Exercices corrigés — Méthodes de suivi d'un titrage
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- Exercice 1 : Équivalence et composition du mélange au cours d'un titrage
- Exercice 2 : Lire une courbe de titrage pH-métrique ou conductimétrique
- Exercice 3 : Équivalence, saut de pH et pentes : le cours à compléter
- Exercice 4 : Titrage pH-métrique des ions hydrogénocarbonate d'une eau minérale
- Exercice 5 : Titrage conductimétrique d'une eau de chaux
- Les trois réflexes à retenir
Une eau minérale contient-elle vraiment les 1 403 mg d’ions hydrogénocarbonate par litre qu’annonce son étiquette ? Un flacon d’eau de chaux resté mal fermé est-il encore saturé ? Pour le savoir, on fait réagir l’espèce à doser avec une solution de concentration connue, versée à la burette, et on suit la transformation avec un pH-mètre ou un conductimètre. Le programme demande de décrire ce que contient le bécher après chaque ajout, de repérer l’équivalence sur la courbe, d’en tirer une concentration ou une masse, et, pour un suivi conductimétrique, de justifier chaque pente avec les conductivités molaires ioniques. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants se rédigent sur de vraies courbes : un titrage pH-métrique, avec le choix d’un indicateur coloré, puis, comme en contrôle, un titrage conductimétrique.
A est l’espèce titrée, dans le bécher, et B l’espèce titrante, dans la burette, de concentration CB connue ; a et b sont les nombres stœchiométriques ; n₀(A) est la quantité de A dans la prise d’essai et VE le volume de solution titrante versé à l’équivalence.
Dans le bécher, au fil du versement
- Avant l’équivalence Le réactif titrant est limitant : chaque ajout est consommé aussitôt, et il reste de l’espèce titrée dans le bécher.
- À l’équivalence Les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques : ils ont disparu tous les deux. Le réactif limitant change.
- Après l’équivalence L’espèce titrée est épuisée : le titrant versé ne réagit plus et s’accumule, et la quantité de produit ne change plus.
La réaction support doit être rapide, totale et unique. Les ions spectateurs, apportés avec les réactifs, ne réagissent pas mais restent dans le bécher.
Deux façons de suivre un titrage
Le suivi pH-métrique
Le pH varie brutalement autour de l’équivalence : c’est le saut de pH. VE se lit au milieu du saut, par la méthode des tangentes parallèles ou à l’extremum de la dérivée dpH/dV.
Le pH à l’équivalence ne vaut 7 (à 25 °C) que pour un acide fort titré par une base forte, ou l’inverse.
Sans pH-mètre, un indicateur coloré convient si sa zone de virage est contenue dans le saut de pH.
Le suivi conductimétrique
σ = Σ λi × [Xi] dépend de tous les ions présents, spectateurs compris, chacun selon sa conductivité molaire ionique λi. Avec un grand volume d’eau dans le bécher, la courbe est formée de deux droites : VE se lit à leur intersection.
Pour justifier une pente : quel ion disparaît, quel ion arrive à sa place ou en plus, et lequel a la plus grande conductivité molaire ionique.
Ce qui fixe le volume équivalent. La quantité d’espèce titrée dans la prise d’essai, la concentration du titrant et les nombres stœchiométriques : l’eau ajoutée dans le bécher pour immerger la sonde ne change pas VE.
Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Les deux courbes se lisent à l’écran ; la fiche PDF de cette page les reprend en grand, pour y tracer tangentes et droites à la règle. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.
Équivalence et composition du mélange au cours d'un titrage
★★★Quiz : réaction support, équivalence, réactif limitant
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Juste. La bonne réponse : Des ions sodium, nitrate et hydroxyde. Après l'équivalence, les ions oxonium ont été consommés par la réaction support, H3O+ + HO− → 2 H2O : il n'en reste que des traces. Les ions hydroxyde versés au-delà de 10,0 mL ne trouvent plus rien avec quoi réagir : ils s'accumulent. Les ions sodium et nitrate, eux, ne réagissent pas du tout : ce sont des ions spectateurs, présents du début à la fin, et ils font partie de la composition du mélange.
