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Exercices corrigés — Cinétique et mécanismes réactionnels

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  1. Exercice 1 : Choisir un capteur, repérer un facteur cinétique et un catalyseur
  2. Exercice 2 : Lire une vitesse volumique et un temps de demi-réaction sur une courbe
  3. Exercice 3 : Retenir le cours : la cinétique chimique en un paragraphe
  4. Exercice 4 : Identifier un catalyseur et calculer une vitesse volumique d'apparition
  5. Exercice 5 : Déterminer une vitesse volumique avec la tangente, puis tester une loi d'ordre 1
  6. Les trois réflexes à retenir

Un contrôle bientôt ? Faire mon plan de révision

Un lait qui devient « sans lactose », l’ozone qui désinfecte l’eau du robinet puis disparaît, un bâton lumineux qui brille plus fort dans l’eau chaude : à chaque fois, une transformation se déroule dans le temps, plus ou moins vite. La cinétique chimique mesure ce rythme et cherche ce qui le modifie. Le programme demande de choisir un capteur pour suivre une transformation, de repérer les facteurs cinétiques et le rôle d’un catalyseur, de déterminer une vitesse volumique et un temps de demi-réaction à partir de mesures, de reconnaître une loi de vitesse d’ordre 1, et d’exploiter un mécanisme réactionnel. Les trois premiers exercices vérifient que le cours est compris, sans calcul : deux quiz et un texte à trous, corrigés dès que tu valides. Les deux suivants se rédigent : un mécanisme et un tableau de mesures, puis, comme en contrôle, une courbe de suivi à exploiter avec ses tangentes.

v = −d[R]/dt à quel rythme un système évolue, comment le mesurer sur une courbe, et ce qui le fait accélérer ou ralentir

Suivre une transformation et agir sur sa vitesse

Choisir le capteur

  • Une espèce est la seule à absorber à la longueur d’onde choisie, souvent parce qu’elle est colorée : spectrophotomètre. Son absorbance est proportionnelle à sa concentration, aux faibles concentrations.
  • Des ions sont consommés ou formés : conductimètre, car la conductivité de la solution varie.
  • Un gaz se forme dans une enceinte fermée : capteur de pression.

Pour justifier un capteur, nomme l’espèce suivie et la propriété qui la distingue des autres.

Accélérer ou ralentir

Les deux facteurs cinétiques du programme sont la température et la concentration des réactifs : en général, plus elles sont élevées, plus le système évolue vite.

Un catalyseur accélère la transformation sans figurer dans l’équation de la réaction. Il est régénéré, et il ne modifie pas l’état final : il le fait atteindre plus tôt.

La température, elle, peut aussi modifier l’état final d’une transformation non totale.

À l’échelle des entités

Une transformation avance par chocs efficaces entre entités. Plus de réactif par unité de volume : des chocs plus fréquents. Une température plus élevée : des chocs plus fréquents et plus souvent efficaces.

Un mécanisme est une succession d’actes élémentaires, dont la somme redonne l’équation. Un intermédiaire réactionnel est formé puis consommé ; un catalyseur est consommé puis régénéré.

Exploiter une courbe de suivi

[R] t [R]₀ [R]₀/2 t½ tangente

La vitesse à une date se lit sur la tangente ; t½ se lit à partir de la concentration « moitié ».

Les vitesses volumiques

v = −d[R]/dt

Disparition du réactif R : l’opposé du coefficient directeur de la tangente, pour que la vitesse soit positive.

v = d[P]/dt

Apparition du produit P : le coefficient directeur de la tangente. Unité usuelle : mol·L⁻¹·s⁻¹, ou mmol·L⁻¹·min⁻¹… Entre deux mesures, Δ[P]/Δt en donne une valeur moyenne.

Demi-réaction et ordre 1

t½ est la durée au bout de laquelle l’avancement atteint la moitié de sa valeur finale : [R] = [R]₀/2 si le réactif limitant est entièrement consommé.

v = k × [R]

Loi de vitesse d’ordre 1, où k est la constante de vitesse, en s⁻¹ ou min⁻¹, qui dépend de la température. Alors [R](t) = [R]₀ × e−k×t et t½ = ln 2 / k, qui ne dépend pas de [R]₀.

