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Exercices corrigés — Méthodes de suivi d'un titrage

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  1. Exercice 1 : Équivalence et composition du mélange au cours d'un titrage
  2. Exercice 2 : Lire une courbe de titrage pH-métrique ou conductimétrique
  3. Exercice 3 : Équivalence, saut de pH et pentes : le cours à compléter
  4. Exercice 4 : Titrage pH-métrique des ions hydrogénocarbonate d'une eau minérale
  5. Exercice 5 : Titrage conductimétrique d'une eau de chaux
  6. Les trois réflexes à retenir

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Une eau minérale contient-elle vraiment les 1 403 mg d’ions hydrogénocarbonate par litre qu’annonce son étiquette ? Un flacon d’eau de chaux resté mal fermé est-il encore saturé ? Pour le savoir, on fait réagir l’espèce à doser avec une solution de concentration connue, versée à la burette, et on suit la transformation avec un pH-mètre ou un conductimètre. Le programme demande de décrire ce que contient le bécher après chaque ajout, de repérer l’équivalence sur la courbe, d’en tirer une concentration ou une masse, et, pour un suivi conductimétrique, de justifier chaque pente avec les conductivités molaires ioniques. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants se rédigent sur de vraies courbes : un titrage pH-métrique, avec le choix d’un indicateur coloré, puis, comme en contrôle, un titrage conductimétrique.

n₀(A) / a = CB × VE / b la relation à l’équivalence, pour une réaction support a A + b B → produits

A est l’espèce titrée, dans le bécher, et B l’espèce titrante, dans la burette, de concentration CB connue ; a et b sont les nombres stœchiométriques ; n₀(A) est la quantité de A dans la prise d’essai et VE le volume de solution titrante versé à l’équivalence.

Dans le bécher, au fil du versement

  1. Avant l’équivalence Le réactif titrant est limitant : chaque ajout est consommé aussitôt, et il reste de l’espèce titrée dans le bécher.
  2. À l’équivalence Les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques : ils ont disparu tous les deux. Le réactif limitant change.
  3. Après l’équivalence L’espèce titrée est épuisée : le titrant versé ne réagit plus et s’accumule, et la quantité de produit ne change plus.

La réaction support doit être rapide, totale et unique. Les ions spectateurs, apportés avec les réactifs, ne réagissent pas mais restent dans le bécher.

Deux façons de suivre un titrage

Le suivi pH-métrique

pH V VE

Le pH varie brutalement autour de l’équivalence : c’est le saut de pH. VE se lit au milieu du saut, par la méthode des tangentes parallèles ou à l’extremum de la dérivée dpH/dV.

Le pH à l’équivalence ne vaut 7 (à 25 °C) que pour un acide fort titré par une base forte, ou l’inverse.

Sans pH-mètre, un indicateur coloré convient si sa zone de virage est contenue dans le saut de pH.

Le suivi conductimétrique

σ V VE

σ = Σ λi × [Xi] dépend de tous les ions présents, spectateurs compris, chacun selon sa conductivité molaire ionique λi. Avec un grand volume d’eau dans le bécher, la courbe est formée de deux droites : VE se lit à leur intersection.

Pour justifier une pente : quel ion disparaît, quel ion arrive à sa place ou en plus, et lequel a la plus grande conductivité molaire ionique.

Ce qui fixe le volume équivalent. La quantité d’espèce titrée dans la prise d’essai, la concentration du titrant et les nombres stœchiométriques : l’eau ajoutée dans le bécher pour immerger la sonde ne change pas VE.

La carte du chapitre : ce que contient le bécher au fil du titrage, puis les deux courbes et ce qu’on y lit.

Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Les deux courbes se lisent à l’écran ; la fiche PDF de cette page les reprend en grand, pour y tracer tangentes et droites à la règle. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.

