Exercices corrigés — Analyse de l'information chiffrée
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Un pourcentage dans un article, un tableau dans un rapport, un diagramme dans un bulletin municipal : les chiffres arrivent rarement seuls. Ils sont choisis, comparés, mis en image, et c’est souvent là que tout se joue. Ce chapitre apprend à les lire, puis à les faire parler : croiser deux questions dans un tableau, comparer deux groupes avec des parts plutôt qu’avec des effectifs, résumer un nuage de points par une droite et s’en servir pour estimer une valeur. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants sont des situations d’évaluation, avec un corrigé rédigé comme au tableau. Aucune formule compliquée n’est nécessaire : une division, une moyenne et un peu de méthode suffisent.
Lire des chiffres, et les faire parler
Deux questions croisées : le tableau
Croiser deux questions d’un sondage, c’est ranger les réponses dans un tableau croisé d’effectifs. Chaque case intérieure compte les individus qui vérifient les deux critères à la fois ; la dernière ligne et la dernière colonne, les totaux, s’obtiennent par addition, et la case du coin donne l’effectif total.
Deux groupes n’ont presque jamais la même taille : on compare donc leurs parts, pas leurs effectifs. La part se calcule dans le groupe.
part = effectif de la case ÷ total du groupe
Une part se lit en pourcentage en la multipliant par 100. Et quand une part s’applique à une autre part, les deux se multiplient : 60 % de 40 %, c’est 0,60 × 0,40 = 0,24, soit 24 % de l’ensemble.
Deux nombres par individu : le nuage
Quand les deux caractères sont des nombres - une surface et un loyer, une année et une masse - chaque individu devient un point de coordonnées (x ; y) : l’ensemble forme un nuage de points. Le point moyen G a pour coordonnées la moyenne des abscisses et la moyenne des ordonnées. Une droite qui passe au plus près du nuage est une droite d’ajustement : son équation y = ax + b sert à estimer des valeurs. À l’intérieur de la plage des données, c’est une interpolation ; au-delà, une extrapolation, qui demande de la prudence. Un tableur construit ce nuage directement à partir du tableau des données.
Avant de conclure : regarde l’axe
Sur un diagramme en barres, c’est la hauteur des barres que l’œil compare. Si l’axe vertical ne part pas de zéro, ces hauteurs ne sont plus proportionnelles aux valeurs : ici, une hausse de 20 % donne une dernière barre cinq fois plus haute que la première. Regarde donc l’origine de l’axe et ses graduations, puis calcule : la variation absolue est la différence entre les deux valeurs, la variation relative compare cette différence à la valeur de départ et s’écrit en pourcentage. Deux grandeurs qui augmentent ensemble n’ont pas pour autant un lien de cause à effet.
Comparer deux groupes de tailles différentes : des parts, pas des effectifs bruts.
Le club A compte 12 compétiteurs sur 20 adhérents, le club B en compte 30 sur 60. Le club B en a plus (30 contre 12), mais le club A en a une part plus grande : 60 % contre 50 %.
Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.
Lire un tableau croisé
★★★Quiz de compréhension du cours
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Juste. La bonne réponse : Le nombre de personnes interrogées, soit 300. Chaque case intérieure compte les personnes qui vérifient les deux critères à la fois ; la dernière ligne et la dernière colonne donnent les totaux. La case du coin cumule donc tout : c'est l'effectif total du sondage, ici 300 personnes. Elle sert aussi de contrôle, puisque la somme de la dernière ligne et celle de la dernière colonne doivent toutes deux redonner ce nombre.
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Juste. La bonne réponse : En soustrayant la case connue du total de la ligne. Les deux cases d'une ligne se partagent son total : case connue + case manquante = total de la ligne. La case manquante vaut donc le total moins la case connue. Diviser par deux reviendrait à supposer que les deux cases sont égales, ce qui n'a aucune raison d'être vrai. C'est ainsi qu'on complète un tableau croisé : de proche en proche, par soustractions.