Pour la reconnaître : v / [R] garde la même valeur, ou les durées de division par deux successives sont égales.

La carte du chapitre : un capteur pour suivre, deux facteurs cinétiques et un catalyseur pour agir, une tangente et un temps de demi-réaction pour mesurer.

Avant de te lancer : pour les exercices 4 et 5, cherche au brouillon avant d’ouvrir le corrigé : c’est en te trompant que tu progresses. Pour l’exercice 5, garde une règle à portée de main : tu liras des valeurs sur une courbe. Les exercices réussis se cochent au fur et à mesure, et la page retient où tu en es.

Exercice 1

Choisir un capteur, repérer un facteur cinétique et un catalyseur

★★★

Quiz : suivre une transformation et agir sur sa vitesse

  1. L'uréase, une enzyme présente notamment dans les graines de soja, accélère l'hydrolyse de l'urée dissoute dans l'eau : CO(NH2)2 + 2 H2O → 2 NH4+ + CO32−. Toutes les espèces en solution sont incolores. Quel capteur permet de suivre cette transformation ?
  2. On plonge un bâton lumineux activé dans de l'eau chaude, vers 50 °C, et un autre, identique, dans de l'eau glacée. Le premier brille plus fort, mais s'éteint bien plus tôt. Qu'en déduire ?
  3. Un mélange chaud de tartrate de sodium et de potassium et d'eau oxygénée ne montre presque aucun signe de transformation. On y verse quelques gouttes d'une solution rose d'ions cobalt(II) Co2+ : le mélange devient vert et mousse vivement, puis, quand la mousse retombe, il reprend sa teinte rose. Quel rôle jouent les ions Co2+ ?
  4. À l'échelle des entités, pourquoi une élévation de température accélère-t-elle, en général, une transformation ?

Exercice 2

Lire une vitesse volumique et un temps de demi-réaction sur une courbe

★★★

Quiz : tangente, temps de demi-réaction et loi d'ordre 1

  1. On dispose de la courbe qui donne la concentration [R] d'un réactif R en fonction du temps. Comment détermine-t-on la vitesse volumique de disparition de R à une date t1 ?
  2. Un mélange maintenu à température constante est suivi au cours du temps. Sur la courbe qui donne la concentration [R] d'un réactif, les tangentes tracées à des dates de plus en plus tardives sont de moins en moins inclinées. Comment l'expliquer ?
  3. Au cours d'une transformation non totale, la concentration du réactif limitant A passe de 12 mmol·L−1 au départ à 4 mmol·L−1 à l'état final. Que vaut [A] à la date t1/2, le temps de demi-réaction ?
  4. Une transformation suit une loi de vitesse d'ordre 1 par rapport au réactif A : sa vitesse volumique de disparition s'écrit v = k × [A], où k est une constante à température fixée, appelée constante de vitesse. Comment la vitesse évolue-t-elle entre le départ et la date où [A] a été divisée par deux ?

Exercice 3

Retenir le cours : la cinétique chimique en un paragraphe

★★★

Le cours en un texte à trous

Une transformation est rapide lorsqu'elle  ; sinon, on peut suivre son évolution avec un capteur. Le spectrophotomètre convient quand une espèce du mélange est la seule à à la longueur d'onde choisie, le conductimètre quand la transformation consomme ou forme . Augmenter la concentration des réactifs rend les chocs entre leurs entités . Un catalyseur accélère la transformation sans figurer dans , et il ne modifie pas . Dans un mécanisme, une espèce est un intermédiaire réactionnel. Sur la courbe qui donne la concentration d'un réactif en fonction du temps, la vitesse volumique de disparition à une date donnée est à cette date ; elle s'exprime par exemple en . Le temps de demi-réaction est la durée au bout de laquelle l'avancement atteint . Enfin, pour une loi de vitesse d'ordre 1, ce temps .

Exercice 4

Identifier un catalyseur et calculer une vitesse volumique d'apparition

★★★

Exploiter un mécanisme et un tableau de mesures : le lait sans lactose

Le lactose est le sucre du lait. Certaines personnes le digèrent mal : pour elles, des industriels fabriquent du lait « sans lactose », en ajoutant au lait une enzyme, la lactase, qui transforme le lactose en deux sucres plus simples, le glucose et le galactose. Pour étudier cette transformation, on ajoute de la lactase à un lait demi-écrémé maintenu à 35 ∘C35\ ^\circ\text{C}, puis on mesure régulièrement la concentration du glucose formé.