Exercice 1

Équivalence et composition du mélange au cours d'un titrage

★★★

Quiz : réaction support, équivalence, réactif limitant

  1. On titre une solution d'acide nitrique (ions oxonium H3O+ et ions nitrate NO3−) par une solution d'hydroxyde de sodium (ions sodium Na+ et ions hydroxyde HO−). L'équivalence a lieu pour 10,0 mL versés, et on en a versé 15,0 mL. Quels ions trouve-t-on alors dans le bécher, en quantité notable ?
  2. On refait le même titrage avec une prise d'essai deux fois plus petite de la même solution, en gardant la même solution titrante. Que devient le volume équivalent ?
  3. Un élève propose de réaliser un titrage avec une réaction support lente. Quel problème cela pose-t-il ?
  4. Pourquoi prélève-t-on la prise d'essai à la pipette jaugée, et non à l'éprouvette graduée ?

Exercice 2

Lire une courbe de titrage pH-métrique ou conductimétrique

★★★

Quiz : saut de pH, dérivée, pentes et conductivités molaires ioniques

  1. Au cours du titrage d'une base faible par l'acide chlorhydrique, le pH chute brutalement d'environ 7 à environ 3, et il vaut 5,2 au milieu de ce saut. Où se trouve le point d'équivalence ?
  2. Le logiciel d'acquisition trace aussi la dérivée dpH/dV en fonction du volume versé. Comment y repère-t-on l'équivalence ?
  3. Conductivités molaires ioniques : λ(HO−) = 19,8 mS·m²·mol−1 ; λ(NO3−) = 7,1 mS·m²·mol−1. On titre une solution d'hydroxyde de potassium (K+, HO−) par de l'acide nitrique (H3O+, NO3−), en suivant la conductivité. Comment évolue-t-elle avant l'équivalence ?
  4. Avant un suivi conductimétrique, on verse environ 200 mL d'eau distillée sur une prise d'essai de 20,0 mL. Pourquoi ?

Exercice 3

Équivalence, saut de pH et pentes : le cours à compléter

★★★

Le cours en un texte à trous

À l'équivalence d'un titrage, les réactifs ont été introduits dans les de la réaction support. Avant l'équivalence, le réactif limitant est le réactif  ; après, l'espèce titrée est épuisée et le titrant versé . Sur une courbe pH-métrique, l'équivalence se lit au milieu du , et un indicateur coloré convient si sa zone de virage est . Lors d'un suivi conductimétrique, la conductivité dépend de , et le volume équivalent se lit . Pour justifier qu'une portion monte ou descend, on fait le bilan des ions qui disparaissent et de ceux qui arrivent, puis on compare leurs .

Exercice 4

Titrage pH-métrique des ions hydrogénocarbonate d'une eau minérale

★★★

Méthode des tangentes, concentration en masse et choix d'un indicateur coloré

Une eau minérale est riche en ions hydrogénocarbonate HCO3−\text{HCO}_3^-. Pour vérifier l’indication de son étiquette, on en prélève V0=50,0 mLV_0 = 50{,}0\ \text{mL} à la pipette jaugée, qu’on titre par une solution d’acide chlorhydrique (H3O++Cl−)(\text{H}_3\text{O}^+ + \text{Cl}^-) de concentration CA=0,100 mol⋅L−1C_A = 0{,}100\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}, en mesurant le pH après chaque ajout. Les autres ions de l’eau ne réagissent pas avec les ions oxonium.

Document 1 - Extrait de l’étiquette. « Composition analytique moyenne. Calcium : 120 mg/L ; magnésium : 35 mg/L ; sodium : 330 mg/L ; potassium : 30 mg/L ; hydrogénocarbonates : 1 403 mg/L ; sulfates : 20 mg/L ; chlorures : 22 mg/L. pH : 7,4. »

Document 2 - La courbe du titrage, enregistrée par un système d’acquisition.

0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 pH V (mL)
Le pH du mélange en fonction du volume V d’acide chlorhydrique versé.