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Juste. La bonne réponse : Non : les deux groupes n'ont pas la même taille, et la part d'ensemble est bien plus proche de 40 %. La moyenne de deux pourcentages ne convient que si les deux groupes ont le même effectif. Ici, le groupe des 18 ans et plus est presque six fois plus nombreux : il tire la part d'ensemble vers sa propre valeur. Le calcul le confirme : 80 % de 30 adhérents, cela fait 24 compétiteurs, et 40 % de 170 adhérents, 68 compétiteurs, soit 92 compétiteurs sur 200 adhérents, c'est-à-dire 46 %.
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Juste. La bonne réponse : 12 %, c'est-à-dire 40 % de 30 %. Les 40 % ne portent pas sur toute la ville : ils portent sur les jeunes habitants, qui forment déjà une part de la ville. Les deux parts se multiplient donc : 0,40 × 0,30 = 0,12, soit 12 % des habitants. Sur 10 000 habitants, cela ferait 3 000 jeunes, dont 1 200 inscrits dans un club : 1 200 sur 10 000, c'est bien 12 %.
Du nuage de points à la droite
★★★Quiz : point moyen, ajustement et estimations
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Juste. La bonne réponse : Un logement, avec sa surface en abscisse et son loyer en ordonnée. Chaque individu du tableau, ici un logement, fournit deux nombres : il devient donc un point de coordonnées (x ; y). Le nuage compte autant de points que d'individus. La moyenne des surfaces et la moyenne des loyers donnent, elles aussi, un point : c'est le point moyen G, qui n'est en général aucun des logements relevés.
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Juste. La bonne réponse : Son ordonnée augmente, puisque la moyenne des ordonnées augmente. Les coordonnées de G sont deux moyennes, calculées avec toutes les valeurs, le nouveau point compris : une ordonnée nettement plus grande que les autres tire la moyenne des ordonnées vers le haut. C'est d'ailleurs une raison de regarder de près un point isolé avant de calculer : erreur de relevé, ou vraie particularité ?
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Juste. La bonne réponse : 2019 : une interpolation ; 2040 : une extrapolation. Interpoler, c'est estimer à l'intérieur de la plage des données, ici entre 2015 et 2024 : l'estimation s'appuie sur des relevés qui l'entourent. Extrapoler, c'est sortir de cette plage : rien ne garantit alors que la tendance observée se prolonge, et l'estimation devient d'autant plus fragile qu'on s'éloigne des données.
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Juste. La bonne réponse : L'écart réel entre les valeurs est bien plus petit que ce que les hauteurs laissent croire. Les valeurs peuvent être exactes : c'est leur mise en image qui trompe l'œil. Quand l'axe part de 45, la hauteur d'une barre ne représente plus la valeur, mais la différence entre la valeur et 45 : une hausse modeste devient une barre bien plus haute. Pour comparer des grandeurs avec des barres, l'axe vertical part de zéro.
Le chapitre en un paragraphe
★★★Le cours en un texte à trous
Croiser deux questions d'une enquête donne un tableau croisé d'effectifs . Chaque case intérieure compte les individus qui vérifient les deux critères à la fois , tandis que la dernière ligne et la dernière colonne donnent les totaux . Pour comparer deux groupes qui n'ont pas le même effectif, on compare leurs parts . Quand les deux caractères sont des nombres, on représente les données par un nuage de points , où chaque individu devient un point. Le point moyen G a pour coordonnées la moyenne des abscisses et la moyenne des ordonnées . La droite qui résume la tendance du nuage s'appelle la droite d'ajustement , et son équation s'écrit y = ax + b . Estimer une valeur à l'intérieur de la plage des données, c'est interpoler ; l'estimer bien au-delà, c'est extrapoler . Enfin, devant un diagramme en barres, on commence par regarder l'origine de l'axe vertical .
Trois pièges se glissent dans ce paragraphe. Une case intérieure ne compte que les individus qui vérifient les deux critères en même temps : ceux qui n'en vérifient qu'un seul sont ailleurs dans le tableau. Le point moyen G se calcule, il ne se repère pas à l'œil : ce n'est pas le point du milieu du nuage, et il ne correspond en général à aucun individu relevé. Enfin, une droite d'ajustement ne passe presque jamais par tous les points du nuage : elle en résume la tendance, ce qui suffit pour estimer une valeur.
