation absolue de la concentration de CO₂ entre 1850 et 2023.
  2. Calculer la variation relative (en pourcentage) sur la même période.
  3. Les carottes de glace montrent que, lors des déglaciations passées, le CO₂ montait d’environ 100 ppm en 10 000 ans. Comparer avec la vitesse actuelle et conclure.
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1. La variation absolue est la différence entre la valeur finale et la valeur initiale :

420280=140 ppm420 - 280 = 140\ \text{ppm}

2. La variation relative rapporte cette différence à la valeur de départ :

420280280=140280=0,50=50 %\frac{420 - 280}{280} = \frac{140}{280} = 0{,}50 = 50\ \%

La concentration de CO₂ a augmenté de 50 % depuis l’ère préindustrielle.

3. Vitesse actuelle : 140 ppm en 173 ans, soit environ :

1401730,8 ppm par an\frac{140}{173} \approx 0{,}8\ \text{ppm par an}

Vitesse des déglaciations passées : 100 ppm en 10 000 ans, soit 0,01 ppm par an. Le rapport des deux vitesses vaut environ :

0,80,01=80\frac{0{,}8}{0{,}01} = 80

L’augmentation actuelle est donc environ 80 fois plus rapide que lors des variations naturelles les plus marquantes du passé. C’est cette vitesse sans précédent depuis plusieurs centaines de milliers d’années qui distingue la perturbation actuelle de la variabilité naturelle du climat.

Réflexe à retenir : variation absolue = différence ; variation relative = différence divisée par la valeur de départ. Ne confonds pas les deux.

Exercice 3 — Rétroactions : la machine s’emballe-t-elle ?

Pour chaque mécanisme, indiquer s’il s’agit d’une rétroaction positive (amplificatrice) ou négative (stabilisatrice), et expliquer la chaîne de causalité.

  1. Le réchauffement augmente l’évaporation, donc la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère — or la vapeur d’eau est un gaz à effet de serre.
  2. Le réchauffement fait fondre les glaces, ce qui diminue l’albédo terrestre.
  3. Le réchauffement dégèle partiellement le permafrost, qui libère du CO₂ et du CH₄.
  4. Le CO₂ supplémentaire stimule la photosynthèse des organismes chlorophylliens.
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1. Rétroaction positive. Réchauffement → plus d’évaporation → plus de vapeur d’eau, qui est un GES → effet de serre renforcé → réchauffement supplémentaire. La conséquence amplifie la cause.

2. Rétroaction positive. Réchauffement → fonte des glaces → surfaces sombres (océan, sol) à la place de surfaces claires → albédo plus faible → moins de rayonnement solaire réfléchi, plus d’énergie absorbée → réchauffement supplémentaire.

3. Rétroaction positive. Réchauffement → dégel du permafrost → libération de GES (CO₂ et CH₄) piégés dans les sols gelés → effet de serre renforcé → réchauffement supplémentaire.

4. Rétroaction négative. Plus de CO₂ → photosynthèse stimulée → davantage de CO₂ absorbé par les organismes chlorophylliens (puits de carbone) → l’augmentation du CO₂ est freinée. La conséquence s’oppose à la cause : c’est stabilisateur — mais cet effet reste trop faible pour compenser les émissions humaines.

Réflexe à retenir : pose-toi UNE question — la conséquence amplifie-t-elle la cause (rétroaction positive) ou s’y oppose-t-elle (rétroaction négative) ? « Positive » ne veut pas dire « bonne nouvelle » : les trois rétroactions positives ci-dessus aggravent le réchauffement.

Exercice 4 — Pourquoi la mer monte (type contrôle ⭐)

L’océan absorbe l’essentiel de l’énergie supplémentaire liée au réchauffement. Or l’eau se dilate quand elle chauffe : son volume augmente d’environ 0,02 % par degré (à l’échelle des couches superficielles de l’océan).

On modélise la couche superficielle de l’océan par une « boîte » de surface S=3,6×1014 m2S = 3{,}6 \times 10^{14}\ \text{m}^2 (la surface totale des océans) et de profondeur h=500 mh = 500\ \text{m}, qui se réchauffe uniformément de 1 °C.

  1. Calculer le volume VV de cette couche superficielle.
  2. Calculer l’augmentation de volume ΔV\Delta V correspondant à un réchauffement de 1 °C.
  3. En déduire la hauteur Δh\Delta h dont le niveau marin s’élève. On admettra que le volume supplémentaire se répartit sur toute la surface SS, autrement dit Δh=ΔV/S\Delta h = \Delta V / S.
  4. Citer l’autre cause majeure de montée du niveau des océans, et expliquer pourquoi la fonte de la banquise n’en fait pas partie.
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1. Le volume de la couche est celui d’un pavé de surface SS et de hauteur hh :

V=S×h=3,6×1014×500=1,8×1017 m3V = S \times h = 3{,}6 \times 10^{14} \times 500 = 1{,}8 \times 10^{17}\ \text{m}^3

2. Une augmentation de 0,02 % correspond à un facteur 2×1042 \times 10^{-4} :

ΔV=2×104×1,8×1017=3,6×1013 m3\Delta V = 2 \times 10^{-4} \times 1{,}8 \times 10^{17} = 3{,}6 \times 10^{13}\ \text{m}^3

3. Ce volume supplémentaire se répartit sur la surface des océans :

Δh=ΔVS=3,6×10133,6×1014=0,1 m\Delta h = \frac{\Delta V}{S} = \frac{3{,}6 \times 10^{13}}{3{,}6 \times 10^{14}} = 0{,}1\ \text{m}

Un réchauffement de 1 °C de la couche superficielle élève le niveau marin d’environ 10 cm, par simple dilatation thermique — sans qu’aucune glace n’ait fondu !

4. L’autre cause majeure est la fusion des glaces continentales (calottes du Groenland et de l’Antarctique, glaciers de montagne) : cette eau, initialement stockée sur les continents, est ajoutée à l’océan. En revanche, la banquise flotte déjà sur l’océan : comme un glaçon qui fond dans un verre, sa fonte ne modifie quasiment pas le niveau de l’eau.

Réflexe à retenir : montée des océans = dilatation thermique + glaces continentales. La distinction glaces continentales / glaces de mer est un attendu explicite du programme.


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