Données :

  • couples acide-base : CO2,H2O/HCO3−\text{CO}_2,\text{H}_2\text{O} / \text{HCO}_3^-, où CO2,H2O\text{CO}_2,\text{H}_2\text{O} désigne le dioxyde de carbone dissous dans l’eau, et H3O+/H2O\text{H}_3\text{O}^+ / \text{H}_2\text{O} ;
  • masse molaire des ions hydrogénocarbonate : M=61,0 g⋅mol−1M = 61{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • zones de virage de trois indicateurs colorés : hélianthine, de pH 3,1 à 4,4 (rouge en dessous, jaune au-dessus) ; bleu de bromothymol, de 6,0 à 7,6 (jaune en dessous, bleu au-dessus) ; phénolphtaléine, de 8,2 à 10,0 (incolore en dessous, rose au-dessus) ;
  • on considère que l’étiquette est confirmée si la mesure s’en écarte de moins de 5 %5\ \%.
  1. Écrire l’équation de la réaction support du titrage.
  2. Déterminer le volume équivalent VEV_E par la méthode des tangentes parallèles, en décrivant la construction.
  3. Calculer la concentration en quantité de matière des ions hydrogénocarbonate dans l’eau, puis leur concentration en masse, en mg⋅L−1\text{mg}\cdot\text{L}^{-1}. La mesure confirme-t-elle l’étiquette ?
  4. On veut refaire ce titrage sans pH-mètre, avec l’un des trois indicateurs colorés des données. Lequel choisir ? Justifier à l’aide de la courbe, en décrivant ce qu’on observerait avec chacun des deux autres.
Voir le corrigé

1. Les ions hydrogénocarbonate, base du couple CO2,H2O/HCO3−\text{CO}_2,\text{H}_2\text{O} / \text{HCO}_3^-, captent un ion hydrogène H+\text{H}^+ cédé par les ions oxonium, acide du couple H3O+/H2O\text{H}_3\text{O}^+ / \text{H}_2\text{O} :

HCO3−(aq)+H3O+(aq)⟶CO2,H2O(aq)+H2O(ℓ)\text{HCO}_3^-(\text{aq}) + \text{H}_3\text{O}^+(\text{aq}) \longrightarrow \text{CO}_2,\text{H}_2\text{O}(\text{aq}) + \text{H}_2\text{O}(\ell)

Astuce de vérification : on compte 1 atome de carbone, 4 atomes d’oxygène et 4 atomes d’hydrogène de chaque côté, et la charge vaut −1+1=0-1 + 1 = 0 à gauche comme à droite ✓.

2. On trace une première tangente à la courbe là où elle s’incurve avant le saut de pH, puis une seconde, parallèle à la première, là où elle s’incurve après le saut. On trace ensuite la parallèle située à égale distance des deux : elle coupe la courbe au point d’équivalence E, dont l’abscisse est le volume équivalent.

0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 pH V (mL) E VE ≈ 11,6 mL
Les deux tangentes parallèles, de part et d’autre du saut, et la parallèle tracée à égale distance : elle coupe la courbe au point d’équivalence E.

On lit VE≈11,6 mLV_E \approx 11{,}6\ \text{mL} ; selon le tracé, une valeur comprise entre 11,5 mL11{,}5\ \text{mL} et 11,7 mL11{,}7\ \text{mL} est acceptable. Le point E se trouve bien au milieu du saut, là où la courbe est la plus raide. Son ordonnée, voisine de 4,0, est le pH à l’équivalence : il est nettement inférieur à 7, car le mélange contient alors du dioxyde de carbone dissous, un acide.

3. La réaction support consomme un ion oxonium pour un ion hydrogénocarbonate. À l’équivalence, les réactifs ont été introduits dans ces proportions : la quantité d’ions hydrogénocarbonate de la prise d’essai, notée n0n_0, est égale à la quantité d’ions oxonium versée. Avec VE=11,6 mL=11,6×10−3 LV_E = 11{,}6\ \text{mL} = 11{,}6 \times 10^{-3}\ \text{L} :

n0=CA×VE=0,100 mol⋅L−1×11,6×10−3 L=1,16×10−3 moln_0 = C_A \times V_E = 0{,}100\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} \times 11{,}6 \times 10^{-3}\ \text{L} = 1{,}16 \times 10^{-3}\ \text{mol}