Document 1 - Le mécanisme simplifié. La transformation est modélisée par deux étapes successives. E désigne la lactase, et E-Gal la lactase liée à un groupe galactose, arraché au lactose au cours de la première étape :

(1)E+lactose⟶E-Gal+glucose\text{(1)} \quad \text{E} + \text{lactose} \longrightarrow \text{E-Gal} + \text{glucose}

(2)E-Gal+H2O⟶E+galactose\text{(2)} \quad \text{E-Gal} + \text{H}_2\text{O} \longrightarrow \text{E} + \text{galactose}

Document 2 - Les mesures, à 35 ∘C35\ ^\circ\text{C}.

Date tt (min)Concentration du glucose (mmol⋅L−1\text{mmol}\cdot\text{L}^{-1})
0000
20204242
40407474
60609797
9090118118
120120129129
180180138138
240240139139

Données :

  • concentration initiale du lactose dans le lait : 140 mmol⋅L−1140\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} ;
  • formules brutes : lactose C12H22O11\text{C}_{12}\text{H}_{22}\text{O}_{11} ; glucose et galactose C6H12O6\text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_6 (ce sont deux isomères : même formule brute, structures différentes) ;
  • sans lactase, on ne détecte aucune formation de glucose dans le même lait, à 35 ∘C35\ ^\circ\text{C}, au bout de 240 min240\ \text{min} ;
  • à la fin de l’essai, la lactase est retrouvée intacte dans le lait, en même quantité qu’au départ.
  1. Additionner les deux étapes du document 1 pour établir l’équation de la réaction modélisée, puis vérifier, avec les formules brutes, qu’elle est équilibrée.
  2. Identifier l’intermédiaire réactionnel et le catalyseur, en justifiant. Quelles données de l’énoncé confirment le rôle de la lactase ?
  3. Donner la définition de la vitesse volumique d’apparition du glucose. En remplaçant la dérivée par le taux de variation entre deux mesures, estimer sa valeur moyenne entre t=0 mint = 0\ \text{min} et t=20 mint = 20\ \text{min}, puis entre t=120 mint = 120\ \text{min} et t=180 mint = 180\ \text{min}.
  4. Comparer ces deux valeurs. Expliquer leur évolution à l’aide d’un facteur cinétique, puis à l’échelle des entités.
  5. Le même essai, mené à 20 ∘C20\ ^\circ\text{C} avec la même dose de lactase, demande environ trois fois plus de temps pour former la même quantité de glucose. Quel facteur cinétique cette comparaison met-elle en évidence ? L’interpréter à l’échelle des entités.
Voir le corrigé

1. On additionne les deux étapes membre à membre, tous les réactifs à gauche, tous les produits à droite :

E+lactose+E-Gal+H2O⟶E-Gal+glucose+E+galactose\text{E} + \text{lactose} + \text{E-Gal} + \text{H}_2\text{O} \longrightarrow \text{E-Gal} + \text{glucose} + \text{E} + \text{galactose}

Les espèces E et E-Gal figurent des deux côtés : on les simplifie. Il reste l’équation de la réaction modélisée :

lactose+H2O⟶glucose+galactose\text{lactose} + \text{H}_2\text{O} \longrightarrow \text{glucose} + \text{galactose}

Avec les formules brutes, elle s’écrit C12H22O11+H2O⟶C6H12O6+C6H12O6\text{C}_{12}\text{H}_{22}\text{O}_{11} + \text{H}_2\text{O} \longrightarrow \text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_6 + \text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_6. On compte les atomes de chaque côté :

  • carbone : 1212 à gauche, 6+6=126 + 6 = 12 à droite ;
  • hydrogène : 22+2=2422 + 2 = 24 à gauche, 12+12=2412 + 12 = 24 à droite ;
  • oxygène : 11+1=1211 + 1 = 12 à gauche, 6+6=126 + 6 = 12 à droite.

L’équation est équilibrée. La lactase E et l’espèce E-Gal n’y figurent pas.

