Exercices corrigés — Cinétique et mécanismes réactionnels
Recevoir cette fiche en PDF (corrigés inclus)
Aller à un exercice
- Exercice 1 : Choisir un capteur, repérer un facteur cinétique et un catalyseur
- Exercice 2 : Lire une vitesse volumique et un temps de demi-réaction sur une courbe
- Exercice 3 : Retenir le cours : la cinétique chimique en un paragraphe
- Exercice 4 : Identifier un catalyseur et calculer une vitesse volumique d'apparition
- Exercice 5 : Déterminer une vitesse volumique avec la tangente, puis tester une loi d'ordre 1
- Les trois réflexes à retenir
Un lait qui devient « sans lactose », l’ozone qui désinfecte l’eau du robinet puis disparaît, un bâton lumineux qui brille plus fort dans l’eau chaude : à chaque fois, une transformation se déroule dans le temps, plus ou moins vite. La cinétique chimique mesure ce rythme et cherche ce qui le modifie. Le programme demande de choisir un capteur pour suivre une transformation, de repérer les facteurs cinétiques et le rôle d’un catalyseur, de déterminer une vitesse volumique et un temps de demi-réaction à partir de mesures, de reconnaître une loi de vitesse d’ordre 1, et d’exploiter un mécanisme réactionnel. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants se rédigent : un mécanisme et un tableau de mesures, puis, comme en contrôle, une courbe de suivi à exploiter avec ses tangentes.
Suivre une transformation et agir sur sa vitesse
Choisir le capteur
- Une espèce est la seule à absorber à la longueur d’onde choisie, souvent parce qu’elle est colorée : spectrophotomètre. Son absorbance est proportionnelle à sa concentration, aux faibles concentrations.
- Des ions sont consommés ou formés : conductimètre, car la conductivité de la solution varie.
- Un gaz se forme dans une enceinte fermée : capteur de pression.
Pour justifier un capteur, nomme l’espèce suivie et la propriété qui la distingue des autres.
Accélérer ou ralentir
Les deux facteurs cinétiques du programme sont la température et la concentration des réactifs : en général, plus elles sont élevées, plus le système évolue vite.
Un catalyseur accélère la transformation sans figurer dans l’équation de la réaction. Il est régénéré, et il ne modifie pas l’état final : il le fait atteindre plus tôt.
La température, elle, peut aussi modifier l’état final d’une transformation non totale.
À l’échelle des entités
Une transformation avance par chocs efficaces entre entités. Plus de réactif par unité de volume : des chocs plus fréquents. Une température plus élevée : des chocs plus fréquents et plus souvent efficaces.
Un mécanisme est une succession d’actes élémentaires, dont la somme redonne l’équation. Un intermédiaire réactionnel est formé puis consommé ; un catalyseur est consommé puis régénéré.
Exploiter une courbe de suivi
La vitesse à une date se lit sur la tangente ; t½ se lit à partir de la concentration « moitié ».
Les vitesses volumiques
v = −d[R]/dt
Disparition du réactif R : l’opposé du coefficient directeur de la tangente, pour que la vitesse soit positive.
v = d[P]/dt
Apparition du produit P : le coefficient directeur de la tangente. Unité usuelle : mol·L⁻¹·s⁻¹, ou mmol·L⁻¹·min⁻¹… Entre deux mesures, Δ[P]/Δt en donne une valeur moyenne.
Demi-réaction et ordre 1
t½ est la durée au bout de laquelle l’avancement atteint la moitié de sa valeur finale : [R] = [R]₀/2 si le réactif limitant est entièrement consommé.
v = k × [R]
Loi de vitesse d’ordre 1, où k est la constante de vitesse, en s⁻¹ ou min⁻¹, qui dépend de la température. Alors [R](t) = [R]₀ × e−k×t et t½ = ln 2 / k, qui ne dépend pas de [R]₀.
Pour la reconnaître : v / [R] garde la même valeur, ou les durées de division par deux successives sont égales.
Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Pour l’exercice 5, garde une règle à portée de main : tu liras des valeurs sur une courbe. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.