Cette quantité était contenue dans la prise d’essai de 50,0 mL50{,}0\ \text{mL} :

C=n0V0=1,16×10−3 mol50,0×10−3 L=2,32×10−2 mol⋅L−1C = \frac{n_0}{V_0} = \frac{1{,}16 \times 10^{-3}\ \text{mol}}{50{,}0 \times 10^{-3}\ \text{L}} = 2{,}32 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}

La concentration en masse s’obtient avec la masse molaire, puis on convertit en milligrammes par litre, avec 1 g=103 mg1\ \text{g} = 10^{3}\ \text{mg} :

Cm=C×M=2,32×10−2 mol⋅L−1×61,0 g⋅mol−1=1,42 g⋅L−1=1,42×103 mg⋅L−1C_m = C \times M = 2{,}32 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} \times 61{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} = 1{,}42\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} = 1{,}42 \times 10^{3}\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}

L’étiquette annonce 1 403 mg⋅L−11\,403\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}. L’écart relatif vaut :

∣1,42×103 mg⋅L−1−1 403 mg⋅L−1∣1 403 mg⋅L−1=0,012=1,2 %\frac{\left|1{,}42 \times 10^{3}\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1} - 1\,403\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}\right|}{1\,403\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}} = 0{,}012 = 1{,}2\ \%

L’écart est inférieur à 5 %5\ \% : la mesure confirme l’étiquette. Il est d’ailleurs du même ordre que la précision de la lecture graphique, puisqu’une erreur de 0,1 mL0{,}1\ \text{mL} sur VE=11,6 mLV_E = 11{,}6\ \text{mL} représente déjà près de 1 %1\ \%.

4. Un indicateur coloré convient si sa zone de virage est contenue dans le saut de pH : c’est alors au voisinage immédiat de l’équivalence qu’il change de couleur. On place les trois zones sur la courbe :

0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 pH V (mL) hélianthine (3,1 - 4,4) bleu de bromothymol (6,0 - 7,6) phénolphtaléine (8,2 - 10,0)
Les zones de virage des trois indicateurs, placées sur la courbe : seule celle de l’hélianthine est traversée pendant le saut de pH.
  • L’hélianthine convient. Sa zone de virage, de 3,1 à 4,4, est traversée pendant le saut de pH et contient le pH à l’équivalence, voisin de 4,0. Jaune au départ, elle prend sa teinte orange vers 11,5 mL11{,}5\ \text{mL}, puis devient rouge vers 12,1 mL12{,}1\ \text{mL} : le changement de couleur encadre l’équivalence.
  • Le bleu de bromothymol ne convient pas. Sa zone, de 6,0 à 7,6, correspond au début du titrage, où le pH diminue lentement : l’indicateur serait vert dès le départ (pH 7,4), puis passerait progressivement au jaune, atteint vers 7,7 mL7{,}7\ \text{mL}, bien avant l’équivalence et sans changement net.
  • La phénolphtaléine ne convient pas. Sa zone, de 8,2 à 10,0, est au-dessus de toute la courbe : la solution resterait incolore du premier au dernier ajout, sans aucun virage.

Réflexe à retenir : pour choisir un indicateur coloré, place sa zone de virage sur la courbe. Il convient si cette zone est traversée pendant le saut de pH, et non pendant la partie de la courbe où le pH varie lentement.

Exercice 5

Titrage conductimétrique d'une eau de chaux

★★★

Type contrôle : exploiter une courbe conductimétrique, établir la composition du mélange, justifier les pentes

L’eau de chaux, utilisée au laboratoire pour reconnaître le dioxyde de carbone, est une solution aqueuse d’hydroxyde de calcium : elle contient des ions calcium Ca2+\text{Ca}^{2+} et deux fois plus d’ions hydroxyde HO−\text{HO}^-. Un flacon d’eau de chaux est resté mal fermé, et un léger dépôt blanc s’est formé au fond. Le technicien veut savoir si la solution est encore saturée.