2. L’espèce E-Gal n’existe pas au départ : elle est formée par l’étape (1), puis consommée par l’étape (2). C’est l’intermédiaire réactionnel.

La lactase E est présente dès le départ : elle est consommée par l’étape (1), puis régénérée par l’étape (2). Elle participe au mécanisme sans figurer dans l’équation de la réaction : c’est le catalyseur.

Deux données le confirment. Sans lactase, aucun glucose ne se forme en 240 min240\ \text{min} : la lactase accélère la transformation. Et elle est retrouvée intacte, en même quantité, à la fin de l’essai : elle n’est pas consommée au bilan.

Pour ne pas confondre les deux rôles, regarde ce qui se passe avant la première étape : l’intermédiaire n’existe pas encore, le catalyseur est déjà là.

3. La vitesse volumique d’apparition du glucose est la dérivée de sa concentration par rapport au temps :

v=d[glucose]dtv = \frac{\text{d}[\text{glucose}]}{\text{d}t}

Le glucose est un produit : sa concentration augmente, la vitesse est positive sans signe à ajouter. Entre deux mesures, on remplace la dérivée par le taux de variation, ce qui donne une valeur moyenne. Entre t=0 mint = 0\ \text{min} et t=20 mint = 20\ \text{min} :

vmoy=Δ[glucose]Δt=42 mmol⋅L−1−0 mmol⋅L−120 min−0 min=2,1 mmol⋅L−1⋅min−1v_{\text{moy}} = \frac{\Delta[\text{glucose}]}{\Delta t} = \frac{42\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} - 0\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}}{20\ \text{min} - 0\ \text{min}} = 2{,}1\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}

Entre t=120 mint = 120\ \text{min} et t=180 mint = 180\ \text{min} :

vmoy=138 mmol⋅L−1−129 mmol⋅L−1180 min−120 min=9 mmol⋅L−160 min=0,15 mmol⋅L−1⋅min−1v_{\text{moy}} = \frac{138\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} - 129\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}}{180\ \text{min} - 120\ \text{min}} = \frac{9\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}}{60\ \text{min}} = 0{,}15\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}

4. La vitesse a beaucoup diminué : elle est environ 1414 fois plus petite entre 120 min120\ \text{min} et 180 min180\ \text{min} qu’au début, puisque 2,1 mmol⋅L−1⋅min−10,15 mmol⋅L−1⋅min−1=14\dfrac{2{,}1\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}}{0{,}15\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}} = 14.

D’après l’équation, chaque entité de glucose formée correspond à une entité de lactose consommée : la concentration du lactose vaut donc 140 mmol⋅L−1−[glucose]140\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} - [\text{glucose}]. Elle passe de 140 mmol⋅L−1140\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} à 98 mmol⋅L−198\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} pendant le premier intervalle, mais seulement de 11 mmol⋅L−111\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} à 2 mmol⋅L−12\ \text{mmol}\cdot\text{L}^{-1} pendant le second. La concentration du réactif, qui est un facteur cinétique, a fortement diminué : la transformation ralentit.

À l’échelle des entités, il y a beaucoup moins d’entités de lactose par unité de volume : les chocs entre le lactose et la lactase sont moins fréquents, et l’étape (1) se produit moins souvent chaque minute.

5. Les deux essais ne diffèrent que par la température, à même lait et même dose de lactase : c’est donc la température qui est mise en évidence comme facteur cinétique. À plus basse température, la transformation est plus lente.

À l’échelle des entités, à 20 ∘C20\ ^\circ\text{C}, les entités sont moins agitées : elles se rencontrent moins souvent, et leurs chocs, moins énergétiques, sont moins souvent efficaces.

Réflexe à retenir : pour une enzyme, cette règle ne vaut que dans un certain domaine de température. Chauffée trop fort, une enzyme se dénature : sa structure est détruite, et elle perd son rôle de catalyseur. On ne peut donc pas accélérer indéfiniment la fabrication du lait sans lactose en chauffant.