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Juste. La bonne réponse : Il est divisé par deux. À l'équivalence, la quantité de réactif titrant versée correspond à la quantité d'espèce titrée présente dans le bécher, dans les proportions de l'équation. Une prise d'essai deux fois plus petite contient deux fois moins d'espèce titrée : il faut verser deux fois moins de titrant. La concentration de la solution titrée est bien la même, et c'est elle qu'on retrouve en divisant la quantité titrée par le volume de la prise d'essai.
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Juste. La bonne réponse : Après chaque ajout, le mélange n'a pas encore atteint son état final : la mesure ne correspond pas à la quantité versée. Chaque mesure de pH ou de conductivité doit décrire l'état final du mélange après l'ajout. Avec une réaction lente, le réactif versé n'a pas fini de réagir au moment de la mesure : la courbe prend du retard sur le versement, et l'équivalence est mal repérée. La quantité de réactif nécessaire, elle, ne dépend pas de la vitesse de la réaction, puisqu'elle est fixée par l'équation. C'est pourquoi une réaction support doit être à la fois rapide, totale et unique.
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Juste. La bonne réponse : Son volume sert au calcul de la concentration cherchée : il doit être connu avec précision. La concentration de l'espèce titrée s'obtient en divisant sa quantité de matière, tirée de l'équivalence, par le volume de la prise d'essai : une erreur sur ce volume se retrouve directement dans le résultat. Une pipette jaugée délivre un volume connu avec une bien meilleure précision qu'une éprouvette graduée. Le volume d'eau qu'on ajoute ensuite dans le bécher pour immerger la sonde, en revanche, n'a pas besoin d'être précis : il ne change pas la quantité d'espèce titrée.
Lire une courbe de titrage pH-métrique ou conductimétrique
★★★Quiz : saut de pH, dérivée, pentes et conductivités molaires ioniques
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Juste. La bonne réponse : Au milieu du saut de pH, à un pH voisin de 5,2. Le volume équivalent se lit au milieu du saut de pH, là où le pH varie le plus vite : on le repère par la méthode des tangentes parallèles ou avec la dérivée. Le pH à l'équivalence dépend des espèces présentes à ce moment-là : il ne vaut 7 (à 25 °C) que pour un acide fort titré par une base forte, ou l'inverse. Ici, le mélange contient alors l'acide conjugué de la base titrée, d'où un pH inférieur à 7. Lire l'équivalence à pH = 7 donnerait un volume trop petit, puisque le pH vaut 7 au début du saut.
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Juste. La bonne réponse : À l'abscisse de l'extremum de la dérivée : un pic, ou un creux si le pH diminue. La dérivée dpH/dV dit à quelle vitesse le pH change quand on verse du réactif. Elle est la plus grande, en valeur absolue, au milieu du saut de pH, c'est-à-dire à l'équivalence. Quand le pH diminue au cours du titrage, la dérivée est négative : son extremum est alors un creux. Une dérivée proche de zéro correspond au contraire aux parties de la courbe où le pH ne varie presque plus, loin de l'équivalence.
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Juste. La bonne réponse : Elle diminue : chaque ion hydroxyde consommé est remplacé par un ion nitrate, moins conducteur. Avant l'équivalence, chaque ion oxonium versé réagit avec un ion hydroxyde du bécher et disparaît avec lui, tandis que l'ion nitrate qui l'accompagnait reste dans le mélange. Bilan de chaque ajout : un ion hydroxyde en moins, un ion nitrate en plus. Le nombre d'ions ne change pas, mais λ(NO3−) = 7,1 mS·m²·mol−1 est bien plus petite que λ(HO−) = 19,8 mS·m²·mol−1 : la conductivité diminue. Les ions potassium, spectateurs, gardent la même quantité de matière.