Comment vient-on travailler ?
★★★Un tableau croisé, de la première case à la conclusion
Une entreprise de salariés a aménagé un garage à vélos fermé, puis a interrogé tous ses salariés sur leur trajet entre leur domicile et l’entreprise. Chacun a répondu à deux questions : la distance qui sépare son domicile de l’entreprise, et son mode de trajet habituel. Voici le tableau croisé des réponses, laissé en partie vide.
| À pied ou à vélo | Autrement | Total | |
|---|---|---|---|
| Moins de 3 km | 60 | … | 100 |
| 3 km ou plus | … | 120 | … |
| Total | … | … | 250 |
Donnée : ce sondage porte sur cette seule entreprise, un jour donné ; il ne dit rien des autres entreprises de la ville.
- Recopier et compléter le tableau croisé.
- Calculer la part des salariés qui viennent à pied ou à vélo, en pourcentage de l’ensemble des salariés interrogés.
- Calculer cette part chez les salariés qui habitent à moins de , puis chez les autres. Comparer ces deux parts.
- Les salariés qui habitent à moins de représentent de l’effectif, et d’entre eux viennent à pied ou à vélo. Retrouver par un calcul sur les pourcentages la part des salariés qui habitent à moins de et viennent à pied ou à vélo.
- Un journal local titre : « Le garage à vélos a convaincu les salariés les plus éloignés. » Ce tableau permet-il de l’affirmer ?
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1. On complète de proche en proche, par soustractions. Sur la ligne « moins de », les deux cases se partagent le total de la ligne :
Dans la colonne des totaux, les deux lignes se partagent l’effectif total :
Sur la ligne « ou plus », il reste alors qui viennent à pied ou à vélo. Les totaux des colonnes s’obtiennent enfin par addition : et .
| À pied ou à vélo | Autrement | Total | |
|---|---|---|---|
| Moins de 3 km | 60 | 40 | 100 |
| 3 km ou plus | 30 | 120 | 150 |
| Total | 90 | 160 | 250 |
Contrôle : , et . Les deux sommes redonnent l’effectif total : le tableau est cohérent.
2. La part cherchée est le nombre de salariés qui viennent à pied ou à vélo, divisé par l’effectif total :
Les deux nombres étant des salariés, le résultat n’a pas d’unité : c’est une proportion, qu’on écrit en pourcentage en la multipliant par .
3. Chaque part se calcule dans son groupe, c’est-à-dire en divisant par le total de la ligne. Chez les salariés qui habitent à moins de :
Chez ceux qui habitent à ou plus :
La part des trajets à pied ou à vélo est donc trois fois plus grande chez les salariés les plus proches ( contre ). Comparer les effectifs bruts, et , aurait été trompeur : les deux groupes ne comptent pas le même nombre de salariés, d’un côté et de l’autre.
4. Les ne portent pas sur toute l’entreprise : ils portent sur les salariés les plus proches, qui forment déjà de l’effectif. Les deux parts se multiplient :
Le tableau le confirme : ces salariés sont au nombre de , et , soit de l’effectif.
5. Non, pour deux raisons. D’abord, le tableau dit le contraire : la part des trajets à pied ou à vélo vaut chez les salariés qui habitent à ou plus, contre chez les autres. Ensuite, ce sondage a eu lieu après l’aménagement du garage, sans relevé comparable avant : il décrit une situation, il ne mesure pas un changement et il n’en donne pas la cause. Pour soutenir un tel titre, il faudrait deux sondages, l’un avant et l’autre après.
Réflexe à retenir : un tableau croisé répond à la question « combien ? ». La question « pourquoi ? » demande, elle, d’autres informations.
Le tri des déchets d'une commune
★★★Type contrôle, avec deux documents à exploiter
Une commune publie chaque année la masse de déchets déposés par habitant dans le bac de tri, qui reçoit les emballages et les papiers. Le relevé de n’a pas pu être exploité, le prestataire ayant changé de méthode de pesée cette année-là.
| Année | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|
| x : années écoulées depuis 2019 | 0 | 1 | 2 | 3 | 5 |
| y : masse triée par habitant (en kg) | 48 | 51 | 53 | 56 | 62 |
Le bulletin municipal du printemps publie le diagramme ci-dessous, construit avec ces mêmes valeurs.