Document 1 - Le protocole. L’eau de chaux du flacon est filtrée. On en prélève V0=25,0 mLV_0 = 25{,}0\ \text{mL} à la pipette jaugée, qu’on verse dans un grand bécher avec environ 200 mL200\ \text{mL} d’eau distillée. On titre ce mélange par une solution d’acide chlorhydrique (H3O++Cl−)(\text{H}_3\text{O}^+ + \text{Cl}^-) de concentration CA=0,100 mol⋅L−1C_A = 0{,}100\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}, en mesurant la conductivité σ\sigma du mélange après chaque millilitre versé. Toutes les solutions sont à 20 ∘C20\ ^\circ\text{C}.

Document 2 - Les mesures.

0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 0 40 80 120 160 200 σ (mS·m⁻¹) V (mL)
La conductivité σ du mélange, relevée après chaque millilitre d’acide chlorhydrique versé.

Données :

  • dissolution de l’hydroxyde de calcium dans l’eau : Ca(OH)2(s)⟶Ca2+(aq)+2 HO−(aq)\text{Ca(OH)}_2(\text{s}) \longrightarrow \text{Ca}^{2+}(\text{aq}) + 2\,\text{HO}^-(\text{aq}) ;
  • masse molaire de l’hydroxyde de calcium : M=74,1 g⋅mol−1M = 74{,}1\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • conductivités molaires ioniques : λ(H3O+)=35,0 mS⋅m2⋅mol−1\lambda(\text{H}_3\text{O}^+) = 35{,}0\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1} ; λ(HO−)=19,8 mS⋅m2⋅mol−1\lambda(\text{HO}^-) = 19{,}8\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1} ; λ(Ca2+)=11,9 mS⋅m2⋅mol−1\lambda(\text{Ca}^{2+}) = 11{,}9\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1} ; λ(Cl−)=7,6 mS⋅m2⋅mol−1\lambda(\text{Cl}^-) = 7{,}6\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • loi de Kohlrausch : σ=∑λi×[Xi]\sigma = \sum \lambda_i \times [\text{X}_i], la somme portant sur tous les ions Xi\text{X}_i du mélange ;
  • à 20 ∘C20\ ^\circ\text{C}, une eau de chaux saturée contient environ 1,7 g1{,}7\ \text{g} d’hydroxyde de calcium dissous par litre ;
  • au contact du dioxyde de carbone de l’air, les ions calcium et hydroxyde de l’eau de chaux forment du carbonate de calcium CaCO3\text{CaCO}_3, un solide blanc.
  1. Écrire l’équation de la réaction support du titrage. Quels ions du mélange sont spectateurs ?
  2. Déterminer graphiquement le volume équivalent VEV_E, puis la quantité d’ions hydroxyde n0n_0 contenue dans la prise d’essai.
  3. Établir la composition du mélange, c’est-à-dire les quantités de matière des ions HO−\text{HO}^-, H3O+\text{H}_3\text{O}^+, Cl−\text{Cl}^- et Ca2+\text{Ca}^{2+}, après l’ajout de V=5,0 mLV = 5{,}0\ \text{mL}, puis de V=12,0 mLV = 12{,}0\ \text{mL} d’acide chlorhydrique.
  4. Justifier, à l’aide des conductivités molaires ioniques, la diminution de σ\sigma avant l’équivalence, puis son augmentation après. Pourquoi la seconde portion est-elle plus pentue que la première ?
  5. Expliquer pourquoi on a ajouté environ 200 mL200\ \text{mL} d’eau distillée, et pourquoi ce volume n’a pas besoin d’être mesuré avec précision.
  6. Calculer la concentration en ions hydroxyde de l’eau de chaux, puis la masse d’hydroxyde de calcium dissoute par litre. L’eau de chaux du flacon est-elle encore saturée ? Proposer une explication.
Voir le corrigé