Choisir un capteur, repérer un facteur cinétique et un catalyseur
★★★Quiz : suivre une transformation et agir sur sa vitesse
-
Juste. La bonne réponse : Un conductimètre, car la transformation forme des ions à partir de molécules. L'urée et l'eau sont des molécules, alors que les produits sont des ions : à mesure que la transformation avance, la solution conduit de mieux en mieux le courant, et sa conductivité augmente. Un conductimètre suit donc l'évolution du système. Un spectrophotomètre réglé dans le visible ne verrait rien, puisqu'aucune espèce n'est colorée, et aucun gaz ne se forme qui ferait varier une pression. Pour justifier un capteur, on nomme l'espèce suivie et la propriété qui la distingue : ici, des ions qui apparaissent.
-
Juste. La bonne réponse : La température est un facteur cinétique : à chaud, la transformation qui produit la lumière est plus rapide, et ses réactifs sont épuisés plus tôt. La lumière d'un bâton lumineux vient d'une transformation chimique entre deux réactifs, mis en contact quand on plie le bâton. Les deux bâtons sont identiques : seule la température diffère, ce qui permet de lui attribuer l'écart observé. À chaud, la transformation est plus rapide : la lumière émise à chaque instant est plus intense, mais les réactifs, présents en même quantité dans les deux bâtons, s'épuisent plus tôt. Dans l'eau glacée, la transformation ralentit : le bâton brille faiblement, mais plus longtemps.
-
Juste. La bonne réponse : Celui de catalyseur : ils accélèrent la transformation, sont transformés en une espèce verte, puis régénérés. Sans ions cobalt(II), le mélange évolue très lentement ; avec eux, le dégagement gazeux devient vif : ils accélèrent la transformation. La teinte verte montre qu'ils sont transformés pendant qu'elle a lieu, en une espèce qui contient du cobalt. Le retour du rose, une fois le dégagement terminé, montre qu'ils sont régénérés. Une espèce introduite au départ, consommée puis régénérée, et qui accélère la transformation sans figurer dans son équation, est un catalyseur. Ce n'est pas un produit : les ions Co2+ ont été ajoutés au mélange, la transformation ne les forme pas.
-
Juste. La bonne réponse : Les entités, plus agitées, se rencontrent plus souvent, et leurs chocs sont plus souvent efficaces. Une transformation avance par chocs entre entités de réactifs, et seuls certains chocs, assez énergétiques, conduisent à une modification des entités : on les dit efficaces. En chauffant, on augmente l'agitation des entités : elles se rencontrent plus souvent, et leurs chocs sont plus énergétiques, donc plus souvent efficaces. Les deux effets s'ajoutent. Le nombre d'entités, lui, ne change pas : c'est en augmentant la concentration des réactifs qu'on l'augmente, ce qui rend les chocs plus fréquents sans les rendre plus énergétiques. Attention enfin à ne pas prêter à la température toutes les propriétés d'un catalyseur : pour une transformation non totale, chauffer peut aussi modifier l'état final, alors qu'un catalyseur le laisse inchangé.
Lire une vitesse volumique et un temps de demi-réaction sur une courbe
★★★Quiz : tangente, temps de demi-réaction et loi d'ordre 1
-
Juste. La bonne réponse : On trace la tangente à la courbe à la date t1 : la vitesse est l'opposé de son coefficient directeur. La vitesse volumique de disparition d'un réactif est définie par v = −d[R]/dt. La dérivée d[R]/dt à la date t1 est le coefficient directeur de la tangente à la courbe en ce point. Ce coefficient est négatif, puisque la concentration du réactif diminue : le signe moins de la définition rend la vitesse positive. Diviser [R] par t1 ne donne rien d'utile : une vitesse décrit une variation de concentration au cours du temps, pas une concentration.
-
Juste. La bonne réponse : La concentration du réactif, qui est un facteur cinétique, diminue au fil de la transformation. Une tangente moins inclinée a un coefficient directeur plus petit en valeur absolue : la vitesse volumique de disparition diminue. Comme le réactif est consommé, sa concentration diminue : il y a moins d'entités de réactif par unité de volume, les chocs efficaces sont moins fréquents, et l'évolution ralentit. Un catalyseur, lui, est régénéré : il ne s'use pas au fil de la transformation. Quant à la température, l'énoncé précise qu'elle reste constante.