Donnée : on adopte l’ajustement affine , où est le nombre d’années écoulées depuis et la masse triée par habitant, en kilogrammes.
- Décrire la tendance du nuage de points du document 1.
- Calculer les coordonnées du point moyen , puis vérifier que la droite d’ajustement passe par .
- Estimer avec cet ajustement la masse triée par habitant en . S’agit-il d’une interpolation ou d’une extrapolation ?
- Que prévoit ce modèle pour ? Commenter cette estimation.
- Le document 2 donne l’impression d’une envolée du tri. Expliquer d’où vient cette impression, puis calculer la hausse réelle entre et , en kilogrammes par habitant puis en pourcentage.
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1. Quand augmente, augmente aussi : la tendance est croissante. Les cinq points sont presque alignés, ce qui justifie de résumer le nuage par une droite : entre et , la masse triée par habitant augmente de l’ordre de par an.
2. Les coordonnées de sont deux moyennes séparées. Pour les abscisses, qui comptent des années :
Pour les ordonnées, qui sont des masses :
Le point moyen est donc : une abscisse de années écoulées depuis , et une ordonnée de par habitant. On remplace ensuite par dans l’équation de la droite :
On retrouve l’ordonnée de : la droite d’ajustement passe bien par le point moyen. C’est le contrôle le plus rapide d’un ajustement.
3. L’année correspond à . On remplace par :
Le modèle estime la masse triée à par habitant en . Comme est compris entre et , les deux bornes de la plage des données, il s’agit d’une interpolation : l’estimation s’appuie sur des relevés qui l’encadrent, en et en . Elle reste une estimation, pas une mesure.
4. L’année correspond à :
Le modèle annonce par habitant, soit à peu près le double de . C’est une extrapolation lointaine : elle suppose que la masse triée augmente encore de par habitant chaque année pendant seize années de plus. Rien ne l’assure. La masse triée est limitée par la quantité de déchets produits, les consignes de tri et le nombre d’habitants peuvent changer, et une tendance lue sur cinq relevés ne se prolonge pas forcément sur seize ans. Cette estimation donne un ordre de grandeur, à condition de la présenter comme telle.
5. Sur un diagramme en barres, l’œil compare les hauteurs. Ici, l’axe vertical ne part pas de zéro : sa première graduation est , et les barres sont donc tracées à partir de . La barre de mesure , et celle de , : la dernière barre est presque six fois plus haute que la première, alors que la masse triée est loin d’avoir été multipliée par six.
La hausse réelle se calcule en deux temps. La variation absolue est la différence entre les deux masses :
La variation relative compare cette différence à la masse de départ :
En cinq ans, la masse triée par habitant a augmenté d’environ : une vraie progression, mais pas l’envolée que suggère le dessin. Voici les mêmes valeurs, avec un axe qui part de zéro.
Réflexe à retenir : avant de commenter un diagramme, regarde où commence l’axe vertical, puis calcule la variation relative. Le dessin donne l’impression, le calcul donne la mesure.
Les trois réflexes à retenir
- Compare des parts, pas des effectifs bruts. Deux groupes n’ont presque jamais la même taille : la part se calcule dans chaque groupe, en divisant l’effectif de la case par le total du groupe. Et la part d’ensemble n’est pas la moyenne des deux parts, sauf si les groupes ont le même effectif.
- Le point moyen se calcule, l’ajustement se vérifie. et sont deux moyennes séparées, l’une sur les abscisses, l’autre sur les ordonnées. Une droite d’ajustement bien choisie passe par : remplacer par dans son équation contrôle ton calcul en une ligne.
- Situe ton estimation par rapport à la plage des données. À l’intérieur, c’est une interpolation : des relevés l’encadrent. Au-delà, c’est une extrapolation, et plus tu t’éloignes, plus le modèle devient fragile. Devant un graphique, la première question reste la même : où commence l’axe vertical ?