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Juste. La bonne réponse : Pour que la dilution due au réactif versé reste négligeable : les portions de la courbe sont alors des droites. Les concentrations des ions dépendent du volume total du mélange. Si ce volume augmente nettement au cours du versement, la conductivité n'évolue plus en ligne droite avec le volume versé, et les portions de la courbe s'incurvent. Avec un grand volume d'eau au départ, quelques millilitres versés changent peu le volume total : les portions sont quasiment rectilignes, et leur intersection se lit facilement. L'eau ajoutée ne change pas la quantité d'espèce titrée, donc pas le volume équivalent ; en diluant les ions, elle diminue même la conductivité.
Équivalence, saut de pH et pentes : le cours à compléter
★★★Le cours en un texte à trous
À l'équivalence d'un titrage, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de la réaction support. Avant l'équivalence, le réactif limitant est le réactif titrant ; après, l'espèce titrée est épuisée et le titrant versé s'accumule dans le bécher . Sur une courbe pH-métrique, l'équivalence se lit au milieu du saut de pH , et un indicateur coloré convient si sa zone de virage est contenue dans le saut de pH . Lors d'un suivi conductimétrique, la conductivité dépend de tous les ions présents , et le volume équivalent se lit à l'intersection des deux droites . Pour justifier qu'une portion monte ou descend, on fait le bilan des ions qui disparaissent et de ceux qui arrivent, puis on compare leurs conductivités molaires ioniques .
Les proportions stœchiométriques tiennent compte des nombres de l'équation : pour 2 A + B → produits, il faut deux fois plus de A que de B à l'équivalence, et non des quantités égales. Le pH à l'équivalence ne vaut 7 (à 25 °C) que pour un acide fort titré par une base forte, ou l'inverse : c'est le saut de pH qui guide la lecture et le choix de l'indicateur, pas la valeur 7. Enfin, la conductivité ne s'annule pas pendant un titrage : il reste toujours des ions, ne serait-ce que les ions spectateurs, et chacun contribue selon sa conductivité molaire ionique λ.
Titrage pH-métrique des ions hydrogénocarbonate d'une eau minérale
★★★Méthode des tangentes, concentration en masse et choix d'un indicateur coloré
Une eau minérale est riche en ions hydrogénocarbonate . Pour vérifier l’indication de son étiquette, on en prélève à la pipette jaugée, qu’on titre par une solution d’acide chlorhydrique de concentration , en mesurant le pH après chaque ajout. Les autres ions de l’eau ne réagissent pas avec les ions oxonium.
Document 1 - Extrait de l’étiquette. « Composition analytique moyenne. Calcium : 120 mg/L ; magnésium : 35 mg/L ; sodium : 330 mg/L ; potassium : 30 mg/L ; hydrogénocarbonates : 1 403 mg/L ; sulfates : 20 mg/L ; chlorures : 22 mg/L. pH : 7,4. »
Document 2 - La courbe du titrage, enregistrée par un système d’acquisition.
Données :
- couples acide-base : , où désigne le dioxyde de carbone dissous dans l’eau, et ;
- masse molaire des ions hydrogénocarbonate : ;
- zones de virage de trois indicateurs colorés : hélianthine, de pH 3,1 à 4,4 (rouge en dessous, jaune au-dessus) ; bleu de bromothymol, de 6,0 à 7,6 (jaune en dessous, bleu au-dessus) ; phénolphtaléine, de 8,2 à 10,0 (incolore en dessous, rose au-dessus) ;
- on considère que l’étiquette est confirmée si la mesure s’en écarte de moins de .
- Écrire l’équation de la réaction support du titrage.
- Déterminer le volume équivalent par la méthode des tangentes parallèles, en décrivant la construction.