Exercice 5

Déterminer une vitesse volumique avec la tangente, puis tester une loi d'ordre 1

★★★

Type contrôle : une courbe de suivi à exploiter, l'ozone dans l'eau potable

Dans de nombreuses usines de production d’eau potable, on désinfecte l’eau en y dissolvant de l’ozone, de formule O3\text{O}_3, un oxydant puissant. Une fois dissous, l’ozone disparaît peu à peu : il se décompose, notamment en dioxygène, et réagit avec certaines espèces présentes dans l’eau. Pour régler le traitement, un laboratoire suit la concentration de l’ozone dans un échantillon de l’eau à traiter, maintenu à 20 ∘C20\ ^\circ\text{C}, juste après y avoir dissous de l’ozone.

Le suivi se fait au spectrophotomètre, à la longueur d’onde de 260 nm260\ \text{nm}, dans l’ultraviolet. Les mesures d’absorbance, converties en concentrations, donnent le document ci-dessous : les points de mesure, la courbe qui passe au mieux par ces points, et les tangentes à cette courbe aux dates t=0 mint = 0\ \text{min} et t=10 mint = 10\ \text{min}.

0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 10 20 30 40 [O₃] (µmol·L⁻¹) t (min) tangente à t = 0 min tangente à t = 10 min
Document - concentration en ozone dissous au cours du temps, à 20 °C : les points de mesure (un toutes les 2 min), la courbe qui passe au mieux par ces points, et deux tangentes à cette courbe.

Données :

  • dans cette eau, à 260 nm260\ \text{nm}, l’ozone dissous est la seule espèce qui absorbe notablement la lumière, et l’absorbance est proportionnelle à sa concentration dans le domaine étudié ;
  • l’ozone est une molécule : elle ne porte aucune charge électrique ;
  • 1 µmol=10−6 mol1\ \text{µmol} = 10^{-6}\ \text{mol} ; masse molaire de l’ozone : M=48,0 g⋅mol−1M = 48{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • une loi de vitesse d’ordre 1 par rapport à l’ozone s’écrit v=k×[O3]v = k \times [\text{O}_3], où vv est la vitesse volumique de disparition de l’ozone et kk la constante de vitesse ; la concentration vérifie alors [O3](t)=[O3]0×e−k×t[\text{O}_3](t) = [\text{O}_3]_0 \times e^{-k \times t}, où [O3]0[\text{O}_3]_0 est la concentration initiale ;
  • ln⁡2=0,693\ln 2 = 0{,}693.
  1. Justifier le choix d’un suivi par spectrophotométrie. Pourquoi un conductimètre ne conviendrait-il pas ?
  2. Donner la définition de la vitesse volumique de disparition de l’ozone. À l’aide des tangentes tracées sur le document, la déterminer à la date t=0 mint = 0\ \text{min}, puis à la date t=10 mint = 10\ \text{min} : on note ces deux valeurs v(0)v(0) et v(10)v(10).
  3. Comment cette vitesse évolue-t-elle ? Expliquer cette évolution à l’aide d’un facteur cinétique, puis à l’échelle des entités.
  4. Déterminer graphiquement le temps de demi-réaction t1/2t_{1/2}. Déterminer de même la durée nécessaire pour que la concentration passe de 20 µmol⋅L−120\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} à 10 µmol⋅L−110\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}. Commenter.
  5. On fait l’hypothèse que la disparition de l’ozone suit une loi de vitesse d’ordre 1. Calculer le quotient v[O3]\dfrac{v}{[\text{O}_3]} aux dates t=0 mint = 0\ \text{min} et t=10 mint = 10\ \text{min}, et conclure. Montrer ensuite que, pour une loi d’ordre 1, t1/2=ln⁡2kt_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{k}, et vérifier la cohérence avec la question 4.
  6. Dans cette usine, on vise à garder au moins 0,40 mg⋅L−10{,}40\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1} d’ozone dissous pendant les 4,0 min4{,}0\ \text{min} qui suivent sa dissolution.
    • a. Convertir 0,40 mg⋅L−10{,}40\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1} en µmol⋅L−1\text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}.
    • b. Avec la valeur de kk obtenue à la question 5, calculer la concentration de l’ozone à la date t=4,0 mint = 4{,}0\ \text{min}. L’objectif est-il atteint ?
    • c. La constante kk ne dépend pas de la concentration initiale. Calculer la concentration initiale minimale qui permettrait encore d’atteindre l’objectif, en µmol⋅L−1\text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} puis en mg⋅L−1\text{mg}\cdot\text{L}^{-1}.
Voir le corrigé

1. À 260 nm260\ \text{nm}, l’ozone dissous est la seule espèce de l’eau qui absorbe notablement la lumière, et l’absorbance est proportionnelle à sa concentration : en mesurant l’absorbance à intervalles réguliers, on suit donc la concentration de l’ozone, et elle seule. Peu importe que l’ozone dissous soit incolore à l’œil : un spectrophotomètre peut travailler dans l’ultraviolet, là où il absorbe.