1. Les ions oxonium, acide du couple H3O+/H2O\text{H}_3\text{O}^+ / \text{H}_2\text{O}, cèdent un ion hydrogène H+\text{H}^+ aux ions hydroxyde, base du couple H2O/HO−\text{H}_2\text{O} / \text{HO}^- :

H3O+(aq)+HO−(aq)⟶2 H2O(ℓ)\text{H}_3\text{O}^+(\text{aq}) + \text{HO}^-(\text{aq}) \longrightarrow 2\,\text{H}_2\text{O}(\ell)

Les ions calcium Ca2+\text{Ca}^{2+}, apportés par l’eau de chaux, et les ions chlorure Cl−\text{Cl}^-, apportés par l’acide, ne réagissent pas : ce sont des ions spectateurs. Ils restent dans le mélange et participent à sa conductivité.

2. Les points du document 2 sont alignés sur deux droites. On trace chaque droite à la règle, au plus près des points éloignés du changement de pente (de 0 mL0\ \text{mL} à 7 mL7\ \text{mL}, puis de 11 mL11\ \text{mL} à 18 mL18\ \text{mL}), et on les prolonge jusqu’à leur intersection :

0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 0 40 80 120 160 200 σ (mS·m⁻¹) V (mL) VE ≈ 9,0 mL
Les deux droites moyennes, tracées avec les points éloignés du changement de pente : elles se coupent à l’abscisse du volume équivalent.

On lit VE≈9,0 mLV_E \approx 9{,}0\ \text{mL}. La réaction consomme un ion oxonium par ion hydroxyde : à l’équivalence, la quantité d’ions hydroxyde de la prise d’essai est égale à la quantité d’ions oxonium versée.

n0=CA×VE=0,100 mol⋅L−1×9,0×10−3 L=9,0×10−4 mol=0,90 mmoln_0 = C_A \times V_E = 0{,}100\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} \times 9{,}0 \times 10^{-3}\ \text{L} = 9{,}0 \times 10^{-4}\ \text{mol} = 0{,}90\ \text{mmol}

3. Quantités apportées, communes aux deux volumes : n0=0,90 mmoln_0 = 0{,}90\ \text{mmol} d’ions hydroxyde, et deux fois moins d’ions calcium d’après l’équation de dissolution, soit 0,45 mmol0{,}45\ \text{mmol}. L’acide versé apporte CA×VC_A \times V d’ions oxonium, et autant d’ions chlorure.

Pour V=5,0 mLV = 5{,}0\ \text{mL}, on a versé 0,100 mol⋅L−1×5,0×10−3 L=5,0×10−4 mol=0,50 mmol0{,}100\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} \times 5{,}0 \times 10^{-3}\ \text{L} = 5{,}0 \times 10^{-4}\ \text{mol} = 0{,}50\ \text{mmol} d’ions oxonium. C’est moins que n0n_0 : on est avant l’équivalence, et les ions oxonium sont le réactif limitant. Ils sont entièrement consommés, avec autant d’ions hydroxyde : il en reste 0,90 mmol−0,50 mmol=0,40 mmol0{,}90\ \text{mmol} - 0{,}50\ \text{mmol} = 0{,}40\ \text{mmol}.

Pour V=12,0 mLV = 12{,}0\ \text{mL}, on a versé 0,100 mol⋅L−1×12,0×10−3 L=1,20×10−3 mol=1,20 mmol0{,}100\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} \times 12{,}0 \times 10^{-3}\ \text{L} = 1{,}20 \times 10^{-3}\ \text{mol} = 1{,}20\ \text{mmol} d’ions oxonium. C’est plus que n0n_0 : on est après l’équivalence, les ions hydroxyde sont le réactif limitant, et 1,20 mmol−0,90 mmol=0,30 mmol1{,}20\ \text{mmol} - 0{,}90\ \text{mmol} = 0{,}30\ \text{mmol} d’ions oxonium restent en excès.