-
Juste. La bonne réponse : 8 mmol·L−1. Le temps de demi-réaction est la durée au bout de laquelle l'avancement atteint la moitié de sa valeur finale. Jusqu'à l'état final, la transformation fait passer [A] de 12 mmol·L−1 à 4 mmol·L−1, soit une baisse de 12 mmol·L−1 − 4 mmol·L−1 = 8 mmol·L−1. À t1/2, la moitié de cette baisse a eu lieu, 4 mmol·L−1, et il reste [A] = 12 mmol·L−1 − 4 mmol·L−1 = 8 mmol·L−1. La réponse 6 mmol·L−1, la moitié de la concentration initiale, ne vaut que pour une transformation où le réactif limitant est entièrement consommé. Et 2 mmol·L−1, la moitié de la valeur finale, ne correspond à aucune définition.
-
Juste. La bonne réponse : Elle est divisée par deux, elle aussi. Avec v = k × [A], la vitesse est proportionnelle à la concentration : quand [A] est divisée par deux, v l'est aussi. C'est la base d'un test expérimental : pour une loi d'ordre 1, le quotient v / [A], calculé à plusieurs dates, garde la même valeur, celle de k. Une vitesse qui resterait la même tout au long de la transformation montrerait au contraire qu'elle ne dépend pas de la concentration : ce ne serait pas une loi d'ordre 1.
Retenir le cours : la cinétique chimique en un paragraphe
★★★Le cours en un texte à trous
Une transformation est rapide lorsqu'elle semble achevée dès le mélange des réactifs ; sinon, on peut suivre son évolution avec un capteur. Le spectrophotomètre convient quand une espèce du mélange est la seule à absorber la lumière à la longueur d'onde choisie, le conductimètre quand la transformation consomme ou forme des ions . Augmenter la concentration des réactifs rend les chocs entre leurs entités plus fréquents . Un catalyseur accélère la transformation sans figurer dans l'équation de la réaction , et il ne modifie pas l'état final . Dans un mécanisme, une espèce formée par un acte élémentaire puis consommée par un autre est un intermédiaire réactionnel. Sur la courbe qui donne la concentration d'un réactif en fonction du temps, la vitesse volumique de disparition à une date donnée est l'opposé du coefficient directeur de la tangente à cette date ; elle s'exprime par exemple en mmol·L⁻¹·min⁻¹ . Le temps de demi-réaction est la durée au bout de laquelle l'avancement atteint la moitié de sa valeur finale . Enfin, pour une loi de vitesse d'ordre 1, ce temps garde la même valeur quelle que soit la concentration initiale .
Une transformation lente démarre dès le mélange, comme une rapide : ce qui la distingue, c'est qu'on peut suivre son évolution avec les instruments du laboratoire. Le capteur se choisit d'après la propriété qui distingue l'espèce suivie : l'absorbance pour une espèce qui absorbe seule la lumière, la conductivité quand des ions sont consommés ou formés. Une concentration plus grande rend les chocs plus fréquents, pas plus énergétiques : c'est la température qui agit sur leur efficacité. Le catalyseur participe au mécanisme, où il est consommé puis régénéré, mais il ne figure pas dans l'équation, et il fait atteindre plus tôt le même état final : il change la vitesse et la durée, pas le bilan. L'espèce « présente au départ et régénérée à la fin » est justement le catalyseur, pas l'intermédiaire. Une vitesse volumique est une concentration divisée par une durée, d'où des mmol·L⁻¹·min⁻¹, et elle se lit sur une tangente, avec un signe moins pour un réactif. Enfin, pour une loi d'ordre 1, t1/2 = ln 2 / k ne dépend que de k : partir d'une concentration deux fois plus grande ne change pas le temps de demi-réaction.
Identifier un catalyseur et calculer une vitesse volumique d'apparition
★★★Exploiter un mécanisme et un tableau de mesures : le lait sans lactose
Le lactose est le sucre du lait. Certaines personnes le digèrent mal : pour elles, des industriels fabriquent du lait « sans lactose », en ajoutant au lait une enzyme, la lactase, qui transforme le lactose en deux sucres plus simples, le glucose et le galactose. Pour étudier cette transformation, on ajoute de la lactase à un lait demi-écrémé maintenu à , puis on mesure régulièrement la concentration du glucose formé.