Un conductimètre, lui, mesure la conductivité de la solution, qui dépend des ions qu’elle contient. L’ozone est une molécule sans charge : sa disparition ne modifie pratiquement pas la conductivité de l’eau, qui ne renseignerait donc pas sur sa concentration.

2. La vitesse volumique de disparition de l’ozone est l’opposé de la dérivée de sa concentration par rapport au temps :

v=−d[O3]dtv = -\frac{\text{d}[\text{O}_3]}{\text{d}t}

À une date donnée, la dérivée est le coefficient directeur de la tangente à la courbe à cette date. On lit deux points bien séparés sur chaque tangente :

0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 10 20 30 40 [O₃] (µmol·L⁻¹) t (min) tangente à t = 0 min tangente à t = 10 min ≈ 7 ≈ 14 ≈ 15
Lecture graphique : la tangente à t = 0 min passe par (0 min ; 40 µmol·L⁻¹) et (10 min ; 0 µmol·L⁻¹), celle à t = 10 min par (10 min ; 15 µmol·L⁻¹) et (20 min ; 0 µmol·L⁻¹). La concentration vaut 20 µmol·L⁻¹ vers 7 min et 10 µmol·L⁻¹ vers 14 min.

À t=0 mint = 0\ \text{min}, la tangente passe par les points (0 min;40 µmol⋅L−1)(0\ \text{min} ; 40\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}) et (10 min;0 µmol⋅L−1)(10\ \text{min} ; 0\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}). Son coefficient directeur vaut :

0 µmol⋅L−1−40 µmol⋅L−110 min−0 min=−4,0 µmol⋅L−1⋅min−1\frac{0\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} - 40\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}}{10\ \text{min} - 0\ \text{min}} = -4{,}0\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}

donc v(0)=4,0 µmol⋅L−1⋅min−1v(0) = 4{,}0\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}.

À t=10 mint = 10\ \text{min}, on lit d’abord sur la courbe la concentration à cette date, [O3]=15 µmol⋅L−1[\text{O}_3] = 15\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} environ : la tangente passe par ce point et par le point (20 min;0 µmol⋅L−1)(20\ \text{min} ; 0\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}), où elle coupe l’axe du temps.

0 µmol⋅L−1−15 µmol⋅L−120 min−10 min=−1,5 µmol⋅L−1⋅min−1\frac{0\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} - 15\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}}{20\ \text{min} - 10\ \text{min}} = -1{,}5\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}

donc v(10)=1,5 µmol⋅L−1⋅min−1v(10) = 1{,}5\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}. Tout autre couple de points de la tangente convient : avec le point où elle coupe l’axe des ordonnées, vers 29 µmol⋅L−129\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}, et le point (20 min;0 µmol⋅L−1)(20\ \text{min} ; 0\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}), on trouve aussi environ 1,5 µmol⋅L−1⋅min−11{,}5\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}.

3. La vitesse diminue : elle passe de 4,0 µmol⋅L−1⋅min−14{,}0\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1} à 1,5 µmol⋅L−1⋅min−11{,}5\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1} en 10 min10\ \text{min}. La température est fixée à 20 ∘C20\ ^\circ\text{C} : seul l’autre facteur cinétique, la concentration du réactif, change. L’ozone disparaît, sa concentration diminue, et la transformation ralentit.

À l’échelle des entités, il y a de moins en moins de molécules d’ozone par unité de volume : leurs chocs avec les entités qui les transforment sont de moins en moins fréquents, et chaque minute, moins de molécules d’ozone disparaissent.