Quantité de matière (en mmol)HO−\text{HO}^-H3O+\text{H}_3\text{O}^+Cl−\text{Cl}^-Ca2+\text{Ca}^{2+}
Après 5,0 mL5{,}0\ \text{mL}0,400{,}40pratiquement 000,500{,}500,450{,}45
Après 12,0 mL12{,}0\ \text{mL}pratiquement 000,300{,}301,201{,}200,450{,}45

Astuce de vérification : les charges se compensent dans les deux cas. Après 5,0 mL5{,}0\ \text{mL}, les ions calcium portent 2×0,45 mmol=0,90 mmol2 \times 0{,}45\ \text{mmol} = 0{,}90\ \text{mmol} de charges positives, et les anions 0,40 mmol+0,50 mmol=0,90 mmol0{,}40\ \text{mmol} + 0{,}50\ \text{mmol} = 0{,}90\ \text{mmol} de charges négatives ✓. Après 12,0 mL12{,}0\ \text{mL} : 0,90 mmol+0,30 mmol=1,20 mmol0{,}90\ \text{mmol} + 0{,}30\ \text{mmol} = 1{,}20\ \text{mmol} de chaque côté ✓.

4. Avant l’équivalence, chaque ion oxonium versé réagit avec un ion hydroxyde du bécher, et l’ion chlorure qui l’accompagnait reste dans le mélange. Bilan de chaque ajout : un ion HO−\text{HO}^- en moins, un ion Cl−\text{Cl}^- en plus. Le nombre d’ions ne change pas, mais λ(Cl−)=7,6 mS⋅m2⋅mol−1\lambda(\text{Cl}^-) = 7{,}6\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1} est bien plus petite que λ(HO−)=19,8 mS⋅m2⋅mol−1\lambda(\text{HO}^-) = 19{,}8\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1} : un ion très conducteur est remplacé par un ion qui l’est moins, et la conductivité diminue. Les ions calcium gardent la même quantité de matière.

Après l’équivalence, il n’y a plus d’ions hydroxyde à consommer : les ions oxonium et chlorure versés s’ajoutent au mélange, sans qu’aucun ion ne disparaisse. La conductivité augmente.

La seconde portion est plus pentue. Après l’équivalence, chaque ajout apporte deux ions, dont l’ion oxonium, le plus conducteur des ions du mélange : ce qui compte est la somme λ(H3O+)+λ(Cl−)=35,0 mS⋅m2⋅mol−1+7,6 mS⋅m2⋅mol−1=42,6 mS⋅m2⋅mol−1\lambda(\text{H}_3\text{O}^+) + \lambda(\text{Cl}^-) = 35{,}0\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1} + 7{,}6\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1} = 42{,}6\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1}. Avant l’équivalence, chaque ajout remplaçait un ion hydroxyde par un ion chlorure : ce qui comptait était la différence λ(HO−)−λ(Cl−)=19,8 mS⋅m2⋅mol−1−7,6 mS⋅m2⋅mol−1=12,2 mS⋅m2⋅mol−1\lambda(\text{HO}^-) - \lambda(\text{Cl}^-) = 19{,}8\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1} - 7{,}6\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1} = 12{,}2\ \text{mS}\cdot\text{m}^2\cdot\text{mol}^{-1}, environ trois fois et demie plus petite. Pour un même volume d’acide versé, la conductivité varie donc environ trois fois et demie plus vite après l’équivalence qu’avant, si l’on néglige la dilution. Sur le document 2, la conductivité baisse d’environ 5,7 mS⋅m−15{,}7\ \text{mS}\cdot\text{m}^{-1} par millilitre avant l’équivalence, et monte d’environ 17 mS⋅m−117\ \text{mS}\cdot\text{m}^{-1} par millilitre après : un rapport voisin de 3, un peu inférieur à 3,5 parce que la dilution, faible mais réelle, abaisse la conductivité tout au long du titrage.