Document 1 - Le mécanisme simplifié. La transformation est modélisée par deux étapes successives. E désigne la lactase, et E-Gal la lactase liée à un groupe galactose, arraché au lactose au cours de la première étape :
Document 2 - Les mesures, à .
| Date (min) | Concentration du glucose () |
|---|---|
Données :
- concentration initiale du lactose dans le lait : ;
- formules brutes : lactose ; glucose et galactose (ce sont deux isomères : même formule brute, structures différentes) ;
- sans lactase, on ne détecte aucune formation de glucose dans le même lait, à , au bout de ;
- à la fin de l’essai, la lactase est retrouvée intacte dans le lait, en même quantité qu’au départ.
- Additionner les deux étapes du document 1 pour établir l’équation de la réaction modélisée, puis vérifier, avec les formules brutes, qu’elle est équilibrée.
- Identifier l’intermédiaire réactionnel et le catalyseur, en justifiant. Quelles données de l’énoncé confirment le rôle de la lactase ?
- Donner la définition de la vitesse volumique d’apparition du glucose. En remplaçant la dérivée par le taux de variation entre deux mesures, estimer sa valeur moyenne entre et , puis entre et .
- Comparer ces deux valeurs. Expliquer leur évolution à l’aide d’un facteur cinétique, puis à l’échelle des entités.
- Le même essai, mené à avec la même dose de lactase, demande environ trois fois plus de temps pour former la même quantité de glucose. Quel facteur cinétique cette comparaison met-elle en évidence ? L’interpréter à l’échelle des entités.
Voir le corrigé
1. On additionne les deux étapes membre à membre, tous les réactifs à gauche, tous les produits à droite :
Les espèces E et E-Gal figurent des deux côtés : on les simplifie. Il reste l’équation de la réaction modélisée :
Avec les formules brutes, elle s’écrit . On compte les atomes de chaque côté :
- carbone : à gauche, à droite ;
- hydrogène : à gauche, à droite ;
- oxygène : à gauche, à droite.
L’équation est équilibrée. La lactase E et l’espèce E-Gal n’y figurent pas.
2. L’espèce E-Gal n’existe pas au départ : elle est formée par l’étape (1), puis consommée par l’étape (2). C’est l’intermédiaire réactionnel.
La lactase E est présente dès le départ : elle est consommée par l’étape (1), puis régénérée par l’étape (2). Elle participe au mécanisme sans figurer dans l’équation de la réaction : c’est le catalyseur.
Deux données le confirment. Sans lactase, aucun glucose ne se forme en : la lactase accélère la transformation. Et elle est retrouvée intacte, en même quantité, à la fin de l’essai : elle n’est pas consommée au bilan.
Pour ne pas confondre les deux rôles, regarde ce qui se passe avant la première étape : l’intermédiaire n’existe pas encore, le catalyseur est déjà là.
3. La vitesse volumique d’apparition du glucose est la dérivée de sa concentration par rapport au temps :
Le glucose est un produit : sa concentration augmente, la vitesse est positive sans signe à ajouter. Entre deux mesures, on remplace la dérivée par le taux de variation, ce qui donne une valeur moyenne. Entre et :
Entre et :
4. La vitesse a beaucoup diminué : elle est environ fois plus petite entre et qu’au début, puisque .
D’après l’équation, chaque entité de glucose formée correspond à une entité de lactose consommée : la concentration du lactose vaut donc . Elle passe de à pendant le premier intervalle, mais seulement de à pendant le second. La concentration du réactif, qui est un facteur cinétique, a fortement diminué : la transformation ralentit.
À l’échelle des entités, il y a beaucoup moins d’entités de lactose par unité de volume : les chocs entre le lactose et la lactase sont moins fréquents, et l’étape (1) se produit moins souvent chaque minute.
5. Les deux essais ne diffèrent que par la température, à même lait et même dose de lactase : c’est donc la température qui est mise en évidence comme facteur cinétique. À plus basse température, la transformation est plus lente.
À l’échelle des entités, à , les entités sont moins agitées : elles se rencontrent moins souvent, et leurs chocs, moins énergétiques, sont moins souvent efficaces.
Réflexe à retenir : pour une enzyme, cette règle ne vaut que dans un certain domaine de température. Chauffée trop fort, une enzyme se dénature : sa structure est détruite, et elle perd son rôle de catalyseur. On ne peut donc pas accélérer indéfiniment la fabrication du lait sans lactose en chauffant.