4. La courbe tend vers 0 µmol⋅L−10\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} : l’ozone finit par disparaître entièrement. Le temps de demi-réaction est alors la date à laquelle sa concentration vaut la moitié de la concentration initiale :

[O3]02=40 µmol⋅L−12=20 µmol⋅L−1\frac{[\text{O}_3]_0}{2} = \frac{40\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}}{2} = 20\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}

On part de 20 µmol⋅L−120\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} sur l’axe des ordonnées, on rejoint la courbe, puis on descend sur l’axe du temps : t1/2≈7 mint_{1/2} \approx 7\ \text{min}.

De même, la concentration vaut 10 µmol⋅L−110\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} vers t=14 mint = 14\ \text{min}. Pour passer de 20 µmol⋅L−120\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} à 10 µmol⋅L−110\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}, il faut donc 14 min−7 min=7 min14\ \text{min} - 7\ \text{min} = 7\ \text{min}, la même durée que pour passer de 40 µmol⋅L−140\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} à 20 µmol⋅L−120\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}. Une division par deux qui prend la même durée, quelle que soit la concentration de départ, est une signature de la loi de vitesse d’ordre 1 : ce premier test est compatible avec elle.

5. Pour une loi d’ordre 1, v=k×[O3]v = k \times [\text{O}_3] : le quotient v[O3]\dfrac{v}{[\text{O}_3]} doit garder la même valeur, kk, à toutes les dates. À t=0 mint = 0\ \text{min} :

v(0)[O3]0=4,0 µmol⋅L−1⋅min−140 µmol⋅L−1=0,10 min−1\frac{v(0)}{[\text{O}_3]_0} = \frac{4{,}0\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}}{40\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}} = 0{,}10\ \text{min}^{-1}

À t=10 mint = 10\ \text{min}, où la concentration, notée [O3](10)[\text{O}_3](10), vaut environ 15 µmol⋅L−115\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} :

v(10)[O3](10)=1,5 µmol⋅L−1⋅min−115 µmol⋅L−1=0,10 min−1\frac{v(10)}{[\text{O}_3](10)} = \frac{1{,}5\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}\cdot\text{min}^{-1}}{15\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}} = 0{,}10\ \text{min}^{-1}

Les deux quotients sont égaux : la vitesse est proportionnelle à la concentration, ce qui est compatible avec une loi de vitesse d’ordre 1, de constante k=0,10 min−1k = 0{,}10\ \text{min}^{-1}.

À la date t1/2t_{1/2}, la concentration vaut la moitié de la concentration initiale. En remplaçant dans [O3](t)=[O3]0×e−k×t[\text{O}_3](t) = [\text{O}_3]_0 \times e^{-k \times t} :

[O3]02=[O3]0×e−k×t1/2donce−k×t1/2=12\frac{[\text{O}_3]_0}{2} = [\text{O}_3]_0 \times e^{-k \times t_{1/2}} \quad \text{donc} \quad e^{-k \times t_{1/2}} = \frac{1}{2}

On prend le logarithme népérien des deux membres : −k×t1/2=ln⁡12=−ln⁡2-k \times t_{1/2} = \ln\dfrac{1}{2} = -\ln 2, d’où :

t1/2=ln⁡2k=0,6930,10 min−1=6,9 mint_{1/2} = \frac{\ln 2}{k} = \frac{0{,}693}{0{,}10\ \text{min}^{-1}} = 6{,}9\ \text{min}

C’est bien la valeur lue à la question 4, environ 7 min7\ \text{min} : les deux tests concordent. On remarque que t1/2t_{1/2} ne dépend que de kk, et pas de [O3]0[\text{O}_3]_0 : c’est pour cette raison que les divisions par deux successives prennent la même durée.

6.a. Une concentration en masse se convertit en concentration en quantité de matière en divisant par la masse molaire :

c=0,40×10−3 g⋅L−148,0 g⋅mol−1=8,3×10−6 mol⋅L−1=8,3 µmol⋅L−1c = \frac{0{,}40 \times 10^{-3}\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1}}{48{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1}} = 8{,}3 \times 10^{-6}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} = 8{,}3\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}

6.b. À la date t=4,0 mint = 4{,}0\ \text{min} :

[O3](4,0)=40 µmol⋅L−1×e−0,10 min−1×4,0 min=40 µmol⋅L−1×e−0,40=27 µmol⋅L−1[\text{O}_3](4{,}0) = 40\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} \times e^{-0{,}10\ \text{min}^{-1} \times 4{,}0\ \text{min}} = 40\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} \times e^{-0{,}40} = 27\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}

La concentration diminue au cours du temps : pendant les 4,04{,}0 premières minutes, elle reste donc supérieure ou égale à 27 µmol⋅L−127\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}, bien au-dessus de 8,3 µmol⋅L−18{,}3\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}. L’objectif est atteint.