- Calculer la concentration en quantité de matière des ions hydrogénocarbonate dans l’eau, puis leur concentration en masse, en . La mesure confirme-t-elle l’étiquette ?
- On veut refaire ce titrage sans pH-mètre, avec l’un des trois indicateurs colorés des données. Lequel choisir ? Justifier à l’aide de la courbe, en décrivant ce qu’on observerait avec chacun des deux autres.
Voir le corrigé
1. Les ions hydrogénocarbonate, base du couple , captent un ion hydrogène cédé par les ions oxonium, acide du couple :
Astuce de vérification : on compte 1 atome de carbone, 4 atomes d’oxygène et 4 atomes d’hydrogène de chaque côté, et la charge vaut à gauche comme à droite ✓.
2. On trace une première tangente à la courbe là où elle s’incurve avant le saut de pH, puis une seconde, parallèle à la première, là où elle s’incurve après le saut. On trace ensuite la parallèle située à égale distance des deux : elle coupe la courbe au point d’équivalence E, dont l’abscisse est le volume équivalent.
On lit ; selon le tracé, une valeur comprise entre et est acceptable. Le point E se trouve bien au milieu du saut, là où la courbe est la plus raide. Son ordonnée, voisine de 4,0, est le pH à l’équivalence : il est nettement inférieur à 7, car le mélange contient alors du dioxyde de carbone dissous, un acide.
3. La réaction support consomme un ion oxonium pour un ion hydrogénocarbonate. À l’équivalence, les réactifs ont été introduits dans ces proportions : la quantité d’ions hydrogénocarbonate de la prise d’essai, notée , est égale à la quantité d’ions oxonium versée. Avec :
Cette quantité était contenue dans la prise d’essai de :
La concentration en masse s’obtient avec la masse molaire, puis on convertit en milligrammes par litre, avec :
L’étiquette annonce . L’écart relatif vaut :
L’écart est inférieur à : la mesure confirme l’étiquette. Il est d’ailleurs du même ordre que la précision de la lecture graphique, puisqu’une erreur de sur représente déjà près de .
4. Un indicateur coloré convient si sa zone de virage est contenue dans le saut de pH : c’est alors au voisinage immédiat de l’équivalence qu’il change de couleur. On place les trois zones sur la courbe :
- L’hélianthine convient. Sa zone de virage, de 3,1 à 4,4, est traversée pendant le saut de pH et contient le pH à l’équivalence, voisin de 4,0. Jaune au départ, elle prend sa teinte orange vers , puis devient rouge vers : le changement de couleur encadre l’équivalence.
- Le bleu de bromothymol ne convient pas. Sa zone, de 6,0 à 7,6, correspond au début du titrage, où le pH diminue lentement : l’indicateur serait vert dès le départ (pH 7,4), puis passerait progressivement au jaune, atteint vers , bien avant l’équivalence et sans changement net.
- La phénolphtaléine ne convient pas. Sa zone, de 8,2 à 10,0, est au-dessus de toute la courbe : la solution resterait incolore du premier au dernier ajout, sans aucun virage.
Réflexe à retenir : pour choisir un indicateur coloré, place sa zone de virage sur la courbe. Il convient si cette zone est traversée pendant le saut de pH, et non pendant la partie de la courbe où le pH varie lentement.
Titrage conductimétrique d'une eau de chaux
★★★Type contrôle : exploiter une courbe conductimétrique, établir la composition du mélange, justifier les pentes
L’eau de chaux, utilisée au laboratoire pour reconnaître le dioxyde de carbone, est une solution aqueuse d’hydroxyde de calcium : elle contient des ions calcium et deux fois plus d’ions hydroxyde . Un flacon d’eau de chaux est resté mal fermé, et un léger dépôt blanc s’est formé au fond. Le technicien veut savoir si la solution est encore saturée.