Déterminer une vitesse volumique avec la tangente, puis tester une loi d'ordre 1
★★★Type contrôle : une courbe de suivi à exploiter, l'ozone dans l'eau potable
Dans de nombreuses usines de production d’eau potable, on désinfecte l’eau en y dissolvant de l’ozone, de formule , un oxydant puissant. Une fois dissous, l’ozone disparaît peu à peu : il se décompose, notamment en dioxygène, et réagit avec certaines espèces présentes dans l’eau. Pour régler le traitement, un laboratoire suit la concentration de l’ozone dans un échantillon de l’eau à traiter, maintenu à , juste après y avoir dissous de l’ozone.
Le suivi se fait au spectrophotomètre, à la longueur d’onde de , dans l’ultraviolet. Les mesures d’absorbance, converties en concentrations, donnent le document ci-dessous : les points de mesure, la courbe qui passe au mieux par ces points, et les tangentes à cette courbe aux dates et .
Données :
- dans cette eau, à , l’ozone dissous est la seule espèce qui absorbe notablement la lumière, et l’absorbance est proportionnelle à sa concentration dans le domaine étudié ;
- l’ozone est une molécule : elle ne porte aucune charge électrique ;
- ; masse molaire de l’ozone : ;
- une loi de vitesse d’ordre 1 par rapport à l’ozone s’écrit , où est la vitesse volumique de disparition de l’ozone et la constante de vitesse ; la concentration vérifie alors , où est la concentration initiale ;
- .
- Justifier le choix d’un suivi par spectrophotométrie. Pourquoi un conductimètre ne conviendrait-il pas ?
- Donner la définition de la vitesse volumique de disparition de l’ozone. À l’aide des tangentes tracées sur le document, la déterminer à la date , puis à la date : on note ces deux valeurs et .
- Comment cette vitesse évolue-t-elle ? Expliquer cette évolution à l’aide d’un facteur cinétique, puis à l’échelle des entités.
- Déterminer graphiquement le temps de demi-réaction . Déterminer de même la durée nécessaire pour que la concentration passe de à . Commenter.
- On fait l’hypothèse que la disparition de l’ozone suit une loi de vitesse d’ordre 1. Calculer le quotient aux dates et , et conclure. Montrer ensuite que, pour une loi d’ordre 1, , et vérifier la cohérence avec la question 4.
- Dans cette usine, on vise à garder au moins d’ozone
dissous pendant les qui suivent sa dissolution.
- a. Convertir en .
- b. Avec la valeur de obtenue à la question 5, calculer la concentration de l’ozone à la date . L’objectif est-il atteint ?
- c. La constante ne dépend pas de la concentration initiale. Calculer la concentration initiale minimale qui permettrait encore d’atteindre l’objectif, en puis en .
Voir le corrigé
1. À , l’ozone dissous est la seule espèce de l’eau qui absorbe notablement la lumière, et l’absorbance est proportionnelle à sa concentration : en mesurant l’absorbance à intervalles réguliers, on suit donc la concentration de l’ozone, et elle seule. Peu importe que l’ozone dissous soit incolore à l’œil : un spectrophotomètre peut travailler dans l’ultraviolet, là où il absorbe.
Un conductimètre, lui, mesure la conductivité de la solution, qui dépend des ions qu’elle contient. L’ozone est une molécule sans charge : sa disparition ne modifie pratiquement pas la conductivité de l’eau, qui ne renseignerait donc pas sur sa concentration.
2. La vitesse volumique de disparition de l’ozone est l’opposé de la dérivée de sa concentration par rapport au temps :
À une date donnée, la dérivée est le coefficient directeur de la tangente à la courbe à cette date. On lit deux points bien séparés sur chaque tangente :
À , la tangente passe par les points et . Son coefficient directeur vaut :
donc .
À , on lit d’abord sur la courbe la concentration à cette date, environ : la tangente passe par ce point et par le point , où elle coupe l’axe du temps.
donc . Tout autre couple de points de la tangente convient : avec le point où elle coupe l’axe des ordonnées, vers , et le point , on trouve aussi environ .
3. La vitesse diminue : elle passe de à en . La température est fixée à : seul l’autre facteur cinétique, la concentration du réactif, change. L’ozone disparaît, sa concentration diminue, et la transformation ralentit.
À l’échelle des entités, il y a de moins en moins de molécules d’ozone par unité de volume : leurs chocs avec les entités qui les transforment sont de moins en moins fréquents, et chaque minute, moins de molécules d’ozone disparaissent.