6.c. Comme kk ne dépend pas de la concentration initiale, la concentration est multipliée par le même facteur e−0,40=0,67e^{-0{,}40} = 0{,}67 au bout de 4,0 min4{,}0\ \text{min}, quelle que soit la dose dissoute. Il faut donc [O3]0×e−0,40≥8,3 µmol⋅L−1[\text{O}_3]_0 \times e^{-0{,}40} \geq 8{,}3\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}, soit, en gardant la valeur non arrondie 8,33 µmol⋅L−18{,}33\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} :

[O3]0,min=8,33 µmol⋅L−1e−0,40=12,4 µmol⋅L−1[\text{O}_3]_{0,\text{min}} = \frac{8{,}33\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}}{e^{-0{,}40}} = 12{,}4\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}

soit 12 µmol⋅L−112\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1} avec deux chiffres significatifs, comme les données. En masse, on multiplie la valeur non arrondie par la masse molaire :

12,4×10−6 mol⋅L−1×48,0 g⋅mol−1=6,0×10−4 g⋅L−1=0,60 mg⋅L−112{,}4 \times 10^{-6}\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1} \times 48{,}0\ \text{g}\cdot\text{mol}^{-1} = 6{,}0 \times 10^{-4}\ \text{g}\cdot\text{L}^{-1} = 0{,}60\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}

La dose de l’essai, 40 µmol⋅L−140\ \text{µmol}\cdot\text{L}^{-1}, soit 1,9 mg⋅L−11{,}9\ \text{mg}\cdot\text{L}^{-1}, est environ trois fois plus grande que ce minimum. En pratique, une usine garde une marge : la composition de l’eau change d’un jour à l’autre, et la valeur de kk avec elle.

Réflexe à retenir : une loi d’ordre 1 se reconnaît sur des mesures, pas sur l’équation de la réaction. Les deux tests de cet exercice, le quotient v/[O3]v / [\text{O}_3] constant et les divisions par deux de même durée, sont deux façons de vérifier que la vitesse est proportionnelle à la concentration.

Les trois réflexes à retenir

  1. Une vitesse volumique se lit sur une tangente, définition d’abord. Écris v=−d[R]dtv = -\dfrac{\text{d}[\text{R}]}{\text{d}t} pour un réactif, v=d[P]dtv = \dfrac{\text{d}[\text{P}]}{\text{d}t} pour un produit, trace la tangente à la date demandée, lis deux de ses points avec leurs unités, puis vérifie le signe : une vitesse volumique est positive. Entre deux mesures, le taux de variation n’en donne qu’une valeur moyenne.
  2. Pour t1/2t_{1/2}, cherche d’abord la concentration « moitié ». Elle correspond à la moitié de l’avancement final : [R]0/2[\text{R}]_0 / 2 quand le réactif limitant est entièrement consommé. Pour une loi d’ordre 1, t1/2=ln⁡2kt_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{k} ne dépend pas de la concentration initiale : au bout de nn temps de demi-réaction, la concentration a été divisée par 2n2^{n}.
  3. Un catalyseur n’agit pas comme la température. Il accélère sans figurer dans l’équation et sans modifier l’état final ; dans un mécanisme, il est consommé puis régénéré, alors qu’un intermédiaire est formé puis consommé. La température et la concentration des réactifs, elles, agissent sur la fréquence et l’efficacité des chocs entre entités. La carte en haut de page rassemble ces définitions.

Les flèches courbes des actes élémentaires se travaillent dans les exercices sur les mécanismes réactionnels et les flèches courbes. L’absorbance et la conductivité, qui servent à suivre une transformation, sont au cœur des exercices sur les méthodes physiques d’analyse. Et la même exponentielle décroissante revient avec la décroissance radioactive.

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