Document 1 - Le protocole. L’eau de chaux du flacon est filtrée. On en prélève à la pipette jaugée, qu’on verse dans un grand bécher avec environ d’eau distillée. On titre ce mélange par une solution d’acide chlorhydrique de concentration , en mesurant la conductivité du mélange après chaque millilitre versé. Toutes les solutions sont à .
Document 2 - Les mesures.
Données :
- dissolution de l’hydroxyde de calcium dans l’eau : ;
- masse molaire de l’hydroxyde de calcium : ;
- conductivités molaires ioniques : ; ; ; ;
- loi de Kohlrausch : , la somme portant sur tous les ions du mélange ;
- à , une eau de chaux saturée contient environ d’hydroxyde de calcium dissous par litre ;
- au contact du dioxyde de carbone de l’air, les ions calcium et hydroxyde de l’eau de chaux forment du carbonate de calcium , un solide blanc.
- Écrire l’équation de la réaction support du titrage. Quels ions du mélange sont spectateurs ?
- Déterminer graphiquement le volume équivalent , puis la quantité d’ions hydroxyde contenue dans la prise d’essai.
- Établir la composition du mélange, c’est-à-dire les quantités de matière des ions , , et , après l’ajout de , puis de d’acide chlorhydrique.
- Justifier, à l’aide des conductivités molaires ioniques, la diminution de avant l’équivalence, puis son augmentation après. Pourquoi la seconde portion est-elle plus pentue que la première ?
- Expliquer pourquoi on a ajouté environ d’eau distillée, et pourquoi ce volume n’a pas besoin d’être mesuré avec précision.
- Calculer la concentration en ions hydroxyde de l’eau de chaux, puis la masse d’hydroxyde de calcium dissoute par litre. L’eau de chaux du flacon est-elle encore saturée ? Proposer une explication.
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1. Les ions oxonium, acide du couple , cèdent un ion hydrogène aux ions hydroxyde, base du couple :
Les ions calcium , apportés par l’eau de chaux, et les ions chlorure , apportés par l’acide, ne réagissent pas : ce sont des ions spectateurs. Ils restent dans le mélange et participent à sa conductivité.
2. Les points du document 2 sont alignés sur deux droites. On trace chaque droite à la règle, au plus près des points éloignés du changement de pente (de à , puis de à ), et on les prolonge jusqu’à leur intersection :
On lit . La réaction consomme un ion oxonium par ion hydroxyde : à l’équivalence, la quantité d’ions hydroxyde de la prise d’essai est égale à la quantité d’ions oxonium versée.
3. Quantités apportées, communes aux deux volumes : d’ions hydroxyde, et deux fois moins d’ions calcium d’après l’équation de dissolution, soit . L’acide versé apporte d’ions oxonium, et autant d’ions chlorure.
Pour , on a versé d’ions oxonium. C’est moins que : on est avant l’équivalence, et les ions oxonium sont le réactif limitant. Ils sont entièrement consommés, avec autant d’ions hydroxyde : il en reste .
Pour , on a versé d’ions oxonium. C’est plus que : on est après l’équivalence, les ions hydroxyde sont le réactif limitant, et d’ions oxonium restent en excès.
| Quantité de matière (en mmol) | ||||
|---|---|---|---|---|
| Après | pratiquement | |||
| Après | pratiquement |
Astuce de vérification : les charges se compensent dans les deux cas. Après , les ions calcium portent de charges positives, et les anions de charges négatives ✓. Après : de chaque côté ✓.
4. Avant l’équivalence, chaque ion oxonium versé réagit avec un ion hydroxyde du bécher, et l’ion chlorure qui l’accompagnait reste dans le mélange. Bilan de chaque ajout : un ion en moins, un ion en plus. Le nombre d’ions ne change pas, mais est bien plus petite que : un ion très conducteur est remplacé par un ion qui l’est moins, et la conductivité diminue. Les ions calcium gardent la même quantité de matière.