4. La courbe tend vers : l’ozone finit par disparaître entièrement. Le temps de demi-réaction est alors la date à laquelle sa concentration vaut la moitié de la concentration initiale :
On part de sur l’axe des ordonnées, on rejoint la courbe, puis on descend sur l’axe du temps : .
De même, la concentration vaut vers . Pour passer de à , il faut donc , la même durée que pour passer de à . Une division par deux qui prend la même durée, quelle que soit la concentration de départ, est une signature de la loi de vitesse d’ordre 1 : ce premier test est compatible avec elle.
5. Pour une loi d’ordre 1, : le quotient doit garder la même valeur, , à toutes les dates. À :
À , où la concentration, notée , vaut environ :
Les deux quotients sont égaux : la vitesse est proportionnelle à la concentration, ce qui est compatible avec une loi de vitesse d’ordre 1, de constante .
À la date , la concentration vaut la moitié de la concentration initiale. En remplaçant dans :
On prend le logarithme népérien des deux membres : , d’où :
C’est bien la valeur lue à la question 4, environ : les deux tests concordent. On remarque que ne dépend que de , et pas de : c’est pour cette raison que les divisions par deux successives prennent la même durée.
6.a. Une concentration en masse se convertit en concentration en quantité de matière en divisant par la masse molaire :
6.b. À la date :
La concentration diminue au cours du temps : pendant les premières minutes, elle reste donc supérieure ou égale à , bien au-dessus de . L’objectif est atteint.
6.c. Comme ne dépend pas de la concentration initiale, la concentration est multipliée par le même facteur au bout de , quelle que soit la dose dissoute. Il faut donc , soit, en gardant la valeur non arrondie :
soit avec deux chiffres significatifs, comme les données. En masse, on multiplie la valeur non arrondie par la masse molaire :
La dose de l’essai, , soit , est environ trois fois plus grande que ce minimum. En pratique, une usine garde une marge : la composition de l’eau change d’un jour à l’autre, et la valeur de avec elle.
Réflexe à retenir : une loi d’ordre 1 se reconnaît sur des mesures, pas sur l’équation de la réaction. Les deux tests de cet exercice, le quotient constant et les divisions par deux de même durée, sont deux façons de vérifier que la vitesse est proportionnelle à la concentration.
Les trois réflexes à retenir
- Une vitesse volumique se lit sur une tangente, définition d’abord. Écris pour un réactif, pour un produit, trace la tangente à la date demandée, lis deux de ses points avec leurs unités, puis vérifie le signe : une vitesse volumique est positive. Entre deux mesures, le taux de variation n’en donne qu’une valeur moyenne.
- Pour , cherche d’abord la concentration « moitié ». Elle correspond à la moitié de l’avancement final : quand le réactif limitant est entièrement consommé. Pour une loi d’ordre 1, ne dépend pas de la concentration initiale : au bout de temps de demi-réaction, la concentration a été divisée par .
- Un catalyseur n’agit pas comme la température. Il accélère sans figurer dans l’équation et sans modifier l’état final ; dans un mécanisme, il est consommé puis régénéré, alors qu’un intermédiaire est formé puis consommé. La température et la concentration des réactifs, elles, agissent sur la fréquence et l’efficacité des chocs entre entités. La carte en haut de page rassemble ces définitions.
Les flèches courbes des actes élémentaires se travaillent dans les exercices sur les mécanismes réactionnels et les flèches courbes. L’absorbance et la conductivité, qui servent à suivre une transformation, sont au cœur des exercices sur les méthodes physiques d’analyse. Et la même exponentielle décroissante revient avec la décroissance radioactive.
Revoir le cours
Ce chapitre au bac 2026
Il est tombé dans ces exercices de la session 2026, corrigés en ligne question par question :
- Bac 2026 Métropole — Jour 1 : exercice 2, L’odeur de Jasmin (4 points) ; exercice 3, Coloration de la laine (5 points)
- Bac 2026 Métropole — Jour 2 : exercice 1, Le kéfir de fruit (9 points)
- Bac 2026 Amérique du Nord — Jour 1 : exercice 1, Valorisation du dioxyde de carbone dans les cimenteries (9 points)
- Bac 2026 Antilles-Guyane — Jour 2 : exercice 2, Le paracétamol (5 points) ; exercice 3, Traitement de l’eau d’une piscine (4 points)