5. Les concentrations des ions, et donc la conductivité, dépendent du volume total du mélange. Sans eau ajoutée, ce volume passerait de 25,0 mL25{,}0\ \text{mL} à 43 mL43\ \text{mL} au cours du titrage, et les portions de la courbe seraient nettement incurvées. Avec environ 200 mL200\ \text{mL} d’eau, il passe d’environ 225 mL225\ \text{mL} à 243 mL243\ \text{mL}, soit moins de 10 %10\ \% d’augmentation : les portions sont quasiment rectilignes, et leur intersection se lit facilement.

Ce volume n’a pas besoin d’être précis, car il ne change pas la quantité d’ions hydroxyde de la prise d’essai, donc pas le volume équivalent. Il modifie les valeurs de la conductivité, mais on ne se sert que de l’abscisse de l’intersection des droites.

6. La quantité n0n_0 était contenue dans la prise d’essai de 25,0 mL25{,}0\ \text{mL} :

[HO−]=n0V0=9,0×10−4 mol25,0×10−3 L=3,6×10−2 mol⋅L−1[\text{HO}^-] = \frac{n_0}{V_0} = \frac{9{,}0 \times 10^{-4}\ \text{mol}}{25{,}0 \times 10^{-3}\ \text{L}} = 3{,}6 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}

D’après l’équation de dissolution, chaque entité d’hydroxyde de calcium dissoute libère deux ions hydroxyde : la concentration en hydroxyde de calcium dissous, notée cc, est deux fois plus petite.

c=[HO−]2=3,6×10−2 mol⋅L−12=1,8×10−2 mol⋅L−1c = \frac{[\text{HO}^-]}{2} = \frac{3{,}6 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}}{2} = 1{,}8 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}

Cm=c×M=1,8×10−2 mol⋅L−1×74,1 g⋅mol−1=1,3 g⋅L−1C_m = c \times M = 1{,}8 \times 10^{-2}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} \times 74{,}1\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} = 1{,}3\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}

Le flacon contient 1,3 g1{,}3\ \text{g} d’hydroxyde de calcium dissous par litre, contre environ 1,7 g1{,}7\ \text{g} pour une eau de chaux saturée à 20 ∘C20\ ^\circ\text{C} : l’eau de chaux du flacon n’est plus saturée. Une explication possible : par le bouchon mal fermé, le dioxyde de carbone de l’air a réagi avec les ions calcium et hydroxyde en formant du carbonate de calcium, le dépôt blanc observé au fond du flacon. Ces ions ont quitté la solution, qui s’est appauvrie.

Réflexe à retenir : pour justifier une pente, écris le bilan d’un ajout (l’ion qui disparaît, l’ion qui arrive à sa place ou en plus), puis compare leurs conductivités molaires ioniques, valeurs de l’énoncé à l’appui. Dire seulement « il y a plus d’ions » ou « moins d’ions » ne suffit pas : avant l’équivalence, ici, leur nombre ne change pas.

Les trois réflexes à retenir

  1. Situe le volume versé par rapport à VEV_E avant de décrire le mélange. Avant l’équivalence, le titrant est limitant et il reste de l’espèce titrée ; après, l’espèce titrée est épuisée et le titrant s’accumule. Les ions spectateurs, eux, sont là du début à la fin.
  2. Le volume équivalent se lit sur la forme de la courbe, pas sur une valeur de pH fixée à l’avance. Milieu du saut de pH pour un suivi pH-métrique (tangentes parallèles ou extremum de la dérivée), intersection des deux droites pour un suivi conductimétrique. L’indicateur coloré se choisit de la même façon : sa zone de virage doit être traversée pendant le saut.
  3. Une pente se justifie par un bilan d’ions et leurs conductivités molaires ioniques. Quel ion disparaît, quel ion arrive, et lequel conduit le mieux. La carte en haut de page rassemble la relation à l’équivalence et ce qu’on lit sur chaque courbe.

Pour revoir les couples acide-base et le calcul du pH, la page Transformations acide-base et pH ; pour la loi de Kohlrausch et les dosages par étalonnage, Méthodes physiques d’analyse ; pour la constante d’acidité et la demi-équivalence, Force des acides et des bases.

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