Après l’équivalence, il n’y a plus d’ions hydroxyde à consommer : les ions oxonium et chlorure versés s’ajoutent au mélange, sans qu’aucun ion ne disparaisse. La conductivité augmente.
La seconde portion est plus pentue. Après l’équivalence, chaque ajout apporte deux ions, dont l’ion oxonium, le plus conducteur des ions du mélange : ce qui compte est la somme . Avant l’équivalence, chaque ajout remplaçait un ion hydroxyde par un ion chlorure : ce qui comptait était la différence , environ trois fois et demie plus petite. Pour un même volume d’acide versé, la conductivité varie donc environ trois fois et demie plus vite après l’équivalence qu’avant, si l’on néglige la dilution. Sur le document 2, la conductivité baisse d’environ par millilitre avant l’équivalence, et monte d’environ par millilitre après : un rapport voisin de 3, un peu inférieur à 3,5 parce que la dilution, faible mais réelle, abaisse la conductivité tout au long du titrage.
5. Les concentrations des ions, et donc la conductivité, dépendent du volume total du mélange. Sans eau ajoutée, ce volume passerait de à au cours du titrage, et les portions de la courbe seraient nettement incurvées. Avec environ d’eau, il passe d’environ à , soit moins de d’augmentation : les portions sont quasiment rectilignes, et leur intersection se lit facilement.
Ce volume n’a pas besoin d’être précis, car il ne change pas la quantité d’ions hydroxyde de la prise d’essai, donc pas le volume équivalent. Il modifie les valeurs de la conductivité, mais on ne se sert que de l’abscisse de l’intersection des droites.
6. La quantité était contenue dans la prise d’essai de :
D’après l’équation de dissolution, chaque entité d’hydroxyde de calcium dissoute libère deux ions hydroxyde : la concentration en hydroxyde de calcium dissous, notée , est deux fois plus petite.
Le flacon contient d’hydroxyde de calcium dissous par litre, contre environ pour une eau de chaux saturée à : l’eau de chaux du flacon n’est plus saturée. Une explication possible : par le bouchon mal fermé, le dioxyde de carbone de l’air a réagi avec les ions calcium et hydroxyde en formant du carbonate de calcium, le dépôt blanc observé au fond du flacon. Ces ions ont quitté la solution, qui s’est appauvrie.
Réflexe à retenir : pour justifier une pente, écris le bilan d’un ajout (l’ion qui disparaît, l’ion qui arrive à sa place ou en plus), puis compare leurs conductivités molaires ioniques, valeurs de l’énoncé à l’appui. Dire seulement « il y a plus d’ions » ou « moins d’ions » ne suffit pas : avant l’équivalence, ici, leur nombre ne change pas.
Les trois réflexes à retenir
- Situe le volume versé par rapport à avant de décrire le mélange. Avant l’équivalence, le titrant est limitant et il reste de l’espèce titrée ; après, l’espèce titrée est épuisée et le titrant s’accumule. Les ions spectateurs, eux, sont là du début à la fin.
- Le volume équivalent se lit sur la forme de la courbe, pas sur une valeur de pH fixée à l’avance. Milieu du saut de pH pour un suivi pH-métrique (tangentes parallèles ou extremum de la dérivée), intersection des deux droites pour un suivi conductimétrique. L’indicateur coloré se choisit de la même façon : sa zone de virage doit être traversée pendant le saut.
- Une pente se justifie par un bilan d’ions et leurs conductivités molaires ioniques. Quel ion disparaît, quel ion arrive, et lequel conduit le mieux. La carte en haut de page rassemble la relation à l’équivalence et ce qu’on lit sur chaque courbe.
Pour revoir les couples acide-base et le calcul du pH, la page Transformations acide-base et pH ; pour la loi de Kohlrausch et les dosages par étalonnage, Méthodes physiques d’analyse ; pour la constante d’acidité et la demi-équivalence, Force des acides et des bases.
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Ce chapitre au bac 2026
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